‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 84 sur 335 · SUCCIN · texte numérisé non relu

SUCCIN

MATIRRE MÉDICALE.

Le Snccin [Electnm, Ambre jaune) paraît être de nature végétale, et ilevoir être considéré comme une résine fossile : on le trouve enfoui dans la terre, presque toujours au voisinage de la mer, recouvorl, de couches ligneuses appelées bois minéral, et qui sont regardées comme la matrice de cette substance. Avant de s'arrêter à potle opinion, qui n'est peutêtre pas la dernière, on a épuisé sur son origine le-i cûpji ctnres les plus divcrsi s.

C'est un corps dur, semi-transparent,

léger, cassant, jaunâtre, d'une savetir âcie et désagréable, s'élerf risant par le frottement, et attirant alors les corps légers : d'oii lui est venu le nom û'Eiectrum, qui, chez les Grecs, signifiait tirepaiUe.

Le succin est composé de deux résines,, d u I peu d'huile volatile et d'acide succiniqup. Cet acide volatil s'administi-e uni îi l'ammoniaque dans ce (pi'on nomme liqueur de corne de cerf succinée.

Le Succin hrûle à une haute température, se boursoufle sans se liquéfier, et donne une flamme jaune et verte, avec une odeur très-forte.

Employé autrefois sous forme d'huile et de teinture, il est maintenant entièrement banni de la Matière médicale, et ne saurait remplacer le ■castoréum, le musc et l'ambre. On en a retiré un acide (succinique) qui, combiné avec l'ammoniaque, donne un sel dont nous parlerons plus tard.

Un préjugé fortement enraciné dans le peuple fait considérer les colliers et les hochets d'ambre jaune comme un excellent moyen de préserver les enfants des convulsions. Nos confrères n'attendent pas de nous que nous discutions la valeur d'une pareille idée ; pourtant nous ne pouvons passer sous silence quelques faits fort bizarres qui sont parfaitement authentiques mais dont l'explication nous échappe et échappe probablement à tous les médecins. Nous fûmes consultés, en 1840, par un ancien militaire qui habitait la Bretagne : il éprouvait les plus singuliers phénomènes.

Le moindre bruit inopiné qu'il entendait, la vue d'un objet qui l'émouvait un peu vivement, excitait chez lui une perLurbntion nerveuse, qui se traduisait par des spasmes effrayants, une oppression extrême, des palpitations, des paralysies partielles et momentanées. Nous lui conseillâmes de porter autour du tronc, des membres, du col, des colliers d'ambre, et il en résulta un amendement tel que, deux mois après le début du traitement, nous reçûmes du malade une lettre par laquelle il nous annonçait sa guérison.

Cette médication singulière nous avait été suggérée par la lecture d'une observation du même genre, rapportée par M. le docteur Gérard dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales.

Quelque incroyables, quelque singuliers que paraissent ces faits, quelque peu dignes qu'ils soient de faire autorité dans la science, il ne faut pourtant pas les oublier tout à fait. Après avoir tenté tous les moyens que l'expérience peut suggérer, on ne doit pas négliger les remèdes empiriques que, dans quelques rares occasions, on a vus réussir.

Nous avons observé chez une jeune dame asthmatique des accès se calmer, en plaçant autour de la poitrine une ceinture faite avec un chapelet de grains d'ambre jnune.

Les propriétés électriques de Tambre peuvent-elles rendre plus vraisemblables ces actions thérapeutiques extraordinaires? On le saura en répétant des faits si faciles à produire et si innocents dans tous les cas.

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