‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 21 sur 185 · LD.— T · texte numérisé non relu

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thiques, qu'ils se sont produits lentement et ont tellement perverti les forces digestives, hématosiques et végétatives, que ces fondions sont incapables de faire subi)' aux aliments les êlaboralions successives qu'exige la nutrition, et qu'ils font porter immédiatement dans les secondes voies des principes reconstituants.

Si l'on veut se rappeler ce que nous avons dit plus haut, on verra que cette conclusion est simplement déduite de l'observation des faits les plus importants et les plus caractéristiques de la chlorose.

Maintenant, il est utile d'ajouter quelques contre-indications fort importantes des Toniques analeptiques, et du Fer en particulier, à celles que nous avons déjà indiquées plus haut d'une manière générale.

La réaction provoquée par les erreurs et les exagérations de la médecine physiologique s'est laissée aller trop loin, et souvent elle a tout nié, quand il ne fallait que distinguer.

Nous avons dit tout à l'heure que la gastrite, telle qu'elle a été décrite, et nous oserions ajouter imaginée par le Val-de-Gràce, était une rareté pathologique, et ne se voyait telle que dans les cas où elle était causée par des agents irritants pris dans les aliments incendiaires et dans les poisons acres. C'est la vérité ; sauf quelques cas fort peu communs que nous n'avons pas besoin de faire connaître ici.

Mais s'ensuit-il que l'irritation de l'estomac plus ou moins aiguë, subaiguë le plus souvent, chronique et obscure dans le plus grand nombre des cas, soit une invention faite à plaisir qui doive céder la place à la gastralgie, pure et physiologique, autre énormité de notre époque?

Non, et ces nuances de gastrite, ou, pour parler plus exactement, d'irritation gastrique, sont une maladie excessivement commune, quoique heureusement elles compliquent rarement et très-rarement la chlorose, où le Fer rend de si incontestables services.

• Ce qu'il y a de bien fâcheux, c'est que ces irritations gastriques existent le plus souvent chez des femmes auxquelles les Toniques analeptiques semblent devoir parfaitement convenir.

Chez elles, on rencontre, dans le plus grand nombre des cas, une des conditions générales suivantes, auxquelles se lient les irritations gastriques en question.

Elles ont une diathèse herpétique attestée par des dermatoses dartreuses antécédentes ou concomitantes. Quel que soit alors l'état de langueur et de pauvreté des fonctions nutritives, à quelque degré que l'anémie, la cachexie soient portées, le Fer échoue à peu près constamment.

Ou bien, ces femmes ont été autrefois scrofuleuses. Les signes communs qui annoncent cette constitution vicieuse, les accidents classiques de cette diathèse ont cessé en grande partie. Alors on n'ose plus les dire scrofuleuses, on les dit pourtant encore débiles et lympha tiques. Elles sont mal réglées et ne savent rien digérer. Presque toutes souffrent d'une gastrite subaiguë ou chronique, qu'on exaspère, en haine du physiolo-

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gisme, sous le titre de dyspepsie et de gastralgie, sans réfléchir que la gastralgie acquise et simple est extrêmement rare, hors les cas de chlorose, d'anémie et de rhumatisme nerveux.

Avant la puberté" et la menstruation, les gastrites et les entérites sont déjà Tort communes chez les jeunes scrofuleuses ou les petites filles strumeuses et lymphatiques. L'état de leur langue et de leurs lèvres, la difficulté de leurs digestions le font assez voir. Les antiscrofuleux, tous excitants et toniques, leur portent un grave préjudice. Singulière chose! le Fer en général ne convient pas aux scrofules, ou au moins il y réussil incomplètement. C'est que dans les scrofules qui diffèrent de la chlorose comme une cachexie d'une autre, comme une espèce d'anémie d'une autre espèce, les irritations (scrofuleuses) sont toujours imminentes, et que le Fer est très-propre à les déterminer chez ces sujets; d'autant que, comme dit Broussais, ils sont d'une étoffe très-irritable, précisément parce que leur diathèse engendre beaucoup de produits morbides dont la formation ne s'opère souvent pas sans des irritations et des suppurations spéciales comme leur cause.

On ne peut administrer les ferrugineux à ces malades que lorsque les dépôts de matière scrofuleuse se fout chez eux par les lois de la sécrétion physiologique, et sans déterminer d'irritations et de phlegmasies scrofuleuses, comme on le voit chez certains phthisiques dont les poumons sont farcis de tubercules sans concomitance de phlegmasies pulmonaires.

Un grand nombre de phénomènes nerveux morbides tourmentent les femmes en apparence les plus faites pour être traitées par les Toniques analeptiques et le Fer ; et cependant ces mêmes personnes ne peuvent le supporter, même il leur nuit. Dans ces cas, on retrouve presque toujours quelque diathèse qui rend ces malades irritables, et complique leur anémie d'un principe morbide que le Fer n'a pas le pouvoir de vaincre ou de neutraliser. La goutte, le rhumatisme, ces diathèses si variées que le groupe dartres n'embrasse qu'incomplètement, sont les obstacles les plus fréquents à la réussite des ferrugineux. Une cause qui les empêche bien souvent aussi de réussir, malgré leur apparente indication, c'est l'aménorrhée chez les femmes non chlorotiques. Dans ces cas, l'estomac est presque toujours irrité ; des états organiques sont toujours imminents ou existants ; le Fer fatigue promptement, échoue de suite, ou est sans utilité manifeste.

Or, pour tous ces cas, cette insuffisance et même cette nocuité des martiaux est naturelle et d'une raison facile. Le Fer est un analeptique, et non un altérant. Chez ces individus, ce n'est pas qu'il n'y ait pas cachexie, mais cette cachexie est très-spéciale; elle est plutôt l'effet d'une diathèse fertile en irritations incessantes qu'elle n'est un simple défaut de proportion dans les éléments organisables du sang. Celui ci est pauvre de principes physiologiques; mais il est vicié par un principe morbifique, et les préparations chalybées ne sont appropriées qu'à la réparation d'une insuffisance pure et simple, sans complication d'aucune diathèse.

Quant à la chlorose, ce serait se tromper que de croire être, avec le

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Fer, toujours en mesure de la guérir à jamais et parfaitement. Il est peu de maladies plus sujettes à récidiver. A l'aide des martiaux, vous rendez au sang de la plasticité et de la matière colorante, la malade reprend du teint et des forces. Le traitement est suspendu, et av. bout de quelques mois tous les signes et accidents chlorotiques se sont successivement développés. Le sang a été artificiellement enrichi; mais le système nerveux, les fonctions utérines, la femme en un mot, sont restés incapables d'entretenir par eux-mêmes cette eucrasie de sang. On se marie, et la stérilité; les dyspepsies, les ménorrhagies, les leucorrhées, la tristesse, 1rs palpitations, les maux de reins, la constipation, les migraines, etc., tout annonce une constitution impuissante et une vie à jamais empoisonnée par la souffrance et l'inaptitude à remplir les fonctions de la maternité. Que si, dans cet état de prédisposition souvent irrémédiable à la chlorose, les femmes enfantent, des affections de matrice, comme ulcération du col, prolapsus:, métrorrhagies, dyspepsies, infiltrations, toux sèche, délabrement général, émaciation, fièvres nerveuses, névralgies diverses, etc. , réduisent trop souvent ces malheureuses à un état valétudinaire insupportable et cruel, qui, à l'âge critique, se termine, quelquefois par des maladies organiques fatales, le plus souvent par une vieillesse cacochyme. et prématurée, le plus rarement enfin par une métasyncrise et une révolution salutaire dans la constitution.

Il ne suffit donc pas, pour connaître la chlorose et la traiter, d'appliquer son oreille sur les carotides et de prescrire le Fer. Tel est pourtant aujourd'hui le summum du diagnostic et de la thérapeutique de cette affection. Et les empiriques, les professeurs de médecine exacte qui ne font que cela, se proclament les représentants du progrès !

Dans les cas que nous venons de faire connaître en dernier lieu, les ferrugineux ne cessent pas d'avoir une action utile, mais insuffisante, et c'est à d'autres moyens combinés avec eux qu'il faut demander le rétablissement de la santé.

Alimentation substantielle. — Gymnastique. — Bains frais. — Ces agents de l'hygiène sont, comme nous l'avons déjà dit, des auxiliaires puissants des préparations ferrugineuses dans le traitement de .a chlorose et des maux de nerfs hystériques. Nous devons maintenant, en deux mots, montrer les raisons qui en recommandent quelquefois l'emploi exclusif et comme moyens curatifs principaux.

Les médicaments ferrugineux, avons-nous dit plus haut, conviennent surtout dans les maladies où le sang a perdu lentement, et par une perversion graduelle des fonctions viscérales, ses qualités excitantes et plastiques, toutes les fois enfin que les actes préparatoires de la chimie vivante ne s'exercent plus et ne réagissent plus fructueusement sur les aliments, de manière à en former des principes assimilables, comme cela se voit dans la chlorose.

Les toniques alimentaires, au contraire, sont efficaces lorsque les fonctions assimilatrices, lorsque le sang, sont depuis peu de temps frappés

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d'inertie et de pauvreté, comme à la suite et dans la convalescence des maladies aiguës fébriles qui ont exigé un travail actif et rapide des fi irees altérantes, une période de cûctiou longue et puissante, surtout chez les enfants et les adultes vigoureux.

Il faut garder une diète sévère, tant que les forces altérantes de l'économie ont à exécuter un travail pathologique nécessaire. Introduire alors des aliments serait vouloir de ces forces un surcroît d'action nutritive, qui enrayerait ou les élaborations pathologiques ou les élaborations réparatrices. C'est ce qui a l'ait dire à Hippocrate dans ses aphorismes (le 10e de la sect. 2e) : Impura corpora quà magis mttriveris, eà magis lœcks.

Le travail morbide altérant une fois consommé, la diète nuit ; elle engendre la débilité et les maux de nerfs, ce qu'elle ne fait pas, tant que les forces de la chimie vivante sont occupées à digérer et à mûrir des produits pathologiques.

Dans les maladies humorales, ladièteest donc bien plus nécessaire que dans les maladies nerveuses ; et ce qui prouve combien les actes qui appartiennent aux forces altérantes de l'organisme sont exclusifs des phénomènes nerveux, des aberrations de la sensibilité et des mouvements, des spasmes, en un mot, c'est que, dans les maladies humorales ou fébriles aiguës où ces forces pepsiques, suivant l'expression d'Hippocrate, sont dans une grande activité, on n'observe pas de spasmes, de maux de nerfs, et que, s'il en survient, c'est un signe de suspension du travail pathologique et de la marche irrégulière de la maladie.

L'alimentation dans le cours et la convalescence des affections aiguës paraissait très-importante à Hippocrate, qui s'en est beaucoup occupr-, ei dans un traité spécial [De vict. 7-at. inacut.), et dans plusieurs aphorismes de la première section.

Vers le déclin des maladies fébriles aiguës, des inflammations graves, des pyrexies exanthématiques, il est besoin d'une grande sagacité pour savoir quand il faut commencer à nourrir. Souvent alors des phénomène nouveaux surgissent, de la fièvre persiste ou se développe, etc., etc., qu'une alimentation opportune apaise aussitôt.

Galien avait déjà reconnu qu'après certaines fièvres ou maladies aiguës intenses qui avaient beaucoup affaibli les individus, se déclarait une fièvre nerveuse que calmaient les toniques analeptiques : Equidem ità febricitantes aliquos ostt.ndi tibi maxime ex lis qui è longo morbo convaluerant, quorum quurn uni forte fortuné, occurrissem qui mox antè horrescere cœpisset, ut rem exposuisset, dato ex vino diluto pane , continua horrorem inhibui; atque ut semel dicam, quibus incipientis ad/iuc accessionis aderant symptomata, iis omnibus panem ex vino diluto et calente ma'ur'e exhibens, horrorem statim inhibui et febrem prohibiti.

La longueur présumée de la maladie, les pertes que fait le malade par les diverses évacuations qui le dépouillent de sa substance et réduisent, pour ainsi dire, l'organisme à son canevas, la considération des habitudes, de la forme intermittente, rémittente ou continue de l'affection, etc.,

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doivent surtout guider le médecin dans la manière dont il dirigera la diète de ses malades. L'aphorisme suivant d'Hippocrate résume bien une partie de ces motifs : Considerare oportet etiàm œgrotanlem, num ad morbi vigorem victu sufficiet, et an prius Me deficiet, et victu non suffwiet, an morbus prius deficiet et obtundetur.

Sans qu'il nous soit nécessaire d'énumérer tous les cas où les toniques alimentaires sont indiqués, il suffira, nous pensons, de dire d'une manière générale qu'ils le sont toutes les fois que la force d'assimilation et le sang ont été rapidement affaiblis par des pertes abondantes ou par des maladies, pendant lesquelles les actes de la chimie vivante ont été absorbés dans un travail pathologique qui a dû longtemps commander une diète rigoureuse, et qu'ils sont puissants pour faire cesser tous les accidents nés de ces conditions, alors que les fonctions digestives et hématosiques n'ont pas perdu leur pouvoir physiologique.

Quant aux effets qu'on peut retirer des toniques alimentaires dans les maladies chroniques, cela rentre dans le régime et regarde l'hygiène en général, et nous ne nous en occuperons pas.

Toutefois, il faut dire que lorsque, dans les affections où les martiaux sont si bien indiqués, les fonctions commencent un peu à se régulariser et à jouir d'une action et d'une influence réciproques normales, les toniques alimentaires deviennent profitables et acquièrent une puissance curative considérable, surtout lorsqu'on en favorise les bienfaits par la gymnastique, etc., dont il nous reste à parler en quelques mots :

« L'exercice des muscles locomoteurs, dit Broussais (Proposit. 373, Ex. des doctr., t. 1), est le meilleur moyen de détruire la mobilité convulsive. Il agit en déplaçant les irritations viscérales (la latitude vicieuse que Broussais donne au mot irritation, permet qu'on le prenne ici pour synonyme de douleurs, de spasmes, de névropathie en un mot), en consumant une activité superflue, et en appelant les forces vers la nutrition et vers les tissus exhalants et sécréteurs. »

Cette proposition renferme une profonde vérité trop méconnue ou trop dédaignée des médecins qui croiraient n'avoir pas bien guéri, et se trouveraient indignes de leur titre, s'ils avaient guéri sans le secours de la pharmacie; vérité méprisée aussi par les malades, qui ne font aucun cas de leur médecin, quand il a assez de conscience pour ne pas les bourrer de drogues, et qui jugent qu'on ne voit rien à leurs maux, qu'on est inactif, ou qu'on désespère d'une guérison, quand on cherche exclusivement ses moyens curatifs dans les ressources de l'hygiène.

C'est une chose proverbiale, que les travaux de l'esprit sont plus fatigants et usent bien plus les forces de l'économie que les travaux du corps ; mais on ne se rend pas compte physiologiquement de cette différence qui semble extraordinaire.

L'homme de cabinet, l'écrivain méditatif, vivant du matin au soir dans l'immobilité et le silence de l'étude, dépense-t-il plus de vitalité que celui

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dont les travaux exigent le mouvement continuel du corps et une activité musculaire déployée dans les champs? Non ; mais si celui-ci dépense beaucoup, il répare beaucoup ; tandis que le premier dépense sans réparer.

L'exercice trop continuel et trop intense de la pensée met l'homme de lettres dans un état nerveux perpétuel. Chez lui, les mouvements vitaux, au lieu d'être expansifs, fructueux, d'imprimer de l'activité aux puissances organiques par lesquelles la vie végétative s'entretient, telles que la di gestion, la circulation, l'hématose, les sécrétions, etc., les mouvements vitaux sont comprimés, enchaînés, et la force d'assimilation languit; de là fréquence des maux de nerfs chez cette classe d'hommes. Leur travail, au lieu d'être une occasion d'activité fonctionnelle pour les organes nutritifs, est au contraire pour ces organes une cause incessante de langueur et de perversion, puis bientôt la cause s'accroît de son effet. Digestions imparfaites, d'où inappétence ; désir nul de réparation alimentaire ; difficultés des sécrétions, des exhalations, des exonérations; inertie des fonctions respiratoires ; défaut de fatigue musculaire ; troubles digestifs; suractivité cérébrale, qui se réunissent pour éloigner le sommeil, ce bienfaisant tonique.

Ainsi, sans se fatiguer, sans avoir fait une légitime dépense de vie qui puisse appeler le besoin d'une réparation nécessaire et profitable, les individus dont il s'agit interdisent à leur organisme la satisfaction de ses plus importants besoins, en affaiblissant et en détournant les actes qui président à l'accomplissement de ses besoins.

Le contraire se voit précisément chez ceux qui, en plein air, se livrent selon leurs forces aux travaux corporels. Ils font une énorme dépense de vitalité, mais ils acquièrent un appétit vif et vrai qu'ils satisfont avec fruit et pour de légitimes besoins. Leur hématose est puissante, leur circulation active; les sécrétions, les exhalations abondantes et de bonne qualité; leur sommeil est naturel, profond et réparateur, etc.

Chez ces individus, les forces agissantes, pour parler comme Barthez, par leur exercice constant et bien proportionné, loin de s'épuiser, ne font qu'augmenter la somme des forces radicales dans lesquelles elles trouvent sans cesse une nouvelle puissance d'action. Or, nous avons vu que le caractère des toniques analeptiques est de corroborer les forces radicales de l'économie. « L'énergie des forces radicales s'accroît dans un rapport composé de l'intensité d'action des forces agissantes dans chaque fonction, et de la constance des rapports d'activité entre toutes les fonctions qui ont été formées par l'habitude...

« L'agitation répétée de tout le corps dans un exercice convenable et les impressions renouvelées d'un air libre excitent les forces radicales du principe de la vie. » (Barthez, Nouveaux éléments de la science de l'homme, t. II, p. 168.)

Il est des femmes sujettes aux maux de nerfs chez lesquelles ni les préparations ferrugineuses, ni les toniques alimentaires ne peuvent absorber cl faire rentrer dans l'ordre les fonctions nerveuses : telles sont

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principalement celles qu'affecte l'hystérie convulsive el quelques-unes aussi de celles que tourmente l'hystérie spasmodique et vaporeuse. Une grande persévérance dans l'habitude des exercices du corps et une gymnastique bien dirigée sont alors les seuls toniques utiles. On voit aussi certaines femmes en proie à tous les spasmes et à tous les maux de nerfs hystériques que nous avons principalement attribués aux personnes chétiveset délicates, bien que ces femmes soient d'une constitution sanguine et vigoureuse.

Les indications thérapeutiques consistent, dans ce cas, uniquement à consumer, par l'exercice musculaire, une activité superflue et à appeler les forces vers la nutrition et vers les tissus exhalants et sécréteurs, comme le veut Broussais.

L'espèce de toniques dont nous nous occupons maintenant est peutêtre la seule qui convienne aux hypocondriaques, qui ne peuvent presque jamais supporter les toniques de la matière médicale à cause de l'irritabilité excessive de leur système gastro-hépatique, laquelle s'élève quelquefois jusqu'à une nuance d'irritation et de subinflammation chronique, surtout lorsqu'ils sont depuis longtemps atteints de leur triste maladie. On sait quelle confiance le grand Sydenham avait, pour ces sortes de malades, dans l'exercice du cheval. At verô, dit-il, nihil ex omnibus quie mihi hactenus innotuêre, adeô impensè sanguinem spihitusque fovet firmatque ac diù multumque singulis fere cliebus equo vehi... Quid quod SANGDIS perpetuo hoc motu indesinenter agitatus, exagitatus ac permistus quasi ?-enovatur ac vigescit.

C'est toujours le même but atteint par des moyens différents. C'est toujours la Médication tonique analeptique qui a pour objet immédiat la réhabilitation des forces nutritives.

Mais il faut bien de la méthode et de l'attention pour administrer et doser convenablement cette sorte de toniques. Non- seulement les exercices musculaires ne doivent pas dépasser la mesure des forces de l'individu ; il est indispensable, en outre, qu'ils soient bien réglés relativement à l'espèce d'affection contre laquelle on les met en usage. Ils doivent occuper et mettre en activité l'ensemble des fonctions de relation et être en rapport avec un but intellectuel ou moral, être proportionnés avec l'alimentation et le sommeil, secondés par une température et des vêtements appropriés ; il faut y apporter une grande constance, et ne pas se rebuter, parce qu'après quelque temps on n'en aura pas encore retiré d'effets salutaires, car tous les moyens tirés de l'hygiène ont une influence progressive, douce, lente, insensible, mais durable et profonde.

« Les accroissements des forces radicales qui sont produits indirectement par un exercice des fonctions qui est conforme à la santé, demandent une attention principale. Ceux-ci sont toujours en raison composée de l'intensité d'action que les forces agissantes déploient dans chacune des fonctions principales de l'économie animale, et de la conservation d o rapports d'activité entre toutes ces fonctions que l'habitude

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a établies dans la forme de santé qui est propre à chaque individu. « Les farces radicales ainsi reproduites (par l'exercice du corps) résistent moins aux causes de maladies chez les sujets qui mènent habituellement une vie active, et chez ceux qui se livrent presque tous les jours à des travaux forcés. » (Barthez.)

Les bains Irais sont aussi une espèce de tonique, et de tonique bien puissant, par le calme qu'ils impriment au système nerveux, calme général, uniforme, égal, suivi bientôt d'une réaction excentrique, générale, uniforme, égale, pleine d'harmonie et de spontanéité. Cette heureuse réaction, aidée et soutenue au sortir du bain (qui ne doit jamais dans ce cas être prolongé, mais durer huit à dix minutes dans une eau graduellement descendue à 2.v>, 24, 20 degrés) par des frictions sèches ou aromatiques, le massage, un repas fortifiant aiguisé par quelques cordiaux, etc., se manifeste par une fièvre physiologique, qui est le plus puissant antagoniste des maux de nerfs.

Une fièvre générale de cette nature fait taire la mobilité nerveuse et éteint les sympathies, loin de les éveiller, comme on le prétend clans l'école physiologique. La fièvre accable, est une expression populaire qui n'a pas assez fait réfléchir les médecins. La fièvre est le type des réactions salutaires. C'est la forme par excellence de la maladie.

Lorsqu'à l'action tonique du froid on peut joindre le massage opéré en même temps parla douche, on produit du même coup une double action, dont le résultat est d'imprimer au système nerveux, aux capillaires sanguins et sympathiquemenf à toute l'économie une impression fortifiante durable qu'il faut préférer, chez certains sujets lymphatiques et irritables, aux médicaments toniques internes si mal supportés en général par cette classe de sujets. Nous croyons la douche froide, maniée par un médecin prudent, appelée à jouer un rôle important dans la Médication tonique reconstituante. M. le docteur Fleury, qui a étudié d'une manière spécial.' l'influence de ce précieux moyen, a cru pouvoir résumer son expérience dans les propositions suivantes, qui, inspirées par des principes semblables à ceux qui nous ont toujours dirigés dans ce chapitre, s'y relient comme une partie à son ensemble, et nous paraissent mériter toute l'attention des praticiens :

1° Les douches froides excitantes doivent être placées au premier rang des agents appartenant à la médication reconstitutive, en raison de l'action qu'elles exercent sur la circulation capillaire, et consécutivement sur la composition du sang, la calorification, la nutrition et l'innervation.

2° Plus rapidement et plus sûrement que tous les agents hygiéni [ues et pharmaceutiques connus, elles modifient le tempérament lymphatique et lui substituent un tempérament sanguin acquis. Cette heureuse influence paraît avoir été attribuée u une double action : l'une s'exerç ml sur la nutrition et la composition du sang, l'autre sur les vaisseaux capillaires eux-mêmes, dont les prooriétés vitales propres et la contractilité

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sont excitées de manière à faire pénétrer des globules sanguins dans les vaisseaux qui, auparavant, ne donnaient entrée qu'à du sérum. Neuf enfants âgés de trois à douze ans, offrant tous les caractères du tempérament lymphatique le plus prononcé, ont été soumis à cette médication ; tous ont été notablement modifiés au bout de trois mois de traitement, et ceux qui l'ont suivie pendant deux années ont été complètement transformés. Les douches froides ont exercé, en même temps, une influence très-favorable sur le développement du corps et du système musculaire, ainsi que sur l'établissement de la menstruation.

3° Cinq jeunes filles, âgées de dix-huit à vingt-deux ans, affectées, depuis plusieurs années, de chlorose confirmée, grave, rebelle, ayant résisté aux préparations ferrugineuses et à tous les modificateurs hygiéniques et pharmaceutiques connus, ont été soumises à l'action des douches froides : toutes ont guéri ; la durée du traitement ayant été de sept mois au maximum, de deux mois au minimum, et de quatre mois en moyenne.

L'effet de la médication a été constamment le même, et s'est manifesté tout d'abord sur les appareils digestif et musculaire, puis sur le système nerveux, et enfin sur le sang et la circulation.

4° L'anémie idiopathique et celle des convalescents disparaissent rapidement sous l'influence des douches froides, en raison de l'action que celles-ci exercent sur la digestion, la nutrition et le système musculaire ; action qui favorise mieux que tout autre agent thérapeutique la reconstitution du sang.

5° Dans les anémies symptomatiques liées à certaines affections de l'utérus (déplacements et engorgements), aux névralgies anciennes et rebelles, à certaines névroses, à une hypertrophie, les douches froides exercent une double action curative, en guérissant simultanément et souvent l'un par l'autre les deux états pathologiques.

6° Dans l'anémie accompagnée d'hémorrhagies abondantes et répétées, les douches froides exercent également une double action fort remarquable ; en opérant la reconstitution du sang, en combattant les congestions organiques, elles diminuent ou arrêtent les hémorrhagies, qui, après avoir produit l'anémie, sont à leur tour favorisées par elle, et l'on parvient ainsi à échapper au cercle vicieux qui se présente si souvent dans la pratique.

7° Dans l'anémie liée à une affection curable, mais sur laquelle les douches froides n'ont aucune prise, celles-ci rendent encore d'importants services en améliorant l'état général du malade et en rendant ainsi plus faciles le traitement et la guérison de l'affection primitive.

8° Dans l'anémie liée à une affection incurable, les douches froides sont souvent très-utiles; elles ont notablement amélioré l'état général de plusieurs malades atteints d'emphysème pulmonaire, d'une affection organique du cœur, de cancer, de tumeurs abdominales.

Nous terminerons cette partie déjà trop étendue de notre Médication tonique en considérant, premièrement, que toutes les réactions de l'or-

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ganisme qui s'accomplissent par les actes les plus généraux et les plus rudimentaires, par ces fonctions que M. Récamier appelle vitales communes, que ces réactions, disons-nous, telles que la lièvre et l'inflammation, qui mettent si vivement enjeu la force d'assimilation, sont les plus légitimes, les plus calculables, les plus critiques, les plus salutaires.

D'un autre côté, nous voyons les réactions de l'organisme, qui s'accomplissent par des actes spéciaux et sans intéresser les fonctions vitales communes, être caractérisées par des traits tout opposés aux premières ; nous les voyons, et telles sont toutes les maladies nerveuses, incalculables dans leur marche, incohérentes dans leurs expressions symptomatiqucs, sans tendance critique, incapables de se juger par elles-mêmes.

Ainsi les premières, confiées aux fonctions vitales communes (c'est-àdire partagées par tout être vivant), se font avec harmonie, ensemble, ont des périodes calculables, un terme dont on peut assigner l'époque et le mode.

Les secondes se manifestent par des anomalies dans l'action et l'influence des fonctions spéciales ( c'est-à-dire qui n'existent que chez certains êtres vivants), marchent sans ordre, sans harmonie, n'ont rien de calculable, persistent indéCniment, et ne peuvent être prévues ni dans l'enchaînement de leurs phénomènes, ni dans leurs modes de terminaison.

Cependant l'observation nous apprend que ces deux classes d'affections sont exclusives les unes des autres, et qu'il est bon que les premières se substituent aux secondes, parce qu'elles en amènent la solution la plus naturelle, comme cela résulte, ainsi qu'on vient de le voir, de leurs caractères respectifs. (Voir, pour un plus ample développement de ces idées, la thèse inaugurale de l'un de nous : Essai sur les lois de la force médicatrice, Paris, février 1835, n° 36.)

Or, les toniques analeptiques font prédominer dans l'organisme les fonctions vitales communes, la force d'assimilation, et par conséquent les réactions les plus calculables, les plus légitimes, les plus salutaires.

Donc, ils sont les agents curatifs véritables et naturels des affections nerveuses que nous avons spécifiées dans le cours de cette importante division de la Médication tonique.

Le dernier argument que nous produirons à l'appui de cette loi thérapeutique capitale, c'est celui qu'une observation journalière nous a mille fois appris, savoir : que les individus dont la conslitution est caractérisée par la prédominance de la force d'assimilation ne sont point sujets aux maladies nerveuses, et au contraire sont fortement et facilement fébricitants dans toutes les réactions morbides qu'ils ont à supporter ; tandis que ceux d'un tempérament nerveux et qui sont fort sujets aux spasmes, aux maux de nerfs dans l'un et l'autre sexe, sont rarement fébricitants, réagissent difficilement par des pyrexies.

En réunissant ce que nous dirons de la Médication antispasmodique (t. II) pour pallier les affections nerveuses essentielles à la Médication

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tonique analeptique, appelée à remplir les indications curatives radicales dans ces affections, on aura, nous osons l'espérer, les données fondamentales pom; se guider dans la thérapeutique si difficile de cette classe nombreuse et importante de maladies.

Sydenham sentait bien la nécessité d'avoir à sa disposition deux ordres de ressources dans le traitement des maux de nerfs, et il savait se servir simultanément ou alternativement des antispasmodiques, comme on le voit dans le passage qui suit : Quotiès verà paroxysmus invaserit, si taie aut tanlum sit malum ut inducias ferre nolil, donec sanguine et spiritibus corroboratis, quasi per ambages sanari possit, eonfestim ad remédia hysterica ista confugiendum est, quœ adore viroso ac gravi, spiritus, ut dixi, exorbitantes ac desertores in proprias stationes remandant, sive intra corpus sumantur, sive naribus admoveantur odoranda, sive externis applicentur; cujus modi sunt asa-feetida, rjalbanum, castoreum, spiritus salis ammoniaci et quicquid est deniquè quod odorem tetrum admodum ingratumque spirat. (Syd., Op., t. I, p. 276.)

Il serait à souhaiter que tous les maux de nerfs fussent renfermés dans cette classe nombreuse que nous venons de mettre à part comme offrant l'indication expresse de la Médication tonique analeptique. Malheureusement les névroses, les maladies sans matière sont, nous l'avons dit déjà, comme les phlegmasies, les diacrises, etc., les manifestations morbides de toutes les diathèses connues, et alors la Médication tonique est rarement applicable ; le Fer surtout est généralement nuisible.

11 est bien indispensable aussi de se rappeler que nous nous sommes appliqués à faire comprendre par des développements de pathologie peut-être exagérés dans un ouvrage de ce genre, savoir : que l'anémie ou la cachexie a ses espèces particulières comme l'inflammation ; et que, de même qu'il y a des phlegmasies scrofuleuses, vénériennes, goutteuses, dartreuses, etc., il y a des anémies ou des cachexies symptomatiques de toutes ces diathèses. Dans ces anémies aussi, le Fer est presque toujours contre-indiqué. Si donc on ne veut pas compromettre les principes généraux posés dans ce chapitre, il ne faut les appliquer qu'à la classe de maux de nerfs et qu'aux espèces d'anémies que nous avons soigneusement distinguées.

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