‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 18 sur 125 · FER. U · texte numérisé non relu

FER. U

rigidité et de l'étroitesse que l'abus des plaisirs de l'amour , un accouchement ou rhabitude de la leucorrhée peuvent leur avoir fait perdre.

La teinture de Bestuchef est particulièrement conseillée aux femmes qui ont des accès hystériques liés à un état de chlorose.

Le protoïodure de Fer^ recommandé dans le traitement interne et externe de la scrofule et dans certaines formes de phthisie pulmonaire doit peut-être plus, ainsi que nous l'avons dit, son efficacité à Tiode qu'au Fer lui-même. Dans la leucorrhée purement catarrhale, il rend journellement d'utiles services. Il se donne^, à l'intérieur, à la dose de 5 à 25 centigrammes (là 5 grains) par jour, et pour injections ou lotions, à celle de 25 à 40 centigrammes (5 à 8 grains) pour 30 grammes (1 once) d'eau distillée.

En bains, on le prescrit à la dose de 60 grammes (2 onces) pour 200 litres d'eau.

Le citrate de Fer a pris dans ces derniers temps assez de faveur. On le donne en pastilles, en pilules, à la même dose que le sulfate et le tartrate; en sirop, à la dose de 50 à 400 grammes (1 d/2 à 3 onces) par jour.

Le citrate de Fer et de quinine récemment découvert par M. Béral, à qui la pharmacie et la thérapeutique doivent d'égales actions de grâces pour les beaux travaux qu'il a tentés sur les préparations ferrugineuses , est conseillé avec avantage dissous dans du vin de Madère , dans les convalescences des fièvres intermittentes , dans les cachexies, chez les chlorotiques, dont l'estomac est profondément débilité. Ce sel sera prescrit à la dose de 5 à 30 centigrammes ( 1 à 6 grains) à chaque repas.

Le lactatede Fer a joui d'une espèce de vogue, qu'il a perdue en partie. Use donne sous forme de pastilles, de pilules, de sirop, de saccharures, à la dose de 5 centigrammes à 2 grammes (1 à 40 grains) par jour, dans les mêmes conditions que le tartrate ferrico-potassique.

Le bleu de Prusse (cyanure double de Fer, cyanure ferroso-ferrique , ferro-cyanure de Fer) se donne à la dose de 1 à- 25 grammes par jour, soit comme fébrifuge, soit comme moyen de combattre l'épilepsie.

Si maintenant nous voulons étabhr une sorte de comparaison entre quelques-unes des principales préparations martiales , et faire ressortir certains avantages qui appartiennent plus spécialement à chaque composé ferrugineux, et si, à cet égard, il nous est permis d'admettre comme fondées les opinions qui ont cours dans la science, nous dirons :

Que le lactate de Fer, par exemple, passe pour jouir de la propriété d'exciter fortement l'appétit;

.Que le tartrate ferrico-potassique offre pour caractère spécial d'être facilement toléré par les organes digestifs, malgré sa solubilité;

Que les oxydes de Fer, comparés aux sels de Fer, semblent plus toniques ;

Qu'enfin, d'après les recherches faites dans ces dernières années par M. Quévenne, ce qui distingue le Fer réduit par l'hydrogène entre les martiaux, c'est d'agir très-efficacement à petite dose.

MÉDICAMENTS RECONSTITUANTS.

Loin de nous la pensée d'attribuer à telle ou telle préparation ferrugineuse une supériorité quelconque, et encore moins une préférence exclusive.

Chacune des préparations martiales a son utilité et sa valeur, et peut être appelée à son tour a une sorte de prééminence. Dans la pratique, il importe donc d'en savoir varier à propos l'emploi. Souvent ce qu'on aura demandé en vain à telle préparation vous sera donné par telle autre sans difficulté. S'il est vrai pourtant que certaines i)réparations martiales se distinguent par des propriétés plus spéciales et par quelques avantages particuliers, il était bon de les mettre en relief. En effet, diriger au besoin le praticien dans son choix, et l'aider à remplir quelques indications importantes, n'est-ce pas assurer, dans bien des circonstances, le succès d'une des médications les plus considérables de la médecine pratique?

MANGANESE.

La découverte du Manganèse appartient •à la fois à Scheele et à Galin. 11 a été isolé pour la première fois par Gahn, en i774; mais il avait été distiiiaué par Scheele, comme un corps paiticulier, faisant partie du bioxyde de Manganèse naturel appelé magnésie noire.

Le Manganèse est solide, d'un blanc grisâtre, cassant, grenu, dur, mais attaquable par la lime, doué d'un faible éclat niélallique. Sa densité est de 8,(t/3. Lorsqu'on le touche avec les doigts humides, il répand une odeur désagréable dont les doigts restent longtemps imprégnés. 11 ne fond qu'à la température la plus élevée des meilleures forges.

Le Manganèse s'oxyde Irès-facilement à l'air humide; aussi on ne peut le conserver que dans de l'huile denaphte ou dans des tubes de verre sounés à la lampe.

Le Manganèse forme trois oxydes et deux acides.

Nous ne ferons que mentionner le protoxyde et le sesquioxyde, qui n'ont pour nous que peu d'iiiterei.

Le bioxvde de Manganèse, ou peroxyde, est le seul usité en médecine. Pendant longtemps on 1(; retiarda connue un nnnerai de fer. C'est Scheelequi démontraquecet oxyde contenait un métal distincl, et Gahn qui en opéra la réduction. Le bioxyde de .\langanése naturel se trouve (juelquel'ois sous forme d'aiguilles brillantes, quelquefois aussi en stalactites, mais le plus souvent en masses compactes douées de l'éclat métallique ou en masse terne dont la couleur varie du noir au brun. Il est le plus ordinairement mélangé d'oxyde de fer et d'autres substances temes. Le bioxyde de Manganèse ne se prépare que rarement dans les

laboratoires; on emploie de préférence celui qu'on trouve pur dans la nature.

Le bioxyde est d'un brun noir.

Il existe deux acides de Manganèse : l'acide manganique et l'acide hypermanganique.

L'acide manganique n'a encore pu être obtenu que combiné avec les alcalis et surtout la potasse et la soude. Le manganate de potasse cristallise aisément ; celui de soude étant déliquescent ne cristallise qu'avec beaucoup de difficultés.

Divers acides combinés avec le protoxyde de Manganèse donnent lieu à des sels : les principaux sont le sullate, iazolate, îq carbonate de Manganèse.

Le Manganèse existe dans la nature, trèsr souvent à l'état d'oxyde, quelquefois à l'état de silicate et de carbonate, rarement à l'état de phosphate, rarenient aussi à l'état de sulfure; ce métal est si oxydable qu'il ne se rencontre jamais à l'état natif.

M. Pétiequin a composé un certain nombre de formules où le fer est toujours associé au Manganèse.

Voici les i)rincipales de ces formules, qui d'ailleurs sont assez exactement correspondantes aux diverses préparations ferrugineuses les plus usitées dans la pratique médicale :

Poudre pour eau gazeuse fcrro-^ianganîque.

Pr.-.picarbonate de soude en poudre

grossière, 20,00

Acide tartrique, 25,00

Sucre pulvérisé, 53,(iO

Suilateferreuxenpoudretrès-fine, 1,50 Sulfate manganeux — 0,7o

Mêlez avec soin et fermez dans des flacons

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