‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 58 sur 146 · ACTION THÉRAPEUTIQUE DD PLATINE · texte numérisé non relu

ACTION THÉRAPEUTIQUE DD PLATINE

Hoefer, guidé par l'analogie chimique qui unit l'or au Platine, a essayé ce médicament dans le traitement des maladies que l'or et le mercure guérissent en général le mieux; nous voulons parler de la syphilis, des rhumatismes chroniques. Nous nous bornerons à donner ici l'analyse des faits qu'il rapporte. Il a guéri plusieurs blennorrhagies chro niques par l'usage interne du perchlorure de Platine, à la dose de 25 milligramnes dissous dans 180 grammes d'eau distillée, à prendre dans le courant de la journée, en môme temps que chez les femmes il

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

fait toucher les surfaces enflammées avec un Uniment composé de 2 grammes de perchlorure de Platine et de 60 grammes d'huile d'olive.

Dans la blennorrhagie aiguë, il a eu à se louer de l'emploi d'injections urétrales avec une solution de 2 grammes de chlorure double de Platine et de sodium dans 250 grammes d'eau distillée.

Le chancre vénérien primitif a été traité par la lotion platinique indiquée plus haut, en même temps que l'on appliquait topiquement une pommade composée de 2 grammes de Platine très-divisé, incorporé à 30 grammes d'axonge.

Dans les chancres syphilitiques du voile du palais et de la gorge, il a réussi en donnant chaque jour des pilules composées selon la formule suivante :

Perchlorure de Platine 0sr,50

Extrait de gaïac 4

Poudre de réglisse ... q. s. pour vingt pilules.

Enfin l'usage interne du chlorure de Platine et de sodium lui a paru un moyen excellent à opposer aux rhumatismes chroniques.

Il a remarqué que, chez quelques-uns des malades soumis au traitement platinique, il y avait une augmentation considérable de l'excrétion urinaire, et quelquefois une légère salivation nullement douloureuse et sans gonflement des gencives et de la langue. Ces phénomènes n'ont du reste point incommodé les malades. Du côté de la digestion, il croit avoir remarqué plus souvent de la constipation que du relâchement.

Pendant le traitement platinique, il est inutile que les malades s'astreignent à un régime sévère et fatigant. Il faudra cependant (dans les symptômes primitifs et inflammatoires) éviter une nourriture trop substantielle et des boissons trop excitantes.

Il n'a observé, à la suite du traitement par le Platine, aucun des accidents qu'on reproche au mercure.

Il se résume en ces termes :

1» Les préparations de Platine (chlorures) sont toxiques ; le perchlorure l'est à la dose de i gramme, le chlorure double de Platine et de sodium à la dose de 2 grammes.

2° Les chlorures de Platine (perchlorure et chlorure double de Platine et de sodium) sont moins vénéneux que le sel d'or et le sublimé corrosif.

3° Le perchlorure de Platine, en dissolution concentrée, produit de vives démangeaisons sur la peau, suivies d'une légère éruption cutanée dans l'endroit où la dissolution a été appliquée. Pris intérieurement, il irrite d'abord la muqueuse de l'estomac, occasionne de la céphalalgie^ réagit sur le centre nerveux, et exerce, par cet intermédiaire, une action particulière, altérante, sur les liquides de l'économie.

4" Le chlorure double de Platine et de sodium ne produit point d'irritation locale sur la peau. Pris intérieurement, il ne réagit pas sur les centres nerveux d'une manière aussi sensible que le perchlorure simple. II augmente plus particulièrement la sécrétion urinaire.

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