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lions. Mais ces lésions ne sont pas disséminées d'une façon irrégulière, leur intensité décroît à mesure qu'on s'éloigne de la bouche. Dans l'œsophage se trouvent les ulcères, dans l'estomac et le commencement de l'intestin grêle les pustules, et plus loin delà rougeur seulemenl et du gonflement des éléments glandulaires de la muqueuse. On a unie aussi une certaine stéatosc du foie (Blachez, Thèse d'agrégation, 18G(i). Les autres lésions se bornent à une coagulation imparfaite du sang, de la congestion pulmonaire, quelquefois même de véritables infarctus, el enfin de la congestion des méninges avec un peu d'infiltration séreuse. (Voyez Tardieu, Elude médico-légale et clinique de l'empoisonnement.)

Traitement de l'empoisonnement par le turtrate de potasse untimonié. — Si le vomissement n'a point encore eu lieu avant l'arrivée du médecin, celui-ci fera prendre immédiatement une grande quantité d'eau tiède, et il exercera des titillations sur la luette. On fait en même temps préparer de la poudre de quinquina ou de toute autre écorce, etc.; la décoction de ces écorcés ou la teinture sera administrée avec encore plus d'avantage. Les décoctions de thé, de noix de galle, de cachou, coupées avec du lait, agiront encore dans le même sens. Toutes ces boissons décomposent l'émétique. On en continuera l'usage, même lorsqu'on supposera que la plus grande partie du poison aura été vomie. Mais bientôt on devra conseiller l'opium, et même la saignée, ou des applications locales de sangsues, si l'état inflammatoire du canal alimentaire semblait le requérir. Il est bien entendu que les boissons adoucissantes seront administrées au moment où l'on croira devoir cesser l'usage des décoctions végétales astringentes.

Des accidents analogues à ceux que produit le Tartre stibié peuvent encore être causés par le vin émétique, l'antimoine métallique en poudre, le sulfure d'antimoine, le kermès, l'antimoniate de potasse non lavé, etc. Mais il est rare que les symptômes aient jamais la gravité de ceux qui sont quelquefois provoqués par l'ingestion d'une trop forte dose d'émôtique. Quoi qu'il en soit , le traitement devra être exactement le même que celui que l'on oppose à l'empoisonnement par le Tartre stibié.

Mode d'administration et dose. — Pour obtenir l'action vomitive de l'émétique, on le donne dissous à la dose de S à 10 centigrammes dans 120 grammes d'eau sucrée ou édulcorée avec du sirop d'ipécacuanha ou de fleurs de pêcher. On donne cette potion par cuillerée à bouche toutes les dix minutes, puis, quand les vomissements ont commencé, mais alors seulement qu'ils ont commencé, on donne au malade de grands verres d'eau tiède pour l'aider à vomir.

Si l'on veut obtenir une action vomitive et franche, il faut éviter de donner l'émétique dans une potion gommeuse et surtout oléagineuse, un looeh par exemple ; l'effet serait plus tardif et moins sûr. (Barbier, Traité de matière médicale, 1820.)

Les boissons que l'on donne pour aider aux vomissements ne sont pas

non plus indifférentes. Les boissons tempérantes, les acides citrique, t art ri que et, d'une manière générale, les acides végétaux n'arrêtent pas l'excitation vomitive. L'infusion de camomille l'augmente, tandis que la décoction de quinquina arrête les vomissements. (Davreux, Essai d'interprétation de l'action évacuante du Tartre stibié, Liège, 1867.)

Les maladies dans lesquelles on administre le Tartre stibié comme vomitif en modifient un peu l'action. Donné dans la pneumonie, l'émétique provoque chez les enfants des vomissements si rebelles, et chez la femme desselles si opiniâtres, qu'on est souvent obligé de surprendre ou même de changer la médication. (Davreux, loc. cit.) Assez souvent, quand il s'agit d'hommes atteints de pneumonie franche, dont l'affectioin'est plus au début, l'action vomitive n'a pas Ueu, et il se produit ce qu'on nomme la tolérance. Il en est de même dans les affections cérébrales accompagnées de stupeur ou de coma. Dans l'embarras gastrique, au contraire, une très-petite dose donne des vomissements faciles et abondants.

Lorsque l'on veut que l'émétique agisse seulement comme purgatif, on le donne en lavage, c'est-à-dire dissous dans une grande quantité d'eau. On met 5 centigrammes d'émétique dans un litre d'eau d'orge, d'infusion béchique ou d'une tisane quelconque, que le malade prend par quart de verre, d'heure en heure. Il arrive assez souvent que les premières doses causent des vomissements; mais bientôt l'estomac s'y habitue, et le malade est seulement purgé.

Ce n'est pas ici le cas de parler des innombrables circonstances dans lesquelles l'émétique a été conseillé par les médecins. La plupart des indications de l'émétique, en tant que vomitif, seront étudiées dans l'article général sur la Médication évacuante; les autres seront appréciées dans le long article où nous traiterons de Y Antimoine.

KERMÈS, VIN ÉMÉTIQUE, etc,

Il nous semble parfaitement inutile de nous occuper ici du Kermès, du Vin émétique, et des diverses préparations antimoniales qui, toutes, ainsi que nous le dirons à l'article Antimoine, jouissent de propriétés vomitives incontestables. Mais ces composés ne sont plus usités comme vomitifs, et toujours ils sont, pour cela, remplacés par le tartre stibié : ils ne sont administrés que comme antimoniaux contro-stimulants, et à ce titre il ne doit pas en être question ici.

Cependant, le Vin émétique est encore donné quelquefois comme purgatif à la dose de 8 à 15 grammes. Le Kermès, dans le même but, est administré à la dose de 20 à 30 centigrammes.

FAMILLE DES EUPHOKBIACÉES. 7G1

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