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médicament est particulièrement indiqué lorsque l'engorgement '1rs mamelles menace de se terminer par un phlegmon, ou même lorsque cette complication est survenue, et que les abcès ne cessent de se reproduire et donnent lieu à une suppuration épuisante.
Accidents causés par le mercure et par le plomb. — MM. Natalis
Guillot etMelsens ont constaté par l'expérience que l'administration de l'iodure de potassium faisait cesser les tremblements mercuriels, et qu'elle modérait ou faisait disparaître les graves accidents que l'on observe si souvent chez les ouvriers qui travaillent le plomb. Ils portent graduellement la dose de l'iodure de potassium jusqu'à i, et même jusqu'à 6 grammes par jour.
Dans un travail plus récent. [Journal de chimie médicale, 1849, p. 136), M. Melsens a proposé l'iodure de potassium dans le traitement des empoisonnements chroniques par les composés plombiques et mercureux. Sous l'influence de l'iodure de potassium, ces composés sont rapidement éliminés parles urines. Mais il faut donner ce sel à faible dose, car une dose élevée déterminerait la dissolution d'une grande quantité de commises plombiques ou mercureux accumulés dans l'économie, et l'on risquerait de produire ainsi un empoisonnement aigu.
Ebranlement «îes «lents. — Parmi lescauses qui produisent l'ébranlement d'une ou de plusieurs dents, il n'y en a pas de plus commune que l'inflammation de la membrane alvéolaire. Quelquefois le point de départ de cette inflammation est dans la dent elle-même, ou dans les gencives : d'autres l'ois, au contraire, elle part du périoste qui tapisse l'alvéole, et gagne la racine de la dent et la gencive, causant beaucoup de douleur et de gonflement ; bientôt il se produit un état spongieux de la gencive ; par l'effet de la tuméfaction des tissus, la racine de la dent est repoussée hors de l'alvéole, et il n'est pas rare que la dent ébranlée finisse par tomber entièrement, bien qu'elle ne présente aucune trace d'altération.
La marche de cette affection est ordinairement accompagnée d'une vive douleur et d'un écoulement puriforme, qui s'établit entre les gencives et le périoste enflammé. Souvent on se borne à l'application de quelques sangsues sur la partie douloureuse, et dans les cas graves à des incisions profondes, pratiquées sur les gencives et le périoste enflammés. « Un de mes malades, dit Graves, atteint de cette affection, fut traité par cette méthode, et bien qu'entre les mains d'un habile chirurgien et d'un dentiste éminent, il perdit successivement une canine gauche et une molaire de la mâchoire supérieure. L'extraction de ces dents lui procura un soulagement momentané ; mais au bout de quelques jours, les douleurs revenaient aussi fortes qu'auparavant, et l'on ne lui proposa d'autre moyen de salut que d'arracher ainsi toutes les dents, à mesure qu'elles perdraient leur solidité. Après divers essais, il vint me trouver, et, me rappelant que, l'année précédente, je l'avais traité avec succès d'une affec-
33* MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.
tion périostique du sternum et des côtes par Phydriodate de potasse, je lui recommandai d'en prendre 30 centigrammes trois fois par jour, et aussitôt il éprouva une amélioration manifeste; la douleur et l'inflammation disparurent immédiatement, et, au bout de dix jours, les dents étaient tout à fait consolidées. La périostite qu'avait eue ce malade était de nature rhumatismale ; sa constitution était saine, et il n'était âgé que de quarante-quatre ans. »
Toutefois, nous devons ajouter que dans cette gingivite grave, avec ébranlement des dents, la médication iodique à l'intérieur est le plus généralement insuffisante, et qu'il convient de lui associer la médication topique. Dans ce cas, M. Marchai, de Calvi, recommande la solution aqueuse iodée de Lugol, de préférence à la teinture d'Iode et par suite à son action modificatrice. Ajoutons qu'ici l'emploi topique de l'Iode est doublement utile, car, outre son action essentielle et curative sur la partie malade, il agit encore comme antiseptique, en corrigeant la mauvaise odeur de la bouche. A cette occasion, nous ne devons pas oublier de recommander encore l'Iode pour combattre le coryza chronique, et surtout l'ozène, maladie si souvent réfractaire; dans ce cas, on emploie la solution aqueuse ou même la teinture d'Iode, qu'on porte dans l'intérieur des fosses nasales, à l'aide d'un pinceau, ou au moyen d'une injection. — Dans le même but, on prendra avec avantage 8 à 12 prises par jour de la poudre suivante, proposée par le docteur Sobrier : Iodure de soufre, 30 centigrammes ; sous-nitrate de bismuth, 4 grammes, poudre de réglisse, 8 grammes.
Maladies nerveuses. — Que dire maintenant des divers essais de M. Manson dans le traitement de la chorée et des paralysies diverses ? Les faits rapportés par cet auteur ne sont pas tout à fait dépourvus d'intérêt; mais, en vérité, ils sont bien peu concluants. Nous devons mentionner toutefois que la teinture d'Iode, à petite dose, a été proposée comme un des meilleurs agents contre les vomissements qui tourmentent si péniblement les femmes enceintes.
Enfin, nous terminerons par le fait curieux annoncé par M. Donné en 1826, savoir : que la teinture d'Iode est le meilleur moyen à employer contre l'empoisonnement par la morphine, la strychnine et les autres alcalis végétaux. Il se forme, dans cette circonstance, des composés qui, suivant M. Donné, n'ont pas d'action nuisible. Toutefois ces faits ont besoin de confirmation.
MODE D'ADMINISTRATION ET DOSES
Iode. — Rarement employé à l'intérieur à l'état pur; il se donne en pilules, mêlé à l'opium, à la dose de 1 à 5 centigrammes par jour. En boisson, dissous dans l'eau, à la dose de 5 centigrammes par litre d'eau.
Le plus ordinairement, l'Iode est employé concurremment avec l'iodure de potassium qui le maintient en dissolution.
En vapeur. — Placé dans une soucoupe, auprès du lit, l'Iode se volatilise, et le malade peut ainsi inspirer un air imprégné de vapeurs iodées.
Ou bien on met l'Iode dans l'eau, dont on élève la température. Divers appareils ont été inventés pour faciliter les inhalations des vapeurs d'Iode. On l'a encore, dans cette intention, associé au chloroforme.
En Allemagne, on fait des cigares iodés connus sous le nom de cigares d'Eckert.
En bain. — Dissous dans l'eau à la faveur de l'iodure de potassium. Les bains iodés de Lugol sont pour les adultes ainsi composés : Iode, 4 à 8 grammes; iodure de potassium, 8 à 30 grammes.
En totions ou badigeonnages. — Nous avons vu que l'Iode, sous forme de teinture, peut être appliqué sur la peau revêtue de son épidémie, dans un double but, soit comme révulsif, soit comme moyen de faire absorber le médicament et d'agir sur l'ensemble de l'économie.
On a nié à tort l'absorption de l'Iode par la peau. Qu'on applique sur l'abdomen, ou sur le devant du thorax, une couche de teinture d'Iode pure, ou mieux encore étendue d'eau, et l'on pourra s'assurer avec le papier réactif que l'Iode passe assez rapidement dans les urines. Cette voie d'introduction n'est pas à négliger ; en effet, il est certain nombre de. malades, surtout parmi les scrofuleux, réclamant la médication iodée, dont les voies digestives ne peuvent, en raison de leur extrême susceptibilité, supporter ni l'Iode ni aucune de ses préparations. Or, dans ce cas, c'est une précieuse ressource que de pouvoir introduire dans l'économie, sans offenser des organes aussi importants que les organes digestifs, un médicament qui, déposé sur le tégument externe, va à l'adresse de l'affection qui le réclame, et qui bien souvent, en effet, s'en trouve très-avantageusement modifiée.
Teinture alcoolique d' Iode. — Vingt gouttes de cette teinture contiennent o centigrammes d'Iode. C'est, avec l'iodure de potassium, la plus commode de toutes les préparations iodiques ; elle sert également pour les fumigations, pourleslotions, pour les injections, pour les bains, pour les boissons. Elle se donne à l'intérieur, à la dose de 4 à 40 gouttes, trois fois par jour; à l'extérieur, les doses sont illimitées.
Sirop iodique. — Il se prépare en mêlant à froid 20 gouttes de teinture alcoolique d'Iode dans 30 grammes de sirop de sucre. On en donne, par jour, depuis 15 grammes jusqu'à 120 grammes.
Iodure de soufre. — lia été employé pour la première fois par Biett dans les maladies tuberculeuses de la peau. On mêle ordinairement de 5 à 20 centigrammes d'iodure de soufre pour 4 grammes d'axonge.
Iodure de potassium. — C'est la préparation d'Iode dont on se sert le plus fréquemment. Wallace, ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'emploie à l'intérieur plus volontiers encore que la teinture. On le porte chaque jour jusqu'à la dose de 1 à 4 grammes, sans aucun inconvénient.
Incorporé à l'axongc, Pioduré de potassium forme une des pommades résolutives le plus ordinairement employées.
V/tydriodate induré de potasse entre dans la composition de la liqueur de Coindet. Il sert à préparer les eaux minérales artificielles iodurées que Lugol a employées en bains ou en boissons. Voici comment ce dernier prépare les solutions, diversement chargées, qu'il fait prendre à l'intérieur :