‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 143 sur 185 · SOLDANELLE · texte numérisé non relu

SOLDANELLE

La Soldanelle (Convolvulus soldanella) est une plante qui croît sur le littoral de nos mers d'Europe ; c'est à M. Loiseleur- Deslongchamps que l'on doit de l'avoir introduite dans la matière médicale. Ce savant, qui a fait tant et de si utiles expériences, et dont le nom et les travaux son' tombés dans un si injuste oubli, reconnut que la racine de la Soldanelle possédait des propriétés purgatives tout à fait semblables à celles du jalap, du turbith, de la scammonée.

La Soldanelle contient aussi une résine à laquelle elle doit toutes ses propriétés purgatives, et qui, insoluble dans l'eau, est parfaitement soluble dans l'alcool.

La poudre de racine de Soldanelle se prend à la dose de 50, 120, 360, 500 centigrammes suivant l'âge, le sexe, la maladie; la résine, à la dose de 30, 50, 100 centigrammes. Le mode d'administration est d'ailleurs le même que celui que nous avons indiqué plus haut pour le jalap.

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quelque ressemblance avec le Méchoacan.

méchoacan, liserons. Cette substance possède des effets purgatifs peu certains; elle est aujourd'hui

Le Méchoacan est la racine du Convoi- presque tombée dans l'oubli; on lui pré-

vulus mechoacana, plante qui croit au iere ajuste titre le jalap, le turbith et la

Mexique, et a laquelle on n'attribue qu'une soldanelle.

partie de la production du Méchoacan du Les racines des Convolvulacées iudigècommercc. On prétend qu'il est assez sou- nés possèdent aussi, d'après quelques exv.nl falsifié avec la racine de bryone se- périeuces récentes, des propriétés purgache. Quoi qu'il eu soit, voici ses princi- tives assez marquées. MM. Chevallier et paux caractères : Loiseleur-Deslongchamps y out trouvé Ordinairement en rondelles épaisses, trois centièmes à peu près d'une résine mondées de leurécorce, d'un bianc jau- aussi active que celle du jalap. Le grand nàtre, offrant quelquefois des stries cou- Liseron, Liseron des haies (Convulvulus centriques. Sa saveur, faible d'abord, est sepium, L.); le petit Liseron, Liseron des suivie d'acreté. Cette racine offre à l'exté- champs (C. arvensis) ; le Convotvulus airieur des taches brunes et des pointes li- iliœoides, très-commun dans le midi de la gneuses, provenant des radicules; ce seul France, et quelques autres espèces, ont caractère peut la faire distinguer facile- été, de la part de ces deux habiles expément de la racine de bryone et de celle rimenlateurs, l'objet de beaucoup de red'arum serpentaire, qui présente aussi cherches.

La racine de Jalap, qui seule est employée, ne fut apportée en Europe que vers le commencement du dix-septième siècle. Depuis celte époque, elle a été usitée comme purgatif, et elle tient dans la matière médicale une place assez importante.

La racine de Jalap pulvérisée est un purgatif assez énergique. Celte poudre est à peu près insipide, et laisse seulement dans la gorge un sentiment d'acreté qui dure quelquefois pendant plusieurs heures. La poudre de racine de Jalap -se donne à la dose de 1 gramme, 1 gramme et demi à 3 grammes, et même davantage.

Quant à la résine, qui est bien plus fréquemment employée, on ne doit la donner qu'à la dose de 20 à 80 centigrammes, suivant les âges et les circonstances morbides. Il n'est pas besoin de dire que, chez certains sujets, il faudra doubler la plus forte dose; que chez d'autres, au contraire, la plus faible pourra produire des superpurgations.

Le principe actif de la racine de Jalap est dans la résine, qui n'est pas soluble dans l'eau ; aussi ne faut-il jamais compter sur l'action purgative des décoctions ou des infusions de Jalap, tandis qu'au contraire les teintures alcooliques ont une grande activité. La fameuse eau-de-vie allemande, la médecine de Leroy, Yélixir antiglaireux de Guillé, etc., ne sont en définitive que des teintures alcooliques de Jalap, auxquelles on a associé quelques autres substances purgatives.

La presque insipidité du Jalap rend cette substance précieuse dans la thérapeutique des enfants. On le mêle à parties égales de sucre en poudre et de calomel, et on le donne ainsi aux enfants, qui ne répugnent pas à l'avaler : on peut encore l'incorporer à du miel, à des électuaires, à des confitures.

Il en est de même de la résine, que l'on peut aussi émulsionner dans l'eau avec un jaune d'œuf.

Le Turbith est employé comme purgatif depuis un temps beaucoup plus reculé que le Jalap. 11 croît en abondance dans les Indes orientales, et les Arabes s'en servaient très-souvent, comme leurs ouvrages en font foi.

La poudre de la racine du Turbith est inodore, presque insipide. Elle purge comme le Jalap, mais il faut une dose un peu plus élevée. Quant à la résine, elle est tout aussi active que celle du Jalap, et se donne par conséquent aux mêmes doses.

Les médecins grecs employaient la racine de la Scammonée elle-même, et ils avaient reconnu ses propriétés purgatives et hydragogues. Les Arabes y avaient une grande foi ; et cette substance entrait dans la composition d'un grand nombre d'électuaires, dont l'usage est aujourd'hui très-justement abandonné.

La Scammonée gommo-résineuse, telle qu'elle nous est envoyée aujourd'hui du Levant, est un purgatif qui, pour les propriétés, se range à côté de la résine de Jalap ; toutefois, comme eUe contient à peu près un tiers de son poids de matières inertes, elle a aussi un peu moins d'activité que cette dernière.

On l'administre d'ailleurs de la même manière que les résines de Turbith et de Jalap.

La Soldanelle (Convolvulus soldanella) a les mêmes propriétés que le Jalap et la Scammonée. On emploie les feuilles, les racines, et la résine qu'on en retire. Ce purgatif est peu usité.

Les huiles fixes, de même que les résines, sont absorbées à l'aide des mêmes réactions chimiques, c'est-à-dire au moyen des alcalis. Nous aurons occasion de signaler plus loin le beau travail de M. Claude Bernard sur le rôle du suc pancréatique dans la digestion des matières grasses. Disons, pour le moment, que l'association des alcalis avec les résines facilite singulièrement l'action de celles-ci; tandis que les acides, qui forment avec elles des composés insolubles, doivent être rejetés, de même que les substances facilement acidifiables, comme les sucres et l'amidon.

M. Mialhe, partant de ces principes, conseille d'associer la Scammonée et la résine de Jalap avec la magnésie, la potasse, le savon (voir son Traité de l'Art de formuler). Il conseille aussi d'ingérer des liquides dans l'estomac immédiatement après l'administration de ces résines, de manière à les forcer à franchir le pylore le plus tôt possible, et les soustraire ainsi à l'action des acides de l'estomac; enfin, pendant plusieurs heures après l'ingestion des boissons, il est bon de supprimer toute espèce de liquide, afin de ne pas trop étendre les liqueurs alcalines de l'intestin, car la saponification se fait mieux au contact des sels alcalins concentrés. (Mialhe.)

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