‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 28 sur 125 · BUSSEROLE, CONSOUDE, AIRELLE-MYRTILLE · texte numérisé non relu

BUSSEROLE, CONSOUDE, AIRELLE-MYRTILLE

La Busserole, raisin d'ours {arbutus uva ursi), plante de la famille des bruyères, a joui, dans le siècle dernier, d'une réputation à laquelle n'a pas peu contribué Murray, l'illustre auteur de VApparafus medicaminum. On peut voir dans cet ouvrage tout ce qu'on a écrit de ses propriétés presque miraculeuses dans le traitement des maladies des reins et des voies urinaires. De tout cela, il ne reste rien aujourd'hui.

Cependant on ne peut refuser à la Busserole des propriétés astringentes, qu'elle doit au tannin et à l'acide gallique qu'elle contient en assez grande quantité pour que, dans quelques pays septentrionaux, on l'emploie au tannage des cuirs et à la fabrication de l'encre. On prescrit donc la décoction des feuilles du raisin d'ours à l'intérieur et à l'extérieur dans le cas où l'on veut obtenir un effet astrictif.

M. Braconnot a fait remarquer jadis que les feuilles de Busserole sont souvent remplacées par les feuilles d'airelle ponctuée {accinium vitisidea, lu,), très-abondante dans les Vosges. Elles se distinguent par leur cpuleur vert brunâtre; elles sont moins entières, c'est-à-dire légèrement dentées j leurs bords sont toujours repliés en dessous, leurs nervures transversales très-apparentes, leur surface inférieure est parsemée de points très-remarquables.

La Busserole est souvent mêlée avec les feuilles de buis {buxus sempervirens, L.) euphorbiacées : on reconnaît celles-ci à leur forme oblongueovale, à leur échancrure au sommet, à, leur surface lisse, à leurs nervures transversales et longitudinales. V Airelle-myrtille [vaccinium Myrtillus, L.), arbrisseau de oO à 60 centimètres, croît en France, en Allemagne, en Angleterre, a des rameaux verts et anguleux 5 les feuiUes ovées, dentées, très-glabres, semblables à celles du myrte ; calice adhérent à l'ovaire, limbe libre à cinq dents, peu marquées ou nulles; corolle urcéolée, 10 étamines incluses^ anihères bifides par haut et par bas, munies sur leur dos de deux arêtes redressées; le fruit est mie baie globuleuse couronnée par le limbe du calice, à 5 loges poly spermes; ces baies, d'un bleu noirâtre, blanches

dans deux variétés , sont rafraîchissantes et servent à faire un sirop : on les emploie en teinture et pour colorer les vins.

Les baies d'Airelle ont été anciennement préconisées pour combattre la diarrhée, la dyssenterie, l'hémoptysie, les affections catarrhales, le scorbut.

ÛI. Reiss fait usage des baies d'Airelle, sous la forme de rob, de teinture, de sirop, contre la diarrhée, dans laquelle il a constaté leur efficacité 5 on pourrait substituer aux baies d' Airelle-myrtille les fruits de l'Airelle canneberge [vaccinium oxycoccos, L.).

Quant à la grande Consoude [Consolida major, Symphytum officinale), de la famille des borraginées , elle ne diffère réellement de la bourrache , dont elle partage d'ailleurs les propriétés émollientes , que par une très-petite proportion de tannin qu'elle contient ; on la conseille en décoction, comme tisane, dans les diarrhées chroniques, dans les hémorrhagies ; mais il y aurait grande imprudence à compter sur des effets énergiques.

On comprend difficilement comment cette plante a pu jouir de propriétés si merveilleuses, que Paraceise ne craignit pas d'affirmer qu'elle pouvait guérir les fractures sans appareil. (Sprengel, Histoire de la Méd. , t. III, p. 389.)

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