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ACTION THÉRAPEUTIQUE DU CUIVRE

Le Cuivre métallique n'est plus usité en médecine : quelques sels seulement servent à remplir des indications thérapeutiques : ces sels sont Yammoniure de Cuivre, le deutoacétate de Cuivre, le sous-acélate et le sulfate.

Ammoniure de cuivre. — Cette préparation ne s'emploie guère que pour l'usage externe. Cependant le Cuivre ammoniacal a été conseillé par quelques auteurs dans le traitement de l'épilepsie, à la dose de 10 à 50 centigrammes par jour.

L'ammoniure de cuivre est regardé par M. le docteur Mercy, médecin de l'hôpital des Enfants de Pesth, en Hongrie, comme un spécifique presque infaillible dans le traitement de la danse de Saint-Guy. Il fait une potion composée de 40 centigrammes de Cuivre ammoniacal, pour 100 grammes d'eau de menthe, et environ 30 grammes de sirop simple. Il y ajoute 6 à 8 gouttes de teinture d'opium, pour faire mieux tolérer le médicament. On en donne à un enfant de six ans, par exemple, deux cuillerées à café, quatre fois par jour, et l'on augmente rapideme.il la dose, en ayant égard à la tolérance de l'estomac, jusque-là que l'on fasse prendre les 40 centigrammes d'ammoniure de Cuivre en un jour. Il nous a affirmé que, sur plus de deux cents cas, il avait presque toujours vu la chorée céder avec une telle rapidité, qu'il était impossible de ne pas voir là une relation évidente de cause à effet.

Mis en contact avec la peau et les membranes muqueuses, l'ammoniure de Cuivre cause une violente irritation.

Il forme la base de l'eau céleste, si vantée dans le traitement des

ophthalmies chroniques. Dans ce cas, il s'emploie à la dose de quelques gouttes par once d'eau distillée, et en augmentant progressivement la dose à mesure que diminue la susceptibilité de la conjonctive enflammée. On l'emploie avec le même avantage dans le traitement de la blennorrhagie, de la leucorrhée, des ulcères chroniques. M. Cullerier fait un mélange de 28 grammes d'ammoniure de Cuivre sur 4 grammes de nitrate de mercure, pour loucher des ulcères vénériens qui résistent au mercure.

A l'intérieur, il n'a aucun usage ; à l'extérieur, il entre dans la composition d'un grand nombre d'onguents ou d'opiats qui avaient jadis une grande célébrité pour la guérison des ulcères et des maladies chroniques de la peau. Dissous dans l'eau, dans diverses proportions, il est, comme l'ammoniure de Cuivre et comme le sulfate, dont nous allons nous occuper tout à l'heure, employé avec succès dans le traitement des ophthalmies chroniques, des blennorrhagies, des ulcères syphilitiques ou simples des dartres, et notamment des dartres eczémateuses.

Le sous-acctate de Cuivre (subacelas cupri), verdet ou vert-de-gris du commerce (œs viride, viridis œi'is, œruyo rasiUs), partage toutes les propriétés vénéneuses, irritantes, purgatives et thérapeutiques du deutoacétate de Cuivre.

Il sert, en pharmacie, à préparer une multitude d'emplâtres et d'onguents qui ne sont pas sans efficacité dans le traitement des maladies externes.

On l'a conseillé à l'intérieur. Il entrait comme partie essentiellement active dans les fameuses pilules de Gerbier contre le cancer, pilules qui ont procuré quelques guérisons tant que le remède a été secret, mais dont l'expérience a pu constater la complète inefficacité. On l'a encore préconisé dans le traitement du rachitis et des scrofules; mais les faits que l'on cite sont si peu concluants, que nous ne croyons pas devoir y insister davantage.

Le sulfate de Cuivre est un poison irritant très-énergique.

A l'intérieur, c'est le vomitif le plus sûr que nous connaissions, à la dose de 25 à 40 centigrammes. Comme vomitif, dans le traitement du croup, le sulfate de cuivre avait été considéré comme particulièrement utile. Ajoutons que les récentes observations de MM. Godefroy et Mavel sembleraient démontrer que l'usage souvent répété dans le même jour d'une solution de sulfate de Cuivre, d'ailleurs assez modérée (10 centigrammes de sel dans 123 grammes d'eau distillée, une cuillerée toutes les dix minutes), solution dont on continue l'usage en éloignant les doses suivant les effets produits, aurait une très- heureuse et très-rapide influence sur l'angine maligne. Pour notre compte, dans deux circonstances fort graves, il nous a paru que la maladie avait été guérie par cet agent thérapeutique.

Ce serait Là, suivant nous, de la modification substitutive, au même titre que les applications de calomel, d'alun, de nitrate d'argent.

Nous ajouterons que, depuis quelque temps, nous administrons le sul-

MOUTARDE. 50j

fatc de Cuivre à la dose de 50 centigrammes a 1 gramme dans un lavement, pour combattre la diarrhée chronique, et que nous en obtenons deeffets souvent très-avantageux, tout à fait analogues à ceux que l'on obtient des lavements au nitrate d'argent. On utilise encore la solution de sulfate de Cuivre (2 grammes pour 500 grammes d'eau) en injections, dans l'écoulement leucorrhéique de nature catarrhale. On répète ces injections matin et soir.

Nous ne parlons pas ici de ce qu'en ont dit Margat, Simmons et Adair dans le traitement delà phthisie; il suffit de lire leurs observations pour être convaincu de l'insuffisance de ce moyen, qui, à ce titre, ressemble à tous les autres.

Cullen et Chalmers l'ont trouvé utile dans le traitement de l'épilepsie et de l'hystérie, pris à doses fractionnées, de manière à ne pas dépasser 10 à 40 centigrammes par jour.

Le deutoucétate de Cuivre (deutacetas cupri, cristalli veneris), mis en contact avec une membrane muqueuse ou avec la peau dépouillée de son épiderme, produit une très-vive irritation : c'est un poison irritant fort énergique.

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