‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 30 sur 146 · GOMME KINO, SANG-DRAGON · texte numérisé non relu

GOMME KINO, SANG-DRAGON

Le nom de Kino a été donné à un grand nombre de sucs desséchés, rouges et astringents, provenant de toutes les parties du monde, et extraits d'arbres très-différents. Le seul Kino admis comme ofTicinal par le Codex est celui du fterocarpus luarsupium (légumineuses papilionacées, Kino de l'Inde). Il est en très-petits fragments d'un noir brillant, mais transparents et d'un rouge de rubis dans leurs lamés minces. Il est très-friable, inodore j se ramollit dans la bouche, s'attache aux dents et colore la salive en rouge foncé ; il est facilement soluble à froid dans l'eau et l'alcool; sa solubilité dans ces deux liquides diminue avec son ancienneté.

Les Kiuos diffèrent des cachous par une couleur beaucoup plus rouge, plus vive, et par le défaut complet d'arrière-goùt sucré. Comme les cachous, ils contiennent beaucoup de tannin, qui précipite en vert par les persels de Fer.

Le Kuio a reçu à peu près les mêmes applications que le cachou, mais il a moins d'efficacité, et il est plus rare et plus cher. On l'emploie habituellement sous forme de poudre ■ on en fait un sirop et une teinture alcoolique.

On a signalé des falsifications du Kino par le Sang-Dragon et le cachou; cela serait sans grand inconvénient ; il n'en est pas de même de l'asphalte qu'on y mélange aussi quelquefois. Celui-ci se reconnaîtrait par son insolubilité dans l'eau et dans l'alcool. M. Mialhe, qui estime que le Kino vrai agit avec presque autant d'énergiéque le tannin gallique pur, a donné, dans son Traité de l'art de formuler (page CCXLVII), les formules suivantes :

Tisane astringente au Kino :

Pr. : Kino vrai. ... 2 gram.

Eau 1000

Mêlez, filtrez et ajoutez :

Sirop de coing 100 gram.

A prendre par verre d'heure en heure,

dans tous les cas où les astringents végétaux sont mis en usage.

Lavement astringent :

Pr. : Kino vrai. ... 2 gram.

Eau 1500

Ce lavement est très-efTicace dans le tr<aitement de certaines diarrhées atoniques.

Injection astringente au Kino :

Pr. : Kino vrai 50 gram.

Mêlez et filtrez.

Deux ou trois injections par jour, dans la blennorrhée et la leucorrhée chroniques.

Nous décrirons à la suite de la Gomme Kino le Sang-Dragon {résina satiguis draconis), suc concret, rouge, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, à cassure résino'ide, brillante. Il est fourni par différents arbres,ce qui forme autant d'espèces: 1» le Sang- Dragon en roseaux, iirovenant du calamus draco (var. du G. 'Rotang), palmi-er des Indes occidentales; 2° le Sang- Dragon en baguettes, fourni par le pterocarpus sanlalinus, L. ; S» le Sang- Dragon en masse, qui arrive par morceaux de i2 à 13 kilogrammes (24 à 50 livres), et qui provient, à ce que l'on assure, du pterocarpus draco, L. ; c'est l'espèce dont on vend le plus. Enfin, d'après la plupart des auteurs, c'est le dragonnier, dracœna draco, arbre de la famille des asparaginées, qui fournit une grande partie du Sang-Dragon du commerce.

Toutes les espèces sont à. peu près identiques; elles sont poreuses, parfois trouées, d'une cassure résineuse, à points brillants avec une efllorescence rouge mat; on y observe des corps étrangers qui paraissent des débris d'écorce, de feuilles et même de semences. Il n'y a pas beaucoup de préférence à donner à une variété sur une autre, tant elles se ressemblent pour leur composition ; elles brûlent avec une

loi

odeur un peu résineuse et légèrement aromatique.

Le Sang-Dragon est maintenant peu usité comme médicament. On lui préfère en général les autres astringents.

Il entre dans la composition de quelques formules anciennes^ autrefois très-usitées, telles que Vempldtie opodeldoch, les pilules astringentes, Valun teint ou les pilules iTHelvélius. dans quelques électuaires pour les dents ; enfin, dans la poudre arsenicale de Rousselot, etc. '

Une grande partie du Sang-Dragon du commerce est faite de toutes pièces, avec des résines colorées en rouge, soit par de beau Sang-Dragon, soit par du santal rouge, du bol d'Arménie et du colcotar.

Ainsi préparé, le Sang-Dragon n'a pas la cassure rouge et un peu brillante naturelle, sa poudre est d'un rouge terne ; il répand en brûlant une odeur désagréable ; enfin, la solution alcoolique laisserait déposer abondamment les matières insolubles.

Thompson avait signalé la présence de l'acide benzoïque dans le Sang-Dragon :

ce fait a été constaté par MM. Glenard et Boudault, dans le travail qu'ils ont publié sur la distillation sèche du Sang-Dragon {Comptes rendus, tome IX, page 505).

Pilules d'Helvétius.

Alun en poudre 20 gram.

Sang-Dragon pulvérisé. 10 Mielrosat 10

Mêlez et faites des pilules de Oe^,W, que vous roulerez dans la poudre de Sang- Dragon.

Nous dirons aussi quelques mots du suc d'acacia, qui était jadis employé comme astringent. C'est des gousses de l'acacia vera qu'on retire ce médicament, lequel entre dans la thériaque, le mithridate, etc. Il a été remplacé dans le commerce par l'extrait du prunus spinosa ou acacia nostras, qui lui-même n'est presque plus usité.

Le Kino, comme on le voit, fort variable dans son origine, et, par conséquent, dans sa composition, contient, entre autres principes, une grande quantité de tannin, sans acide gallique. C'est au tannin qu'il doit toutes ses propriétés.

Fothergill, qui l'a introduit dans la matière médicale au milieu du siècle dernier, l'a conseillé dans la diarrhée et la dysenterie chroniques, dans les flux menstruels immodérés, dans les pertes séminales involontaires, dans le diabète, et, en général, dans les flux chroniques.

Il s'emploie, en un mot, dans le cas où le tan, le tannin, la ratania, etc., sont indiqués ; mais il est beaucoup moins actif que ces deux dernières substances.

A côté de la Gomme Kino, il faut placer le Sang-Dragon.

Le Sang-Dragon contient beaucoup moins de principes astringents que la Gomme Kino; il a d'ailleurs les mêmes usages que cette dernière.

A l'intérieur, la Gomme Kino se donne à la dose de 1 gramme et demi à 4 grammes, le Sang-Dragon à une dose double.

On ne les emploie que rarement pour l'usage externe.

RATANIA (1).

La Ratania est une racine horizontale, dra, genre de la famille des polygalées, souterraine, fournie par le A/'amena irîfln- dédié à Kramer, botaniste allemand, par

(1) Le mot Ratania est espagnol. La Rafania a été pour la première fois indiquée par RuiZj botaniste espagnol. Les Espagnols ont écrit Ratania, et non Ratanhia, ils

RATANIA.

Ruiz, qui, le premier, en 1779, découvrit au Pérou ce sous-arbrisseau.

La racine de Ratania est ligneuse et divisée en radicules cylindriques longues, ayant depuis la grosseur d'une plume jusqu'à, celle du pouce; elle est composée d'une écorce rouge brun, un peu fibreuse, ayant une saveur très-astringente non amère, et d'un cœur entièrement ligneux, très-dur, d'un rouge pâle et jaunâtre.

Comme ce cœur a moins de saveur et de propriétés médicinales que l'écorce, il convient de choisir les racines les plus petites, ou au moins les moyennes, parce qu'elles contiennent proportionnellement plus de cette écorce que les grandes. (Guibout. )

Il résulte de l'analyse de M. Vogel que la racine de Ratania est composée de : tannin, extractif, gomme, fécule, matière muqueuse ; plus quelques sels et un acide mal déterminé.

Les formes principales sous lesquelles on administre la Ratania sont les suivantes :

1° La poudre ,• mais c'est une mauvaise préparation, parce que la racine contient une grande proportion de parties inertes.

2" Extrait de Ratania.

Racine de Ratania. . . 1000 gram.

Eau distillée froide. . . q. s.

Réduisez la racine en poudre grossière que vous humecterez avec la moitié de son poids d'eau. Après douze heures de contact, introduisez le mélange dans un appareil à déplacement; lessivez avec l'eau distillée froide, et arrêtez l'écoulement de la liqueur aussitôt qu'elle passera pou concentrée. Chauffez celle-ci au bainmarie, et passez pour séparer le coagulum qui s'est formé. Evaporez jusqu'en consistance d'extrait mou.

30 Sirop de Hatania.

Extrait de Ratania. ... 2o gram.

Sirop de sucre 975

Faites dissoudre à chaud l'extrait de Ratania dans le double de son poids d'eau, et ajoutez la solution au sirop bouillant. Laissez le sirop sur le feu, jusqu'à ce qu'il soit ramené au poids de 1000 grammes, et passez.

20 grammes de ce sirop contiennent Ogi-jaG d'extrait.

40 Suppositoires d'extrait de Ratania {Suppositoria cum extrada rataniœ).

Extrait de Ratania. . . 10 gram.

Beurre de cacao .... 40 Pour dix suppositoires préparés de la façon suivante : faire fondre le beurre de cacao à une douce chaleur, et lorsque la masse est suffisamment refroidie, y mélanger avec soin l'extrait de Ratania finement pulvérisé.

50 Teinture de Ratania.

Ratania en poudre demi-line. 100 gram.

Alcool à 60» q. s.

Introduisez la poudre de Ratania dans un appareil à déplacement; versez à sa surface, peu à peu et .avec précaution, assez d'alcool pour l'imbiber complètement. Ajoutez alors doucement le nouvel alcool pour déplacer celui qui mouille la poudre. Continuez ainsi jusqu'à ce que vous ayez obtenu cinq parties en poids de liquide pour une de substance emplovéo.

Filtrez.

6» Tisane de Ratania.

Racine de Ratania ... 20 gram.

Eau bouillante 1000

Faites infuser deux heures et passez.

C'est à Ruiz, savant botaniste espagnol, que l'on doit la connaissance de la Ratania. Il en découvrit les propriétés astringentes dès 1784, mais il ne publia le résultat de ses expériences qu'en 1796, et son travail, inséré dans les Mémoires de l'Académie royale de Madrid, fut traduit en français par Bourdois de la Motte, en 1808, peu après que Pagez avait publié, dans le Journal général de médecine (t. XXX, 1807), son mémoire sur les propriétés médicales de cette substance.

Depuis cette époque, et surtout depuis la fin des guerres de Napoléon (1815), la racine de Ratania est devenue un remède vulgaire, et il est peu de médecins qui ne l'aient souvent employée. M. Bretonneau et nous,

ont dit la Ratania, et non le Ratania. Il convient donc de laisser à ce mot et l'orthographe et le genre que les Espagnols lui ont donnés.

MÉDICAMENTS ASTRINGENTS

nous avons fait sur ce médicament d'assez nombreuses recherches dont nous consignerons ici les résultats.

Action physiologique de la Ratania. — Pris à doses même modérées, 50, 73 centigrammes à 1 gramme, l'extrait de Ratania produit dans la région de l'estomac un sentiment de pesanteur très-pénible, et souvent des pincements douloureux ; les digestions sont plus difficiles, la constipation se montre presque toujours immédiatement.

Mais, peu d'heures après l'emploi du remède, le malade éprouve des malaises généraux, peu prononcés quand la Ratania a été donnée à un homme en santé, très-prononcés au contraire quand on l'a administrée pour arrêter une hémorrhagie et que le but thérapeutique a été atteint. Ces malaises se traduisent surtout par des bâillements, par de grands efforts de respiration, et par une espèce de serrement de poitrine fort pénible. Ces effets sont propres au tannin, au sang-dragon, à la gomme kino, au cachou, en un mot, à toutes les substances qui contiennent une grande quantité de tannin.

Action thérapeutique de la Ratania. — L'extrait de Ratania a surtout été conseillé dans le traitement des hémorrhagies graves, et c'est avec raison ; il est, en elfet, un des plus puissants hémostatiques que nous possédions. Ce n'est pas à dire pour cela qu'il faille le proférer aux autres hémostatiques qui ne sont pas de l'ordre des astringents. Dans le chapitre général qui traitera de la médication astringente, nous essayerons d'indiquer les graves inconvénients des astringents, et nous ferons comprendre à nos lecteurs qu'ils ne doivent, en général, être employés qu'avec mesure et lorsque les autres moyens sont impuissants. Ils agissent avec rapidité, sans doute, par la modification rapide qu'ils exercent sur la crase du sang; mais cette rapidité même et cette modification du sang ne sont pas toujours à désirer.

La Ratania s'emploie d'ailleurs dans les mêmes circonstances que le tannin : diarrhées chroniques, catarrhes chroniques pulmonaires, utérins, vaginaux, urétraux, etc., etc.; topiquement, dans les ulcères atoniques, sur les parties relâchées, telles que l'anneau inguinal dans la hernie, dans les nœvi materni, dans les œdèmes chroniques.

Mais il est une maladie dans laquelle la Ratania a rendu les services les plus signalés : nous voulons parler de la fissure de l'anus, et nous croyons utile d'insister un instant surce point important de thérapeutique.

Boyer, qui, le premier, avait bien décrit la fissure à l'anus, la faisait consister principalement dans une constriction spasmodique du sphincter, accompagnée de crevasses plus ou moins profondes, plus ou moins étendues. Les crevasses n'étaient qu'une complication, qu'un accessoire dans la maladie, et il suffisait de relâcher le sphincter par la section de ses fibres circulaires pour fiiire cesser immédiatement la constriction spasmodique et amener la guérison.

Aujourd'hui, un petit nombre de chirurgiens partagent l'idée de Boyer sur le peu d'importance de la fissure en elle-même et sur la prépondé-

RATAXIA.

rance pathologique de la constriction ; et, à cet égard, il se forma, en quelque manière, deux camps opposés : dans l'un, on ne voulut s'occuper que de la constriction, en négligeant la fissure ; dans l'autre, on ne s'inquiéta que de la fissure, et l'on pensa que la constriction, qui en était la conséquence, cesserfiit d'elle-même dès que la cause aurait disparu.

C'est ainsi que se formèrent deux modes de traitement principaux. Les uns firent la section des fibres de l'anus môme en dehors de la fissure, ou bien employèrent des pommades relâchantes dans lesquelles les extraits de solanées vireuses occupaient le premier rang ; les autres, s'attaquant à la fissure elle-même, l'incisèrent pour en faire une plaie simple (ce qui ne se comprend guère), y portèrent des caustiques, des cathérétiques, des pommades diverses, analogues à celles que l'on emploie dans le traitement des plaies rebelles siégeant sur d'autres points.

Toutefois l'incision prévalut,;en quelque point d'ailleurs et dans quelque intention qu'on la pratiquât.

Certes, quand on voit tous les chirurgiens préoccupés, les uns presque exclusivement, les autres beaucoup trop encore, de la constriction spasmodique du sphincter, on ne peut pas être rationnellement conduit à injecter dans le rectum des médicaments propres à exagérer cette constriction, la Ratania par exemple.

C'est pourtant ce qu'a fait M. Bretonneau, se fondant sur les considérations suivantes.

Si la constipation et l'effort que faisait le bol excrémentitiel contre le sphincter qu'il distendait et qu'il déchirait souvent, étaient évidemment, dans un grand nombre de cas, la cause de la fissure; d'autre part, la constipation constituait encore le plus grand obstacle à la guérison.

Or, la constipation s'accompagne souvent d'un changement fort remarquable dans la dernière portion du rectum : immédiatement au-dessus du .sphincter, le rectum se dilate en ventre d'amphore, puis se rétrécit de nouveau à la hauteur de l'angle sacro-vertébral. Dans ce ventre d'amphore, les matières s'accumulent et forment un bol d'une grosseur énorme, de telle façon que, chaque fois que le malade va à la garde-robe, l'excrétion est vraiment assimilable à une sorte d'enfantement.

Bretonneau pensa que, pour vaincre ces constipations accompagnées ou non de fissures, il était convenable de rendre à la dernière portion de l'intestin le ressort qui lui manquait, et la Ratania lui parut parfaitement appropriée à cet usage. Il donnait donc, dans le cas de constipation simple, coïncidant avec la dilatation du rectum, des lavements avec l'extrait de Ratania dissous dans l'eau avec addition de teinture alcoolique de Ratania.

Une dame traitée par lui avait, en môme temps que la constipation dont nous parlons ici, une fissure à l'anus qui lui causait d'atroces douleurs et qui avait gravement compromis sa santé. 11 lui faisait prendre chaque jour un quart de lavement de Ratania, et bientôt constipation et fissure se trouvèrent guéries.

im MÉDICAMENTS ASTRINGENTS.

Vinrent d'autres malades constipées également et atteintes de constriction spasmodique de l'anus avec fissure. La même médication mit fin à tout. Ce fut alors que, n'ayant plus égard à la constipation, qui manque dans certaines tissures, il crut néanmoins devoir essayer la Ratania, et le môme succès couronna cette tentative.

Une induction très-légitime lui fit faire le premier pas ; ensuite des faits qu'il n'appelait pas éveillèrent son attention ; il n'eut qu'à les constater, et une expérimentation réfléchie le mena jusqu'à une médication qui, présentée comme médication générale, n'était peut-être pas rationnelle, mais qui est bonne en fait, et c'est le principal.

En effet, cette médication serait vraiment rationnelle si la constipation était toujours cause ou complication de la fissure ; mais nous voyons assez fréquemment des malades atteints de fissures avoir de la diarrhée, ou tout au moins des garde-robes molles, ou bien encore prendre des lavements matin et soir, de manière à empêcher tout effort contre le sphincter, et cependant la fissure persiste.

Depuis que nous avons fait connaître les résultats de nos propres expériences sur l'emploi de la Ratania dans le traitement de la fissure, beaucoup de praticiens, en France, à l'étranger, ont employé cet utile médicament, et, parmi les chirurgiens de Paris, Lisfranc et Marjolin sont ceux qui ont obtenu les plus grands succès; ce qu'il faut attribuer, d'une part, au bon esprit qui dirigeait ces habiles praticiens, car ils savaient accepter volontiers les moyens thérapeutiques qui peuvent épargner aux malades? des opérations sanglantes ; d'autre part, aux modificfitions heureuses qu'ils apportaient à l'emploi du remède, suivant les cas, suivant l'opiniâtreté du mal, suivant la susceptibilité des malades.

Ils différaient beaucoup à cet égard d'autres chirurgiens qui, trop enclins peut-être à user de l'instrument tranchant, n'apprennent pas à manier les médicaments dont l'action est moins expéditive que le bistouri, jugent avec une sévérité injuste des moyens qu'ils ne veulent pas connaître ou qu'ils ont essayés sans persévérance, et ne craignent pas même de regarder comme controuvés des faits qu'il leur eût été si facile de constater, s'ils l'avaient voulu comme il convient de vouloir.

11 nous resterait à demander comment et par quel mécanisme agit la Ratania dans la curation de la fissure à l'anus.

A cette question on répondra : « Cela guérit, que vous importe le comment? )) et, tout en confessant qu'en thérapeutique, c'est souvent ainsi que l'on est autorisé à répondre, l'esprit cependant inquiet et curieux voudra se rendre compte, et cherchera une explication qui puisse le satisfaire.

Le tannin et l'acide gallique, si abondants dans l'extrait de Ratania, rt dont l'action astrictive est si puissante, chassent-ils le sang qui s'est accumulé vers la partie irritée et ulcérée, et, la fluxion inflammatoire dissipée, la cicatrice se fait-elle avec rapidité ?

Ou bien le surcroît de tonicité que le médicament donne aux muscles

Page 1