CHAUX. W
hydratée sèche, et de trois parties d'eau. Elle se présente sous la forme d'une gelée de couleur blanc verdàtre.
Pour l'employer, il suffît d'en étendre une couche de l'épaisseur de ■2 millimètres environ sur la partie qu'on veut dépouiller de ses poils. En enlevant ensuite la pâte, après deux ou trois minutes d'application, à l'aide, soit d'un couteau d'ivoire, soit d'un linge, on trouve la peau sousjacente entièrement débarrassée des poils qui la recouvraient, et cela sans que l'épiderme soit en aucune manière entamé ou excorié, et sans que l'individu ait ressenti autre chose que de la cuisson.
M. Martens, dans une note lue à l'Académie de médecine de Bruxelles, a préconisé fortement cette substance contre la teigne. Il recommande d'en faire une ou deux applications par jour, et de la laisser chaque fois pendant trois à cinq minutes en contact avec les portions du cuir chevelu qui sont le siège du mal.
Tout en engageant les praticiens à tenter l'essai de ce nouveau moyen lorsqu'ils en trouveront l'occasion, il faut les prévenir en même temps que, dans certains cas, l'épiderme se trouve légèrement attaqué, et que souvent l'action du médicament détermine de la rougeur et de la douleur. D'ailleurs, ces signes d'irritation sont, en général, trop minimes pour contre-indiquer l'emploi de ce moyen (Bulletin de V Académie de médecine de Belgique).
Hufeland a employé contre la teigne un mélange de parties égales d'huile d'olive et de Chaux (Joui-n. de Leroux, t. XVI, p. 128). Ce Uniment réussit encore bien dans le traitement des engelures et des dartres qui s'accompagnent de violentes démangeaisons.
Le Uniment oléocalcaire, composé en formant un savonule avec une, deux ou troisparties d'eau de Chaux pour quatre parties d'huile d'amandes douces, a été particulièrement conseillé par M. Velpeau dans le traitement de la brûlure, et l'emploi de ce médicament a procuré des avantages réels dans les brûlures aux trois premiers degrés, c'est-à-dire alors môme que la peau, mortitiée dans une certaine partie de son épaisseur, doit suppurer et donner lieu à une cicatrice.
Lorsqu'U y a simple rubéfaction et même vésication, les onctions avec le Uniment oléocalcaire procurent fréquemment une résolution trèsprompte.
Sur une vieille femme affectée de brûlure au troisième degré à la partie antérieure de la poitrine, la débilité augmentée par l'abondance de la suppuration faisait des progrès alarmants, lorsque l'application du Uniment amena la dessiccation, et par suite le rétabUssement des forces, avec une rapidité qu'on n'avait pas lieu d'espérer chez un sujet si considérablement appauvri (Bull, de Thér., t. XIV, février 1838).
Ce Uniment est encore employé avec grand avantage pour calmer les démangeaisons crueUes de quelques maladies dartreuses.
A l'extérieur, l'eau de Chaux est employée aux mêmes usages que les solutions faibles de sous-carbonate de soude, de potasse. On ne peut lui
refuser une grande puissance pour hâter la cicatrisation des vieux ulcères atoniques de la peau, et pour calmer les démangeaisons de la peau et des parties génitales; en gargarisme, elle est utile quand les gencives sont molles, fongueuses, et que la membrane muqueuse qui tapisse le voile du palais et les amygdales est le siège d'une phlegmasie ancienne et peu intense.
A l'intérieur, elle s'emploie, comme la soude et la potasse, chez les personnes qui ont des digestions pénibles avec tendance à l'acescence; toutefois, il faut faire cette importante distinction : quand les troubles digestifs s'accompagnent de diarrhée, ce qui surtout est très-commun chez les enfants, l'eau de Chaux est de beaucoup préférable aux carbonates de soude et de potasse, car son emploi constipe plutôt qu'il ne relâche, et c'est le contraire pour les deux sels alcalins dont nous venons de parler. Quand, au contraire, la maladie de l'estomac s'accompagne de tendance à la constipation, il faut préférer la soude et la potasse.
Quelle qu'ait été la célébrité litbontriptique de l'eau de Chaux, il est évident que ce médicament ne peut être utile, dans cette circonstance, que si les graviers etles calculs sont spécialement formés d'acide urique, tandis qu'elle augmente le mal quand les calculs sont formés par des sels calcaires.
Dans les diarrhées chroniques, dans celles qui tiennent à l'existence d'ulcérations de l'intestin grêle, et principalement du gros intestin, l'eau de Chaux prise en boisson ou en lavement a été conseillée jadis, et préconisée de nouveau par M. Bretonneau, de Tours, dans les diarrhées qui retardent la convalescence des dothinentériques et des dysentériques. Dans la dothinentérie, M. Bretonneau donne ordinairement l'eau de Chaux à la dose de 30 à 60 grammes par jour coupée avec du lait chaud et sucré; dans la dysenterie, il l'emploie de la même manière, mais en même temps il fait, matin et soir, donner un lavement entier dans lequel il fait entrer 120 à 200 grammes d'eau de Chaux et 3 ou 4 gouttes de laudanum de Bousseau.
Mongenot a encore employé avec succès contre la coqueluche un mélange d'eau de Chaux et de lait, à parties égales (Journ. génér. de Méd., t. XLIV, p. 290).
La Chaux caustique, telle qu'elle est vendue dans le commerce, a été utilisée pour faire des bains de vapeur de la manière suivante : on' enveloppe un morceau de Chaux, de 1 à 2 kilogrammes, avec un linge grossier et bien mouillé, et on le place dans le lit du malade, dont les draps et les couvertures ont été préalablement soulevés et soutenus avec des cerceaux. Dès que la Chaux commence à absorber l'eau, sa température s'élève, l'eau se vaporise, et si l'on a soin de mettre de temps en temps de l'eau nouvelle, bientôt il s'élève des vapeurs abondantes et trèschaudes, qui enveloppent le malade, et provoquent chez lui la série des phénomènes que l'on a droit d'attendre d'un bain de vapeur ordinaire.
Par le même procédé, on peut administrer une sorte de bain de va-