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HUILE DE RICIN

L'huile de Ricin (huile de Palma- Christi) s'extrait des semences du Ricin commun (Ricinus communes, L.), plante de la même famille que l'épurge et le croton tiglium, et qui croit naturellement dans l'Inde; elle est maintenant naturalisée dans toutes les parties du globe. Les graines du Ricin sont ovoïdes, de la grosseur d'un haricot, convexes et arrondies

Potion purgative

Pr. : Huile de Ricin 32 gram.

Eau de menthe 32

Eau commune 64

Jaune d'œut n° 1.

Cette huile se donne aussi en lavements.

Emulsionpurgative avec l'huile de Ricin.

Emulsio cum oleo e seminibus Ricini.)

Pr. : Huile de Ricin 30 gram.

Gomme arabique pulvérisée 8

Eau distillée de menthe

poivrée 15

Eau commune 60

Sirop de sucre 30

Mêlez la gomme avec son poids d'eau dans un mortier de marbre, faites un mucilage dans lequel vous incorporerez l'huile de Ricin, et quand vous aurez obtenu un mélange intime, délayez-le peu à peu avec le reste de l'eau et le sirop.

Lavement d'huile de Ricin.

Pr. : Huile de Ricin 64 gram.

Décoction de guimauve. 250 F. S. A.

Aleurites triloba (Euphorbiacées); elle est regardée comme plus active.

HUILE DANDA.

Cette huile est obtenue par l'expression de la graine de l'Anda Brasiliensis (Rudde), Anda Gomesei (A. Jussieu), grand arbre de la famille des Euphorbiacées, très-abondant au Brésil, où il est désigné sous les noms à'Andassu ou A'Andaaçu. L'écorce de cet arbre contient un jus laiteux qui est vénéneux et qui sert à empoisonner les poissons.

L'amande estemployée au Brésil comme purgative sous la forme d'électuaire avec du sucre, de l'anis et de la cannelle; suivant Martius, une amande suffit pour purger.

A l'extérieur, l'huile d'Anda est employée contre les brûlures; à l'intérieur, d'après les docteurs Forris et Aure, elle purge à la dose de 40 à 50 gouttes.

HUILE DE JATROPHA CURCAS.

Le Jatropha cureas, ou Grand Ricin d'Amérique, est une Euphorbiacée vivace des contrées chaudes de l'Amérique, croissant dans les lieux un peu humides.

Les semences de cet arbuste, connues sous les noms de gros pignons d'Inde, noix catharliques, pignons des Barbades, graines du médicinier, sont analogues à celles du croton tiglium et du ricin, mais beaucoup plus grosses, noirâtres, et formées d'une robe épaisse et solide, et d'une amande blanche volumineuse, plus acre et plus purgative que celle du riciu, mais moins acre et moins active que celle du croton.

D'après M. Guibourt, pour obtenir l'huile de Jatropha cureas, on brise les semences avec un marteau, on rejette les coques pour passer les amandes seules dans un moulin, et on les soumet à la presse. L'huile obtenue et filtrée est presque incolore, très-liquide, laissant précipiter par le froid une quantité de stéarine. Elle est insoluble dans l'alcool.

1000 grammes de pignons d'Inde ont fourni à M. Guibourt 265 grammes d'huile, dont 140 par première expression, et 125 au moyen du marc mélangé avec l'alcool à 90° cent.

On administre l'huile de Jatropha curais sous les mêmes formes que l'hui'p de croton tiglium.

Deux autres espèces appartenant au genre Jatropha possèdent des propriétés purgatives, mais un peu moins prononcées; ce sont : le médicinier d'Espagne, noisette purgative (Jatrophamultifida, L.); et le médicinier sauvage {Jatropha gossipifolia, L.). Les semences de ces deux plantes fournissent des huiles qui servent à sophistiquer l'huile de croton.

On emploie aussi pour remplacer l'huile de ricin, l'huile de noix de Bancoul,

La Mercuriale annuelle ou Foirole (Mercurialis anima, L.) est une Euphorbiacée dioïque dont les caractères botaniques sont les suivants :

Tige dressée, haute de douze a dix-huit pouces, lisse etbranchue, glabre; feuilles opposées, d'un vert clair; fleurs mâles agglomérées par petits paquets sur des épis grêles, pédonculées; étamines de neuf .à douze, à anthères globuleuses; fleurs femelles axillaires, presque géminées et sessiles; ovaire a deux lobes surmonté de deux styles divergents.

Cette plante croît dans les lieux cultivés, autour des habitations; elle a une odeur désagréable et nauséeuse.

Parties usitées : toute la plante.

Analysée par M. Feneulle, la Mercuriale annuelle contient un principe amer, du mucilage, de l'albumine, une matière grasse incolore, une faible quantité d'huile volatile, de la pectine, quelques sels.

Miel de Mercuriale.

Pr. : Suc de Mercuriale non dé-

pure Miel. .

1 part.

On fait cuire en sirop : la chaleur coagule l'albumine du suc, qui sert à la clarification du sirop.

Lavement laxatif.

Pr. : Mellite de Mercuriale. 100 gram. Eau 400

Mêlez. (Codex.)

La Mercuriale vivace (iïlercurialis perennis, L.) se distingue de l'autre espèce par sa tige plus élancée, par la couleur de ses feuilles, qui sont d'un vert bien plus foncé, et qui prennent une teinte bleue par la dessiccation.

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Cette plante croît dans les bois couverts. Nous avons lieu de nous étonner qu'elle

On la trouve en très-grande quantité dans ne soit pas usitée en médecine. Cepea-

les parties humides et obscures du bois de dant elle est beaucoup plus laxative, dras-

Vincennes. ticjue, que l'espèce précédente.

ACTION DE L'iIUILE DE CI10TON TIGLIUM SUE L'iIOMME SAIN ET SUR L'HOMME MALADE.

Quand on mot cette huile en contact avec la peau privée de son épiderme, on produit une cuisson très-énergique, et bientôt se développent au point de contact des symptômes d'inflammation très-vive; et même quand on fait sur la peau revêtue de son épidémie des frictions avec cette, huile, il se développe une inflammation vésiculeuse, et le médecin qui veut irriter le tégument externe dans un but thérapeutique obtient rapidement ce résultat, avec moins de douleur et moins d'inconvénients que s'il avait fait usage des cantharides.

Toutefois, quoique l'action irritante de l'huile de Croton tiglium soit maintenant assez souvent mise en usage pour enflammer la peau, c'est surtout comme irritant de la membrane muqueuse du canal intestinal qu'elle est employée.

Le passage de l'huile dans la bouche et dans le pharynx, bien qu'il ne dure qu'un instant, laisse sur la langue, surtout dans la gorge, un sentiment d'ardeur et d'àcreté que rien ne peut calmer. Il est assez remarquable que, dans l'estomac, le médicament ne produise guère qu'un peu de chaleur.

Après un temps qui varie en raison de la dose et surtout en raison des idiosyncrasies, il se manifeste de vives coliques, suivies d'une diarrhée plus ou moins abondante, et de fortes cuissons à la marge de l'anus.

La dose nécessaire pour produire une purgation énergique est de 2 centigrammes et demi pour les adolescents, S a 15 centigrammes pour les adultes. La dose, en général, doit être plus forte pour les femmes que pour les hommes.

L'intervalle qui sépare le moment de l'administration du médicament et celui où l'effet purgatif se fait sentir est extrêmement variable. Cet intervalle n'est quelquefois que d'une demi-heure, quelquefois aussi il est de douze et même de vingt-quatre heures. L'inégalité que nous venons de signaler s'observe aussi pour d'autres effets. Ainsi les mêmes doses, chez des personnes du même sexe et en apparence de la même constitution, produisent tantôt des superpurgations, tantôt à peine une garde-robe.

Aussi ferons-nous une règle de n'administrer l'huile de Croton tiglium que par doses fractionnées, 5 centigrammes, par exemple, toutes les heures, jusqu'à ce que les coliques fassent juger que l'action purgative

va se produire. Sans cette précaution, on risque de donner lieu à de

graves accidents ou de ne pas obtenir l'effet désiré.

Quelque infidèle que soit ce purgatif, il n'en est pas moins extrêmement énergique, et, à ce titre, il est précieux toutes les fois qu'il faut, à tout prix, obtenir des évacuations alvines.

L'action purgative de l'huile de Croton tiglium se faisait sentir, disaiton, lors même que le médicament était appliqué sur la peau. M. le professeur Andral entreprit à l'hôpital de la Pitié une série d'expériences dont M. Joret a rendu compte {Recherches thérapeutiques sur l'emploi de l'huile de Croton tiglium, thèses de Paris, 1833, et Arch. gên. de Méd., 2e série, tome II, 1833). Sur six cas dans lesquels des frictions avaient été faites sur le ventre avec de l'huile de Croton tiglium mêlée à l'huile d'amandes douces, il n'y eut aucun effet purgatif. Sur neuf malades qui furent frictionnés avec de l'huile de Croton pure, un seul fut purgé, quoique plusieurs fois vingt gouttes eussent été employées pour la friction. De ces faits, M. Andral dut conclure que très-probablement la purgation observée chez un seul des malades soumis à l'expérience était survenue sous l'influence d'une cause inappréciable. M. Rayer dit avoir obtenu de nombreuses évacuations en versant une ou deux gouttes de cette huile sur une surface dénudée par un vésicatoire. Il serait essentiel que cette expérience fût répétée, et que le résultat devînt assez constant pour qu'on pût compter dans l'occasion sur ce moyen purgatif.

Mode d'administration et doses. — Nous avons dit plus haut à quelle dose l'huile de Croton tiglium devait être employée. Nous avons indiqué la dose en grammes et non pas en gouttes, contrairement à l'usage, attendu que le poids d'une goutte d'huile peut changer suivant la forme du vase d'où elle tombe et suivant la température qui lui donne plus ou moins de fluidité.

Jamais l'huile de Croton tiglium ne doit être donnée pure, et la raison en est bien simple : c'est que le médicament donné à si faibles doses resterait dans la bouche ou dans l'œsophage et n'atteindrait certainement ni l'estomac ni les intestins.

Mêlée à l'eau sucrée, à la tisane, elle cause encore une ardeur trèsdésagréable à. la gorge et elle excite souvent le vomissement.

Le mieux est de la donner sous forme pilulaire. Les pilules enveloppées de confitures, de miel ou de pain azyme, s'avalent facilement et parviennent, dans l'estomac sans que leur goût ait été perçu. Il y a de l'inconvénient à argenter les pilules. Par là, l'effet purgatif est ordinairement retardé.

Pour l'usage extérieur, quand il s'agit de délerminer sur la peau une inflammation vésiculeuse, l'huile de Croton tiglium s'emploie en frictions à une dose qui varie nécessairement suivant l'étendue de la surface que l'on veut irriter. Pour une surface moyenne, comme le devant du sternum, le creux épigastrique, la dose est de vingt à quarante gouttes. On l'emploie ou pure ou mêlée à quatre, dix, vingt fois son poids d'huile

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d'amandes douces. Cette friction doit être faite avec un gant, autrement on risque de déterminer l'inflammation de la peau qui revêt la face dorsale des doigts. Il arrive assez souvent aussi que, chez la personne chargée de faire des frictions, il se développe une éruption vésiculeuse au visage, sans que le médicament ait été porté directement sur les parties irritées. .

M. le docteur Ernest Boudet a signalé aussi une éruption qui se manifeste au scrotum lorsqu'on frictionne différentes parties du corps avec de l'huile de Croton ; il est prohahle que cette éruption est le résultat du transport de l'huile sur cette partie; toutefois ce fait a hesoin d'être vérifié.

ACTION DE L'HUILE D'ÉTORGE SDR l'uOMME SAIN ET SDR L'iIOJLME MALADE.

Comme la plupart des plantes de cette famille, l'Épurge jouit de propriétés irritantes dont le principe réside dans toutes les parties de la plante. Le suc, l'infusion à froid des racines, des tiges, des feuilles, s'emploient quelquefois, dans les campagnes, soit comme purgatif drastique, soit comme épithème irritant. Mais c'est surtout dans les graines que réside le principe purgatif.

Les propriétés purgatives des graines de l'Épurge sont connues depuis des siècles; mais elles n'étaient guère utilisées que par les hahitants des campagnes. Ce n'est pas que Dioscoride lui-même n'eût conseillé ces graines comme purgatives (lih. IV, cap. clxvii), il en donnait sept ou huit, et Rufus (De purgantibus, p. 1S) allait jusqu'à dix. Plus récemment, Alston, dans sa ftfatière médicale (vol. I, p. 444), parle d'un médecin anglais qui se servait lui-même de ce moyen pour solliciter des garderohes. Mais d'autres auteurs, en assez grand nombre (voyez Murray, App. medicam., t. IV, p. 101), regardaient les semences d'Épurge comme un poison fort dangereux. Il en résulta que ce purgatif ne fut plus employé par les médecins, et resta dans le domaine des médicastres et des empiriques.

A la fin de l'année 1823, Barbier, d'Amiens, désirant connaître les qualités de l'huile que contiennent les amandes du fruit de l'Épurge, en fit extraire une certaine quantité qu'il administra à des malades à la dose de 73 centigrammes à 1 gramme, et il constata qu'à cette dose elle jouit d'une action purgative analogue à celle que produisent 5 à 10 centigrammes d'huile de croton tiglium, 30 à 45 grammes d'huile de ricin.

Depuis cette époque, un grand nombre de médecins ont administré ce purgatif indigène, et ils ont constaté par leur expérience personnelle ce qu'avait annoncé Barbier.

Mode d'administration et doses. — Les doses d'huile d'Épurge sont, pour les enfants, de 20 à 23 centigrammes ; pour les hommes adultes, de 75 à 150 centigrammes; pour les vieillards et pour les femmes adultes, de 1 gramme à 1 gramme et demi.

On en fait ordinairement une émulsion, comme avec l'huile de croton tiglium. On peut aussi la mélanger avec trente ou quarante fois son poids d'huile d'amandes douces.

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