ACTION THÉRAPEUTIQUE DES CANTHARIDES
Malgré l'activité d'un pareil remède, et peut-être à cause de cette activité, quelques thérapeutistes ont osé le prescrire à l'intérieur, et leur exemple a été suivi par un assez grand nombre de praticiens qui, de nos jours, se sont acquis une juste réputation.
Le père de la médecine, Hippocrate, donnait la poudre de Cantharidés dans les cas d'hydropisie, d'apoplexie et d'ictère; il conseillait le même moyen dans les accouchements laborieux, pour solliciter l'expulsion du fœtus et du placenta. Il avait cru constater aussi les propriétés emménagogues de ce médicament.
Dans les premiers âges de la médecine, on avait donc reconnu déjà les affinités électives entre les Cantharidés et les organes génito-urinaires. Déjà les historiens nous apprennent que les Cantharidés entraient dans la composition des philtres et des breuvages propres à éveiller les désirs amoureux. L'expérience avait, en effet, démontré que l'usage interne des Cantharidés jette les organes génitaux dans un état d'éréthisme qui n'est pas toujours sans danger, et qui peut amener et des pissements de sang et une inflammation du pénis ou de l'utérus, et même le sphacèle de la verge. Aussi engagerons-nous les praticiens, si jamais ils croient devoir conseiller les Cantharidés dans le cas d'anapbrodisie, à y mettre une extrême prudence, et à retenir les malades trop disposés à abuser d'un remède quileur rend unejeunesse factice et desplaisirs longtemps regrettés.
Malgré l'imposante autorité d'Hippocrate, l'usage interne des Cantharidés dans le traitement des maladies autres que l'impuissance était à peu près tombé en désuétude parmi les modernes, quand J. Groenevelt, médecin anglais, essaya de réhabiliter ce remède; et il devint, à cette occasion, l'objet de persécutions fort actives de la part de ses confrères. C'était surtout dans la dysurie qu'il donnait les Cantharidés. Il composait, avec 60 centigrammes de Cantharidés en poudre et 73 centigrammes