‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 27 sur 146 · CACHOU · texte numérisé non relu

CACHOU

Le Cachou ou terre de Japo», nommé, suivant différents idiomes, catechu, cal, calch, cuti, est un extrait composé en grande partie de tannin préparé dans les Indes orientales, en faisant bouillir dans l'eau le bois de Vacacia catechu, W., de la faiiiille des légumineuses. Ant. de Jussieu pensait, à tort, que le Cachou était extrait des fruits du palmier aréquier {areca catechu, L.).

Le Cachou (celui que l'on doit considérer comme le meilleur) est inodore, d'une couleur brun rougeâtre, d'une saveur astringente particulière, sans amertume, et bientôt suivie d'un goût sucré très-agréable. Il est en pains, du poids de 100 à 123 grammes, arrondis, mais qui se sont aplatis. Sa cassure est terne, ondulée, et souvent marbrée. Il offre sur sa surface déprimée des glumes de riz. Quant à ses caractères chimiques, ce sont ceux du tannin. M. Guibourt, dont nous adopterons les dénominations pour les diverses espèces de Cachou, les désigne sous les noms de Cachou en boule terne et rougeâtre (Cachou de Bengale).

Le Cachou présente plusieurs variétés qui diffèrent entre elles, suivant qu'on a traité les fruits de l'areca catechu (palmiers), le bois de l'acacia catechu (légumineuses) ou les feuilles du nauclea gambir (rubiacées).

Quelque grande que soit la diversité de ces origines, le Cachou qui en résulte a des propriétés semblables qu'il doit à un même principe, l'acide cachutique, trèssoluble dans l'eau bouillante, mais trèspeu soluble dans l'eau froide. Cela explique pourquoi, dans les diverses conirées de l'Inde où on les prépare, les Cachous les plus estimés résultent^ non de l'évaporation directe du produit de la décoction, mais de l'épaississement et de la dessiccation à l'air libre du dépôt formé par le refroidissement des liquides. Le

Cachou n'est donc pas entièrement soluble dans l'eau froide; mais il doit se dissoudre complètement dans l'eau bouillante, et dans l'alcool chaud; il ne doit contenir ni amidon ni matière terreuse ; il précipite en vert noirâtre par les persels de fer. L'unique espèce de Cachou que l'on prescrit ici comme officinale, parce qu'elle est une des meilleures et qu'elle a pris la place des autres dans le commerce, est le Cachou de Pégu ou Gaschuttie.

C'est un extrait pur, d'un brun foncé, solide et fragile, d'une saveur un peu amère et très-astringente, à laquelle succède un faible goùtsucré. Il est sous forme depains rectangulaires qui, malgré une grande feuille d'arbre dont chacun a été enveloppé, se sont réunis en une seule masse. Il est probable que, de même que le gamtiir, il est extrait des feuilles de l'uncaria gambir.

Sop'iistication. On reconnaît qu'il est falsifié (c'est avec de l'amidon le plus souvent) en le dissolvant dans l'eau et décolorant ce soluté par le chlore. La teinture d'iode donne au liquide une couleur violette. Pour priver le Cachou des impuretés qu'il contient, on le fait digérer h plusieurs reprises dans l'eau, on passe les solutés à travers un linge, et on les fait évaporer en consistance d'extrait.

L'abondance et la nature du résidu démontrent dans le Cachou la présence des terres argileuses du sable des grès. Quant aux extraits d'autres végétaux astringents qu'on y mélange quelquefois, on observe qu'ils altèrent la couleur et la saveur du Cachou pur, et changent en noir le précipité vert que forme le Cachou pur avec le perclilorure de fer.

Le tannin du Cachou a été étudié spécialement par Berzelius. Il est facilement soluble dans l'eau et dans l'alcool ; mais il est pou soluble dans l'éther.

Buchner, en épuisantle Cachou parl'eau

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