SUIE
Quand on brûle lt> bois dans nos foyers, lo courant d'air n'élant pas suffisamment rapide, une partie des matières se distille sans être brûlée; et ces matières, mêlées de produits charbonneux et de cendres entraînés mécaniquement, constituent la Suie {fvligo, fuligo ligni). Elle est formée, en majeure partie, de pyritine ou résine empyreumatique combinée à l'acide acétique, qui sature aussi les bases qui ont été formées par les cendres. (Soubeiran.) Elle contient encore une certaine quantité de matières extractives, dont une portion est insoluble dans l'alcool.
M. Braconnot a retiré de la Suie une matière très-amère qu'il a nommée absoline , laquelle est considérée par Berzelius comme un mélange de différentes matières avec la pyritine acide.
Depuis"quelques années, on a employé la Suie sous beaucoup de formes.
Les principales formules sont :
1» La décoction de Suie :
Fr. : Eau 1000 grammes.
Suie de bois. ... 2 poignées.
Faites bouillir pendant une demi-heure, et passez sans expression. (Blaud de Beaucaire.)
2" La pommade de Suie :
Pr. : Suie de bois. ... 1 part.
Axongc 4
Mêlez. (Blaud de Beaucaire.)
Nous la faisons aussi prendre en potion sous la forme suivante :
Pr. : Suie 8 grammes.
Café en poudre. . . 4
Faites bouillir pendant une demi-heure, passez et sucrez.
L'Extrait de Suie est aussi employé avec quelque succès.
Les principes constituant la Suie sont toujours les mêmes, mais la proportion doit varier selon un grand nombre de circonstances, comme la nature du bois brûlé, la rapidité de la combustion, etc. En effet, les bois résineux forment une Suie plus riche en charbon, et renferment probablement des traces d'acides pyrogénés, et peut-être d'acide succinique, pini-
que, sylvique, etc. Les bois légers, au contraire, donnent une Suie très-riche eir acide acétique.
On a préconisé contre les scrofules, mais surtout contre certaines affections herpétiques, une préparation qu'on a nommée anirakokati, et dont on distingue deux espèces : le simple et le sulfuré. On lesprépare, le premier, en ajoutant dans une bassine de fer IGO grammes de charbon de terre pulvérisé à 192 grammes d'un soluté concentré et bouillant de potasse à la chaux; on agite le mélange jusqu'à ce qu'il soit réduit en poudre noire homogène, que l'on renferme dans des flacons préalablement chauffés, et que l'on bouche avec soin ; le second s'obtient parle même procédé, en ajoutant 16 grammes de!
soufre.
M. Gibert emploie ces deux préparations à l'hôpital Saint-Louis sous la forme de pommades au dixième ou au trentième. On les a employées à la dose de 0,10, trois ou quatre fois par jour, associées avec 0,2o de poudre de réglisse ou de carbonate de magnésie.
On connaît aussi deux autres préparations qui ont été employées dans les mêmes circonstances : ce sont le fuligokali simple et le fuligokali sulfuré. Le premier s'obtient en faisant bouillir dans q. s. d'eau distillée 100 grammes de Suie brillante et pulvérisée, avec 20 grammes de potasse caustique. Après une heure d'ébuUition, on étend l'eau, on fdtre et on fait évaporer à siccité; le produit est enfermé encore chaud dans des flacons chauffés, que l'on tient exactement bouchés dans un lieu sec.
Quant au fuligokali sulfuré, on l'obtient en ajoutant îi 00 grammes de fuligokali simple 14 grammes de potasse caustique, et de 5 à 8 grammes de soufre lavé, on fait dissoudre le soufre dans la potasse et on dessèche le tout.
Les deux fuligokali sont employés aux mêmes doses et de la même manière que l'antrakokali simple.
La Suie fait partie de la poudre purgative (VAlhiaud, mélange de résine, de scammonée et de Suie qu'on avait proposé comme une panacée.
Enfin, depuis que la thérapeutique s'est de nouveau emparée de ce médicament, on a constaté quelques-unes de ses propriétés fort efficaces.