BUSSEROLE, CONSOUDE, AIRELLE -MYRTILLE
La Busserole, raisin d'ours [arbutus ma ursi), plante de la famille des éricacées, a joui, dans le siècle dernier, d'une réputation à laquelle n'a pas peu contribué Murray, l'illustre auteur de VApparatus medicaminum. On peut voir dans cet ouvrage tout ce qu'on a écrit de ses propriétés
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presque miraculeuses dans le trcaitement des maladies des reins et des voies urinaires. On l'emploie encore comme diurétique, à l'égal de bien d'autres moyens analogues, mais rien de plus.
Cependant, on ne peut refuser à la Busserole des propriétés astringentes, qu'elle doit au tannin et à l'acide gallique qu'elle contient en assez grande quantité pour que, dans quelques pays septentrionaux, on l'emploie au tannage des cuirs et à la fabrication de l'encre. On prescrit donc la décoction des feuilles du raisin d'ours à l'intérieur et h l'extérieur dans le cas où l'on veut obtenir un effet astrictif. Dans ces derniers temps, le docteur de Beau vais et M. Costilhes ont présenté cette plante comme un excellent succédané du seigle ergoté chez les femmes en couches, pour ranimer les contractions utérines et pour arrêter les hémorrhagies par inertie de la matrice.
M. Braconnot a fait remarquer jadis que les feuilles de Busserole sont souvent remplacées par les feuilles d'airelle ponctuée ( vaccinium vitisidea, L.), très-abondante dans les Vosges, Elles se distinguent par leur couleur vert brunâtre ; elles sont moins entières, c'est-à-dire légèrement dentées; leurs bords sont toujours repliés en dessous, leurs nervures transversales très-apparentes, leur surface inférieure est parsemée de points très-remarquables.
La Busserole est souvent mêlée avec les feuilles de buis {buxua sempervirens, L.) euphorbiacées : on reconnaît celles-ci à leur forme oblongueovale, à leur échancrure au sommet, à leur surface lisse, à leurs nervures transversales et longitudinales. L'Airelle-myrtille [vaccinium Myrtillus^ L. ), arbrisseau de 30 à 60 centimètres, croît en France, en Allemagne, en Angleterre, a des rameaux verts et anguleux; les feuilles ovées, dentées, très-glabres, semblables à celles du myrte ; calice adhérent à l'ovaire, limbe libre à cinq dents, peu marquées ou nulles ; corolle urcéolée, dix étamines incluses ; anthères bifides par haut et par bas, munies sur leur dos de deux arêtes redressées ; le fruit est une baie globuleuse couronnée par le limbe du calice, à cinq loges polyspermes ; ces baies, d'un bleu noirâtre, blanches dans deux variétés, sont rafraîchissantes et servent à faire un sirop : on les emploie en teinture et pour colorer les vins.
Les baies d'Airelle ont été anciennement préconisées pour combattre la diarrhée, la dyssenterie, l'hémoptysie, les affections catarrhales, le scorbut.
M. Reiss fait usage des baies d'Airelle sous la forme de rob, de teinture, de sirop contre la diarrhée, dans laquelle il a constaté leur efficacité ; on pourrait substituer aux baies d'Airelle-myrtille les fruits de l'Airelle-canneberge {vaccinium oxycoccos, L.).
Quant à la grande Consoude {Consolida major, Symphytum officinale), de la famille des borraginées, elle ne diffère réellement de la bourrache, dont elle partage d'ailleurs les propriétés émoUientes, que par une trèspetite proportion de tannin qu'elle contient ; on la conseille en décoction, comme tisane, et en sirop dans les diarrhées chroniques, dans les