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CHAUX

Nous ne dirons rien du Calcium, découvert par Davy, si ce n'est qu'il est la base métallique de la Chaux, et qu'on ne peut l'extraire qu'en réunissant les moyens chimiques aux procédés galvaniques. Cette base n'est nullement employée en médecine.

La Chaux, Calx (Chaux vive, protoxyde de Calcium, oxyde calcique), est toujours un produit de l'art; on l'extrait du souscarbonate de Chaux par une forte calcination.

La Chaux est en masses blanches ou d'un blanc grisâtre, d'une saveur chaude, acre, alcaline ; elle verdit fortement le sirop de violettes, et rougit la teinture de eurouma.

Elle est fort peu soluble ; suivant Wollaston, il faudrait 778 parties d'eau froide et 1,270 parties d'eau bouillante pour dissoudre une partie de Chaux.

Exposée à l'air, elle absorbe en se délitant l'eau et l'acide carbonique, acquiert plus de blancheur et de légèreté, et repasse à l'état de sous-carbouate de Chaux ou de Chaux éteinte à l'air. Jetée dans l'eau, elle en solidifie 31 pour 100 de son propre poids en dégageant beaucoup de chaleur, et se réduit en poudre blanche à laquelle on a donné le nom d'hydrate de chaux. Cet hydrate, délayé dans l'eau de manière à former une bouillie très-claire, constitue le lait de Chaux.

La Chaux caustique est aujourd'hui peu employée, on lui préfère la potasse caustique. Lorsqu'on l'associe au savon ou a des poudres, elle fait la base des poudres ou des pâtes épilatoires. Elle fait également la base de la pommade des frères Mahon. Voici la recette indiquée par plusieurs auteurs, mais nous la croyons inexacte :

Pr. : Axonge 64 gram.

Soude du commerce. . . 12

Chaux 8

Mêlez.

Elle entre aussi dans la composition de la poudre de Vienne {voir art. Potasse).

Eau de Chaux.

On prend une partie d'hydrate de chaux et 100 parties d'eau de rivière; on délaye la chaux dans l'eau, et on laisse en contact dans un vase fermé en agitant de temps en temps ; au bout de quelques heures, on laisse reposer, on décante et on fdtre. L'eau de Chaux doit être conservée dans des vases fermés, car l'acide

carbonique de l'air pourrait se combiner à la chaux et la transformer en carbonate.

Elle ne contient pas 5 centigrammes de Chaux vive par 30 grammes.

On emploie l'eau de Chaux a l'intérieur, en boisson, coupée avec du lait ou des tisanes adoucissautes; à l'extérieur, eu fomentation, en injections, etc.

A l'extérieur, l'eau de Chaux est la base du Uniment oléocalcaire, si employé contre les brûlures, et dont voici la formule :

Eau de chaux 900 gr.

Huile d'amandes douces. 100

On agite fortement dans un vase, on laisse déposer, et on sépare la masse molle savonneuse qui surnage. (Codex.)

En général, les pharmacopées prescrivent de mélanger P. E. d'huile d'amandes et d'eau de Chaux. Si l'on ajoute à 250 grammes de liniment oléocalcaire 4 grammes de laudanum de Sydeuham, on a le Uniment calcaire opiacé.

Carbonate de Chaux, CoO,C02.

Carbonas cakicus.

(Sous-carbonate de Chaux, carbonate

calcique.)

Ce sel est blanc, insipide, soluble dans l'eau à la faveur d'un excès d'acide carbonique, faisant effervescence par les acides un peu forts. Il existe en très-grande abondance dans la nature; il constitue le marbre, la craie. Uni au phosphate de Chaux, il forme en partie la base du squelette des animaux; le corail, la nacre de perles, le test des mollusques, les yeux d'écrevisses, etc., en sont presque entièrement composés.

Le sous-carbonate de Chaux était autrefois beaucoup plus employé qu'il ne l'est actuellement. On prescrit cependant encore assez souvent la poud'e d'yeux d'écrevisses. Ceux-ci, comme on le sait, ne sont autre chose que des concrétions calcaires que l'on trouve dans l'estomac des écrevisses i cancer astacus). On sophistique aujourd'hui les yeux d'écrevisses avec du carbonate de Chaux que l'on associe à un peu de phosphate de Chaux et de magnésie, et que l'ou unit à l'aide de la gélatine. Sophistiquée ou non, la poudre d'yeux d'écrevisses a les m«mes propriétés.

Le sous-carbonate de Chaux entrait jadis dans diverses préparations officinales renommées comme absorbantes, telles que la pourpre d arum composée, la confection d'hyacinthe, la. poudre anglaise, etc.

chaux. 441

Phosphate de Chaux, SCaOjPhO". phate gélatineux contenant 2 paili.-^ .l'.-au

(Phosphas calcicus.) d'hydratation pour 1 partie de phosphate

seo. Plus >'■''. il ne se délaye que tri

C'est un sel insoluble, blanc, pulvéru- difficilement dans l'eau; plus hydraté, il

lent, insipide. Il constitue presque en en- se met en bouillie.

tier la corne de cerf calcinée qui entre M. Collas substitua ce phosphate géla-

il.uis la composition delà décoction blan- tincux à la corne de cerf calcinée dans la

ohe de Sydenhara. Du reste, son action décoction blanche de Sydenham. Il en

thérapeutique esta peu près la même fait aussi des pastilles de 1 gramme, ainsi

que celle du sous-carbonate. composées :

Le phosphate de Chaux, terre des os,

terre animale phosphas caHcus, s'ob- Phnsphatedc chaux hydrate. l.n.r.

tienten desséchant des os d'animaux dans Sucre pulvérisé. . 1000

uc fourneau, et en chauffant jusqu'à ce Gomme pulvérisée 30

que les os soient blancs et friables. On les .. . ,, . .,

laisse refroidir et on les pulvérise. Ce °» aromatise avec l'essence de menthe

sont les os calcinés, ossa usla ulba. ou 1 eau de fleurs d oranger.

Le phosphate calcaire s'obtenait autre- Nous ne ferons que citer le phosphate

fois par la calcination de la corne de cerf acule ou biphosphate de Chaux, qui ne

(con)u errvi ustum). sÇrt <!"* obtemr du Phosphore et des

Le phosphate de Chaux officinal s'ob- phosphates, tient en traitant 500 grammes d'os calci-

nés par 800 d'acide chlorhydrique, et Décoction blanche de Sydenham.

ajoutant assez d'eau pour former une pâte ( Decoctum album.)

claire. On laisse réagir pendant quelques Corne de cerf caicinée et p0I..

jours en remuant de temps en temps. phyrisée 10 gr.

Délayez la masse dans 5 à U000 grammes j^j|e de m ' 20

d'eau; laissez reposer; filtrez; traitez le Gomme arabique pulvérisée". ! 10

liquide par un léger excès d ammoniaque. Sucre blanc 60

Faites bouillir une minute; laissez dé- Eau de flem^ d.oràngep; | ; \ ,0

poser; décantez; lavez le précipite de Eau commune. . . ° „ s.

phosphate calcaire produit; laites -le

égoutter et sécher. (Codex.) Triturez dans un mortier de marbre la

corne de cerf et la gomme; ajoutez la

Phosphate de Chaux gélatineux mie de Pain et ,e sucre > '«turez de nou-

ou hydraté. veau pour avoir un mélange exact. Mettez celui-ci sur le feu avec un peu plus

MM. Possoz et Collas, à peu près en d'un litre d'eau; chauffez en agitant conmème temps, ont proposé l'emploi de ce tinucllement jusqu'à l'ébullition, et faites produit comme préférable à celui du bouillir pendant un quart d'heure-dans un Codex. vase couvert. Passez avec légère exprès- Cet hydrate gélatineux, d'une solution *ion à travers une étamine peu serrée; plus facile dans l'estomac, et, par consé- faites dissoudre le sucre, et aromatisez quent, d'une efficacité thérapeutique plus avec l'eau de fleurs d'oranger. Les quangrande, est préparé par M. Collas de la tités précédentes doivent donner un litre manière suivante : de décoction blanche.

„ ... , , . , Saccharate de Chaux.

Os calcines pulvérises. . . 100 gr.

Acide chlorhydrique. ... 160 Ce sel doit ses propriétés à la quantité

vraiment, énorme de Chaux que le sucre Sur les os placés dans une terrine, on en dissolution peut absorber. Il a une saverse l'acide par petites parties, en agi- veur caustique très-prononcée. Il se prêtant sans cesse; on abandonne le mélange pare en saturant le sirop de sucre par la à lui-même pendant quarante-huit heures, Chaux et en filtrant; il est parfaitement et on délaye le magma dans 2000 gram- transparent et ne trouble pas l'eau dans mes d'eau; on filtre; dans cette solution, laquelle on le verse, on en verse une autre de 240 grammes de C'est M. Béral qui, le premier, l'a précarbonate de soude dans 800 grammes paré et a fixé l'attention des médecins sur d'eau, en agitant constamment. Le dépôt les composés de sucre auxquels on mêle recueilli, lavé à grande eau et égoutté, des substances médicamenteuses. Cette est placé entre deux plaques de plâtre forme d'administration est très-commode bien sèches, de manière à avoir un phos- et mérite un emploi plus fréquent.

La Chaux est moins caustique que la potasse et la soude. Il est rare pourtant qu'on l'emploie seule pour remplir celte indication. Associée à par- 8e éd. — t. i. 35

l',2 MÉDICAMENTS IRRITANTS.

ties égales de savon médicinal, elle servait jadis à escharifier des verrues, des fongosités, à modifier la surface de certaines plaies carcinomateuses, et à détruire quelques tumeurs superficielles (Ancien Journal de Médecine, t. LXXX, p. 309). Nous avons dit plus haut, en traitant de la potasse, comment, sous le nom de caustique de Vienne, on avait fait une poudre extrêmement énergique en mélangeant 6 parties de chaux vive et o de potasse, comment la thérapeutique chirurgicale pouvait tirer également un utile parti de la pâte d'Else, faite avec l'opium, 1?. potasse et la Chaux. M. Joberta employé avec succès le caustique de Vienne en badigeonnages contre les loupes.

t Un médecin anglais, M. le docteur Osborne, a proposé, dans le Dublin Journal, un nouveau moyen d'ustion ou de cautérisation en remplacement du moxa ordinaire.

Ce moyen consiste dans l'emploi de la Chaux : vive un fragment de cette substance, de 12 riiillimètres environ d'épaisseur, mais aussi récente que possible (cette condition est indispensable au succès), est placé dans un porte-moxa, ou sur une carte percée à son centre d'une ouverture circulaire, et l'instrument est appliqué sur le point de la peau où l'ustion doit être pratiquée. Alors, on laisse tomber quelques gouttes d'eau sur la Chaux, qui se gonfle et se délite immédiatement en laissant dégager une chaleur dont l'intensité peut être évaluée à peu près à 187°, 5 de l'échelle thermométrique centigrade : aussi faut-il avoir bien soin de retirer le petit appareil et la substance alcaline avant que tout le calorique qui doit se produire se soit développé; car, sans cette précaution, le derme se trouverait sans aucun doute désorganisé dans toute son épaisseur. On conçoit donc qu'il est facile d'obtenir une eschare plus ou moins profonde, suivant le plus ou moins de temps qu'on laisse la Chaux en contact avec la peau après l'instillation de l'eau.

M. Osborne pense que ce moxa mérite, dans plusieurs cas, d'être préféré à tous ceux dont on a fait usage jusqu'ici. Il produit instantanément une chaleur d'une grande intensité, et l'on a ainsi l'avantage d'obtenir une action à la fois rapide et profonde, sans que les sujets soient épouvantés par l'aspect du feu et des étincelles que lancent presque toujours les corps en ignition.

Cet alcali fait la base de la plupart des pommades épilatoires, de celle entre autres qu'emploient les frères Mahon pour faire tomber les cheveux dans la teigne, pommade qui est en même temps curatrice ; ainsi que des poudres dépilatoires en l'associant à l'orpiment, mélange qui n'est pas sans danger et qui peut même causer des accidents terribles, lorsqu'on en fait usage pour enlever les poils qui reposent sur des surfaces ulcérées. -'. M. Boettger, chimiste distingué de Francfort-sur-le-Mein, a le premier signalé le sulfhydrate de sulfure de calcium comme pouvant offrir à la thérapeutique un dépilatoire d'une grande énergie.

Cette matière s'obtient en faisant absorber du ga2 sulfhydrique, jusqu'à saturation, par une bouillie formée de deux parties de chaux éteinte, ou

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