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festement ondulée; sa cassure, observée au soleil, oiïre, surtout vers la circonférence, des points perlés et éclatants qu'on reconnaît à la loupe pour être de petits grains d'amidon.
L'ipécaciianha blanc a une odeur de moisi; mais il n'est pas irritant comme î'ipécacuanha annelé. On le désigne au Brésil sous le nom de Poaya bianca do camfio.
Voici la composition de ces trois Ipécacuanlias :
Ecorce, Ligneux.
Cire
Emëline. . . .
Extrac tif non vomitif. . .
Gomme. . . .
Amidon. . . .
Ligneux . . .
Perte
On voit par cette analyse que l'écorce contient plus d't'métine ou de principe actif que le ligneux, et que, par conséquent, I'ipécacuanha annelé gris possède plus de propriétés vomitives que I'ipécacuanha stiié et I'ipécacuanha blanc.
On rencontre fréquemment , dans le commerce, de faux Ipécacuanhas qu'on emploie dans quelques pays comme succédanés de I'ipécacuanha. Ils appartiennent presque tous aux trois familles suivantes : vhilariées, euphorbiacées, apocy • nées, et proviennent de diverses espèces faisant partie des genres Viola, Euphorbia, Cynanchum. lonidium, etc.
L'ipécacuanha gris annelé, celui qui est le plus employé en France, a été analysé par MM. Pelletier et Magendie, puis par MM. Richard et Barruel j il a fourni îi ces chimistes :
Emëline, gomme, amidon, cire végétale, matière grasse huileuse, matière extractive.
L'émétine existe dans les racines d'Ipécacuanha îi l'état salin ; elle est en écailles brunes, rougeâtres , translucides, d'une saveur amère , très-soluble dans l'eau chaude, moins dans l'eau froide ; fusible à 50" environ.
On l'obtient en faisant macérer pendant quelques jours une partie d'Ipécacuanha pulvérisé dans 4 parties d'alcool à 62» centigrades (38" Cart.) ; on passe avec expression et l'on filtre ; on soumet le marc à une nouvelle macération dans 3 parties d'alcool, on exprime et on filtre de nouveau : on distille ensuite les liqueurs réunies; on dissout le résidu dans 4 parties d'eau froide, et l'on filtre; puis on évap9re à l'étuve jusqu'îi siccilé. C'est l'émétine impure, Véméline médicinale, que l'on obtient ; fémétine pure n'est presque jamais employée.
Poudre d'Ipécacuanha.
Ou pulvérise I'ipécacuanha jusqu'aux
deux ti'?rs ; on le triture dans un mortier, de manière à détacher la partie corticale du meditnilium ligneux, qui est beaucoup moins actif. La force de la poudre d'Ipécacuanha est un quart plus grande que celle de la racine, précisément à cause de la séparation du meditullium.
Tablettes d'Ipécacuanha.
(Tabellae cum Ipecacuanha.)
Pr. : Ipécacuanha pulvérisé. 100 gram.
Sucre blanc 4900
Gomme adragante. . . 40
Eau de fleur d'oranger. 340
Mélangez la poudre d'Ipécacuanha avec quatre fois son poids de sucre. D'autre part, faites avec la gomme et l'eau de ileur d'oranger un mucilage auquel vous ajouterez d'abord le reste du sucre, puis sur la fin de l'opération, le mélange de sucre et d'Ipécacuanha.
Divisez en tablettes du poids de OB', 50, dont chacune contient 06^,01 de poudre d'Ipécacuanha.
Produits par l'eau.
On emploie I'ipécacuanha en infusion, ou plutôt en décoction.
Potion antidysentérique (Spielmann).
Pr. : Ipécacuanha.
Eau
8 gram.
On partage l'eau en trois doses, et chacune d'elles sert exclusivement à faire une décoction. La quantité totale du produit doit être de 192 grammes. On y ajoute sirop de gomme 64 grammes. On administre en trois fois, à trois heures d'intervalle.
Poudre vomitive (Hôp. Necker).
Pr. : Ipécacuanha en poudre. . . 2s''. Tartre stibié 0 ,05
Divisez en quatre paquets que l'on administre ii dix minutes d'intervalle l'un de l'autre. On fait boire de l'eau chaude au malade pour faciliter les vomissements.
On prépare aussi un extrait aqueux qui est peu employé.
Produits par l'alcool.
L'alcool à SG" centigr. dépouille I'ipécacuanha de toutes ses parties actives.
Teinture d'Ipécacuanha.
(Tinctura de Ipécacuanha.) (Codex.)
Pr. : Racine d'Ipécacuanha . 100 gram.
Alcool à GO" 500
Faites macérer pendant dix jours; passez avec expression, filtrez.
Extrait d'Ipécacuanha (Codex).
On soumet la poudre d'Ipécacuanha avec la moitié de son poids d'alcool, et
IPÉCAGUANIIA.
ou l'introduit en l'cutassant modérément dans l'appareil à lixiviation. Au bout de douze heures, on lessive avec 3 parties d'alcool, et on déplace celui-ci par de l'eau; on distille les liqueurs alcooliques, et l'on évapore le résidu en consistance «l'extrait.
Saccharolé d' [pécacuanha.
Pr. : Teinture alcoolique d'Ipé-
cacuauha 15 part.
Sucre blanc 7
Mêlez et séchez à l'étuve.
4 grammes de saccharolé représentent 2 1/2 centigrammes d'extrait.
Sirop d' [pécacuanha (Codex).
(Syrupus cum extracto Ipecacuanhae.)
Pr. : Extrait alcoolique d'Ipéca-
cuanha 10 gr.
Eau distillée q. s.
Sirop de sucre 990 gr.
Faites dissoudre l'extrait dans huit fois son poids d'eau distillée, filtrez la dissolution, ajoutez-la au sirop, et faites cuire celui-ci jusqu'.l ce qu'il marque 1,26 au densimètre (30° B.).
Produit par le vin.
Pr. : Ipécacuanha 1 part.
Vin d'Espagne 32
F. S. A. (Pharm. de Londres.) Sirop d' Ipécacuanha composé.
Sirop de Desessarl.
(Syrupus de Ipécacuanha compositus.)
Pr. : Ipécacuanha concassé. 30 gram.
Feuilles de séné. . . . 100
Serpolet 30
Fleurs de coquelicot . 125
Sulfate de magnésie. . 100
Vjn blanc 730
Eau de fleur d'oranger. 756
Eau bouillante 3000
Sucre blanc q. s.
Faites macérer l'Ipécacuanha et le séné dans le vin blanc pendant douze heures; passez avec expression et filtrez. Ajoutez au résidu le serpolet et le coquelicot, et versez l'eau bouillante sur le tout. Laissez infuser pendant six heures, passez avec expression ; ajoutez il la liqueur le sulfate de magnésie et l'eau de fleur d'oranger; filtrez. Réunissez la liqueur vineuse aa produit de l'infusion et faites, avec le sucre ajouté dans la proportion de 190 grammes pour 100 grammes de liqueur, un sirop par simple solution au bain-marie.
Ce sirop est fréquemment employé et avec beaucoup de succès contre la toux couvulsive (coqueluche) chez les enfants.
N'oublions pas que l'Ipécacuanha fait aussi partie intégrante de la poudre do Uower, si employée en Angleterre.
Poudre d' Ipécacuanha opiacée.
Poudre de Dower (Pulvis Doweri).
Pr. : Poudre de nitrate de potasse 40 gram.
Poudre de sulfate de potasse 40
Poudre d'Ipécacuanha. . 10
— de réglisse. ... 10
Extrait d'opium séché. . 10
Faites sécher exactement toutes ces poudres, et mélangez-les avec soin.
1 gramme de poudre renferme 05^,09 d'extrait d'opium sec.
Le principe actif de l'Ipécacuanha, IVméline, a été administré souvent par Magendie; il le donnait sous forme de ta- Meltes et de sirop.
C'est Véméline brune (émétine médicinale), et non l'émétine pure, que l'on doit employer.
L'efficacité de ce médicament n'est pas encore assez bien démontrée, pour qu'il soit définitivement introduit dans la thérapeutique.
La racine de l'Ipécacuanha n'a commencé à être connue qu'au milieu du dix-septième siècle : ce fut Pison qui l'introduisit dans la thérapeutique, et qui parla de ses propriétés antidysentériques, déjà bien constatées au Brésil. Mais c'est à peine si les médecins firent attention à ce qu'avait écrit Pison, qui se recommandait à la considération des savants plutôt par des connaissances botaniques que par son expérience médicale. En vain un médecin nommé Legras, qui avait fait trois fois le voyage d'Amérique, rapporta-t-il en France de l'Ipécacuanha, et en fit-il vendre publiquement ; le nouveau remède ne devait trouver de crédit que par le charlatanisme. En effet, en 1686, à l'époque à peu près oij le fameux remède de Talbot, le quinquina, avait valu à son inventeur les faveurs du
roi de France et une fortune considérable, un marchaniî français, nommé Grenier, séduit sans doute par l'exemple, rapporta du Brésil 75 kilogrammes de racine d'Ipécacuanha; et, ne sachant comment en tirer parti et comment donner crédit à son remède, il s'associa un médecin hollandais qui exerçait à Paris, Adrien Helvétius, à qui il fit connaître les vertus antidysentériques de l'Ipécacuanha. Helvétius expérimenta d'abord sur des hommes obscurs, pui;5 sur des gens d'une condition élevée, puis enfin sur le dauphin lui-même, qu'il guérit d'un flux de sang; et il obtint alors de Louis XIV l'autorisation de faire à l'Hôtel- Dieu de Paris des expériences publiques sur les vertus antidysentériques de son arcane. Ces expériences ayant réussi, il obtint du roi le privilège exclusif de débiter son remède, et il reçut en outre une récompense de mille louis. Cependant Helvétius, en associé peu scrupuleux, gardait pour lui honneurs et profits : Grenier alors voulut revendiquer sa part; de là un procès en parlement, que ce dernier perdit. Indigné de la mauvaise foi d'Helvétius, Grenier divulgua le secret, et désormais l'Ipécacuanha fut du domaine public.
Avant d'étudier les propriétés thérapeutiques de l'Ipécacuanha, il est bon de nous arrêter un instant sur ses effets, indépendamment de toute maladie.
ACTION DE L'IPÉCACUANHA SUR l'hOMME SAIN.
Les expériences les plus curieuses qui aient été faites sur les effets physiologiques de l'Ipécacuanha sont dues à M. Bretonneau, de Tours. Ce praticien constata, en effet, que la poudre d'Ipécacuanha, mise en contact avec la peau dépouillée de son épiderme, suscitait une inflammation locale des plus énergiques ; qu'une petite pincée de cette poudre insufflée dans l'œil d'un chien donnait lieu à une phlegmasie oculaire tellement intense, que la cornée était quelquefois perforée. Il démontra donc que l'Ipécacuanha était un agent d'irritation locale, et il pensa que ses propriétés vomitives et purgatives devaient être attribuées à l'inflammation qu'il déterminait sur la membrane muqueuse gastro-intestinale. Plus tard, Hannay, de Glasgow, conduit par les expériences de M. Bretonneau, a fait, avec 8 grammes de poudre d'Ipécacuanha, 8 grammes d'huile d'olive et 15 grammes d'axonge, une pommade irritante qui peut remplacer, pour l'usage externe, l'huile de croton tiglium.
Donné à l'intérieur et mis en contact soit avec l'estomac, soit avec le rectum, il cause une inflammation locale que l'autopsie démontre, inflammation beaucoup plus intense qu'on ne pourrait le supposer en ayant égard à l'apparente innocuité du remède.
Les expériences de M. Bretonneau n'infirment en rien les résultats thérapeutiques de nos devanciers; elles les expliquent d'une manière plus satisfaisante; et nous verrons, en effet, qu'il est très-facile de concilier l'action irritante locale de l'Ipécacuanha et son action curative dans la gastrite et la dysenterie.
IPÉCACUANHÂ.
L'Ipécacuanha introduit dans l'estomac détermine des vomissements tellement constants, que cette substance est placée, parmi les vomitifs, à côté du tartre stibié.
L'elTet vomitif de l'Ipécacuanha est moins rapide que celui que l'on obtient par les préparations antimoniales ; mais il dure plus longtemps. Il est également moins sûr, parce que la poudre qui ne peut être dissoute est quelquefois entièrement rejetée par le premier vomissement, et, par conséquent, n'a plus d'action. Les doses à l'aide desquelles on obtient le vomissement sont extrêmement variables : tel vomit avec 10 centigrammes et même avec une quantité beaucoup moindre ; tel autre vomit à peine avec Is^âO ou l^\SO. Le moyen le plus sûr pour obtenir des effets vomitifs, c'est de donner l'Ipécacuanha très-finement pulvérisé, délayé dans une assez grande quantité d'infusion chaude; mais il faut le faire prendre à petites doses, répétées souvent : ainsi 2 grammes seront divisés en quatre prises, que le malade avalera délayées dans de l'eau toutes les dix minutes. Les avantages de ce mode d'administration sont bien évidents. Si la première dose provoque un vomissement, on donne immédiatement la seconde; si sous l'influence de celle-ci, les vomissements sont suffisamment abondants, on cesse l'Ipécacuanha; dans le cas contraire, on passe à la troisième, à la quatrième.
Si, au contraire, on donne en une fois toute la quantité d'Ipécacuanha que l'on doit administrer, la poudre émétique peut être rejetée dès le premier vomissement, et tout s'arrête. Le mode d'administration est donc ici d'une grande importance : quant aux doses, elles doivent toujours» être plutôt trop fortes que trop faibles, et il n'y a aucun inconvénient à les donner plus considérables qu'il n'est strictement nécessaire pour arriver à l'effet vomitif; la raison en est que les vomissements entraînent au dehors la plus grande partie de la poudre ingérée. Ainsi, chez les enfants à la mamelle, n'hésitons-nous jamais à prescrire 15 à 20 centigrammes d'Ipécacuanha en quatre prises, à dix minutes d'intervalle; 60 centigrammes chez les enfants de deux à douze ans ; 1 gramme de douze à dix-huit ans; de O'',20 à 2 grammes chez les adultes.
Il arrive, quoique assez rarement, que la poudre d'Ipécficuanha soit conservée dans l'estomac et ne détermine aucun vomissement ; dans ce cas, elle purge ordinairement : cet état purgatif est même obtenu à peu près dans la moitié des cas chez les personnes qui ont suffisamment vomi sous l'influence du médicament; mfiis il ne se prolonge pas au delà de quelques heures; il s'accompagne rarement de fortes coliques.
En donnant l'Ipécacuanha à des doses plus élevées, depuis 2 jusqu'à 4 grammes, il peut arriver qu'après un certain nombre de vomissements, il s'établisse une sorte de tolérance analogue à celle de l'organisme pour le tartre stibié, et alors on peut voir, suivant M. Pécholier, quelques signes d'une contro-stimulation. Pour s'en assurer, M. Pécholier a fait une vingtaine d'expériences sur des lapins et des grenouilles en employant l'Ipécacuanha, ou mieux encore l'émétine, à la dose de 5 à
MÉDICAMENTS ÉVACUANTS
oO milligrammes. Il a noté, en effet, une diminution dans le nombre et les battements du cœur, ainsi que dans le nombre des respirations. Il a noté, en outre, que le poumon devenait remarquablement exsangue et que les nerfs sensitifs finissaient par se paralyser. Quant à la température, elle s'abaissait à la périphérie et s'élevait un peu dans le rectum. {Montpellier médical, nov. et déc. 1862.)
Lorsque l'on fait prendre l'Ipécacuanha à doses très-minimes, 1 centigramme, par exemple, toutes les demi-heures, toutes les heures, toutes les deux heures, on jette le patient dans un état de malaise indéfinissable, avec mal de cœur, tendance à la lipothymie, sueurs générales, etc., etc. Cet état, que le médecin cherche quelquefois à obtenir, a sur certaines maladies une influence puissante que nous tâcherons d'analyser dans l'article général sur la médication évacuante.
ACTION THÉRAPEUTIQUE DE l'iPÉCACUANIIA.
Dysenterie. — Pison, qui le premier a faitconnaître l'Ipécacuanha, l'appelle sacram anchorarn^quia nullum prestantius ac tutius, in plerisque alvi fluxibus, cum velsine sanguine, compesccndis, natura excogitaritremedium. Cette réputation dans le traitement de la dysenterie et des flux de ventre était telle, que cette racine avait pris la dénomination de i-acine antidysentérique. Cette propriété de l'Ipécacuanha a été admise presque sans contestation jusqu'à la fin du siècle dernier. Presque tous les praticiens les plus graves l'ont reconnue et proclamée dans leurs écrits. Administré à temps, c'est-à-dire dans les premiers jours de la maladie, quand les évacuations sont encore ensanglantées et que rien n'indique la gangrène de la membrane muqueuse, ce vomitif calme les coliques, diminue le nombre des déjections et l'abondance de l'exhalation sanguine. On revient au même moyen deux et trois fois, en laissant six, douze, vingtquatre, quarante-huit heures d'intervalle, suivant l'efTet que l'on a obtenu par la première administration du remède. Enfin, il ne faut pas craindre de donner de l'Ipécacuanha après huit, quatorze jours, et même davantage, si les accidents dysentériques n'ont pas eu une grande gravité, et si cependant la santé générale et surtout les fonctions digestives restent profondément troublées.
L'effet de l'Ipécacuanha dans la dysenterie est d'autant plus certain, qu'il a donné lieu à des garde-robes. Quand, au contraire, ce médicament ne purge pas, il a moins d'action, et même Cullen nie que, dans ce cas, il en ait aucune ; aussi pense-t-il qu'il agit ici comme laxatif {First Unes of t/ie practice of physics, vol. III, p. 115).
Le mode d'administration de l'Ipécacuanha dans la dysenterie doit être étudié avec soin; et si les praticiens qui, de nos jours, voudront employer ce médicament concluaient à son inefficacité ou à son danger sans avoir suivi la méthode indiquée par leurs devanciers, ce serait eux qu'il faudrait accuser et non pas l'Ipécacuanha.
IPÉCACUANIIA,
Pison (voyez Ciillen, Mad. méd., t. II, p. 477) voulait que l'on donnât 8 grammes de racine d'Ipécacuanlia infusée ou bouillie dans 120 grammes d'eau ; il répétait la dose, si besoin était. Ce médecin semblait compter plus spécialement sur l'action purgative du médicament, et cependant il regarde comme utile qu'il provoque en même temps le vomissement. Degner (Dissent, hilios., p. 131) donnait aux adultes 2 à 3 grammes de poudre d'Ipécacuanha. Pringle {Dis. of the army) en donnait Is^SO et ajoutait pour les malades vigoureux 5 ou 10 centigrammes de tartre stibié. Que si les coliques étaient très-violentes, il donnait 25 centigrammes de cette même poudre toutes les heures, jusqu'à ce que la diarrhée survînt. Hillary [Air and diseases of Barbadoes) donnait 15 centigrammes de trois en trois heures, jusqu'à ce qu'il eût déterminé un effet purgatif. La méthode de Cleghorn [Diseases of Minorca) ne diffère presque pas de celle de Hillary.
Dans la diarrhée simple qui se lie à un état saburral de l'estomac (à l'article général sur la Médication évacuante, nous nous expliquerons sur ce que nous entendons par là), l'Ipécacuanha fait cesser les accidents presque immédiatement. Dans ce cas, on le donne à dose vomitive, lB%20 en quatre prises, en laissant dix minutes d'intervalle entre chaque prise.
Mais dans la diarrhée chronique, lorsque l'on n'a pas lieu de supposer qu'elle soit sous la dépendance de la phthisie tuberculeuse ou d'ulcérations simples de la membrane muqueuse, l'Ipécacuanha se donne à petites doses, 5 à 10 centigrammes de deux heures en deux heures, dans un véhicule convenable, de manière à ne provoquer ni vomissements ni évacuations alvines.
MM. Monard frères, médecins dans nos possessions d'Afrique, ont eu l'idée, dans les diarrhées chroniques, d'associer l'Ipécacuanha au calomel et à l'opium. Leur moyen consiste dans l'usage continué pendant quatre ou cinq jours des pilules suivantes, à doses décroissantes :
Faites neuf pilules. — Premier jour, quatre pilules le matin, d'heure en heure; deux le soir. — Deuxième jour, idem. — Troisième et quatrième jour, quatre pilules.— Cinquième jour, deux le matin seulement. — Le traitement dure rarement plus de huit jours.
Cesser à cause de la salivation qui survient au bout de quelques jours.
Seconder le soir la médication par une potion opiacée.
Dans la diarrhée des enfants, nous donnons, avec grand avantage, une fois par jour, une poudre composée de :
Pr. : Calomel
Ipécacuanha . . .
Opium gommeiix.
30 eontigr.
CO
Pr. : Calomel
Ipécacuanha
Sucre
Laudanum du Sydonliam
Ogf,01 0 ,05
1 goutte.
740 MÉDICAMENTS EVACUANTS.
Asthme. — Catarrhe. — L'influence de ripécacuanha sur l'appareil respiratoire est fort remarquable. Nous avons connu à Tours et à Saint- Germain en Laye deux pharmaciens qui étaient pris d'un accès d'asthme toutes les fois qu'on ouvrait dans leur boutique le flacon renfermant ripécacuanha en poudre. On trouve, dans les Transactions philosophiques abrégées, t. II, p. 69, la relation d'un fait absolument semblable. Les lois pathologiques que nous avons établies eu traitant de la médication substitutive expliquent jusqu'à un certain point les bons effets de ripécacuanha dans l'asthme nerveux et dans l'asthme humide ; mais, quelle que soit l'explication, il faut admettre le fait. Or, l'expérience démontre que dans les catarrhes chroniques accompagnés de symptômes nerveux, ripécacuanha, donné à doses très-faibles et très-souvent répétées, favorise l'expectoration et diminue l'oppression ; dans l'asthme sec nerveux, on fait cesser quelquefois immédiatement l'accès en faisant vomir avec i gramme et demi à 2 grammes d'Ipécacuanha. Dans la dyspnée habituelle, celle même qui est liée à un emphysème pulmonaire ou à une maladie du cœur peu avancée, l'usage habituel des pastilles d'Ipécacuanha donne du soulagement, sans qu'il soit possible de l'expliquer par la révulsion sécrétoire exercée sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, attendu qu'administré de cette manière ripécacuanha constipe plus qu'il ne dévoie.
Coqueluche. — C'est avec le môme avantage qu'on donne cette substance dans le cours de la coqueluche. Pendant le premier mois de cette maladie, il est bon de faire vomir les enfants tous les deux jours avec 40 à 50 centigrammes d'Ipécacuanha pris en une dose; et plus tard, de petites doses seront utiles. Sans doute, par ce moyen on ne fait pas qu'une coqueluche dure quinze jours au lieu de deux mois et demi ou trois mois, mais on fait que les quintes sont moins fréquentes et moins longues, que le poumon s'enflamme plus rarement, et que l'appétit des enfants se soutient et permet l'alimentation, ce qui, suivant nous, est d'une extrême importance.
Etat puerpéral. — Parmi les maladies pour lesquelles on administre ripécacuanha, nous avons signalé en première ligne la dysenterie. Si, contre cette redoutable affection, la racine du Brésil mérite, à certains égards, le nom de spécifique, il est un autre état de réconomie dans lequel ripécacuanha n'est pas moins héroïque : nous voulons parler de Vétat puerpéral, ou plutôt des maladies qui compliquent l'état puerpéral.
Dans un pays comme le nôtre, oti l'analomie pathologique a envahi la pathologie, il est assez singulier de vouloir donner une place dans le cadre nosologique à ce que ron appelle état puerpéral ; mais si singulière que soit cette dénomination, nous sommes forcés de l'adopter faute de mieux, et nos lecteurs seront peut-être disposés à prendre le même parti que nous lorsque nous leur aurons donné quelques explications.
Quoique la grossesse soit un état physiologique, elle n'en apporte pas moins une perturbation profonde dans l'économie. Dès le début de la