AMANDES AMERES
Les Amandes amères sont le fruit de L'analyse des Amandes douces a donné à
Yamygdalus communis (L.). Variété amara. M. Boullay :
Famille naturelle des rosacées, section des Eau, 3,5; pellicule, 5; huile, 54; albu-
amygdalées. mine, 25; sucre liquide, 9; gomme, 3;
Caractères génériques. Les mêmes que tissu végétal, 4; perte et acide, 0,5.
ceux des drupacées, à cela près que les Les Amandes amères contiennent les^
fruits sont recouverts d'une pellicule to- mêmes principes que les Amandes douces,
menteuse ayant la chair peu épaisse et et en outre une matière jaunâtre appelée
presque sèche, et le noyau creusé d'un amygdaline, et une résine jaune acre,
grand nombre de sillons irréguliers. Les préparations diverses d'Amandes
Caractères spécifiques. Arbres de 8 à 10 amères contiennent de l'acide cyanhydrimètres de hauteur, rameaux dressés, d'un que ou une huile volatile ; mais ces deux vert clair, et très-lisses; feuilles alternes, derniers principes n'existent pas naturellelancéolées, dentées en scie. Fleurs très- ment dans la graine; ils ne se développent grandes, extra- axillaires, au nombre de qu'au contact de l'eau, deux ou trois au-dessus de chaque faisceau Ils résultent de la réaction de l'albude feuilles; calice tubuleux, rougeàtre à mine des Amandes (nommée &us$,i Émulsine l'extérieur, limbe à cinq divisions étalées ; ou mieux Synaptase) sur la matière criscorolle pentapétale. Pistils au nombre de talline contenue dans celle-ci, et qui a reçu deux dans chaque Heur ; ovaire globuleux, le nom à' amygdaline. Cette réaction, ainsi un peu comprimé d'avant en arrière. Le quenousl'avonsdit,nepeuts'opérerqu'avec fruit est une drupe verte, ovoïde, allongée, l'intermédiaire de l'eau. 11 se forme non-seucomprimée, terminée en pointe à son som- lement de l'essence, mais encore de l'acide met. prussique, de l'acide formique et du sucre.
L'huile volatile d'Amandes amères est, comme celle du laurier-cerise., incolore, d'une, saveur amère et brûlante, d'une odeur qui rappelle celle de l'acide cyanhydrique.
Pour la préparer, on prend les tourteaux d'Amandes amères récemment exprimés; on les pulvérise et on en fait une pâte liquide avec de l'eau froide.
On laisse macérer pendant vingt-quatre heures dans la cucurbite d'un alambic ; puis, pour procéder à la distillation, on fait arriver au fond de la cucurbite un jet de vapeur d'eau, et l'on continue tant que le produit de la distiliation conserve une odeur très-pénétrante d'acide cyanhydrique.
L'eau distillée d'Amandes amères s'obtient de la manière suivante : Un pulvérise et on mêle à l'eau froide un tourteau d'Amandes amères récemment fourni; on laisse macérer pendant vingt-quatre heures, et l'on dittille comme pour obtenir l'huile essentielle, si ce n'est que vous l'etirez d'eau distillée un poids égal à celui du tourteau employé.
Cette eau contient une grande proportion d'huile essentielle en excès que l'on sépare par la ûltration. Cette précaution est indispensable , autrement l'usage de l'eau distillée, ainsi chargée d'huiles essentielles, pourrait faire courir aux malades les plus grands dangers.
L'eau distillée d'Amandes amères, comme celle du laurier-cerise, s'altère avec facilité, quelque précaution que l'on prenne d'ailleurs pour la conserver; l'essence se transforme en acide benzoique; aussi convientil de la renouveler souvent, ou bien de lui substituer la mixture de Liebig et Wcelher. Cette mixture est ainsi composée :
Amandes douces, 8 grain. (2 gros).
Eau, q. s.
Àmygdaline, l gram. (20 grains).
Faites avec les Amandes et l'eau une émulsion" dans laquelle vous ferez dissoudre l'amygdaline. Cette mixture contiendra 5 centigrammes (1 grain) d'acide cyanhydrique anhydre, et 45 à 50 centigrammes (9 à 10 grains) d'huile essentielle û'Aman- , des amères.
Vamygdaline est une matière blanche,
cristalline, dont la saveur, d'abord sucrée, rappelle bientôt celle des Amandes amères. Elle est soluble dans- l'eau et dans l'alcool chaud. Elle cristalliseparlerelroidissement. Pour la préparer, on traite à deux reprises le tourteau d'Amandes amères par l'alcool à 94° centigr. On passe à travers un lmye et on presse le résidu. On chauffe le liquide exprimé, et l'on- filtre. Au bout de quelques jours, l'amygdaline est cristallisée. On distille l'eau mère au sixième de son volume, et on la mélange avec de l'éiher, qui précipite l'amygdaline ; on la recueille et on la comprime entre deux papiers sans colle , pour la débarrasser d'une gra.-.de partie de l'huiie grasse; on la lave à i'éther, et on la t'ait redissoudre dans l'alcool bouillant, . d'où elle dépose, cristallisée par le refroidissement (Soubeiran).
On comprend maintenant qu'en se servant de l'amygdaline, suivant l'indication donnée plus haut par Liebig et Wœhler, on aura toujours une préparation identique; on pourra calculer la quantité d'acide cyanhydrique et d'huile essentielle d'Amandes amères qui se forment par la réaction de l'émulsine et de i'eau sur l'amygdaline, tandis que les eaux distillées de laurier-cerise et d'Amandes amères s'altèrent toujours, ainsi que nous le disions plus haut, malgré les précautions que l'on prend pour les conserver.
Lait d'Amandes amères.
Amandes douces, Amandes amères; de chaque : 4 à 6 gr. (1 gros à 1 gros 1/2). Eau de rivière, 500 gr. (l livre).
Sucre, 60 gr. fonces).
Faites une émulsion à prendre dans les vingt-quatre heures, par quart de verre.
Cette émulsion est la plus simple , la moins coûteuse et la plus sûre de toutes les préparations d'Amandes amères. L'huile essentielle et l'acide cyanhydrique qui se forment au contact de l'eau n'ont pas le temps de s'altérer et jouissent de toute leur énergie; aussi avons-nous l'habitude de prescrire cette préparation au lieu d'eau distillée de laurier-cerisl ou d'Amandes amères.
Action physiologique des Amandes amères.
Les propriétés toxiques des Amandes amères étaient connues des anciens. Dioscoride (Mat. méd., livre I? p. 176) rapporte qu'elles donnent la mort aux renards. Wepfer, à une époque plus rapprochée de nous, fit, sur cette substance, d'intéressantps expériences, qui furent répétées par un