POIVRE
contenant intérieurement une seule graine. Pommade poivrée.
Le fruit entier , quand il est desséché .- . . i . , „
est noirâtre, ridé à sa surface, et porte P°ivre no,r en Poudre fme' J Part-
le nom de Poivre noir. Dépouillé de la Axonge, 4
partie externe et charnue de son péricarpe, mêlez. Employé comme irritant topique.
la graine, qui est jaunâtre, est désignée sous
le nom de poivre blanc. Cette graine se dis- Cataplasme 'rubéfiant.
tingue par un double endosperme.
Le Poivre est très-aromatique et très-âcre. Orge ou avoine légèrement torréfiée et pul-
II contient, suivant l'analyse de M. Pelle- vérisée, 120gram. (4 onces).
tier : pipérin, huile concrète acre, huile vo- Vinaigre, 30 (1 once),
latile balsamique,, matière gommeuse., ma- Blanc d'œufs, n° 3.
tière extractive, acide malique, acide tar- Eau. q. s. trique, amidon, bassorine.
Le pipérin parait être le principe actif du Mêlez à froid, de manière à faire une es-
Poivre; pour ,1e préparer, on fait un extrait pèce de pâte que l'on étend sur de la toile,
de Poivre à l'alcool, et on le reprend par et que l'on saupoudre avec
une dissolution de potasse caustique à 20°: ~ . ,.-...
on étend d'eau et on filtre. La matière res- Poivre Pulvérise, 30 gram. (1 once) .
tée sur le filtre est lavée avec soin; on la ~ . p .
reprend par l'alcool chaud pour avoir le pi- lemture de Poivre.
périn cristallisé. Poivre noir, . 1 part.
Poudre de Poivre.
Alcool à 80° (30° Cart.), 4
Faites macérer pendant quinze jours et On pulvérise le Poivre sans résidu. filtrez.
THERAPEUTIQUE.
îl est déjà recommandé par Celse. Cet illustre écrivain, qui a excellé en hygiène et en thérapeutique, s'exprime ainsi dans son chapitre qui a pour titre : Curatio horroris in febribus. Si nec balneum quidem profecit, antè accessionem allium edat, aut bidat calidam aquam cùm pipere, siquidem ea quoquè assumpta calorem movent qui horrorem non admittunt. La lecture de ce chapitre prouve que Celse ne confondait pas les fièvres intermittentes avec les continues. Dioscoride a aussi parlé très-explicitement de l'emploi spécial du Poivre dans ces circonstances. Le Poivre, dit-il, tant pris en breuvage qu'appliqué, guérit et ôte les frissons et tremblements qui précèdent les fièvres qui ne sont pas continuelles. Les faits rapportés par Van Swieten et Murray pour infirmer cette vertu du Poivre et détourner de son usage par le souvenir des accidents fébriles, inflammatoires, cérébraux, thoraciques qu'on l'a vu déterminer chez des malades atteints de fièvre intermittente, ces faits n'ont pas empêché des praticiens de nos jours d'en rajeunir l'emploi.
C'est Louis Franck qui le premier y est revenu à l'imitation de ce qu'il avait vu pratiquer chez les Orientaux, et a traité par le Poivre en grains cent soixante-dix malades, qui tous ont guéri aussi rapidement qu'avec le quinquina, et ont offert moins de disposition aux rechutes. La dose employée par ce praticien était de 30 à 50 centigrammes (6 à 10 grains), une, deux, trois et jusqu'à quatre fois par jour, sans considération pour l'époque présumée de l'invasion de l'accès. Il évacuait préalablement les premières voies lorsqu'elles étaient dans des conditions qu'on sait réclamer ce traitement préparatoire, et regardait le Poivre comme contre-indiqué dans les fièvres intermittentes vernales, à cause de la forme un peu sanguine
qu'elles revêtent dans cette saison. Un grand nombre d'autres médecins étrangers ont suivi cette médication, et en ont rapporté de nombreux exemples de succès. L'un deux, le docteur Riedmiller, de Nuremberg, a traité ainsi fort heureusement plus de cinq cents malades.
Pris en grains, et c'est sous cette forme qu'il est employé dans les fièvres intermittentes, ainsi que dans quelques dyspepsies, il a une action moins énergique qu'en poudre, et cette première manière d'administrer le Poivre à titre d'excitant dans les maladies atoniques des voies digestives, est toujours préférable à la dernière. Il y a une infusion vineuse de Poivre qui se donne à la dose de k à 5 cuillerées par jour.
On a proposé de remplacer le Poivre par la Pipérine, principe immédiat découvert dans le Poivre noir par Oersted, de Copenhague.
Cette substance, qui paraît contenir tout ce qu'il y a d'actif dans le Poivre, a été essayée contre les fièvres intermittentes à Ravennes, par M. le docteur Meli. Les résultats ont été assez heureux pour que ce médecin, ainsi que plusieurs de ses confrères italiens, prônassent la Pipérine au désavantage du quinquina. En France, on n'a pas pris la peine de constater si cet engouement était ou non fondé sur une expérience éclairée. La Pipérine s'administre en pilules ou sous la forme naturelle et cristalloïde, à la dose de 2, 4, 6 et 8 grammes en vingt- quatre heures.