‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 77 sur 125 · SOLDANELLE · texte numérisé non relu

SOLDANELLE

La Soldanelle {Convolvulus soldanella) est une plante qui croît sur le littoral de nos mers d'Europe; c'est à M. Loiseleur- Deslongchamps que l'on doit de l'avoir introduite dans la matière médicale. Ce savant, qui a fait tant et de si utiles expériences, et dont le nom et les travaux sont tombés dans un si injuste oubli, reconnut que la racine de la Soldanelle possédait des propriétés purgatives tout à fait semblables à celles du jalap, du turbith, delà scammonée.

La Soldanelle contient aussi une résme à laquelle elle doit toutes ses propriétés purgatives, et qui, insoluble dans l'eau, est parfaitement soluble dans l'alcool.

La poudre de racine de Soldanelle se

JALAP, TURBITH, SGAMMONÉE, SOLDANELLE, etc. 701

prend à la dose de 60, 120, 360, 500 cent, gneuses, provenant des radicules; ce seul

(13, 24, 72, 100 grains), suivant l'âge, le caractère peut la faire distinguer facilement

sexe, la maladie; la résine, à la dose de 30, de la racine de bryone et de celle d'arum

50, 100 centigrammes (6, 10, 20 grains). serpentaire, qui présente aussi quelque

Le mode d'administration est d'ailleurs ressemblance avec le Méchoacan.

le même que celui que nous avons indiqué Cette substance possède des effets purga-

plus haut pour le jalap. tifs peu certains ; elle est aujourd'hui presque tombée dans l'oubli; on lui préfère à

MÉCHOACAN, LISERONS. juste titre le jalap, le turbith et la solda-

nelle.

Le Méchoacan est la racine du Convolvu- Les racines des Convolvulacées indigènes

lus MecJioacana, plante qui croît au Mexi- possèdent aussi, d'après quelques expérien-

que, et à laquelle on n'attribue qu'une par- ces récentes, des propriétés purgatives as-

tie de la production du Méchoacan du sez marquées. MM, Chevalier et Loiseleur-

commerce. On prétend qu'il est assez sou- Deslongchamps y onttrouvé trois centièmes

vent falsifié avec la racine de bryone sèche, à peu près d'une résine aussi active que

Quoiqu'il en soit, voici ses principaux ca- celle du jalap. Le grand Liseron, Liseron

ractères : des haies {ConvoUulus sepium, L.) ; le petit

Ordinairement en rondelles épaisses, liseron, liseron des champs (Convolvulus

mondées de leurécorce, d'un blanc jau- arvensis); le C. althœoïdes, très-commun

nâtre, offrant quelquefois des stries con- dans le Midi de la France, et quelques

centriques. Sa saveur , faible d'abord , est autres espèces , ont été , de la part de ces

suivie d'âcreté. Cette racine offre à Texte- deux habiles expérimentateurs , l'objet de

rieur des taches brunes et des pointes li- beaucoup de recherches.

THERAPEUTIQUE.

La racine de Jalap, qui seule est employée, ne fut apportée en Europe que vers le commencement du dix-septième siècle. Depuis cette époque , elle a été usitée comme purgatif, et elle tient dans la matière médicale une place assez importante.

La racine de Jalap pulvérisée est un purgatif assez énergique. Cette poudre est à peu près insipide , et laisse seulement dans la gorge un sentiment d'âcreté qui dure quelquefois pendant plusieurs heures. La poudre de racine de Jalap se donne à la dose de i gramme, 1 gramme et demi à 3 grammes (20, 30, 60 grains), et même davantage.

Quant à la résine, qui est bien plus fréquemment employée, on ne doit la donner qu'à la dose de 20 à 80 centigrammes (4 à 16 grains), suivant les âges et les circonstances maladives. Il n'est pas besoin de dire que, chez certains sujets , il faudra doubler la plus forte dose; que chez d'autres^ au contraire, la plus faible pourra produire des superpurgations.

Le principe actif de la racine de Jalap est dans la résine, qui n'est pas soluble dans l'eau ; aussi ne faut-il jamais compter sur l'action purgative des décoctions ou des infusions de Jalap, tandis qu'au contraire les teintures alcooliques ont une grande activité. La fameuse eau-de-vie allemande, la médecine de Leroy, ne sont en définitive que des teintures alcooliques de Jalap, auxquelles on a'àssocié quelques autres substances purgatives.

La presque insipidité du Jalap rend cette substance précieuse dans la thérapeutique des enfants. On le mêle à parties égales de sucre en poudre et de calomel , et on le donne ainsi aux enfants , qui ne répugnent pas à l'avaler : on peut encore l'incorporer à du miel, à des électuàires, à des confitures.

Il en est de même de la résine , que l'on peut aussi émulsionner dans l'eau avec un jaune d'œuf.

Le Turhith est employé comme purgatif depuis un temps beaucoup plus reculé que le Jalap. Il croît en abondance dans les Indes orientales, et les Arabes s'en servaient très-souvent, comme leurs ouvrages en font foi.

La poudre de la racine du Turbith est inodore, presque insipide. Elle purge comme le Jalap, mais il faut une dose un peu plus élevée. Quant à la résine, elle est tout aussi active que celle du Jalap , et se donne par conséquent aux mêmes doses.

Les médecins grecs employaient la racine de la Scammonée elle-même , et ils avaient reconnu ses propriétés purgatives et hydragogues. Les Arabes y avaient une grande foi ; et cette substance entrait dans la composition d'un grand nombre d'électuaires, dont l'usage est aujourd'hui très-justement abandonné.

La Scammonée gommo-résineuse, telle qu'elle nous est envoyée aujourd'hui du Levant, est un purgatif qui, pour les propriétés, se range à côté de la résine de Jalap; toutefois, comme elle contient à peu près un tiers de son poids de matières inertes, elle a aussi un peu moins d'activité que cette dernière.

On l'administre d'ailleurs de la même manière que les résines du Turbith et de Jalap.

La Soldanelle (convolvulus Soldanella) a les mêmes propriétés que le Jalap et la Scammonée. On emploie les feuilles, les racines, et la résine qu'on en retire. Ce purgatif est peu usité.

Les huiles fixes, de même que les résines, sont absorbées à l'aide des mêmes réactions chimiques, c'est-à-dire au moyen des alcalis. Nous aurons occasion de signaler plus loin le beau travail de M. Bernard, de Villefranche, sur le rôle du suc pancréatique dans la digestion des matières grasses. Disons pour le moment que l'association des alcalis avec les résines facilite singulièrement l'action de celles-ci; tandis que les acides qui forment avec elles des composés insolubles doivent être rejetés, de même que les substances facilement acidifîables, comme les sucres et l'amidon.

M. Mialhe, partant de ces principes, conseille d'associer la Scammonée et la résine de Jalap avec la magnésie, la potasse, le savon (voir son Traité de l'Art de formuler). Il conseille aussi d'ingérer des liquides dans l'estomac immédiatement après l'administration de ces résines, de manière à les forcer à franchir le pylore le plus tôt possible, et les soustraire ainsi à l'action des acides de l'estomac 5 enfin, pendant plusieurs heures après l'ingestion des boissons, il est bon de supprimer toute espèce de liquide, afin de ne pas trop étendre les liqueurs alcalines de l'intestin, car la saponification se fait mieux au contact des sels alcalins concentrés. (Mialhe.)

ALOÉS.

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