NOIX DE GALLE, TAN, GLANDS DE CHÊNE
ses; elles varient suivant les différentes espèces d'insectes.
Nous n'indiquerons que les principales sortes :
1° La Galle verte d'Âlep , de la grosseur d'une aveline, verte, noirâtre, compacte, pesante, dure et tuberculeuse, ordinairement non percée d'un trou ; elle est trèsastringentej et la plus esUmée dans le commerce ;
2° La Galle de Smyrne ou de l'Asie Mineure, moins foncée en couleur, moins pesante et moins estimée que la précédente;
3° Le Gallon de Hongrie ou du Piémont qui vient sur lechéne ordinaire {quercus robur, L.]. On rencontre aussi assez souvent cette excroissance sur les chênes de France. Cette espèce de Galle est peu recherchée, parce qu'elle ne contient pas assez de principes astringents;
4" La petite Galle couronnée d'Alep est plus petite que la Galle dAlep, souvent mêlée avec elle. On l'a prise longtemps pour une jeune Galle d'Alep commune ; mais elle est souvent percée d'un trou trèslarge, qui prouve qu'elle est parvenue à toute sa grosseur;
5° La Galle marmorine ;
6° La Galle d" [strie;
7° La Galle en cul d" artichaut, cowvaune sur le chêne rouvre de nos contrées;
8° La Galle de l'yeuse ou Galle de France, qui vient sur le quercus ilex;
d" La Galle ronde de chêne rouvre, qui vient sur le chêne Tauzin {quercus pyrenaica ) ;
J0° Enfin la Galle ronde de feuilles de
chêne, qu'on appelle Galle en grain de groseille; sont peu répandues dans le commerce et peu estimées.
On retire de la Noix de Galle, ainsi que nous l'avons dit, beaucoup de tannin et un acide particulier;, nommé acide galliquc, lequel n'a presque point d'usage médical, si ce n'est combiné avec le fer. Le caractère chimique principal qui le sépare du tannin, c'est qu'il ne précipite pas la gélatine. Chauffé à 215", cet acide perd un atome d'acide carbonique et constitue un nouvel acide qu'on nomme acide pyrogallique. (PeloHze, Ann. deChim., t. iv, p. 339.)
La composition de la Noix de Galle, d'après Berzélius,est: tannin; un peu d'acide gallique; extraçtif ou tannin altéré, composé d'acide pectique et de tannin insoluble dans l'eau froide; tannate et gallate de potasse et de chaux.
Dans une analyse plus récente, M. Guibourta constaté en outre dans la Noix de Galle la présence de l'acide ellagique, d'un nouvel acide qu'il nomme lutéo-gallique ; de la chlorophylle, une huile volatile semblable à celle des myrica, de l'amidon et du sucre.
La présence de l'amidon autour de la cavité renfermant la larve du cynips est un fait curieux : c'est évidemment cet amidon qui sert de première nourriture à l'insecte.
Les formes sous lesquelles on administre la Noix de Galle, sont : l°en poudre , 2" en tisane, Z" en gargarismes , infections, etc.
On prépare aussi avec ce médicament des pommades et des cataplasmes astringents.
THERAPEUTIQUE.
L'analyse des Noix de Galle a prouvé que cette substance contient une énorme proportion de principes astringents, et l'on comprend tout de suite qu'elle n'a d'action thérapeutique que par le tannin qu'elle renferme en si grande quantité et par l'acide gallique. Nous renvoyons donc pour ses propriétés thérapeutiques à ce que nous avons dit du tannin, de la ratanhia et du cachou. Il est toutefois une préparation que nous recommandons particulièrement, surtout aux femmes nerveuses et chlorotiques, atteintes de diarrhée chronique , aussi bien qu'aux hommes auxquels il reste une profonde débilité et du dévoiement à la suite des maladies du canal alimentaire : c'est un sirop que nous avons appelé sirop martial astringent. Nous en avons donné la préparation, page 8 (article Fer).