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ou l'impression : cela signifie exciter dans une partie vivante des phénomènes qui, dans un ordre d'activité supérieur, sont représentatifs de ceux de l'objet spécial qui produit l'impression. C'est ainsi que l'image physiquement imprimée sur la rétine n'est pas la vision, mais sa cause occasionnelle. Cette image ou impression excite dans la substance nerveuse des propriétés innées correspondantes, mais d'un ordre supérieur, dont la nature est d'être spontanément représentatives, de se voir elles-mêmes, si nous pouvons ainsi dire, ou d'être visibles par soi. Quand nous voyons un objet, le voyons-nous en lui? Non, sans doute. Ce que nous voyons, c'est nous-mêmes, c'est notre propre organisme nerveux modifié, excité par cet objet. Telle est l'essence de toute propriété vitale.
Ce que nous venons de dire de la vision, il faut donc le dire de tous les sens externes ou internes, gustatif et digestif, aussi bien que visuel et auditif ; il faut le dire du sens de la nutrition, de la sanguification, des sens chimiques comme des sens physiques, ou, si l'on veut, des organes spontanément représentatifs des propriétés chimiques du monde extérieur, comme de ceux qui sont représentatifs de ses propriétés physiques. Les unes et les autres ne font pas autre chose qu'exciter les premières à se manifester. Tel est le rapport du macrocosme et du microcosme, plutôt entrevu que bien défini par les philosophes de l'antiquité et par Paracelse.
Il y a loin de là au chimisme et au physicisme ; et pourtant, cela rend facile à comprendre par quel genre d'illusions sont déçus les physico-chimiâtres. Quand cetteidéeaura pénétré dansia physiologie, la Matière médicale et la Thérapeutique seront transfigurées. Dans celle-ci, ne se choqueront plus les indications physiques, chimiques et vitales si chères à l'éclectisme.
Appliquer des révulsifs ou des calmants à un système vivant en qui on cherche à développer en même temps des actions physiques et chimiques, n'est pas moins ridicule que d'appliquer nos révulsifs à une machine à vapeur qui fonctionne irrégulièrement, et de l'opium à un alambic trop rapide. Dans un cas comme dans l'autre, on fait de l'éclectisme thérapeutique.
Et les numéristes, qui se sont interdit de juger les faits de Médecine autrement que par des chiffres, dressent gravement la statistique de ces incohérences I
Dans l'idée très-générale que nous venons de donner de l'état actuel de notre Thérapeutique, le lecteur doit reconnaître ce que nous disions au commencement de cette Introduction. C'est encore par là
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qu'il faut finir, puisque c'était cette proposition même qu'il s'agissait ^e développer.
« L'étroite base donnée au vitalisme organique par Haller, disionsnous, ne pouvait permettre à cette doctrine de se fonder définitivement. Une réaction du passé était inévitable. La médecine physicochimique devait reparaître sous une forme nouvelle, comme les idées usées dans toutes les réactions. Elle rentra par la porte de l'organicisme à la faveur des progrès récents de la physique, de la chimie et de l'analomie. Nous sommes actuellement dans ce chaos d'une transition. »
Qui ne reconnaît là notre Thérapeutique?Ne repose-t-elle pas, ainsi que notre Matière médicale, sur un indigeste assemblage d'irritabilisme, de nervosisme et de théories mécanico-chimiques? Force est bien de compléter par ces dernières idées le vide que laisse dans l'organisme la seule irritabilité, puisque, réduite au rôle que lui assignent Haller et toute son École, y compris Broussais, elle est incapable d'autre chose que de pur mouvement. Alors est rentré l'humorisme, porté par l'anatomie des liquides et une chimie qui, par son système atomistique et sa théorie des équivalents, a trouvé le moyen d'être mécanique. Le mécanicisme s'appuie principalement aussi sur le microscope. De ce mélange résulte la thérapeutique la plus confuse squ'on puisse imaginer. On expérimente, on tâtonne ; chaque jour 'éclaire le triomphe et la chute d'un remède nouveau, d'un médicament héroïque ; et c'est toujours l'irritabilisme ou les systèmes 2)hysico-chimiques qui inspirent ces éphémères découvertes.
On comprend qu'il ne soit pas nécessaire d'être bien profondément médecin pour briller dans tout ce mouvement. Mais ceux qui sont trop médecins pour s'y mêler ne le sont sans doute pas assez pour faire mieux : ils restent dans le statu quo du passé. Et les esprits forts s'étonnent que l'homœopathie germe dans une telle décomposition !
Soyons justes toutefois; cette fermentation confuse prépare la vie ■de l'avenir. Encore un coup, la chimie et le microscope, qui font régner aujourd'hui le chimisme et le physicisme, vont détruire ces deux erreurs.
La physiologie se renouvelle, non par le plan, mais par les matériaux. Chose qui semble étrange : tous ses faits sont changés, et son ■esprit reste ! Les parties ne sont plus les mêmes, l'ensemble subiste ! Il ne subsiste que comme ordre provisoire. Un esprit nouveau doit animer ces faits nouveaux. C'est en vain que, pour produirecette Jiaute généralisation, on additionnerait les faits qui la sollicitent. Xi'unité ne résulte pas de l'addition des nombres.
L'organicisme a enfin donné tous ses fruitsprédits par nous depuis
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longtemps : il s'est rendu conséquent en se faisant animisme. L'un n'empêche pas l'autre; et bien au contraire, l'un est impossible sans l'autre. Quand on a retiré la ^ie de chaque partie, il faut bien la placer dans un principe distinct chargé de les animer, non plus substantiellement, mais extérieurement, et comme la vapeur meut une machine. Sauvages n'a fait que mettre le Stahlianisme d'accord avec lui-même, lorsqu'il a dit : Homo est aggregatum ex anima vivente et motabili, atqiie machinâ hydraulicâ simul unitis .
Chez Stahl, qui considérait bien plus le principe moteur que les parties mues, ce système engendra l'expectation en Thérapeutique. Chez un professeur de l'École de Paris, qui considère bien plus les parties mues que l'âme directrice (l'âme n'étant là que pour les exigences delà logique), le même système engendre une Thérapeutique grossièrement boerhaavienne. Au lieu de la dose infinitésimale, on a la dose monstre pour forcer les organes malades. On emploie les poids et mesures, les machines à compression, à percussion, la machine pneumatique; on délaye les substances concrètes par des ingurgitations aqueuses ; on lessive le sang, on dilate les viscères creux au moyen d'une alimentation copieuse, on imbibe de sang les parenchymes comme des éponges, on l'en exprime pour rendre à ces organes>leur situation et leurs rapports, etc.; et tout cela est bon, car c'est le suicide de l'organicisme. Un progrès s'y remarque : on y désontologise les maladies, et l'on y voit paraître une Pathologie et une Thérapeutique des éléments. Ces éléments sont, il est vrai, bien plus ceux de l'orthopédie que ceux de la médecine; mais nous rendons justice à l'idée considérée en elle-même, et indépendamment de la manière un peu chinoise dont elle est exécutée.
Reconnaissons aussi, qu'en attendant ce qui doit sortir de cette dissolution de l'organicisme par son propre et rigoureux développement, la physique et la chimie enrichissent tous les jours la Thérapeutique et la Matière médicale de ressources précieuses, dédommagement incontestable de leur domination systématique. La chimie a su dégager des médicaments leurs principes réellement médicamenteux ; et, en découvrant les conditions chimiques de l'action des remèdes, non-seulement dans leurs rapports entre eux, mais dans leurs rapports très-curieux avec nos tissus et nos liquides organiques, elle nous prépare une autre pharmacologie. On sait trop les services que M. Dumas rend chaque jour dans ce genre à la Matière médicale et à la pharmacologie pour que nous soyons obligés de les mentionner. MM. Mialhe et Bouchardat marchent avec succès dans cette voie utile et intéressante. En profitant continuellement de leurs travaux
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dans tout le cours de cette édition, nous avons prouvé notre estimemieux que par des éloges.
Après avoir exposé et expliqué tant et de si grandes choses faites en Médecine depuis un siècle, nous ne nous sentirions pas le courage de parler de nous, si un mot, à ce sujet, ne devait pas expliquer au lecteur le caractère de notre OEuvre.
Quand nous l'avons entreprise, pas plus qu'aujourd'hui encore, on ne pouvait fonder la Matière médicale sur une idée générale. Nous ne devions donc pas songer à un ouvrage systématique et empreint d'unité. 11 fallait, avant tout, remettre sur le mélier les principaux agents thérapeutiques, cribler le vieux grain, rappeler les remèdes proscrits, savoir les propriétés que les anciens leur attribuaient, les indications thérapeutiques auxquelles ils les appliquaient; attachant, du reste, peu d'importance aux théories qu'ils donnaient de leur action, et ne leur empruntant de cette dernière partie que ce qui pouvait cadrer avec les résultats incontestables de l'observation médicale moderne. C'est ce que nous nous sommes efforcés de faire.
Pour cela, nous nous sommes trouvés entourés de conditions si favorables, d'avantages si précieux, parce qu'ils étaient si rares alors, que nous ne craignons qu'une chose, c'est de n'en pas avoir assez bien profité. Les leçons et la pratique de M. Bretonneau nous ont été intimement ouvertes dès nos premiers études, et nous lui devons la direction de nos travaux. Dans le cours de notre Introduction, nous n'avons dû parler que du résultat de ses recherches sur le traitement des phlegmasies spéciales par les topiques irritants, parce que c'était la seule partie pubhque de ses travaux. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que, sur presque tous les agents importants de la Matière médicale, ce praticien éminent a recueilli des observations non moins originales. Nous en avons semé notre Ouvrage, après les avoir éprouvées par notre expérience personnelle.
Lorsqu'à Paris la Matière médicale paraissait oubliée et n'existait plus que dans les formules de quelques vieux praticiens, un professeur, aux vues aussi hardies que profondes, ne s'était pas laissé entraîner par le courant; et on le voyait continuant à se servir avec line vigoureuse indépendance des armes que chacun avait abandonnées autour de lui. Nous venons de nommer Récamier. Ses enseignements, son exemple, la pratique d'un grand hôpital exercée sous ses yeux pendant plusieurs années, n'ont fait qu'étendre et que fortifier les enseignements et les exemples de M. Bretonneau, que multiplier les points de vue de notre expérience ; et c'est alors que nous avons vu et que nous avons voulu faire voir aux Médecins et
■•aux Élèves toutes les ressources dont la doctrine physiologique ■venait de nous dépouiller.
Nous avons donc repris en sous-œuvre tous les agents principaux de la Matière médicale; et, les mettant en contact avec les maladies observées selon l'esprit moderne, nous avons cherché à les réhabiliter dans ce qu'ils ont de réellement utile, et à les rendre à la Médecine contemporaine après leur avoir fait subir le contrôle de ses méthodes et de son investigation sévères. Voilà ce qui explique le mouvement continuel du présent vers le passé, du passé vers le présent, qu'offrent toutes nos recherches. C'est au profit des-modernes que nous retournons si souvent aux anciens ; c'est pour rendre possibles et fructueuses les observations de ceux-ci, que nous les transplantons chez les modernes. Nous ne critiquons pas tant notre époque pour la faire rétrograder vers le passé, que pour l'enrichir des matériaux qu'elle peut recueillir dans ce voyage rétrospectif.
Si la Thérapeutique et la Matière médicale sont, à notre époque, ■comme nous l'avons dit, dans le chaos d'une transition, cet ouvrage peut-il ne pas réfléchir l'état de la science?
On avait détruit l'idée de médicamfmt en niant celle de maladie : nous avons voulu coopérer au rétablissement de l'idée de la maladie parcelle du médicament ; nous nous sommes servis de celui-ci comme ■de pierre de touche pour juger la nature de celle-là. Naturam morhorum ostendit curatio : c'est l'épigraphe de notre livre, c'est la pensée qui en a inspiré toutes les recherches. Tandis que d'autres étendaient le champ du diagnostic par des travaux de séméiologie proprement dite, nous tâchions d'arriver au même résultat par la •voie thérapeutique. Cela ne nous a pas fait beaucoup d'honneur aux yeux des médecins naturalistes, des médecins savants ; mais les suffrages des praticiens et des médecins qui conservent l'esprit de la Médecine nous en ont dédommagés.
Ce dessein explique le caractère par lequel notre ouvrage se distingue de tous les Traités de Matière médicale. Jusqu'à nous, ces sortes de Traités n'étaient guère remplis que par l'histoire physique, chimique, pharmacologique et naturelle des médicaments, suivie de l'indication pure et simple des maladies oii on les emploie et des doses auxquelles on les administre. Notre ouvrage contient tout cela ; mais les développements de pathologie et de clinique oii nous ne craignons jamais d'entrer, à l'occasion d'un médicament ou d'une médication, lui impriment un caractère étranger à tous les Traités de ce genre. L'élément pathologique domine tellement dans ce Livre sur tous les autres éléments dont se compose la Matière médicale,
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que nous sommes sortis librement des errements-battus, et que nous avons accorde à l'étude du Calorique^ du Froid^ deV Electricité toute la place que ces sujets méritent par leur importance thérapeutique, bien qu'ils ne fassent pas partie des agents de la Matière médicale. C'est pour cela aussi que la Médication antiphlogistique a mérité de notre part une attention considérable. Le rôle que cette Médication a joué dans la révolution médicale dont nous sortons à peine, nous faisait un devoir de traiter la question sévèrement et par principes. Nous n'avons pas reculé devant cette difficile obligation.
L'idée de la spécialité des médicaments, que M. Bretonneau avait appliquée à certains agents envisagés dans leurs rapports avec certaines affections, nous l'avons étendue à tous. Mais, pour qu'il y eût en Pathologie une idée correspondante, nous avons également transporté l'idée de la spécificité, l'idée de la diathèse, des maladies avec inatière où eWe a été rétablie par Laennec et M. Bretonneau, aux maladies sans matière, aux névroses, aux névralgies, aux fluxions, aux hémorrhagies, oii elle n'avait pas encore pénétré.
Si maintenant on veut nous permettre d'énumérer succinctement les points de détail sur lesquels nous avons peut-être rendu quelque service à la Matière médicale et à la Thérapeutique, nous citerons les suivants.
Nous avons popularisé l'emploi des Martiaux et réprimé en même temps l'abus qu'on était disposé à en faire. Nous avons remis en honneur la méthode de Sydenham pour l'administration du Quinquina, après l'avoir retrempée dans l'autorité de M. Bretonneau et dans notre expérience particulière. En appliquant le Sulfate de quinine à hautes doses au traitement des névralgies, même continues^ nous avons préparé les conquêtes que ce précieux médicament a faites dans le traitement du rhumatisme aigu et de beaucoup d'autres affections oii l'on ne songeait pas à l'employer.
Nous avons refait sur nos propres expériences toute la Matière médicale des antispasmodiques réputés incendiaires par les uns,, inertes par les autres. Nos recherches nombreuses, toutes spéciales^ sur l'Opium, les Solanées vireuses et les préparations de Cyanogène, ont en quelque sorte renouvelé tout le détail de la connaissance de ces agents; nous avons en particulier répandu, comme il le mérite^ l'emploi des Solanées vireuses, sur lesquelles nous avons signalé beaucoup d'applications utiles et peu connues. L'usage externe des Mercuriaux doit aussi à nos recherches des accroissements importants. Un médicament des plus recommandables, l'HuiLe de foie de morue, est devenu une des ressources spéciales les plus
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sûres que la Médecine puisse tirer de la Matière médicale; nos: nombreuses expériences sur cet agent y auront contribué en France, Le sous-nitrate de Bismuth, l'Ergot de seigle, la Noix vomique, l'emploi des purgatifs dans les phlegmasies de l'intestin, des topiquesirritants dans les phlegmasies externes et internes ; les baumes et les. résines, etc., etc., ont fait aussi l'objet spécial de nos expériences, répétées. Voilà des moyens énergiques, aujourd'hui partout répandus, que le praticien manie sans crainte et avec succès, qui de proscrits, d'inconnus, de redoutés même, sont devenus -vulgaires parmi nous, qui ont multiplié les ressources du médecin, et qu'on employait à peine avant la publication de notre Ouvrage. On s'en sert sans savoir d'oîi cela -vient. Les idées que nous avons rattachées à l'emploi de ces médicaments semblent se trouver naturellement dans les esprits ; elles sont partout, font la base de la pratique, et personne ne s'inquiète de leur source. Si nous disons cela, c'est tout simplement pour constater que nous n'avons pas entièrement manqué notre but. Mais d'oii vient cette injustice? De ce que, comme nous l'avons déjà fait sentir, les travaux de médecine pratique, les recherches thérapeutiques ne sont pas en honneur de notre temps. On réserve toute^ son attention, toute son estime, toute sa considération pour les recherches médicales qui sentent l'histoire naturelle. Le moindre élève qui fait la moindre observation séméiologique ou anatomique, etc.,. obtient plus d'intérêt et de faveur que l'auteur, quel qu'il soit, d'un Traité de Thérapeutique. La cause de cette injustice nous console de ses effets, et cela nous suffît.
Cette édition a éprouvé des changements nombreux et d'importantes augmentations. C'est lorsque nous terminions la troisième, il y a quinze ans, que furent faites à Paris les premières expériences de la vertu des Anesthésiques, et alors on n'employait encore que l'éther sulfurique. Le rang considérable qu'occupent aujourd'hui ces agents dans la Matière médicale, exigeait que nous fissions plus que de consacrer un article à la description des propriétés dC' chacun d'eux : nous leur avons fait l'honneur d'une Médication,. chapitre important placé à la suite de la Médication stupéfiante.
Le chapitre Électricité avait vieilli. Cela était dû aux recherches originales de notre plus habile expérimentateur en électricité appliquée aux sciences médicales, M. le docteur Duchenne, de Boulogne. Nous lui devions cette justice de nous inspirer complètement de ses consciencieux travaux dans cette partie de notre œuvre pour laquelle était indispensable une science spéciale forte et précise. Cette médication a pris par lui beaucoup d'avenir. Si la Médecine
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commence à retirer bientôt de l'électricité autant de profit que la séméiologie et la physiologie, les procédés de M. Duclienne, de Boulogne, auront doté la Thérapeutique d'un agent dont la formidable énergie lui avait, jusqu'à présent, plus promis que donné.
Les articles Fer, Iode, Quinquina, Huile de foie de morue. Arsenic, Opium, Belladone, Alcalins, Strychnine, Chlorate de potasse, etc., etc.; les Médications tonique radicale, anesthésique, etc., ont reçu de très-importantes augmentations. Au Colchique, nous avons ajouté son alcaloïde, laVératrine. Le CoUodion, la Glycérine, le Manganèse et la Pepsine, inconnus il y a quelques années, et entrés désormais dans la Matière médicale, méritaient une place dans cet ouvrage. Nous la leur avons accordée, ainsi qu'à d'autres médicaments que le lecteur saura bien reconnaître.
Nous ne croyons pas nécessaire de justifier ce Discours sur la Réforme médicale moderne dans ses rapports avec la Thérapeutique et la Matière médicale. Nous trouverions dans CuUen, l'illustre précurseur de la Matière médicale moderne, un exemple et une excuse assez puissants si nous n'étions pas convaincus d'avoir donné, par ce travail, l'idée de combler un vide de la science actuelle qui, pour être inaperçu, n'en est que plus pi-ofond. Réconcilier la Matière médicale avec la Médecine : il n'est pas un détail de notre Ouvrage oîi ne respire cette intention. Nous tenions à montrer que nous avions puisé à sa source le principe de cette réconciliation, et que nos efforts s'appuyaient sur une connaissance approfondie du mal auquel nous tentions d'apporter quelque remède. Et comment en sonder les causes sans braver l'indifférence qui s'attache aujourd'hui à toute idée philosophique? La philosophie médicale 1 encore un sujet qui a l'honneur d'exciter le dédain de nos observateurs de profession. Qu'est-ce pourtant que philosopher, si ce n'est chercher le fond des choses? Connaître les faits, est-ce savoir? Et qu'est-ce que philosopher en Médecine et dans l'histoire de cette science, si ce n'est se rendre compte des faits dont elle se compose? Mais dans toute histoire il y a deux choses : les faits, et les idées qui les expliquent. Nous avons voulu faire l'histoire des idées sur le sujet de notre Ouvrage. Celle des faits est exposée à l'occasion de chaque médicament.
Puisse ce complément philosophique, puissent les nombreuses modifications, les additions importantes que nous n'avons pas épargnées à cette huitième Édition, lui mériter la faveur que le public a bien voulu faire aux sept premières 1
THERAPEUTIQUE