‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 92 sur 335 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

MÉDICAMENTS TONIQUES NÉYROSTHÉNIQUES.

On connaît sous le nom de Quinquina l'écorce de quelques arbres de la famille des Hubiacées, tribu des Cinchonées.

Le commerce en fournit un grand nombre d'espèces que nous séparerons d'abord en : 1» Quinquinas vrais ; "lofaux Quinquinas.

Nous allons dire quelques mots de ces derniers pour n'y plus revenir.

Faux Quinquinas. Ils ne contiennent aucun des alcaloïdes auxquels les écoroes que nous éludions doivent leurs propriétés antipériodiques. Pourtant, quatre espèces de faux Quinquinas sont fournies par des plantes du même genre que les Quinquinas vrais ; ce sont : 1° le Quinquina blanc de Mutis rapporté au Cinchona ovalifolia (Mutis) Cinchona macrocarpa (D. C.) ; 2» le Quinquina nova donné par le Vxnchona oblongifolia de Mutis : celui-ci sert à falsifier le Quinquina rouge ; 3" le Quinquina faux Loxa, Quinquina Loxa inférieur (Guibourt), falsifiant le Quinquina Loxa vrai; 4» les Quinquinas blanc, de Loxa, d'Arica ou de Cusco et Jaen, qui sont peut-être tous trois fournis par le Cinchona ovata (Ruiz et Pavon) et contiennent de VAricine. Les autres appartiennent au genre Exostema, caractérisé par la longueur de ses étamines (excluses), ce sont : 1» Quinquina Piton ou de Sainte-Lucie (Exostema floribunc/wm : 2" le Quinquina Caraibe [Exostema Caraibœum) ; Z" le Quinquina bicolore. Quinquina Pilaya des Anglais ; 4» le Quinquina Pilaya (Folchi et Peretti) renfermant, d'après ces auteurs un alcaloïde particulier, la Pilayine; 5» et 6" les écorces de V Exostema du Pérou et du Brésil, et 7o enfin ce qu'on connaît sous le nom de racine de Quinqùina.

Quinquinas vrais. Les Quinquinas vrais c'est-à-dire ceux qui, contenant de la Quinine et de la Cinchonine, jouissent à un degré plus ou moins élevé des pro-

priétés antipériodique et fébrifuge, et sont tous fournis par des espèces du genre Cinchona, dont voici les caractères.

Caractères génériques. Calice adhérent, limbe à cinq dents; corolle monopétale, infundibuliforme, à cinq divisions, tube cylindracé et anguleux; cinq étamines incluses dans l'intérieur du tube ; capsule ovoïde, allongée, couronnée par les dents du calice, biloculaire, bivalve : loges renfermant plusieurs graines membraneuses sur les bords. Grands arbres à tiges ligneuse, à feuilles et rameaux opposés, à fleurs disposées en panicules thyrsiformes.

Récemment le genre Cinchona a été partagé en deux sections par M. Endlicher, suivant que la capsule s'ouvre de bas en haut et de haut en bas. Plus tard, M. Wedell, voyageur botaniste, qui a consacré plusieurs années à parcourir les régions intérieures de l'Amérique du Sud, a formé des deux sections établies par M. Endlicher deux genres distincts ; le premier de ces genres retiendrait le nom de Cinchona, le sècond prendrait celui de Cascarilla ; cette distinction présente ce fait important que tous les Cinchonas sont fébrifuges, c'est-à-dire que seuls, comme nous l'avons déjà dit, ils renferment de la Quinine et de la Cinchonine, tandis que toutes les plantes comprises dans le genre Cascarilla seraient privées de ces alcaloïdes et présenteraient par conséquent des propriétés nulles ou douteuses.

Pour faciliter l'étude des nombreuses sortes commerciales de Quinquinas, nous adopterons leur division, tout arbitraire, mais généralement usitée chez nous, en:

1° Quinquinas gris ; 2" Quinquinas jaunes ; 30 Quinquinas rouges. Les Quinquinas blancs ont été compris dans les faux Quinquinas.

MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

Quinquina gris. Nous n'en admettons que trois espèces principales, rejetant dans les faux Quim- Mias le Quinquina Loxa inférieur (Guibourt), le Quinquina d'Arica et les deux sortes qui s'en rapprochent. Les Quinquinas gris se présentent en écorces souvent très-petites : chez eux, la Cinchonine l'emporte en quantité sur la Quinine. Et même, au dire de M. Bouchardat, la Quinine ferait quelquefois complètement défaut, circonstance qui devrait faire rejeter cette espèce de Quinquina du traitement des fièvres d'accès.

Quinquina Loxa (Bergen) gris brun de Loxa (Guibourt). Le commerce nous l'offre sous forme d'écorces roulées, longues de 33 à 50 centimètres, épaisses de 1 à 4 millimètres, offrant des crevasses transversales, recouvertes d'un épidémie gris clair ou gris foncé, à cassure nette ou peu fibreuse, à coloration intérieure jaune pâle ou fauve rougeàtre qui s'avive par l'eau. Il a une odeur particulière assez prononcée, une saveur astringente et amère. Sa poudre est fauve grisâtre. On en connaît une variété sous le nom de Gros Loxa qui ne s'en distingue que par le volume des écorces et leur saveur plus amère et moins astringente. Le Quinquina Loxa vrai est le plus riche en Cinchonine, mais contient moins de Quinine que le Quinquina Calysaya.

Il est fourni par le Cinchona Condaminea (Humb. et Bonpl.), Cinchona offtcinalis (Linné), arbre de 5 à G mètres d'élévation, à feuilles oblongues lancéolées, très-glabres, reluisantes, scrobiculées (munies de fossettes) en dessons dans l'aisselle des nervures principales ; calice iircéolé â cinq dents courtes aiguës ; corolle soyeuse en dehors à cinq laciniures ovales aiguës ; capsules oblongues et dépourvues de côtes saillantes.

Quinquina Huanuco (Bergen), Quinquina Lima (Guibourt). Il se distingue du i>récédent par sa coloration intérieure d'un jaune orangé ou un peu rougeàtre, par son odeur presque nulle et par son épiderme blanchâtre, tantôt mince et uni, tantôt plus épais, un i)eu rugueux et comme crétacé, d'autrefois enfin trèsépais et fougueux Dans l'épiderme, les auteurs comprennent probablement une couche variable de lichens parasites.

On distingue en France trois variétés principales de ce Quinquina : 1° Quinquina gris fin de Lima ; 2" Quinquina gros Lima ; 3" Quinquina Lima blanc.

Parfois le Quinquina Lima du commerce renlerme du Quinquina Loxa.

M. Guibourt y a trouvé en outre deux variétés à écorces très-grosses, à saveur amère, et dont la couleur interne est celle du Quinquina Calysaya. Il nomme l'une Quinquina gris Huanuco (Cinchona micrantha); c'est ce Quinquina que le Codex désigne comme devant être le Quinquina gris officinal. Il renferme 0,027 pour 100 de Cinchonine ; l'autre est le Quinquina gris imitant le jaune n yiL

Le Quinquina Lima se rapproche du Quinquina Loxa par sa composition chimique. Il est un peu moins riche que ce dernier en alcaloïdes ; mais comme il se distingue facilement des mauvais Quinquinas gris, c'est l'espèce adoptée dans les hôpitaux de Paris. Il est produit par le Cinchona lancifolia (iNlulis), Cinchona lanceolata (Ruiz et Pavon), qui se distingue du Cinchona Condaminea par ses feuilles plus rétrécies à la base, non scrobiculées, son calice campanulé, sa corolle fi laciniures linéaires lancéolées, ses capsules pourvues de côtes saillantes.

Quinquina Huarnalis (Bergen) ; Quinquina Havane (tles droguistes français) mauvaise espèce. Ses écorces toujours roulées ont une teinte d'un gris terreux due à l'épiderme, dont la nuance varie d'ailleurs entre gris losé ou ocreux et le gris noirâtre. Les plus grosses présentent des verrues disposées par lignes longitudinales, comme quelques Quinquinas rouges. La variété dite Huarnalis ferrugineux (Guibourt, Bergen) joint à ce caractère de son épidémie une couleur de rouille qui la rapproche encore d'avantage des véritables Quinquinas rouges. Elle contient beaucoup de Cinchonine. Le Quinquina Huamalies donne une poudre presque blanche. On le rapporte au Cinchona ovalif'olia (H. et Bonp.), Cinchona Humboldtiana (R. et Schl.) différent du Cinchona ovalifolia (M.).

Quinquinas jaunes. C'est pour rester fidèles à notre définition que nous admettons dans ce groupe les Quinquinas Carthagène; car d'ailleurs ils sont tellement pauvres en alcaloïdes, qu'on devrait les reléguer parmi les faux Quinquinas. Les vrais quinquinas jaunes se j)résentent sous forme d'écorces plus grosses que les Quinquinas gris. Ils renferment beaucoup de quinine unie ù l'acide quinique, lequel est aussi en partie combiné à la chaux. C'est même à la présence de ces deux quinates que leur décoctum doit la propriété de précipiter la dissolution de sulfate de soude.

Quinquina Calysaya, ou jaune royal.

(Cinchona Calysaya) : c'est le Quinquina officinal du Codex. Il se présente sous forme d'écorces dont la longueur varie de 1 décimètre à 1 demi-mètre, et l'épaisseur de 5 millimètres à 1 centimètre environ. .\ l'intérieur, elles ont une coloration jaune fauve plus ou moins foncée, une texture fibreuse. Leur cassure présente sur la tranche des couches alternativement brunes et blanchâtres, dont l'association produit la couleur particulière déjà indiquée. Leur saveur est trèsamère et astringente, plus forte dans les couches externes. Leur odeur est presque nulle. Tantôt ces écorces sont mondées de leur épidcrme.

Quinquina Calysaya mondé. Comme ré[)iderme est inerte, cette variété commerciale a plus de valeur que toutes les autres.

D'autres fois, elles ont conservé leur

pellicule extérieure constituée non-seulement par l'épiderme proprement dit, mais aussi par le thallus crustacé, foliacé ou filamenteux des lichens parasites.

Dans les plus grosses écorces, cette couche est très-épaisse, profondément crévassées d'un gris foncé ; dans les plus petites, l'épiderme est mince, rugueux, iDrunàtre ; les crevasses transversales qu'il présente correspondent à, des empreintes semblables de l'écorce, ce qui n'existe pas pour les grosses.

Le Quinquina Calysaya est, entre tous, celui qui donne le plus de quinine, c'est- <à-dire du principe véritablement héroïque. Il doit fournir de 3,50 à 4 parties de sulfate de quinine pour 100.

A ce titre, il constitue aujourd'hui l'espèce commerciale la plus importante.

Quelques auteurs l'attribuent au Cinchona lancifulia, dont les écorces, plus jeunes, sont vendues sous le nom de Quinquina Huanuco ; d'autres le rapportent aux Cinchona micrantha et Cinchona angustifolia.

D'après Delondre Journal de pharmacie, octobre 1835), il faudrait distinguer plusieurs espèces fournies par des arbres différents :

1° Une jaune foncée ou brune, nommée par les Indiens CascariUa Yana Yana, en espagnol Morena, et qui serait donnée par le Cinchona micrantha ;

20 Une jaune pdie, appelée par les naturels Hlanca ou Amarilaza, et qui est produite par un arbre dont l'espèce n'est pas déterminée d'une manière précise ;

30 Enfin, une dernière jaune {Amarilla des indigènes), fournie par \uie espèce voisine de la précédente. Ce serait le Cinchona pubescens d'après De Candollo.

Quinquina jaune orangé (Guibourt).

Ses écorces récentes sont remarquables par la teinte rose des couches extérieures opposée à la coloration d'un jaune pur des couches internes. On peut en distinguer quatre variétés d'après leur âge. Les plus jeunes, de la groseur du petit doigt et roulées, ressemblent assez à la cannelle de Chine, d'où le nom de Quinquina cannelle qui leur est attribué.

De CandoUe attribue le Quinquina orangé au Cinchona tancifolia. Cependant un auteur croit le Quinquina cannelle produit par le Cinchona oblusifolia.

Quinquina jaune du roi d'Espagne. Par sa belle couleur jaune orange, par sa saveur plus agréable et par son odeur pénétrante, il méritait la distinction qui le faisait réserver pour la consommation des rois, alors que le Quinquina s'administrait encore en nature. Jamais il ne s'est trouvé dans le commerce.

«M. Guibourt croit qu'il est fourni par le Chinchona Condaminea ; les Quinquinas Loxa étant dus, suivant lui, aux Cinchona nitida et glandulifera.

Quinquina d'Antioquia (Guibourt), Quinquina Pitaya (commerce français).

C'est une des espèces les plus riches en alcaloïdes, mais qui contient propor-

tionnellement plus de Ciuclionino que de Quinine.

Le Quinquina jaune fibreux (Bergen) n'en est qu'une variété. L'arbre producteur de ces écorces est inconnu

Quinquina Carlhagène. Ce sont de misérables espèces dans lesquelles l'analyse découvre à peine quelques traces d alcalis, et que nous nous contenterons d'indiquer :

1» Quinquina Carlhagène jaune (Guibourt), voisin du Quinquina blanc de Loxa, et fourni par le Cinchona cordifolia (Mutis), qui est le môme que le Cinchona pubescens (D. C.) ;

2» Quinquina Carlhagène orangé; .30 Quinquina Cartitagéne brun.

Quinquinas rouges. Leur coloration est en général assez vive; ils tachent en rouge le doigt qui les frotte, ils sont très-amers et très-astringents. Intermédiaire pour la composition chimique entre les Quinquinas gris et les Quinquinas jaunes, ils contiennent une proportion moyenne de Quinine et de Cinchonino, sans que la quantité de l'un de ces alcalis excède beaucoup celle de l'autre.

Ils renferment 1 à 2 grammes p. 100 de Cinchonine et de 1 à 2,50 p. 100 de sulfate de quinine.

Plus que tous les autres, les Quinquinas rouges sont riches en tannin particulier, colorant en vert les sels ferriques. C'est parmi eux qu'on trouve les plus grosses écorces. Il y en a un grand nombre d'espèces que nous distinguerons en deux catégories : 1° Quinquinas rouges officinaux ; 20 Quinquinas rouges inférieurs.

Les premiers sont au nombre de deux.

Quinquina rouge non ver rugueux, quinquina rouge vrai des Allemands et des Anglais.

M. Guibourt en fait trois variétés d'après le volume des écorces. Les plus petites sont roulées elles plus grosses sont plates. L'épiderme est d'autant plus épais, plus rugueux, plus crevassé, qu'il appartient à des écorces plus âgées ; il est blanc sur les plus jeunes, gris foncé sur les moyennes, envahi par les lichens sur les plus anciennes. La couleur varie du rouge pâle au rouge orangé ou au rouge assez vif.

La saveur est amère, mais surtout astringente et un peu aromatique, avec un arrière-goût sucré dans les petites écorces seulement.

Jusque dans ces derniers temps, on a cru avec Mutis que ce Quinquina était produit était par le Cinchona oblongifolia qui ne donne en réalité que le Quinquina, nova. Faut-il le rapporter plutôt, avec De CandoUe, au Cinchona magnifolia (R. et Pav.) ? Il y a quelques raisons de croire qu'il serait fourni par le Cinclwnu Condaminea aussi bien que le Quinquina Loxa.

Quinquina rouge verruqueux. Son épiderme est remarquable par un grand nombre de points proéminents dans l'état

474 MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

frais, mais qui, s'usant par suite du frottement, laissent voir l'écorce à nu. Il est d'une belle couleur rouge.

M. Guibourt le divise, encore d'après la grosseur, en quatre sortes.

Les plus petites sont roulées, les plus volumineuses sont plates. L'épiderme plus ou moins épais et fendillé varie du gris rouge ou verdâtre au gris blanc.

La saveur de ce Quinquina est amèreastringente. Les Allemands et les Anglais rapportent le Quinquina rouge verruqueux au Quinquina liuamalies, il serait donc également dû au Cinchona Humboldtiana.

Quinquinas rouges inférieurs. M. Guibourt en reconnaît quatre espèces que nous nous contenterons d'énumérer :

1° Quinquina rouge de Lima, ou de Santa- Fé ; 20 Quinquina rouge orangé, filai ; 3" Quinquina rouge pâte ; 4» Quinquina rouge à épiderme blanc et micacé.

Le beau Quinquina rouge est aujourd'hui très-rare et d'un prix excessivement élevé ; les droguistes de mauvaise foi en fabriquent en exposant à l'action des vapeurs ammonicales du Quinquina jaune; mais cette fraude est surtout opérée sur la poudre de Quinquina jaune. M. Réveil conseille, pour reconnaître cette sophistication, de soumettre la substance soupçonnée à l'action de la potasse caustique en solution étendue ; on fait bouillir et l'ammoniaque se dégage.

Malgré les nombreux travaux dont elle a été l'objet de la part d'hommes recommandables, l'histoire des Quinquinas est encore aujourd'hui fort obscure. Pour l'éclaircir, beaucoup d'obstacles se présentent; la synonymie relative aux dénominations des espèces botaniques, comme des sortes commerciales, est sans contredit une des principales difficultés.

Après une lecture attentive des auteurs, nous sommes demeurés convaincus que les écorces du même arbre, prises sur des branches de dilTérents âges, constituent pour les droguistes des espèces différentes et qu'ainsi un mémo Cinchona peut fournir à la fois un Quinquina gris, un Quinquina jaune et un rouge.

Ajoutons toutefois que M. Wedell, qui a été envoyé dans la Colombie et la Bolivie par le Muséum d'histoire naturelle, contredit l'opinion que nous venons d'énoncer, et qui est soutenue depuis longtemps par M. Fée. M. Wedell nous a fait connaître de nouvelles espèces de Quinquina qui commencent à être répandues dans le commerce sous le nom de Quinquina de la Bolivie ou de Carabaya. D'après les analyses do MM. 0.

Henry, Réveil, etc., ces écorces renferment de 8 à 15 pour 100 de Quinine, chiffre qui est bien au-dessous et moitié moindre de ce que fournit le beau Quinquina jaune ; il est vrai que ces Quinquinas de la Bolivie renferment de grandes quantités de Cinchonine, base organique dont on devrait faire beaucoup plus d'usage, car le sulfate de Quinine

devient tous les jours de plus en plus rare.

Les Quinquinas vendus pour des Calysaya renferment aujourd'hui très-peu de Quinine : il est même certain que depuis longtemps les écorces traitées par l'acide chlorhydrique sont abondantes; cette fraude est mise en usage pour enlever une portion de Quinine et de Cinchonine au Quinquina. Celui-ci bouilli dans l'eau distillée, le décoctum doit précipiter à peine par le nitrate d'argent ; si le précipité était abondant, on pourrait supposer alors que les écorces avaient été épuisées par l'acide chlorhydrique.

D'ailleurs, tout pharmacien consciencieux devra toujours essayer les Quinquinas qu'il emploie. M. Guillermond fils a indiqué pour cela un procédé prompt, commode et assez exact ; il consiste à épuiser le Quinquina réduit en poudre dans l'appareil à déplacement par l'alcool à 32 degrés Cartier; la teinture ainsi obtenue est décolorée par un lait de chaux très-épais ; la chaux se combine à l'acido quinique et à la matière colorante ; on sépare le précipité, on le lave à l'alcool, et les liqueurs alcooliques réunies sont distillées jusqu'à ce qu'il ne distille plus d'alcool ; le résidu est traité par l'eau acidulée, par l'acide sulfurique pour isoler la matière résineuse, et le sulfate de Quinine est ensuite séparé du sulfate de Cinchonine par des cristallisations répétées.

Voici, d'après M. Réveil, l'analyse de quelques Quinquinas du commerce. Ce tableau indiquera combien il serait important de prendre pour les Quinquinas la mesure que nous avons signalée à l'article Opium, de sorte que tout Quinquina jaune qui ne renfermerait pas 15 pour 100 de Quinine serait rejeté de la consommation et spécialement réservé à la préparation des alcalis organiques.

Analyse de quelques espèces de Quinquinas du commerce.

Sulfate Sulfate

de de Quinine Cinchonine p. 100. p. 100.

Page 1