ACIDE PHÉNIQUE
Depuis notre dernière édition, il a été beaucoup question de l'acide Phénique, cela tient à ce que les procédés d'extraction employés par M. Bobœuf en ont fiiit baisser le prix de 100 francs à 6 francs pour 1 kilogramme. Les solutions d'acide Phénique ou de Phénate de soude ont été employées dans trois conditions : 1° comme hémostatiques; 2° comme topiques désinfectants; 3" comme moyen de conservation des cadavres.
Sur la demande du ministre de la guerre, M. Laveran a fait, dans sou service du Val-de-Gràce, des expériences d'oii il résulte que le Phénate de soude aurait agi avec autant d'action que le perchlorure ou le Phénate de fer pour arrêter des hémorrhagies provenant de piqûres de sangsues, de plaies phagédéniques et d'un cancer encéphaloïde. Il aurait agi comme un bon désinfectant, sans irriter les plaies. Enfin, sous le point de vue delà conservation des cadavres, M. Laveran l'aurait trouvé aussi actif que le biborate d'ammoniaque. Nous savons en outre que MM. Maisonneuve et Desormeaux, abandonnant à peu près complètement les corps gras pour le pansement des plaies, ont employé l'acide Phénique dilué à 0,1 ou 0,2 pour 100. C'est là un nouveau procédé de pansement des plaies qui, avec l'alcool et les sulfites ou hyposulfites, commence à se répandre de plus en plus.
Ucjections iufectieuses. — Au mois d'octobre 1865, pendant l'épidémie cholérique, nous avions fait, à titre d'essai, désinfecter les lieux d'aisances, les conduites d'eaux ménagères et les ruisseaux avec une solution d'acide Phénique au millième, dans un orphelinat. Cette année, la même tentative vient d'être faite à Amiens, pendant l'épidémie meur-
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trière que le choléra a fait subir à la ville. Sur les conseils do M. le professeur Tardieu, certains quartiers de la ville ont été arrosés avec une eau contenant en petite proportion l'acide Phénique.