‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 59 sur 147 · LICHEN D'ISLANDE · texte numérisé non relu

LICHEN D'ISLANDE

Lichen d'Islande, Cetraria Islandica, Lichen Islandicus, Physcia Islandica, famille naturelle des Lichénées.

Ce lichen est foliacé, sec, cartilagineux, composé de touffes serrées et entrelacées • rouge à la base, gris blanchâtre à la partie

MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

supérieure ; sa hauteur est de 7 à 10 centimètres. Ses fructifications sont des espèces d'écussons d'une couleur pourpre foncé. Il croît sur la terre, les rochers, les montagnes, dans les Vosges, les Alpes, en Islande, dans l'Amérique septentrionale, etc.

Parties usitées. Toute la plante.

L'analyse de Berzéiius y a démontré :

Amidon particulier. Cétrarine ; matière amère, Lichénine; sucre incrislallisable : gomme; cire verte; matière colorante et extractive: matière amylacée insoluble, tartrate et lichénate de chaux.

Le Cétrarin ou la Cétrarine est un corps neutre, incristallisable , très- peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, plus soluble encore dans une liqueur alcaline.

C'est la substance active du Lichen d'Islande. La matière amylacée se gonfle sans se dissoudre dans l'eau froide; elle se dissout dans l'eau bouillante et, par le refroidissement, se prend en gelée. Cette substance amylacée contenue dans le Lichen donne à la plante des propriétés alibiles. Les habitants de l'Islande, à l'aide de lavages répétés, privent le Lichen d'une partie de son principe amer, le font sécher, le réduisent en farine et en forment des espèces de pâtes ou de bouillies, en le faisant cuire avec du lait. Ce Lichen peut être suppléé par le Scyphophorus pyxidatus, le Cenomyce rangiferina, le Sticta pulmanacea et les Lichens foliacés ou rameux, ainsi que par la Variolaire, Variolaria discoidea (Pers.), laquelle possède une amertume extrême.

Tisane de Lichen.

On dépouille le Lichen d'une partie de son principe amer par une première infusion, puis on fait bouillir ensuite pendant une heure 8 grammes (2 gros) do Lichen, dans suffisante quantité d'eau, de , manière à faire un litre de tisane. Si l'on veut que le Lichen conserve toute son amertume, il faut l'indiquer dans la prescription.

Faites une décoction concentrée de Lichen, passez avec expression, laissez déposer la liqueur et décantez ; remettez sur le feu ; ajoutez-y le sucre et la colle de poisson que vous aurez préalablement ramollie par une macération dans une petite quantité d'eau froide; remuez continuellement jusqu'à ce que la liqueur entre en ébullition, et laissez bouillir jusqu'à ce que la matière soit assez concentrée pour se prendre en gelée par le refroidissement.

Si l'on veut que le Lichen soit dépouillé de son principe amer, il faudra avoir fait infuser préalablement le Lichen une ou deux fois.

Gelée de Lichen au quinquina.

Pr. : Lichen d'Islande, 60 gr. (2 onces).

Sirop de quinquina, 200 (6 onces).

Colle de poisson, 4: (1 gros).

Opérez comme il a été dit pour la gelée de Lichen.

Gelée de Lichen.

Pr.: Lichen d'Islande, 60 Sucre, 120

Colle de poisson, 4

u-am. (2 onces).

(4 onces).

(1 gros).

Gelée de Lichen desséchée.

Pr. : Lichen d'Islande, 500gram. (1 livre). Sucre blanc, 500 (1 livre).

Privez le Lichen de son principe amer, faites bouillir pendant une heure, passez avec expression ; ajoutez le sucre, évaporez à consistance d'extrait épais, faites séchera l'étuve, pulvérisez et conservez en flacon bouché.

Cette poudre sert à préparer extemporanément la gelée de Lichen, en la faisant bouillir avec du sucre et de l'eau commune.

Pâte de Lichen.

Pr. : Lichen, 500 gram.(l livre).

Gomme arabique, 2500 (51ivres).

Sucre blanc, 2000 (4 livres).

Privez le Lichen d'une partie de son principe amer, faites bouillir, passez avez expression, ajoutez la gomme arabique et le sucre, et évaporez jusqu'à consistance d'une pâte ferme.

THERAPEUTIQUE.

Action physiologique.

Nous avons dit plus haut que la gelée de Lichen était essentiellement alibile. La propriété nutritive de la poudre de Lichen est évaluée par certains auteurs à la moitié de celle de la farine de froment (Murray, App. med., t. V, p. 504). Cette propriété analeptique est précieuse; aussi le médecin doit la connaître, car, dans quelques circonstances, il ne doit pas hésiter à nourrir, s'il le faut, son malade avec cette substance.

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