‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 126 sur 185 · IPÉCACUANHA · texte numérisé non relu

IPÉCACUANHA

on l'introduit on l'entassant modérément Faites macérer l'Ipécacuanha et le séné

dans l'appareil à lixiviation. Au bout de dans le vin blanc pendant douze heures;

douze heures, on lessive avec 3 parties passez avec expression et filtrez. Ajoutez

d'alcool, et on déplace celui-ci par de au résidu le serpolet et le coquelicot, et

l'eau; on distille les liqueurs alcooliques, versez l'eau bouillante sur le tout. Laissez

et l'on évapore le résidu en consistance infuser pendant six heures, passez avec

d'extrait. expression ■ ajoutez à la liqueur le sulfate

. ...... t de magnésie et l'eau de (leur d'oranger;

Saccharolé d Ipécacuanha. liHrez Munissez la liqueur vineuse au

Pr. : Teinture alcoolique d'Ipé- produit de l'infusion et faites, avec le

cacuanha 15 part, sucre ajouté dans la proportion de

Sucre blanc 7 190 grammes pour 100 grammes de li-

Mélez et séchez a l'étuve. queur, un sirop par simple solution au

bain-marie.

4 grammes de saceharolé représentent Ce sirop est fréquemment employé et

2 1/2 centigrammes d'extrait. avec beaucoup de succès contre la tous

„, . . , , , convulsive (coqueluche) chez les enfants.

Sirop dlpecacuanha (Codex). N'oublions pas que l'Ipécacuanha fait

(Syrupus cum exlracto Ipecacuanhae.) aussi partie intégrante de la poudre de

Pr. : Extrait alcoolique d'Ipéca- Uower, si employée en Angleterre.

euauha 10gr.

Eau distillée q. s. Poudre d'Ipécacuanha opiacée.

Sirop de sucre 990 gr. „ , , „ m i • t\ . :s

r ° Poudre de Dower (Pulvis Dowen).

Faites dissoudre l'extrait dans huit fois , , , .. . ,

son poids d'eau distillée, fdtrez la disso- Pr- : Pondre de nitrate de po-

lution. ajoutez-la au sirop, et faites cuire tasse . . . ... • • • • «° gram.

celui-ci Jusqu'à ce qu'il marque 1,26 au Poudre de sulfate de po-

deusimètre (30" B.). ta=lse ■ ,•„■ .••••;•■ '"

Poudre dlpecacuanha. . 10

Produit par le vin. — de réglisse. ... 10

Pr. : Ipécacuanha I part. Extrait d'opium séché. . 10

Vin d'Espagne 32

F. ri. A. (Pharm. de Londres.) Fiîltps fté^|,Lt^™ <°U„ °eS

* ' poudres, et melangez-Ies avec soin.

Sirop d'Ipécacuanha composé. 1 gramme de poudre renferme 0sr,09

Sirop de Desessart. d'extrait d'opium sec.

,a .„„„„„ j„ t , u\ „„„„„.:(„„ n Le principe actif de l'Ipécacuanba, \'i-

(ri; rupus de Ipécacuanha comportas.) ^.J^ a .,1 a[lminisU,. >ouvent pa/Ma.

Pr. : Ipécacuanha concassé. 30 gram. gendie; il le donnait sous forme de ta-

Feuilles de séné. ... 100 blettes et de sirop.

> 'rpolet 30 C'est l'émétine brune (émétine médici-

Kleurs de coquelicot . 1-25 nale), et non l'émétine pure, que l'on doit

riulfate de magnésie. . 100 employer.

Vin blanc 750 L'efficacité de ce médicament n'est pas

Eau de fleur d'oranger. 756 encore assez bien démontrée, pour qu'il Eau bouillante 30»0 soit définitivemeut introduit dans la thé- Sucre blanc q. s. rapeutique.

La racine de l'Ipécacuanha n'a commencé à être connue qu'au milieu du dix-septième siècle : ce fut Pison qui l'introduisit dans la thérapeutique, et qui parla de ses propriétés antidysentériques, déjà bien constatées au Brésil. Mais c'est à peine si les médecins firent attention à ce qu'avait écrit Pison, qui se recommandait à la considération des savants plutôt par des connaissances botaniques que par son expérience médicale. En vain un médecin nommé Legras, qui avait fait trois fois le voyage d'Amérique, rapporta-t-il en France de l'Ipécacuanha, et en fit-il vendre publiquement ; le nouveau remède ne devait trouver de crédit que par le charlatanisme. En effet, en 1686, à l'époque à peu près où le fameuxremède de Talbot, le quinquina, avait valu à son inventeur les faveurs du

roi de France et une fortune considérable , un marchand français , nommé Grenier, séduit sans doute par l'exemple, rapporta du Brésil 75 kilogrammes de racine d'Ipécacuanha; et, ne sachant comment en tirer parti et comment donner crédit à son remède, il s'associa un médecin hollandais qui exerçait à Paris, Adrien Helvétius, à qui il fit connaître les vertus antidysentériques de. l'Ipécacuanha. Helvétius expérimenta d'abord sur des hommes obscurs, puis sur des gens d'une condition élevée, puis enfin sur le dauphin lui-même, qu'il guérit d'un flux de sang; et il obtint alors de Louis XIV l'autorisation de faire à l'Hôtel- Dieu de Paris des expériences publiques sur les vertus antidysentériques de son arcane. Ces expériences ayant réussi, il obtint du roi le privilège exclusif de débiter son remède, et il reçut en outre une récompense de mille louis. Cependant Helvétius, en associé peu scrupuleux, gardait pour lui honneurs et profits : Grenier alors voulut revendiquer sa part ; de là un procès en parlement, que ce dernier perdit. Indigné de la mauvaise foi d'Helvétius, Grenier divulgua le secret, et désormais l'Ipécacuanha fut du domaine public.

Avant d'étudier les propriétés thérapeutiques de l'Ipécacuanha, il est bon de nous arrêter un instant sur ses effets, indépendamment de toute maladie.

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