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ELLÉBORE NOIR

L'Ellébore ou Hellébore noir (Elleborus le nom d'Ellébore à deux espèces qui ap-

niger), estime plante indigène delà fa- partiennent à la famille des Colchicacécs,

mille des Renonculaeëes, tribu. des hellé- le Veratrum album et le Veralrum ni-

borées, polyandrie polygynie de Linné. La grum. lesquelles possèdent drs propriétés

racine seule est usitée. plus énergiques et plus délétères que l'EI-

Autrefois, on donnait particulièrement lébore noir.

La racine de ce dernier Ellébore, nom- niers temps et principalement en Amérimée par les Grecs Melampodium, est d'un que, contre la péritonite puerpérale, la brun noirâtre à l'extérieur, grise ou blan- racine de ce qu'on a improprement appelé che à l'intérieur, longue et grosse comme Veratrum viride, ce que l'on a traduit par le petit doigt environ, et pourvue de radi- Ellébore vert; or, celle-ci est produite parcelles entremêlées. Sa saveur est acre et VElleborus viridts (renonculacées), tandis amère, que le Veratrum viride est produit par

Les autres espèces d'Ellébore (Elleborus une Colchicacée, le Veratrum album, nom-

viridis, fœlidiu, etc.) peuvent être consi- mé aussi viride parce que ses fleurs sont

dérées comme des succédanées de l'Ellé- vertes.

Poudre d'Ellébore.-

bore noir

h' Ellébore d'Orient est l'ancien Elle bore des Grecs, celui décrit par Tourne- On pulvérise la racine sans laisser de réfort dans son Voyage d'Orient (Voyez sidu. La poudre qui en résulte doit être Alibert, Nouveaux Eléments de Thérapeu- enfermée dans des vases bien bouchés, car tique, t. I, p. 228, édit. 1826.) elle s'altère facilement.

Analyse de la racine de l'Ellébore noir. L'Ellébore se donne sous beaucoup d'au-

MM. Feneulle et Capron y ont trouvé : très formes, telles que la teinture, l'extrait-

huile volatile, huile grasse, acide volatil, aqueux et l'extrait alcoolique, etc. On a

matière résineuse, cire, principe amer, préparé aussi un vin, un vinaigre, un on-

muqueux, alumine, gallate de potasse, guent, une pommade d'Ellébore, mais ces

gallate acide de chaux, sel à base d'am- préparations sont presque inusitées. Cette

moniaque. racine forme encore la base des pilules to-

On a beaucoup préconisé dans ces der- niques de Bâcher.

Lorsque la matière médicale était encore peu riche, les médicaments aujourd'hui tombés dans l'oubli offraient de précieuses ressources. L'Ellébore noir est dans ce cas.

La réputation de cette plante était immense ; les écrits des médecins, des poètes de l'antiquité, célèbrent ses propriétés dans le traitement de la manie.

Sans vouloir entrer ici dans une discussion peu intéressante, et sans ajouter une foi aveugle aux faits rapportés par les anciens, sans rejeter non plus avec dédain ce qui a été dit des vertus de l'Ellébore, examinons expérimentalement les propriétés de cette plante, et essayons d'en tirer les inductions thérapeutiques qu'il est raisonnablement permis d'en déduire.

La racine, qui seule était et est encore usitée, partage les propriétés irritantes des autres plantes de la mêmefamille. Fraîche et contuse, quand on l'applique sur la peau, elle détermine une inflammation locale trèsénergique. A l'intérieur, elle agit à la manière des poisons acres, comme le démontrent les expériences nombreuses des toxicologistes. A unt moindre dose, l'usage intérieur de l'Ellébore excite des vomissements et de la diarrhée ; et comme l'action locale du médicament persiste assez longtemps, et que la phlegmasie gastro-intestinale a quelque durée, il est facile de comprendre comment l'énergique dérivation produite vers le canal intestinal a pu n'être pas sans utilité dans le traitement de certaines névroses et de quelques affections du cerveau. On connaît également son utilité clans certaines hydropisies, clans les dartres rebelles et étendues. Enfin, ses propriétés emménagogues et abortives lui sont encore communes avec toutes les substances énergiquement purgatives.

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