‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 59 sur 185 · N° I. N° II. N° III · texte numérisé non relu

N° I. N° II. N° III

Iode 2 centigr. 1/2 5 centigr. 7 centigr.

lodure de potassium.. . 7 centigr. 1/2 10 centigr. 12 centigr. 1/2. Eau distillée 250 gram. 230 gram. 250 gram.

Celte eau est d'une belle, couleur jaune et d'une transparence parfaite; les enfants la boivent facilement, surtout quand elle est sucrée.

A Vienne, la plupart des médecins emploient la solution de Richter pour l'usage externe :

Iode 1

, , , , . } aa 14 grammes.

lodure de potassium... )

Glycérine 28 grammes.

C'est à tort que l'on a considéré l'iodure de potassium ioduré comme une combinaison : en effet, la solution traitée par le sulfure de carbone perd son excès d'Iode et laisse de l'iodure de potassium neutre.

Iodwes de sodium et d'ammonium. — Ces deux sels ont été employés contre la syphilis à l'hôpital Blockley, mais les détails donnés par le docteur Black (Ame?'ican journ., 1865, juillet) sont trop insuffisants pour nous en faire connaître la valeur.

En Angleterre, Richardson et Thomas Bryant les ont donnés dans le goitre à la dose de 0er,40 à 0sr,80 par jour, à l'intérieur, et, à l'extérieur, à la dose de 12 pour 100 dans l'axonge ou la glycérine.

lodure de fer. — A été conseillé par Bréra et par Pierquin, dans la chlorose et la scrofule. C'est un excellent médicament qui participe des propriétés du fer et de l'Iode ; il est surtout utile dans cette forme partihère de chlorose qui est liée au lymphatisme ou à l'état scrofuleux, ainsi que clans la leucorrhée catarrhale, les exostoses syphilitiques, les affections chroniques des os, et dans un grand nombre de cachexies. On donne l'iodure de fer mêlé à du sirop ou à un électuairc. Mais comme ce composé s'altère avec une facilité extrême, mieux vaut généralement l'administrer sous la forme de pilules ou de dragées qui, préparées par des procédés spéciaux, ont l'avantage de le rendre à peu près inaltérable. La dose est de 5 centigrammes à 1 gramme par jour.

Dans ces derniers temps, on a associé l'Iode et l'iodure de fer à l'huile d'olive et à l'huile d'amandes douces, et l'on a formé une huile iodés (Personne, Berthé), et une huile d'iodure de fer (Gille).

Ces huiles iodées et iodurées ont été proposées comme succédanées de

l'huile de foie de morue; mais, malgré certains avantages, elles ne sauraient remplacer celle-ci complètement.

Ces huiîrs, et notamment l'huile d'iodure de fer, sont également employées à l'extérieur, en frictions.

lodure d'arsenic. — Employé par Biett dans quelques cas de dartres rongeantes tuberculeuses. On l'incorpore à une pommade à la dose de o centigrammes par 4 grammes d'axonge.

lodure de plomb. — Conseillé par Gottereau et Verdct de l'Isle dans le traitement des ulcères atoniques et des ulcères scrofuleux.

Il est, en outre, assez usité, comme résolutif et fondant dans divers engorgements, et notamment dans les engorgements chroniques de l'utérus, sous forme de frictions sur les régions inguinales et sur la région hypogastrique (on met i grammes d'iodure de plomb pour 30 grammes d'axonge).

lodure de mercure. (Voir Mercure.)

lodure d'argent. — S'emploie aux mômes doses que les iodures de mercure ; a été préconisé contre l'épilepsie, et préféré au nitrate d'argent en ce qu'il ne détermine pas de coloration à la peau.

lodure d'or. — S'emploie aux mêmes doses et dans les mêmes circonstances que les iodures de mercure.

On comprendra sans doute qu'ici il nous est tout à fait impossible de donner place à cette foule prodigieuse de composés et de préparations ayant l'Iode pour base, qui, depuis quelques années, se multiplient sans fin comme sans raison, et qui tendent plutôt à encombrer qu'à enrichir la matière médicale. Qu'il nous suffise donc d'avoir signalé, relativement la partie pharmaceutique de ce médicament, ce qui était vraiment important et utile. Quant au reste, on nous permettra de renvoyer aux traités spéciaux ou aux monographies qui ont été publiées sur l'Iode.

Nous ne terminerons pas toutefois ce chapitre sans faire une remarque pratique qui ne manque pas d'importance. L'expérience a démontré que toutes les préparations iodées, prises à l'intérieur, à assez hautes doses, et continuées pendant un certain temps, ont l'inconvénient d'occasionner chez beaucoup de malades des sensations douloureuses et parfois même une véritable gastralgie, de manière qu'il devient souvent nécessaire de suspendre ou même d'abandonner l'usage du médicament. Or, pour éviter cet inconvénient, M. le docteur Lasègue a donné le conseil de n'administrer cette substance qu'au moment des repas. Ainsi, mêlé aux aliments, l'Iode a pour effet de produire une simple excitation gastrique qui tend à favoriser plutôt qu'à entraver la digestion. A l'aide de cette précaution, on peut élever progressivement la dose de teinture d'Iode, par exemple, de 8 à 10 gouttes, deux fois par jour, jusqu'à 5 et 6 grammes, sans incommodité pour la malade; mais à la condition, toutefois, de rendre cette teinture entièrement soluble en y ajoutant un peu d'iodure de potassium ou de tannin. M. Boinet, qui depuis longtemps insiste beaucoup sur les avantages de l'association de l'Iode avec les substances

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alimentaires, vient de recommander très-particulièrement un mode spécial d'administration de cette substance, auquel il attribue une trèsgrande efficacité, soit pour modifier d'une manière lente et sûre la constitution des enfants lymphatiques et strumeux, soit pour reconstituer l'organisme chez des malades profondément débilités par une affection chronique, et épuisés surtout par une suppuration abondante ou prolongée. Ce mode d'administration consiste principalement à donner l'Iode, tel qu'on le trouve dans la nature, c'est-à-dire combiné avec les végétaux qui le contiennenten proportion assez considérable, entre autres les fucus, les diverses plantes marines, les crucifères, etc. Ajoutons que cet Iode naturel, M. Boinet le prescrit de préférence incorporé à des pains, à des biscuits, ou à des vins et à des sirops préparés à l'avance.

A l'instar de la plupart des médecins, nous aussi, nous accordons une juste confiance à l'alimentation iodée, telle qu'elle est le plus généralement usitée, c'est-à-dire celle qui consiste dans l'administration des diverses préparations d'Iode qu'on prend au moment des repas, mêlées aux aliments ou aux boissons, et au vin de préférence; de plus, comme tout le monde, nous faisons un très-grand usage des plantes dites dépuratives ou reconstituantes, considérées généralement comme trèsriches en Iode; l'expérience, en effet, nous a démontré depuis longtemps l'excellence de cette méthode, surtout quand on l'emploie comme moyen hygiénique et prophylactique, chez les enfants, ou bien comme moyen curatif, dans les cas spéciaux où l'usage du médicament doit être longtemps prolongé. Mais nous ne saurions reconnaître au mode particulier d'administration, préconisé par M. Boinet, l'extrême supériorité qu'il lui attribue, du moins à titre de méthode générale. Il nous paraît, en effet, que cette administration de l'Iode, sous dés formes pharmaceutiques préparées à l'avance, offre certains inconvénients que ne présente pas la méthode ordinaire, entre autres celui de ne pouvoir se prêter avec la même facilité aux exigences de la pratique, et notamment, aux indications très-variées que le médecin peut avoir à remplir. Toutefois, nous accorderons volontiers que l'alimentation, iodée selon la manière de M. Boinet, aura son utilité dans des circonstances spéciales, et qu'elle pourra même exceptionnellement mériter la préférence, par exemple, quand il s'agira de faire tolérer l'Iode à des estomacs doués d'une extrême susceptibilité, et surtout de déguiser ce médicament à certains malades, les enfants entre autres, qui répugneraient à le prendre, pendant un temps assez long, sous ses formes pharmaceutiques ordinaires.

lodure d'amidon. — L'iodure d'amidon, découvert par MM. Gaultier de Claubry et Collin, a été introduit dans la thérapeutique par M. Buchanan, de Glascow, qui, en 1837, le préconisa contre les affections scrofuleuses et contre les accidents secondaires de la syphilis. Ce composé n'a pas les propriétés irritantes de l'Iode.

On l'obtient en poudre en délayant 30 grammes d'amidon dans un peu d'eau distillée et en y ajoutant 1 gramme d'Iode dissous dans

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