POT\SSE
l'opium sont associés, a rté indiquée dans la Pharmacopée universelle de Jourdan, [. II, p. 317.
Depuis la publication de notre travail, M. lîunnet, do Lyon, avait employé la Potasse caustique pour cautériser la peau et les parois des veines, dans le but d'oblitérer le tronc principal d'un arbre veineux superficiel sur le membre abdominal, dans le cas de varices graves ou d'ulcères variqueux; mais Aug. Bérard a préféré, et ajuste titre, le caustique de Vienne à la Potasse caustique, pour remplir l'indication thérapeutique, que se proposait M. Bonnet. Il a également, d'après notre avis, attaqué par le môme caustique les tumeurs érectiles (nwvi materni), et il a obtenu des succès qui lui ont paru valoir à cette médication la préférence sur les autres moyens chirurgicaux, sinon dans tous les cas, du moins dans le plus grand nombre des circonstances.
Plusieurs chirurgiens ont déjà été frappés du mauvais effet que produit, dans le traitement des affections de l'utérus, l'application trop souvent répétée des caustiques, et l'on sait que c'est dans le but de parer aux graves inconvénients qui en résultent, qu'Amussat, à l'exemple de Dupuytren, a eu l'idée de recourir à l'usage de la Potasse caustique, dont l'effet est assez vif pour eschariûer rapidement tous les tissus altérés, et pour n'exiger, par conséquent, qu'un petit nombre d'applications avant que la guérison soit complète. Mais, de son côté, la potasse elle-même n'est pas non plus sans présenter des inconvénients; elle se liquéfie très-promptement, et elle peut alors fluerderrière le spéculum et s'étendre sur la face postérieure du vagin, en y produisant des eschares assez profondes pour perforer quelquefois la cloison recto-vaginale. C'est pour éviter d'aussi graves accidents, dont on ne peut, dans l'état actuel des choses, se garantir qu'à l'aide des plus minutieuses précautions, que, sur l'intervention d'Amussat, M. Filhos a entrepris une série d'expérimentations et de recherches qui l'ont amené à la préparation du composé
suivant :
Pr. : Potasse 200 gi-ammes.
Chaux vive 100
On met ces deux substances dans une grande cuiller de fer, et on les soumet à l'action d'un l'eu très-vif; la fusion de la potasse ne tarde pas à avoir lieu ; celle de la chaux ne s'opère qu'un peu plus tard. Lorsque la totalité des deux corps est liquéfiée, on les mêle bien intimement, puis on coule le mélange dans une lingotière qu'on a eu la précaution de chauffer, et dont on ne retire ensuite les cylindres qu'après leur entier refroidissement.
Le plus souvent on coule le caustique fondu dans des tubes en plomb à parois épaisses que l'on ferme aux deux extrémités et qu'on conserve dans des tubes en verre contenant de la chaux vive et hermétiquement bouchés.
Ces cylindres, qui sont excessivement durs, absorbent promptement l'humidité de l'air, et se recouvrent ainsi d'un hydrate de chaux mêlé de Potasse. Pour les préserver de toute altération et pouvoir les conserver 8e ÉD. — T. i. 31
pendant un temps indéterminé, on peut les revêtir d'une lamelle de plomb, ou mieux encore, en suivant le procédé conseillé par M. Duméril pour le nitrate d'argent fondu, d'une couche mince de cire à cacheter; on les renferme ensuite dans des tubes de verre que l'on bouche avec soin.
Ce caustique joint, dans la pratique, aux avantages de la Potasse, celui de ne point se liquéfier comme elle lorsqu'on vient à s'en servir. Voici le mode d'application auquel M. Pilhos conseille de recourir. On place la malade sur le bord d'un lit élevé, les jambes appuyées sur des chaises, et le dos assez relevé pour que le vagin soit dans une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Cette position permet aux liquides qui pourraient s'écouler du col de l'utérus de se porter directement dans le spéculum, au lieu de Huer entre cet instrument et le conduit vaginal. Le spéculum plein est celui qui mérite la préférence pour cette opération. Après l'avoir huilé et introduit tout doucement, il faut s'attacher à bien découvrir le col utérin. On éponge ensuite avec le plus grand soin la partie affectée, après quoi on introduit un petit bourdonnet de charpie ou de coton, retenu par un long fil, au-devant de l'extrémité antérieure de la valve inférieure du spéculum, immédiatement au-dessous du col de la matrice ; ce bourdonnet est là pour garantir les parties du vagin placées au-dessous du point qui doit' être cautérisé. Avec un peu d'habitude, on peut, dans les cas ordinaires, se dispenser de l'emploi dece dernier moyen, qui prolonge un peu l'opération. On applique ensuite le cylindre, soit à l'aide d'un porte-caustique, soit en le fixant à l'extrémité du tube de verre qui le renferme. La cautérisation terminée, on s'empresse d'essuyer l'eschare avec des boulettes de charpie saisies avec la pince placée à l'une des extrémités du porte-caustique ; puis on retire promptement, si l'on en fait usage, le bourdonnet de charpie au moyen du fil qui le retient, et on fait deux injections d'eau froide ou mieux d'eau légèrement vinaigrée, qu'on a bien soin de faire parvenir jusque sur le col de l'utérus. L'eau acidulée possède ici l'avantage de neutraliser le peu de caustique qui aurait pu rester adhérent à l'eschare. Après l'injection, il est nécessaire de placer dans le vagin un petit morceau de bande dont l'extrémité inférieure sorte un peu entre les grandes lèvres pour pouvoir le retirer facilement. La malade est alors replacée dans son lit.
Le cylindre caustique destiné à l'opération ne doit être que peu découvert à l'une de ses extrémités. S'il avait déjà servi, et que la portion mise à nu se fût recouverte d'une légère croûte de sous-carbonate de chaux, il serait nécessaire de l'enlever avec un grattoir. On peut, au besoin, rendre plus active l'action du caustique en le trempant légèrement dans une liqueur spiritueuse, telle que l'alcool, l'eau-de-vie, l'eau de Cologne. Après la cautérisation, on doit essuyer avec soin le cylindre avant de le replacer dans le tube de verre.
M. Levrat-Perotton a conseillé la potasse caustique dans le traitement de l'ongle incarné, pour réprimer les chairs fongueuses (Transact. »?«/., t. XI, p. 41). M. Solera l'emploie sous forme de cylindre, qu'il recouvre