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gétative, absorbait, enchaînait la vie extérieure, les manifestations vives, mobiles, instables et exagérées du sentiment et du mouvement, desquelles résulte, dans l'état physiologique, le tempérament dit nerveux. La matière domine, étouffe l'esprit ; la digestion tue la pensée, etc., etc. : telles sont les expressions sous lesquelles ce fait est communément reconnu.
Dans l'état pathologique on le retrouve à chaque pas. Jamais on n'observe moins de phénomènes nerveux que lorsque l'organisme est travaillé par une fièvre, une inflammation un peu profonde; et ces deux phénomènes les plus généraux de la pathologie, la lièvre et l'inflammation, appartiennent essentiellement et par excellence aux fonctions de nutrition, de végétation intime. Ainsi, des phénomènes nerveux primitifs existant, si une fièvre sanguine survient, ils sont calmés. De même que si un fébricitant par quelque cause que ce soit, pourvu qu'elle agisse directement sur le système nerveux de manière à réveiller un état spasmodique essentiel, vient à être en proie à des accidents nerveux du genre de ceux que nous étudions, la fièvre cesse, mais souvent avec un grand danger, et cela pour des raisons que ce n'est pas ici le lieu de développer et dont la recherche nous conduirait trop loin. C'est l'observation de ce fait capital qui a inspiré cet admirable passage des Coaques : Convulsionem sanat exorta febris acuta quœ prius non fuit; quodsi priùs fuerit, exacerbata. Quin etiam prodest urinam albumincam, alvum ferri etsomnos imre; et cet autre aphorisme : febrem convuhioni supervenire meliits eut quàm convulsionem febri. En effet, la fièvre et l'inflammation saines sont, comme la circulation et la nutrition, des phénomènes réguliers, des opérations synergiques qui marchent à un but, attestent l'harmonie des forces, et qui, tant qu'elles s'exercent, excluent l'irrégularité, l'incohérence, le défaut de tendance salutaire.
11 n'est personne qui n'ait remarqué les curieuses et importantes différences qu'offre le système nerveux chez uu individu depuis longtemps à jeun ou soumis à une diète sévère et prolongée, et le même individu ayant convenablement, et suivant ses forces, satisfait aux besoins de l'alimentation.
Si c'est un homme, pour nous éviter une interminable description d'accidents nerveux, qu'il nous suffise d'indiquer qu'on observera chez lui, dans l'état d'inanition, la plupart des symptômes qui caractérisent l'hypochondrie proprement dite. Que si c'est une femme, on verra surgir successivement les accidents variés et sans fin que nous avons attribués à l'hystérie vaporeuse ; puis, après une longue réparation alimentaire, du moment où un sang nutritif et suffisamment analeptique aura tonifié le système nerveux, on verra reparaître la fixilé et le calme des actes qui en émanent. La tristesse, la pusillanimité, les angoisses, la misanthropie, l'égoïsme hyponckondriaques auront fait place à la gaieté, à la confiance, au bien-être général, à l'expansion vitale, à la philanthropie de l'homme sanguin; les troubles, la mobilité nerveuse, les étouffements, les palpi-
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tations, les pleurs, les réfrigérations, les douleurs, les spasmes hystériques en un mot, seront remplacés par la stabilité, la consistance, la force et l'harmonie fonctionnelles de la femme robuste et active des campagnes.
Voilà de quelle manière et sous quel point de vue on peut et l'on doit rapprocher, comme l'a fait Sydenham, l'hypochondrie de l'hystérie, dire avec lui que l'hypochondrie est l'hystérie de l'homme et réciproquement : Si offecliones hypochondriacas vulgo dictas cum mulierum hystericarum symptomatibus conferamus, vix ovum ovo similius quom sunt utrobiquè phœnomena deprehendemus (loco cit., p. 256) ; puis plus loin (V. p. 259)
eorum offectuum quos in feminis hystericos, in maribus hypochon-
driacos appellandos censemus.
Si Sydenham, tout en signalant ces frappantes analogies, n'était pas allé jusqu'à confondre et à identifier ces deux maladies, et si sa réserve habituelle ne l'avait peut-être empêché de leur assigner à chacune des foyers différents dans le système nerveux de l'homme et de la femme, différence de foyers qui jette entre elles toute la distance étiologique, symptomatique et thérapeutique qui les sépare, il aurait laissé peu de chose à faire sur la question de la nature prochaine et du traitement de ces affections, de l'hystérie principalement.
C'est donc dans une proportion naturelle entre le système nerveux d'une part, et de l'autre le système sanguin, dans un équilibre entre ces deux systèmes dont les puissances relatives sont déterminées par la constitution primordiale de chacun ; c'est dans cette mesure physiologique, disons-nous, queréside la condition qui assure l'absence desmauxdenerfs.
Si cet équilibre est rompu aux dépens du système nutritif, nous avons assez dit les troubles de l'innervation qui se développent. Si, au contraire, il est rompu aux dépens du système nerveux, les fonctions de ce système sont comme étouffées, stupéfiées, frappées de lenteur, d'impuissance et d'un véritable narcotisme. L'animal repu s'endort. L'homme qui, doué par la nature d'une grande énergie des fonctions digestives, hématosiques et assimilatrices, s'abandonne sans réserve, et au delà du besoin, aux penchants grossiers que met en lui une telle organisation, se rapproche honteusement de l'animal. Il est lourd, endormi, sans vivacité, sans aptitude à l'action, d'une sensibilité obtuse, d'une intelligence épaisse, pénible et bornée. Les passions, les sentiments violents d'amour et de haine, de joie ou de tristesse ont peu de prise sur lui. Son système nerveux sommeille toujours. Sanguis somni férus.
Combien de fois n'avons-nous pas vu l'insomnie de certains convalescents, des rêvasseries, du délire même (delirium inane, vacuum), cédera un bouillon, à un tonique alimentaire quelconque? Le besoin de dormir, souvent insurmontable, que presque tous les hommes éprouvent après le repas, est une preuve évidente de. l'influence calmante et même stupéfiante du sang sur le système nerveux.
Sydenham a parfaitement senti et exprimé cette nécessité de l'équilibre
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entre le sang et les nerfs pour l'absence des névroses. Voici comment il s'exprime à ce sujet : Illud enim est animadvertendum, quod non nuda spirituum débilitas per se considerata, sed eorumdem débilitas ad sanguinis slatum comparatorum àta;!a; quam paliunlur causa sit. Fierienim pot est, ut infanlis spiritus salis firmi robuslique sint pro sanguinis ratione, qui tmnen debitam ad sanguinem adulti Ziominis proport ionem non leneant. Jàm verà, quam ex jugi lactis usu etdiœta; quantumvis illa sit cruda et invalida, sanguis mollior et tenerior évadât, si spiritus ab eo nali sanguini pares tunthm sint, salis benè se rcs habet.
Répondons maintenant à la troisième et dernière partie du problème posé; et, pour terminer ce qui regarde spécialement la Médication Tonique analeptique, examinons, après avoir constaté les choses qui précèdent, si, dans les cas oh la nature ne peut d'elle-même se reconstituer, l'art est capable, en imitant les opérations naturelles dont l'observation lui a révélé le mécanisme, de faire ce que l'activité propre de l'organisme sait faire bien souvent.
Les cas où la nature a besoin que l'art vienne à son secours pour rétablir la proportion physiologique entre le système nerveux et la force d'assimilation sont malheureusement trop nombreux. Les moyens que la thérapeutique possède pour atteindre ce résultat sont, comme nous l'avons déjà dit, les Toniques analeptiques, dont le mode d'action caractéristique consistée rendre immédiatement au sang les principes organisables et réparateurs qui lui manquent.
Ils peuvent être séparés en deux classes. Dans la première serait placé le seul Tonique analeptique de la matière médicale, le Fer, et peut-être, ainsi que nous l'avons dit, les composés manganésiques. La seconde comprendrait ceux que fournit l'hygiène, et qui devraient se subdiviser en directs et indirects : ceux-là tirés des ingesta très-riches en principes nutritifs etdonnantbeaucoupde matières assimilables sous un petit volume; ceux-ci, empruntés aux acta, aux circumfusa et applicata, embrassant l'exercice convenable du corps ou la gymnastique, l'influence de l'air et les bains frais.
Les agents hygiéniques contenus dans cette dernière subdivision ne se prêtent pas à la définition que nous avons donnée des Toniques analeptiques; car ils ne rendent pas immédiatement au sang ses éléments réparateurs; mais ils sont pour les Toniques analeptiques véritables de si puissants auxiliaires, ils favorisent tellement les actes végétatifs et régularisent si évidemment les fonctions organiques, qu'on ne peut se dispenser de signaler leur concours. Déplus, à eux seuls, ils sont quelquefois appelés à remplir les indications de la Médication Tonique analeptique, comme nous le ferons voir dans un instant.
Préparations martiales. — Sydenham, après avoir (loco cit.) exposé les symptômes des affections hystériques, et émis son opinion sur leurs
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causes prochaines et éloignées, passe au traitement, dont il pose ainsi les bases dans un passage qui, quoique devant être de nouveau cité dans notre second volume [Médic. antispasm.), trouve ici trop bien sa place pour que nous ne devions pas le produire.
Ex omnibus quœ nos hactenus congessimus ubundè mihi constare videtur prœcïpuam in hoc morbo indicationem curât iram eam esse, quœ sanguinis {qui spirituum fons et origoest) corroborationem indigitat; quo facto spiritus invigorati eum servare possint tenorem qui et totius corporis et singularium partium œconomiœ competit.
Et pour satisfaire à cette indication fondamentale, à quel agent a-t-il recours? Aux préparations martiales... Ad sanguinem confortandum et proindè eliam spiritus ex eo prognatos, remedium aliquod martiale seu chatybeatum ad dies triginta prœscribo assumendum, quod aliud non certihs hic votis rcspondet.
Après ce qui précède et surtout après avoir spécifié au chapitre de ce volume qui traite du Fer les usages thérapeutiques de cet agent précieux, nous n'avons pas besoin d'insister davantage sur son importance, son mode d'action, etc., dans le traitement de la chlorose, des maux de nerfs et des autres affections qui réclament son emploi.
Quant aux contre-indications générales du Fer dans les maladies qui sont en rapport thérapeutique avec cet agent, il n'est guère possible d'établir à leur égard des principes un peu absolus. Dans la chlorose, par exemple, le diagnostic une fois bien motivé, il est rare que les préparations martiales échouent tout à fait, bien plus rare encore qu'elles soient nuisibles. Leur intolérance n'est presque jamais que passagère et finit toujours par être vaincue ; et c'est au médecin qu'il appartient de l'assurer en faisant un choix judicieux des préparations et des formules les plus appropriées à l'état particulier de la femme, en ménageant habilement les doses, en confiant l'ingestion du médicament aux surfaces qui le supporteront le plus patiemment, en coupant le cours du traitement par des jours intercalaires de repos, et en associant le remède à des intermèdes correctifs ou auxiliaires, etc., etc.
Il faut surtout être en garde contre les trompeuses contre-indications que pourrait à priori suggérer l'état de l'estomac et des menstrues.
Broussais a ài\,(Ext. des doctr., t. IV, p. 564) : «On nous parle beaucoup des succès du Fer dans la chlorose : fort bien comme tout autre tonique, si l'estomac languit par anémie ; fort mai, si les règles sont retenues par une irritation viscérale. Il faut donc toujours en juger par l'irritation, c'est-à-dire par les solides. »
Comment se fait-il qu'un homme de l'expérience et du poids de Broussais prétende que, administrer tel ou tel tonique, c'est dans le traitement de la chlorose chose indifférente? Quoi ! un tonique quelconque, le quinquina ou le Fer, la gentiane ou le Fer, l'écorce du chêne ou le Fer, le colombo ou le Fer, guérissent également la chlorose ; et si l'on prescrit si généralement le Fer, ce ne serait que par routine, par tradition, par
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un vieux reste de préjugé alchimique qui voudrait qu'on opposât le Fer à la chlorose, parce que le Fer, c'est la force, la dureté, c'est Mars, et que la chlorose, c'est la débilité, la mollesse, c'est l'énervation féminine !
C'est plutôt que les organicistes exclusifs ont toujours en horreur des remèdes qui passent pour agir immédiatement sur les liquides avant du faire ressentir leur influence sur les solides. Or, il est difficile de refuser ce mode d'action aux préparations chalybées.
Quand on sait, d'une part, que le sang des chlorotiques contient une proportion de Fer beaucoup moins considérable que celui des femmes vigoureuses ; que, d'un autre côté, on ne peut douter de l'absorption des substances ferrugineuses, de leur présence plus abondante dans le sang pendant le traitement, et du retour graduel des forces et de la santé à mesure que ce sang devient plus vermeil, plus abondant en globules, en albumine, et plus riche de la quantité de Fer qu'il contient physiologiquement, il est vraiment impossible de méconnaître un rapport de cause à effet entre des faits si capitaux.
Broussais ne voit dans l'action du Fer qu'une influence tonique portée par ce médicament sur l'estomac, puis s'irradiant à toute l'économie, soit par voie de sympathie, soit par la réhabilitation des fonctions digestives, capable alors de préparer un bon chyle, et conséquemment un sang plus nutritif.
Cette opinion est spécieuse et d'autant plus vraisemblable que dans les vertus antichlorotiques du Fer il n'est pas impossible, il est même probable que quelque chose de pareil a lieu. Mais nous sommes justement portés à penser que ce mode d'inÛuence n'est pas tout, et que d'autres effets se font directement sentir sur la crase du sang, comme nous l'avons déjà plusieurs fois professé. Bien des preuves en faveur de cette opinion peuvent être fournies, et entre autres celle-ci : que la guérison delà chlorose est très-bien obtenue par l'usage, en lavements et en bains, de préparations martiales solubles. Et puis ce tonique, quoi qu'en dise Broussais, ne saurait être remplacé par un autre dans le cas en question. Cela ne signifie pas que nous regardions l'action du Fer dans la chlorose comme s' exerçant par juxtaposition. Croire que le Fer administré par le médecin guérit les pales couleurs, en allant remplacer purement et simplement le Fer absent du sang de la chlorotique, nous paraît une théorie aussi fausse que grossière. Nous sommes bien plutôt portés à penser que, sous l'influence des martiaux, l'organisme recouvre l'énergie de ses fonctions végétatives, et que la force plastique, ainsi restaurée, augmente la proportion du Fer comme celle de beaucoup d'autres matériaux dont l'organisme était appauvri. D'où vient le Fer qui augmente de jour en jour dans l'œuf couvé? L'embryon reçoit-il autre chose que de l'oxygène atmosphérique (cette respiration à travers la coque a été démontrée) et du calorique maternel?
Nous convenons toutefois que les amers sont d'utiles adjuvants des remèdes chalybés; que quelquefois même ces amers, le quinquina en poudre
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et en teinture, par exemple, administrés avec une alimentation analeptique secondée par une bonne gymnastique, ont compté d'incontestables guérisons : oui, de même que la camomille, la salicine, le café, l'absinthe, etc., ont mis fin à des fièvres intermittentes, que les sudorifiques, la cura famis, etc., ont suffi à la cure de syphilis bien caractérisées, sans qu'on soit en droit d'en conclure que le quinquina et le mercure peuvent être indifféremment remplacés par la salicine et la salsepareille.
11 est tout naturel de penser aussi que si d'autres toniques pouvaien^ être substitués indifféremment au Fer dans le traitement de la chloroset réciproquement le Fer pourrait remplacer ces autres toniques dans la thérapeutique des affections qui les réclament ; et pourtant l'expérience a prouvé le contraire : car les affections adynamiques, malignes dans lesquelles l'administration du quinquina rencontre souvent une si expresse indication, ne retireraient pas le même avantage de l'emploi du Fer ; loin de là, elles seraient sans doute aggravées.
Le passage de Broussais que nous avons rapporté plus haut renferme un principe sur lequel il est important de s'entendre, pour ne pas se forger de vains motifs de contre-indication à l'emploi du Fer. « Fort bien, dit-il, si l'estomac languit par anémie ; fort mal, si les règles sont retenues par une irritation viscérale. »
Ce principte adopté, et l'irritation étant entendue comme l'entend l'école du Val-de-Grâce, nous défions un praticien d'oser jamais prescrire le Fer dans la chlorose.
Essayez d'interroger une chlorotique avec l'intention de lui appliquer la doctrine de Yirritation. A la seconde question, vous aurez déjà rejeté bien loin l'idée des remèdes martiaux, car les foyers d'irritation vont de toutes parts vous intimider et vous commander l'abstinence scrupuleuse de tout tonique. Qu'est-ce en effet que Yirritation? On répond que c'est l'exaltation morbide des propriétés vitales d'une partie. Il n'est pas de notre sujet de combattre ici les vices de cette définition, et de signaler tout ce qu'elle laisse de vague, d'arbitraire, et par conséquent d'insignifiant. Nous devons seulement dire qu'en la prenant pour guide dans l'appréciation des symptômes de la chlorose, à l'examen de chaque appareil, de chaque fonction, on criera à l'irritation, parce qu'on n'en trouvera, pour ainsi dire, aucune dont les propriétés vitales ne semblent patbologiquement exaltées, ce dont on jugera, soit par des exaltations de la sensibilité qui surgissent de tous les points et de l'estomac en particulier, soit par des dérangements fonctionnels qui paraîtront attester un surcroît d'activité de l'appareil, etc. Et si quelques fonctions présentent des signes de langueur, d'inertie, d'abirritation, on n'y verra que le résultat d'une révulsion produite par l'irritation des autres parties, d'après cette proposition qui est un des pivots de la doctrine : « L'exaltation d'un ou de plusieurs systèmes organiques, d'un ou de plusieurs appareils, détermine toujours la langueur de quelque autre système ou appareil. »
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Aussi Broussais ajoute-l-il, en vertu de cette proposition :« Fort mal, si »les sonl retenues par une irritation viscérale.» Ce médecin imbu des principes qui précèdent ne sera jamais embarrassé pour trouver une et même plusieurs de ces irritations viscérales qui retiennent les règles, et 0 repoussera les toniques qui n'ont de succès que lorsque, l'estomac languit par anémie.
On se rappelle ce que nous avons dit plus haut des fameuses gastrites chez les chlorotiques et les femmes nerveuses, des sensations pathologiques et des troubles fonctionnels que l'inertie des forces assimila triées accumulait vers l'estomac. Or, loin que ces prétendus signes d'irritation et d'inflammation doivent faire renoncer à l'usage des préparations chalybées, ils devront, au contraire, en fournir l'indication plus formelle.
Nous avons insisté suffisamment sur ce point, au chapitre où nous avons spécialement traité du Fer, que la chlorose n'était pas due à l'aménorrhée, puisque beaucoup de chlorotiques sont réglées et surabondamment réglées, bien que dans ces cas il faille admettre que ces règles ne sont pas légitimes, et sont loin d'attester la régularité des fonctions utérines, non plus que la crase physiologique du sang de la femme nubile. Nous avons dit que, quand il y avait une aménorrhée, le Fer la faisait cesser en guérissant la chlorose dont elle n'était qu'un accident ; et que, quand il y avait ménorrhagie, le Fer la modérait par sa puissance hémostatique. On ne peut concevoir en effet un hémostatique plus puissant ; et celte vertu, il la doit à la faculté dont il jouit à un si haut degré, de faire prédominer dans le sang ses principes organiques et colorants, de lui rendre par conséquent les propriétés nutritives et stimulantes dont il était dépouillé. Or, par les premières, il devient moins ténu, moins fluide, plus coagulable, plus consistant, et traverse plus difficilement les vaisseaux exhalants, si tant est qu'il faille attribuer à ces conditions physiques les hémorrhatries faciles qu'on observe chez les sujets à sang appauvri; par les secondes, le Fer détermine la tonicité des tissus qui, en se resserrant, en acquérant de l'orgasme et de la contractilité, le font plus énergiquement circuler, sans permettre ces épanchements passifs qui semblent annoncer que les capillaires ne sont plus normalement modifiés par le sang. De plus, en guérissant la chlorose, il permet à l'organisme d'entrer dans la période à laquelle la femme doit sa fécondité et l'aptitude à toutes les fonctions qui s'y rapportent. Or, ces fonctions sont signalées par des règles normales dont la périodicité atteste, avec la qualité de sang perdu à chaque époque, que la femme est propre aux fonctions de la reproduction.
Pour nous résumer et formuler le plus substantiellement possible les indications générales des remèdes martiaux, il nous paraît juste et pratique de dire qu'ils sont principalement utiles dans les états morbides essentiellement et actuellement caractérisés par une inertie et une déviation profonde de la force d'assimilation, avec appauvrissement du sang et tous les accidents qui en résultent, lorsque ces états ne sont pas sympa-