‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 35 sur 125 · SUIE · texte numérisé non relu

SUIE

et passez sans expression. (Blaud de Beaucaire.)

2° La pommade de Suie :

Pr. : Suie de bois. 1 part.

Axonge, 4

Mêlez. (Blaud de Beaucaire.)

Nous la faisons aussi prendre en fotion sous la forme suivante :

Pr. : Suie, 8 gram. (2 gros).

Café en poudre, 4 (1 gros).

Faites bouillir pendant une demi-heure, passez et sucrez.

VExtrait de Suie est aussi employé avec quelque succès.

Les principes constituant la Suie sont toujours les mêmes, mais la proportion doit varier selon un grand nombre de circonstances, connne la nature du bois brûlé, la rapidité de la combustion, etc., etc. En effet, les bois résineux forment une Suie plus riche en charbon, et renferment probablement des traces d'acides pyrogénés, et peut-être d'acide sulfurique, pinique, sylvique, etc. Les bois légers, au contraire, donnent une Suie très-riche en acide acétique.

On a préconisé contre les scrofules, mais surtout contre certaines atfections herpétiques, une préparation qu'on a nommée antrakokali, et dont on distingue deux espèces : le simple et le sulfuré. On les prépare, le premier en ajoutant dans une bassine de fer 160 grammes de charbon de terre pulvérisé à 192 grammes d'un soluté concentré et bouillant de potasse à la chaux ; on agite le mélange jusqu'à ce qu'il soit réduit

en poudre noire homogène, que l'on renferme dans des flacons préalablement chauffés, et que l'on bouche avec soin; le second s'obtient par le même procédé, en ajoutant 16 grammes de soufre.

M- Gibert emploie ces deux préparations à l'hôpital Saint-Louis sous la forme de pommades au dixième ou au trentième. On les a employées à la dose de 0,10, trois ou quatre fois par jour, associées avec 0,25 de poudre de réglisse ou de carbonate de magnésie.

On connaît aussi deux autres préparations qui ont été employées dans les mêmes circonstances -. ce sont'le fuligokali simple et le fuligokali sulfuré. Le premier s'obtient en faisant bouillir dans q. s. d'eau distillée 100 grammes de Suie brillante et pulvérisée, avec 20 grammes de potasse caustique. Après une heure d'ébullition , on étend l'eau, on filtre et on fait évaporer à siccité; le produit est enfermé encore chaud dans des flacons chauffés, que l'on tient exactement bouchés dans un lieu sec.

Quant au fuligokali sulfuré, on l'obtient en ajoutant à 60 granimes de fuligokali simple 14 grammes de potasse caustique, et de 4 à 8 grammes de soufre lavé , on fait dissoudre le soufre dans la potasse et on dessèche le tout.

Les deux fuligokali sont employés aux mêmes doses et de la même manière que l'antrakokali simple.

La Suie fait partie de la poudre purgative d'Alhiaii,d, mélange de résine, de scaramonée et de Suie, qu'on avait proposé comme une panacée.

Enfin , depuis que la thérapeutique s'est de nouveau emparée de ce médicament , on a constaté quelques-unes de ses propriétés fort efficaces.

THERAPEUTIQUE,

Blaud de Beaucaire, pensant que la Suie de bois contenait de la créosote et de l'acide pyroligneux, en essaya la décoction dans diverses affections, et fit usage aussi d'une ponirnade composée d'axonge et de Suie. Cette décoction et ce mélange opt paru à Blaud héroïques contre les dartres invétérées, les diverses espèces de teignes, et surtout la teigne faveuse, les ulcères de mauvais caractère, etc., etc.

Les formules mises en usage par ce médecin ont été indiquées plus haut.

Il a employé la décoction en lotions, trois à quatre fois par jour, contre les dartres et les teignes, après avoir fait tomber les croûtes au moyen de cataplasmes; en fomentations continues, au moyen de gâteaux de charpie, contre les ulcérations; en injections, contre les fistules invétérées ou entretenues par la carie des os.

La pommade s'emploie, soit seule, soit concurremment avec les lotions et la décoction. {Journ. des Connaissances médico-chirurgicales, t. II, p. 281. — -Marinus, Gaz. méd,^ 1839, n° 2.)

Blaud a été plus loin : il a prétendu avoir guéri par des injections d'eau chargée de Suie des ulcères carcinomaleux de la matrice j nous avons répété ces expériences concurremment avec notre ami Al. Lebreton, et nous avons en effet obtenu de grands succès, mais seulement dans les ulcérations du col de l'utérus, qui, il est vrai, n'avaient rien de carcinomateux.

Le docteur Giboin dit avoir employé avec avantage l'eau de Suie en injections dans le catarrhe chronique de la vessie.

Parmi les propriétés de la Suie, il en est une sur laquelle nous croyons devoir appeler l'attention, c'est sa propriété anthelmintique. La décoction de Suie a été en effet employée de temps immémorial par les gens du peuple comme vermifuge, soit en lavement, soit en potion ; en lavement, pour les ascarides qui occupent le gros intestin; en potion, pour les entozoaires qui habitent l'estomac et l'intestin grêle. Quand nous la faisons prendre en potion, c'est ordinairement sous la forme du café, indiquée à la page précédente.

Les enfants prennent cette espèce de café sans déplaisir.

Ce vermifuge, très-commode et très-économique, mérite d'être connu, et évidemment il a de l'efficacité.

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