‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 153 sur 185 · RHUBARBE · texte numérisé non relu

RHUBARBE

La racine do Rhubarbe tradix Wiei) a dent. La couleur de la poudre est d'un

été successivement attribuée à plusieurs jaune fauve orangé, moins pur que celui

espèces du genre Rheum (R. undulatum, de la Rhubarbe de Moscovie. Elle offre

fi. palmatum, R. comparlum, H. aus- en outre assez souvent à l'une de ses

traie, elc.^, plante de la famille des Po- extrémités un petit trou renfermant des

lygonées, ennéandrie trigynie de Linné. débris de corde.

Les différentes sortes de Rhubarbe du 3° La Rhubarbe de Perse, connue plus commerce sont : particulièrement sous le nom de Rhubarbe 1° La Rhubarbe de Moscovie, racine que plate. Elle est de couleur terne, a texture M. Guiboni't croit provenir du Rheum pal- serrée, percée d'un trou comme celle de matum. Elle est en morceaux irréguliers la Chine. Elle nous vient du Thibet par d'un jaune foncé, à cassure marbrée de la voie de la Russie ou de l'Inde, en morblanc, de rouge et de jaune; son odeur ceaux allongés, plats d'un coté, convexes esl nauséabonde, sa saveur amère, astrin- del'autre. Cette Rhubarbeestfortestimée. gente; elle colore fortement la salive en 4° La Rhubarbe de France, qui est en jaune safrané et croque sous la dent. morceaux rougeàtres, piquetés 1 Texte- Cette sorte de Rhubarbe, la plus esti- rieur, colorant à peine la salive en jaune mée, est originaire delà Tartarie chinoise; et croquant peu sous la dent; elle esl. mais on la transporte en Sibérie, et la des beaucoup moins recherchée que les précécommissaires sont chargés par le gouver- dentés.

nement russe de visiter avec soin les Rhu- La racine de rhapontic (Rheum rhaponbarbes; pour cela, ils agrandissent le petit ticum, Rhabarbarum) se rapproche des trou qui existe déjà, et le gouvernement Rhubarbes par quelques caractères phyn'.tchète que celle qui est tout a fait belle; siques et chimiques, et passait chez les les trous grands et nets suffisent pour ca- anciens pour notre Rhubarbe actuelle. ractériser cette espèce. Cette plante exotique est maintenantassez 2° La Rhubarbe de Chine, qui est en commune dans les jardins. D'après les morceaux arrondis, d'un jaune sale à Tex- dernières recherches des botanistes, la térieur, d'une texture plus compacte que vraie Rhubarbe serait attribuée au Rheum la précédente, d'une saveur amère qui lui australe de Colebroke, /i/ieum efmotfi deest particulière, croquant très- fort sous la Wallich; quelques-uns pensent qu'elle

est plutôt fournie parle Rheumpalmatum.

Le docteur Royle, dans ses illustrations botaniques des montagnes de l'Himalaya, signale quatre Hheum propres à ces contrées. Ce sont les Rheum elmodi ou australe de Webbianum;spici'/brme et Moorcroflianum, qui fournissent l'espèce connue depuis quelque temps sur les marcbés de Londres sous le nom de Rhubarbe de V Himalaya.

Très-souvent la Rhubarbe est piquée des vers. On masque les trous au moyen d'une pâte faite avec de la poudre de Rhubarbe et de l'eau. Il est donc prudent de casser les morceaux lorsqu'on achète de la Rhubarbe.

Analyse des Rhubarbes. On s'accorde généralement pour reconnaître dans ces racines l'existence de 1° un principe amer, Rhabarbarine : 2° une matière colorante, Rhéine ou Rhabarbarin ; 3° de la chaux, de la potasse; 4° acides oxalique, malique et sulfurique ; 5° de la gomme et de l'amidon; 0° du tannin; 7° de la cellulose, du ligneux; 8° enfin de l'eau.

La Rhaponticine, découverte par Hornemann, appartient en propre au Hheum rhapontievm. L'acide oxalique existe dans la Rhubarbe à l'état de quadroxalate de chaux, dont les cristaux se brisent sous la dent en produisant un craquement particulier. Les Rhubarbes de Chine et de Perse contiennent le tiers de leur poids de ce sel; celle de Moscovie en contient moins. La Rhubarbe cultivée en Bretagne (cesontles Hheum compactum, undulalum, rhaponlicum) en contient environ 10 pour 100. Les matières colorante et amylacée y sont plus abondantes que dans les autres espèces commerciales.

La Rhubarbe perd, dit-on, ses propriétés purgatives par l'action d'une chaleur prolongée ; on faisait usage autrefois, sous le nom de Rhubarbe torréfiée, de la poudre chauffée dans une bassine d'argent jusqu'à ce qu'elle eût pris une couleur brune. Elle était employée comme tonique.

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