RHUBARBE
Pr. : Racine de Rhubarbe. ... 1 part. Alcoolîi50°cent.{2lCart.). S
Teinture alcoolique de Rhubarbe.
Traitez la Rhubarbe par l'alcool ; distillez et évaporez en consistance d'extrait.
Vin de Rhubarbe.
Faites macérer pendant quinze jours; passez avec expression.
L'alcool dissout toutes les parties actives (le la Rhubarbe.
Faites macérer pendant huit jours; passez et filtrez.
Pr. : Rhubarbe 32 gram.
Vin de Malaga 100
Cannelle 4
Extrait alcoolique de Rhubarbe.
Pr. : Rhubarbe 1 part.
Alcool à oO" cent q. s.
La Rhubarbe fait encore partie de la teinture de Darel et d'un grand nombre d'électuaires aujourd'hui inusités.
La Rhubarbe n'est pas activement décomposée par l'acte de la digestion. Les principes colorants et amers passent dans le sang. Ce fait est démontré par la teinte jaune de l'urine des personnes qui prennent delà Rhubarbe. Les sueurs sont souvent colorées en jaune. Il en est de même du lait des nourrices, qui, outre qu'il prend une teinte jaunâtre, acquiert encore de l'amertume et des qualités légèrement laxatives qui, dans quelques circonstances, peuvent être utiles aux enfants.
La poudre, l'infusion, la décoction de Rhubarbe, sont doucement purgatives. Elles ne causent pas de coliques, et ne fatiguent ni l'estomac ni les intestins ; car, tandis que les autres purgatifs diminuent en général l'appétit et causent un état de malaise assez pénible, la Rhubarbe relève au contraire les fonctions de l'estomac, et stimule plutôt qu'elle ne déprime l'économie.
Ces propriétés spéciales s'expliquent jusqu'à un certain point par l'analyse de la racine de Rhubarbe. Le principe purgatif se trouve en effet uni au tannin et tà un élément amer qui tous deux jouissent d'une action tonique incontestable.
L'expérience démontre que la Rhubarbe purge d'abord pour resserrer ensuite. Cela prouve, non pas qu'elle est astringente, comme on l'a dit, mais seulement que son action est purgative ; nous verrons que, parmi les évacuants, il en est qui agissent d'une façon très-passagère, que d'autres, au contraire, modifient les sécrétions intestinales d'une manière plus soutenue. Toujours est-il que la constipation s'observe d'autant plus certainement que l'on a donné un purgatif à action plus passagère, et l'emploi des sels neutres est suivi de constipation comme celui de la Rhubarbe, bien que ces médicaments ne puissent pas être administrés indifféremment les uns à la place des autres.
Les propriétés toniques de la Rhubarbe la faisaient ranger avec raison par les anciens parmi les purgatifs chauds qu'il était dangereux d'administrer dans le cours des maladies inflammatoires. Elle convenait à merveille dans les maladies adynamiques, où l'indication des évacuants se présente souvent.
La Rhubarbe, qui jouissait jadis d'une réputation méritée, et qu'on
MÉDICAMENTS ÉVACUANTS
employait avec une profusion souvent irréfléciiie, est aujourd'hui plus rarement administrée. Toutefois, nous avons pu, soit dans les hôpitaux, soit dans notre pratique particuhère, faire avec cette substance des expériences assez nombreuses, qui n'ont fait que confirmer ce que déjà les anciens nous avaient appris.
C'est surtout et presque exclusivement contre les maladies de l'appareil digestif que la Rhubarbe a été conseillée.
Elle est indiquée dans les dyspepsies apyrétiques qui succèdent aux maladies aiguës, et s'accompagnent d'amertume de la bouche, avec douleur légère à l'épigastre, et constipation ; dans celles qui suivent les excès de table, de femmes, de veilles; dans celles qui s'observent chez les chlorotiques, chez les femmes nerveuses, chez les hypochondriaques.
On l'a conseillée dans la diarrhée bilieuse, c'est-à-dire dans celte forme d'entérite aiguë qui ne provoque pas de réaction fébrile, ne s'accompagne pas de rougeur de la langue, et qui jette leâ malades dans une prostration plus considérable que le peu de gravité du mal ne le faisait craindre.
Dysenterie. — Mais dans le traitement delà dysenterie épidémique, la Rhubarbe a été employée avec succès par tant d'hommes graves, qu'on ne peut se dispenser d'ajouter foi à leur témoignage. 11 n'en est pas d'ailleurs de la dysenterie épidémique comme d'une multitude d'autres affections dont le diagnostic était jadis inexact ; ici la maladie est si grossièrement évidente et se décèle par des caractères tellement tranchés, que toute erreur est impossible. Tous les auteurs à peu près des deux derniers siècles sont d'accord sur ce point que la Rhubarbe est un des remèdes les plus utiles dans les dysenteries. Il n'y a de dissidence que sur l'époque de la maladie à laquelle il convient de l'administrer. Les uns, comme Degner {Hist. Dysenteriœ bilioso-contagiosœ , p. 140 et seq.), la conseillent dans toutes les périodes de la maladie; les autre;; aiment mieux la donner au début (Tralles, De Opio, sect. III, p. 187) ; ceux-ci, lorsque les déjections ne sont plus ensanglantées (Zimmermann).
Nous ne parlerons pas des ressources que l'on a pu trouver dans la Rhubarbe contre quelques maladies des reins. Cette opinion se fondait sur la couleur que prennent les urines après l'administration de ce médicament, plutôt que sur des essais thérapeutiques bien positifs.
Ses propriétés anthelminthiques ont été constatées par Forestus {Oper. , lib. XXI, obs. 32, p. 337) ; par Rivière {Praxis med., lib. X, p. 502), et par d'autres. Vv'mgle (Diseases of the army, p. 111) l'associait au calomel pour combattre les vers intestinaux.
Doses. — La poudre de Rhubarbe, comme tonique, se donne à la dose de 30 à 50 centigrammes à chaque repas ; comme purgatif, à celle de 1^"',30, 2 grammes, 4 grammes. Pour une infusion, on emploie au moins 6 à 8 grammes de Rhubarbe par demi-litre d'eau. Une simple macération demande une double dose.
L'extrait aqueux n'a presque aucune propriété; l'extrait alcoolique est un purgatif drastique à la dose de 60 centigrammes à 1 gramme.