EUPHORBIACÉES. POIX. TÉRÉBENTHINE
Le clematis vitalba (herbe aux gueux) doit son nom vulgaire à l'usage qu^en font les mendiants pour produire sur leurs membres de larges ulcérations de mauvais aspect qui excitent la commisération publique.
Cette action, dit M. Leclerc [Essai sur les Épispastiques. — Journal des connaissances médico-chirurgicales , t. III, p. 91), est analogue à celle de la moutarde ; elle s'exerce profondément en même temps qu'elle détermine assez rarement le soulèvement de l'épiderme. L'inflammation qu'elle suscite s'étend à toute l'épaisseur de la peau et au delà.
Ces végétaux doivent leurs propriétés irritantes à une huile volatile , acre , qui s'obtient difficilement par la distillation ; ce principe irrite la membrane pituitaire, excite le larmoiement , et présente une grande analogie avec celui de quelques liliacées et des crucifères , notamment avec celui du raifort. Il se dissippe par la dessiccation, en sorte que les Renonculacées sèches n'ont, pour ainsi dire, aucune propriété irritante^ et que les bestiaux peuvent alors s'en nourrir impunément.
A défaut de moutarde , on peut employer ces diverses plantes confuses et réduites en une masse pulpeuse , qu'il n'est pas nécessaire d'appliquer à nu^ et qui agit très-bien entre deux linges.