‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 31 sur 147 · GOMME AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

GOMME AMMONIAQUE

Suc gommo-résineux, provenant d'une Fersica, les autres par VHeracleum cumulante de la famille des Ombellifères, que miferum; d'autres par le Selinum gummil'on ne connaît pas précisément. Les uns ferum. Enfin , Don l'attribue au Dorema ont pensé qu'elle était fournie par le Ferula ammoniacum qui croît, en Arménie.

GOMME AMMONIAQUE. ±2d

Quelle que soit d'ailleurs l'origine de la fœtida (voyez p. 228). Nous croyons pour- Gomme ammoniaque, ce suc gommo-rési- tant devoir indiquer une préparation spéneux se présente en masses solides, formées ciale, savoir : l'emplâtre de Gomme ammode lames jaunâtres, agglomérées. Cassure niaque qui se prépare de la manière blanche, opaque, nette; saveur amère, acre, suivante : nauséeuse; odeur forte et pénétrante. .

La plus estimée se présente sous la forme Gomme ammoniaque) „ s>

de larmes détachées, dures, blanches ou Alcool à 46„ (21 c^rt> q\

jaunâtres opaques, a cassure conchoide jau- v ' i *• nissant à l'air, d'une odeur forte, à saveur

amère, acre et nauséeuse. On divise la Gommeammoniaque à chaud

Les préparations de la Gomme ammo- dans l'alcool, on passe avec expression, et

niaque sont les mêmes que celles de l'asa on évapore en consistance convenable.

THERAPEUTIQUE.

■ Action physiologique.

La Gomme ammoniaque est stimulante, prononcent encore imperturbablement les auteurs : c'est assez dire, ajoutent-ils, dans quelles maladies elle peut convenir. D'autres, qui ne manquent jamais d'assister aux phénomènes moléculaires, veulent, par l'inspection de ce qui se passe sur le tissu primitivement en contact avec cette substance, expliquer son mode d'action thérapeutique sur des organes éloignés, par l'axiome : duobus doloribus simul obortis, etc., etc., sans songer que le fait, supposé exact, resterait impuissant pour nous rendre compte des effets spéciaux de la Gomme ammoniaque, etc., etc. Mais ce fait n'est rien moins qu'exact: jamais les individus à qui nous avons administré cette substance ne nous ont accusé la moindre action stimulante, soit locale, soit générale. Nousmêmes en avons pris jusqu'à 8 grammes (2 gros) en un instant, sans éprouver aucun des accidents complaisamment indiqués par les auteurs.

Action thérapeutique.

Connue et employée dès la plus haute antiquité, la Gomme ammoniaque, préconisée dans tous les cas où sont utiles les antispasmodiques, se recommande surtout aux praticiens par ses propriétés expectorantes, anticatarrhales, antiasthmatiques. Elle nous a, en particulier, paru fort avantageuse dans les asthmes essentiels, humides, dont les accès se terminent par une abondante expectoration, qui semble en être la crise. La Gomme ammoniaque, en hâtant cette évacuation et en la rendant plus facile, abrège la durée des accès, et s'oppose même à leur retour par l'action qu'elle partage avec les antispasmodiques contre les affections nerveuses.

Dans les catarrhes chroniques qui ne consistent plus, ou presque plus, qu'en une sécrétion exagérée et morbide de la muqueuse des bronches , nous pouvons, comme pour les cas dont il vient d'être question, attester, l'expérience en main, les bons effets de la Gomme ammoniaque. Mais que Ion comprenne bien notre pensée, et que, par erreur de diagnostic, après avoir administré la Gomme ammoniaque dans des maladies du cœur pt des phthisies tuberculeuses, où l'asthme et l'expectoration sont subor*

donnés à des lésions plus graves et inamovibles, on ne vienne pas nous objecter des faits placés en dehors du cercle où nous renfermons l'action utile de cet agent thérapeutique, pour ensuite l'inculper et le discréditer. Murray semble se méfier d'une pareille méprise lorsqu'il dit : Quin ipsis phthisicis opportunuth, si puris ejectio non succedit.

Si, dans les cas d'asthme dont nous avons parlé, l'expectoration est empêchée par la viscosité des crachats, on se trouve très-bien d'unir à la Gomme ammoniaque une quantité égale de savon médicinal. L'alcalinité de ce dernier, fluidifie les produits à expectorer, et favorise ainsi la cessation de l'accès. Sous tous les rapports, on peut la prescrire avec bienfait dans le catarrhe suffocant , affection épouvantablement grave, et qu'on est fort heureux de pouvoir modifier, même faiblement, par une médication quelconque.

Quant à son action spéciale sur l'utérus, exagérée au point qu'Alibert, qui lui refuse toute propriété, même celle qui lui sert à la classer, s'est cru dans l'obligation de la ranger parmi les emménagogues, nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce sujet pour la valériane et l'asa fœtida. Plusieurs praticiens de mérite se louent de son emploi dans les inflammations de la poitrine, lorsque l'expectoration vient à se supprimer. « Si sputa in inflammationibus pectoris morum trahant vel supprimuntur, pectus libérât. » Combinée avec l'oxymel scillitique, ils Font aussi vantée dans toutes les affections atoniques des organes respiratoires.

Comme Murray, nous nous étonnons de voir Cullen attribuer à la Gomme ammoniaque des inconvénients qui ne lui ont jamais été reconnus par ceux qui ont su l'administrera propos. Cet illustre nosologiste serait-il tombé dans l'erreur que tout à l'heure nous avons fait remarquer?

Résumons. Avantages sinon constants, au moins incontestables dans les accès d'asthme humide, ou dans ce qu'on nomme aujourd'hui très-improprement le catarrhe capillaire chronique avec emphysème.

Nos données expérimentales sont insuffisantes pour nous autoriser à émettre une opinion quelconque sur l'efficacité de la Gomme ammoniaque dans la leucorrhée et les maladies organiques le plus souvent incurables, connues anciennement sous le nom d'obstructions vicérales.

Comme fondants, et résolutifs dans les engorgements froids des membres, des glandes et des articulations, on a beaucoup vanté certains cataplasmes faits avec la Gomme ammoniaque délayée et ramollie dans le vin ou le vinaigre.

C'est surtout en pilules qu'on prescrit cette substance. Nous l'administrons aussi souvent en petite masse telle quelle sort des officines. On la donne alors depuis la dose de 75 centigrammes (15 grains) jusqu'à 2 et 4 grammes (1 demi-gros et 1 gros) par jour. Les praticiens la feront, suivant leurs besoins, entrer dans une foule de préparations magistrales qu'il est inutile d'indiquer. (Voyez dans la Pharmacopée universelle de M. Jourdan l'étonnante quantité de formules de toute espèce ou entre la Gomme ammoniaque.)

OPOPANAX, GALBANUM, SAGAPENUM.

OPOPANAX, GALBANUM, SAGAPENUM.

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