NOYER, BROU DE-N01X
Le Noyer [nux jugions, juglans regia) est un arbre originaire de la Perse qui est très-répandu dans toute la France 'do la famille des amentacées, juglandées de Candolle).
Les parties les plus usitées sont : 1° les feuilles, soit vertes, soit sèches, qu'on emploie également ù l'intérieur et à l'extérieur; 2° le Brou de Noix.
Pour l'intérieur, on fait une. infusion avec 15 à 20 grammes de feuilles par kilogr. d'eau.
La décoction de feuilles sèches, de 60 a 200 grammes dans 1000 à 2000 grammes d'eau, est réservée pour l'usage externe.
On prépare ainsi un extrait de feuilles fraîches qu'on donne A la dose de 50 centigrammes à t gramme et plus. On fait encore deux extraits avec les feuilles sèches, un aqueux et l'autre alcoolique; ce dernier se conserve mieux.
Un sirop avec 40 centigrammes d'extrait pour 32 grammes de sirop simple : 2 à 4 cuillerées a café dans les vingt-quatre heures; 30 à 45 grammes pour les adultes.
A l'extérieur, huile de Noix, à la dose de 20 à 30 grammes en lavements, en frictions.
Ladécoction de feuilles vertes ou sèches est employée en bains, lotions, injections; les mêmes feuilles peuvent servir en cataplasmes, etc.
On donne le nom de Brou de .Vote a l'enveloppe extérieure et charnue péricarpe) du fruit du Noyer.
Analysé par Braconnot, le Brou de Noix a présenté, entre autres .principes, du tannin, de l'acide citrique, de l'acide malique, etc., etc., et en outre de l'amidon et une matière acre et amère.
Le Brou de Noix est la base de la tisane antivénérienne de Pollini, dont voici la formule :
Pr. : Brou de Noix sec. 500 gram.
Racine de salsepareille C0
Racine de sq-uine. . 00
Sulfure d'antimoine
concassé 60
Pierre ponce. ... 60
Faites réduire à moitié.
(Pharmacopée batave.)
On emploie également un extrait de Brou de !\oix, qu'on doit préparer au moment même de l'administration, à cause de la rapidité de son altération. Il est employé comme stomachique et anthelminthique.
Depuis une vingtaine d'années, les feuilles de noyer ont joui d'une véritable vogue. Elles ont été utilisées comme astringentes, toniques et détersives. Mais c'est surtout comme remède antiscrofuleux qu'elles ont été préconisées : il fut même un moment où on crut avoir trouvé dans le noyer un véritable spéciOque contre la scrofule.
Jurine, de Genève, parait être un des premiers qui aient employé la tisane de feuilles de noyer contre les engorgements lymphatiques. M. le docteur Psorson, de Chambéry, se rappelant les bons effets que ce professeur avait obtenus de ce moyen, le conseilla à une mendiante affectée de vieux ulcères scrofuleux, et, sous l'influence de ce seul remède em-
ployé en tisane, en lotions et en cataplasmes, il obtint une guérison assez rapide; et depuis lors le même médecin continua d'employer le même remède avec avantage.
En France, M. le docteur Négrier, d'Angers, a, comme chacun sait, expérimenté les feuilles de noyer sur une très-large échelle , et il a publié plusieurs mémoires intéressants sur ce sujet. Peut-être a-t-il eu le tort d'avoir accordé à ce remède une vertu presque spécifique. Mais, h part un peu d'exagération, il est juste de reconnaître qu'on lui doit d'avoir signalé l'utilité des préparations de noyer contre les diverses manifestations de la scrofule.
Il fait remarquer que les effets produits par l'usage intérieur de l'extrait de feuilles de noyer sont d'abord généraux : l'influence de cette médication ne se manifeste que plus tard sur les symptômes locaux.
L'action de ce traitement est généralement lente : il faut de vingt à cinquante jours, selon la nature des symptômes et la constitution des sujets, pour que les effets en soient sensibles.
L'efficacité de ce moyen ne se manifeste qu'après un temps assez long contre les ganglions strumeux non ulcérés, tandis qu'il exerce au contraire une action assez prompte sur les ulcères, les plaies fistuleuses, entretenues ou non par la carie des os.
Mais leur guérison définitive ne laisse pas que d'exiger une durée assez longue, ce qui fait qu'il n'est pas toujours possible de faire exactement ici la part du remède et celle du temps.
Enfin, l'auteur se loue beaucoup de ce moyen employé en collyre dans les ophthalmies scrofuleuses.
Du reste, les propriétés résolutives et détersives des feuilles de noyer sont souvent mises à profit : beaucoup de praticiens emploient avec avantage la décoction en injections dans le traitement des leucorrhées et des métrites chroniques.
M. Vidal (de Cassis) a conseillé d'injecter cette décoction dans la cavité de l'utérus pour guérir le catarrhe de cet organe. Mais MM. Bretonneau et Hourmann ont surabondamment démontré l'extrême danger de pareilles injections qui, pénétrant par les trompes dans la cavité du péritoine, peuvent causer des péritonites mortelles (Hourmann, Journal des connaissances médico-chirurgicales, octobre 1840). M. le docteur Cazin, de Boulogne, a employé dès le début de l'angine tonsillaire la décoction de feuilles de noyer, ou de Brou de Noix, en gargarismes ; il affirme avoir souvent fait avorter ainsi l'inflammation.
En résumé, d'après les expériences nombreuses faites par M. Négrier (d'Angers), et vérifiées par un grand nombre de médecins, il paraît incontestable que les feuilles de noyer, sans avoir dans les affections scrofuleuses l'efficacité merveilleuse qui leur a été attribuée, peuvent néanmoins rendre dans ces maladies de très-utiles services. Ajoutons que, grâce à leurs propriétés résolutives et détersives, elles donnent journellement de bons résultats dans le traitement des vieux ulcères, et sur-