PRODUITS PAR LE VIN
Vin antiscorbutique (Codex).
Pr. : Racines fraîches de raifort , 32 part. Feuilles récentes de Cochlearia, 16
— — cresson, 16
— ■— trètle d'eau, 16 Semences de moutarde noire
concassée, 16
Chlorhydrate d'ammoniaque, 8 Vin blanc généreux, Ï000
Alcoolat de Cochlearia, 16
Après huit jours de macération, l'on passe et l'on filtre.
On compose aussi une bière anliscorbutique (sapinette), mais qui est peu usitée a cause de sa facile altération.
Graine d'un arbrisseau de la famille des Rubiacées, tribu des Gofféacées, nommé Coffosa Arabica, parce qu'il était principalement cultivé dans l'Arabie Heureuse, mais qui paraît originaire des montagnes de \'Abyssinie, où il croît en abondance et spontanément.
.Caractères génériques. Cal ice à cinq dents, corolle tubuleuse, infundibuliforme; tube court; limbe plane; étamines saillantes.
Baie cérasiforme , ombiliquée , contenant deux nucules à parois minces , dont les grains offrent un sillon profond sur leur face interne, qui est plane.
Fleurs axi Maires.
Caractères spécifiques. Coffsea Arabica.
Arbrisseau haut de 5 à 6 mètres (15 à 18 pieds). Feuilles opposées, pétiolées, glabres, pourvues de deux stipules lancéolées et caduques. Fleurs blanches, presque sessiles, de la |;randi'ur de celles du jasmin d'Espagne et d'une odeur suave. Calice à cinq dents, turbiné; corolle hypocratériforme.
Cinq étamines saillantes hors du tube de la corolle. Ovaire à deux loges, contenant chacune un seul ovule. Fruit de la grosseur . d'une petite merise, renfermant deux nucules accolées par leur côté interne qui est plane.
Ainsi que Péligot l'avait fait pour le thé, Payen, dans un travail récent, a voulu établir les propriétés éminemment nutritives du Café, dont il donne l'analyse suivante :
Cellulose, . 34
Eau hygroseopique, 12
Substances grasses, 10 à 13 Glucose, dexlrine, acide végétal
indéterminé, 15,5 Légumine, caséine (glutine), 10 ■Chloroginate de potasse et de caféine, 3,5 à 5 Organisme azoté, 3 Caféine libre, -0,8 Huile essentielle concrète, 0,001 Essence aromatique, 0,002 Substances minérales, 6,997
Total,
Pour obtenir l'infusion de Café la plus agréable, il faut torréfier légèrement la graine en la soumettant d'emblée à une température de 250° environ, jusqu'à ce qu'elle ait une couleur plutôt rousse que brune; ensuite on doit se contenter de'jeter de l'eau bouillante sur le Café réduit en poudre, et prendre les premières portions du liquide filtré.
La caféine est un alcaloïde découvert par Runge; elle est blanche, inodore, légèrement amère,cristalliséeen filaments soyeux, volatils. Pour l'obtenir, on épuise le Café par l'alcool bouillant ; on évapore à consistance d'extrait, et l'on sépare par l'eau. On ajoute dans la liqueur aqueuse de l'hydrate d'oxyde de plomb qui se combine avec la matière colorante et se précipite de couleur jaune-serin. On filtre et on concentre en consistance de sirop clair; la caféine cristallise, on l'exprime et on la purifie par le charbon.
Soumis à la torréfaction , le Café perd beaucoup de propriétés et en acquiert de nouvelles. Il se développe surtout ce principe particulier qui fait de l'infusion de Café une boisson si agréable.
Infusion de Café.
Café torréfié en poudre, 10 Eau bouillante, 250
Passez.
?r. (2 gros 1/2).
(8 onces).
Infusion de Café purgative.
Café torréfié en poudre, 10 gr. (2 gros 1/2). Follicules de séné, 5 (1 gros 1/4).
Eau bouillante, ' 200 (G onces).
Passez et édulcorez avec
Sirop defleurs de pêcher, 50gr.(l oncel/2).
Infusion de Café vermifuge.
Il y a quelques différences de composition entre les diverses sortes de Cafés.
Café,
Suie de bois,
Eau bouillante,
Passez. Ajoutez Sirop de mousse deCorse, 50 gr. (1 once 1/2).
10gr.(2grosl/2).
5 (1 gros 1/4).
200 (6 onces).
Les effets physiologiques du Café sont curieux et importants à étudier. Son action principale, celle de laquelle résultent les indications thérapeu-
tiques qu'il est propre à remplir, cette action consiste en ce qu'il stimule ou plutôt éveille le cerveau sans l'échauffer, comme les alcooliques, par exemple, et en ce qu'il développe en outre, chez les gens un peu nerveux, un état d'éréthisme, une disposition spasmodique et vaporeuse assez comparable à celle que nous avons décrite en traitant de la Médication antispasmodique, sous le titre de mobilité. C'est donc sur le système nerveux et très-peu sur le système sanguin que porte l'action du Café. En effet, sous son influence, ce n'est pas le pouls ni la chaleur générale qui se développent, ou si le premier s'accélère, c'est indépendamment de la seconde, ce qui atteste non pas une excitation sanguine, une fièvre artificielle, mais une stimulation nerveuse, une névrose passagère comme sa cause.
Un des caractères les plus remarquables de son action chez les personnes à système nerveux mobile, c'est l'anxiété épigastrique à laquelle il donne lieu; anxiété épigastrique connue de tout le monde et semblable à celle dont on est affecté sous le coup d'une émotion morale. Van Helmont aurait dit qu'il révolte la grande archée. On éprouve alors cet aura émanant du système nerveux viscéral sur lequel nous avons tant insisté dans nos études sur la Médication antispasmodique. Le tremblement des membres est aussi un des effets physiologiques du Café. Ajoutons à cela l'éveil du centre cérébral, la plus grande facilité du travail intellectuel, l'abondance des idées, l'aptitude plus vive des sens à percevoir leurs stimulants particuliers. L'insomnie est aussi un des effets les plus constants du Café. Tous ces phénomènes se remarquent principalement et presque uniquement chez les personnes nerveuses, et non habituées à son usage.
Nous sommes de ces personnes, et nous écrivons ces lignes sous l'influence d'un demi-litre de Café fort concentré. Nous ressentons à un degré très-marqué l'état nerveux et vaporeux dont il est question, et un grand nombre d'individus interrogés sur les effets qu'ils éprouvent du Café, accusent principalement une manière d'être identique à celle à laquelle nous attachons le plus d'intérêt, savoir l'état vaporeux essentiel et primitif que nous avons soigneusement défini ailleurs. L'insomnie, la disposition indéfinie à l'état de veille, sont de même chez nous invariablement produites par le Café. Nos urines se trouvent aussi notablement augmentées, et elles sont limpides, instar aquse è rupibus scaturientis. Ce phénomène est capital comme venant à l'appui de notre opinion sur la nature de l'état organique passager que détermine le Café chez les personnes en qui l'habitude n'a pas émoussé la puissance de cet agent. Chez celles, au contraire, qui en boivent habituellement, l'affection vaporeuse n'est pas développée; seulement il y a une activité cérébrale un peu accrue ou seulement maintenue.
Puisque cet état nerveux artificiel a quelque analogie avec celui que nous avons dit être calmé par les antispasmodiques, la Valériane en particulier, nous avons voulu savoir jusqu'à quel point nous pourrions nous en rendre maître à l'aide de ce remède. En conséquence, au moment où se faisait le plus pleinement sentir l'influence excitatrice spéciale du Café, nous avons pris un demi-gros de poudre de Valériane. Notre pouls battait
alors quatre-vingt-deux fois par minute au lieu de soixante-quinze qu'il offrait avant l'ingestion du Café. Le sentiment de chaleur intérieure, la température de la peau, ne s'étaient en rien accrus. Cette fièvre produite par les stimulants de la circulation est si loin d'exister chez nous par l'effet du Café, qu'actuellement plusieurs personnes remarquent que nous avons sensiblement pâli. Le tremblement des mains est aussi un phénomène que nous constatons.
Une heure après avoir pris les deux grammes de Valériane, notre pouls était descendu à 70 par minute. Nous ne dirons pas que l'anxiété épigastrique si intense que nous ressentions ait été dissipée par la Valériane, mais assurément elle n'augmenta plus dès ce moment, fut moins fatigante et moins durable surtout qu'elle ne l'est dans d'autres cas, lorsque, par exemple, après le repas, nous ne faisons que prendre une demi-tasse de Café léger.
Or l'expérience de ce que nous éprouvons alors sous l'influence de cette petite quantité, nous porte bien à penser que sans la puissance antispasmodique si considérable de la Valériane, l'énorme quantité de Café trèsconcentré que nous nous étions administrée aurait eu des effets plus prononcés et surtout plus prolongés que ceux que nous éprouvons. On comprend très-bien d'ailleurs comment les antispasmodiques sont impuissants à faire cesser un état nerveux causé par un stimulant qui circule avec le sang et reste appliqué à l'économie tant qu'il n'est pas digéré, et surtout éliminé par les émonctoires appropriés. Nous avons prévu avec soin cette condition en appréciant l'action thérapeutique relative des antispasmodiques.
Mais un autre fait vient puissamment déposer en faveur des idées que nous avons exposées dans ce volume, et aussi en faveur de la nature que nous assignons aux phénomènes nerveux provoqués par l'usage du Café : ce fait, c'est la cessation de l'état vaporeux dans lequel nous avait jeté cette boisson, par une forte alimentation. En effet, cet état a été complètement détruit par l'influence d'un repas copieux et d'une bonne assimilation.
Les effets physiologiques que l'excellent Murray attribue au Café confirment trop nos propres observations pour qu'ici nous ne rapportions pas ses propres paroles comme corroborant les nôtres et en étant corroborées : « Hujus stimulo, calor, anxietas, cordis palpitatio, pervigilia adscribenda, quse quidam, imbecilliori systemate nervoso instructi, àmodico adeo usu percipiunt, tantoque manifestiùs quo saturatihs decoctum fuerit. Insigniora mala emergunt excessu: cephalalgia, vertigo, tremor artuum, pusillanimitas, exanthemata faciei, etc.; kystericum et hypochondriacwm malum gignit et auget, etc. Ceci est le langage grave, mesuré, exact, de la science et de la vérité. Un écrivain moins judicieux que celui que nous venons de citer accuse le Café de maux bien plus grands; mais c'est un chef de secte, qui a plus que la vérité à dire, un système à faire triompher, c'est Hahnemann qui parle :
Le sérieux réfléchi de nos ancêtres, s'écrie le chef des homœopathes , la
solidité des jugements, la fermeté dans la volonté et dans les résolutions , toutes ces qualités qui distinguaient jadis le caractère national des Allemands, s'évanouissent devant cette boisson médicinale. Et qu'est-ce qui les remplace ? Des èpanchemen^s de cœur imprudents , des résolutions , des jugements précipités et mal fondés, la légèreté , la loquacité , la vacillation, enfin une mobilité fugitive et une contenance théâtrale. Je sais bien que pour abonder en imagination luxurieuse, pour composer des romans lubriques, des poésies badines et piquantes, V Allemand doit boire du Café. Le danseur de ballet , l'improvisateur, le jongleur, le bateleur, l'escroc et le banquier au jeu de pharaon, ainsi que le virtuose-musicien moderne, avec sa vitesse extravagante , et le médecin à la mode partout présent , qui veut faire quatre-vingt-dix visites de malades en une seule matinée, tout ce monde-là a nécessairement besoin de Café.
De toutes les modifications organiques par lesquelles s'est révélée chez fcious l'action du Café, une des moins douteuses et des plus prononcées , que nous avions déjà pu constater dans d'autres circonstances, c'est celle qu'il exerce sur le sens génital pour en affaiblir l'énergie. ïl n'est pas à notre connaissance d'anaphrodisiaque capable de réduire à une impuissance plus absolue. Hecquet , Simon Pauli , lui ont de même attribué cet effet. En Orient, il passe généralement pour abattre les désirs vénériens. Murray rapporte à cet égard une singulière anecdote : Conjux sidtani Mahmed , equum castrari cernens , ab horrendâ encheiresi jussit abstineri, et equo Coffxam propinari, eu jus efficaciam in marito exploratam haberet. Willis avait observé cette propriété anaphrodisiaque du Café : Vulgaris observatio passim dictitat in quantum Coffœœ poiatores nimii Veneris impotentix obnoxii evadunt.
11 n'est pas aussi bien prouvé qu'il rende les femmes stériles, malgré d'assez nombreuses assertions. Un fait d'analogie existe seulement : c'est que les femmes vaporeuses , sujettes aux spasmes , etc., sont moins fécondes que celles qui sont d'une constitution opposée.
Maintenant nous sommes plus en état d'étudier, de concevoir et d'utiliser l'action thérapeutique du Café; car ses indications et ses contre indications résultent immédiatement des effets que nous venons de lui reconnaître.
Une expérience vulgaire a consacré l'usage du Café dans les céphalalgies, surtout celles qui surviennent après le repas chez les personnes nerveuses, et mieux encore peut-être chez les sanguines. Ainsi les légères migraines y cèdent presque toujours. Des médecins rationalistes établiraient à cet égard de nombreuses et capitales distinctions , et pourtant l'empirisme domestique fait mieux ici que la science la plus sévère, et le Café est en possession de guérir presque tous les maux de tête, ceux au moins qui sont idiopathiques et ne sont pas le prélude ou le symptôme d'une fièvre, d'une maladie aiguë, etc.
La propriété qu'a le Café d'éveiller le cerveau et les sens, de chasser le sommeil, d'activer toutes les fonctions cérébrales relatives à la manifesta»
tion de la pensée, a sans doute fait naître l'idée de combattre par son secours la stupeur, le narcotisme spontanés, les affections apoplectiformes, puis bientôt analogiquement, les mêmes accidents artificiellement produits par les substances stupéfiantes, l'opium en particulier.
Willis, dans son ouvrage qui a pour titre : Diatribe, de medicamentorum operaiionibus, range le Café parmi les agents anti hypnotiques : liquor Coffœx ad narcosim pellendam summè effîcax.
Depuis ce temps il n'a pas cessé d'être conseillé dans les maladies soporeuses, les hébétudes des sens , les dispositions aux apoplexies, même sanguines, chez les personnes d'un certain âge , d'une habitude molle, d'une complexion replète, chez les vieillards somnolents, engourdis, voraces, dont la mémoire s'affaiblit, etc. , etc. L'état nerveux que développe le Café est opposé à cette diathèse et à toutes ces conditions.
Il n'y avait de là qu'un pas pour utiliser le Café dans le narcotisme des intoxications par l'opium et toutes les préparations stupéfiantes : l'analogie* n'a pas été trompeuse ; et si le Café ne neutralise pas chimiquement les agents que nous venons de citer, au moins prévient- il et empêche-t-il leur puissance stupéfiante, et peut-il quelquefois seul faire cesser tous les accidents d'un empoisonnement. Tout le monde connaît sa propriété de dissiper les fumées du vin, de retarder ou de tempérer l'ivresse. M. Orfila a constaté qu'il était sans influence contre les terribles effets de l'acide hydrocyanique.
Chez les personnes caractérisées plus haut, le Café accélère les digestions; et si l'on en croit de très-nombreux témoignages, ainsi que les inductions auxquelles on est naturellement conduit par l'analogie et le rai« sonnement, cette délicieuse boisson peut produire la diminution de l'embonpoint. Mais tant de gens accablés d'obésité font usage du Café, que pour cette classe d'individus au moins, les propriétés desséchantes de cette infusion sont bien faibles. L'état nerveux, l'insomnie, les dyspepsies constantes et profondes, etc., qu'il fait naître chez d'autres personnes, peuvent bien déterminer l'amaigrissement ou empêcher cet excès dans l'action des forces nutritives d'où résulte l'accumulation de la graisse.
On se rappelle aussi ce que nous avons dit de notre propre expérience sur le Café au commencement de cet article , savoir, que loin d'animer notre système sanguin, la forte quantité que nous nous étions administrée, nous avait fait pâlir.
Juncker mentionne une circonstance qui fortifie notre témoignage particulier. Voici ce qu'il dit à ce sujet : Certior adhuc valetudinis offensa puellis imminet, quse pulverem decoctarum fabarum cupide vorant ad pallorem faciei, scilicet venustiorem sibi gignendum. Hic sane, si indè reportetur, deformior erit naturali rubore et vecordise juxtà ac Isesx sanitatis argumentum.
Ce fait important et ce que nous avons dit des personnes nerveuses et surtout des femmes des villes auxquelles le Café donne des dyspepsies, une mobilité spasmodique (et on sait combien les flueurs blanches sont
souvent associées à cet état de l'économie), seraient donc une raison pour ajouter foi à ce que plusieurs auteurs racontent de cette boisson comme très-propre à déterminer la leucorrhée. C'est surtout au Café au lait qu'on a imputé cet effet, et il y a certainement moins de motifs pour qu'il le produise que l'infusion aqueuse pure. Toutefois le fait paraît avéré. Nos expériences nous ont prouvé que le Café était diurétique, et bien d'autres l'ont noté avant nous et l'ont en conséquence conseillé contre la gravelle : Urinant movendo, sabulum et calculos minores pellit. (Murray.)
M. Martin Solon a employé le Café avec succès dans la forme adynamique des fièvres typhoïdes. Les excitants du système circulatoire nous paraissent dans ce cas mieux indiqués, et l'expérience leur a aussi donné la préférence. Cependant nous avons quelquefois éprouvé l'incontestable efficacité du Café dans ces circonstances.
Nous avons fait un usage fort utile du Café dans la période du choléra que nous appelons période de réaction typhoïde ou période d'asphyxie chaude. Les malades éprouvent alors un état soporeux et une adynamie avec inertie de la circulation capillaire contre laquelle l'infusion du Café nous a réussi malgré une fièvre quelquefois assez vive.
De nombreuses observations attestent l'efficacité du Café dans le traitement des fièvres intermittentes. Sur quatre-vingts malades atteints de fièvres intermittentes, à qui en Russie, à l'université de Dorpat, le docteur Grindel a administré le Café tantôt torréfié et en infusion à la dose de 32 grammes (1 once) dans 576 grammes (18 onces) d'eau réduites à 190 grammes (6 onces), tantôt en poudre à la dose de 1 gramme 1/2 (1 scrupule), dans l'apyrexie, tous ont très-bien guéri, à l'exception de huit. Les habitants de la Morée, d'après le docteur Pouqueville, coupent infailliblement leurs fièvres intermittentes avec un mélange de Café et de suc de citron. Murray avait déjà indiqué ce mode d'administration. Coutanceau, Jacques Thomson et une foule d'autres ont aussi vu ou constaté par eux-mêmes la réussite du Café dans ce cas.
Une des maladies contre lesquelles le Café a été employé et est familièrement encore, avec le plus de succès, employé tous les jours, c'est l'asthme nerveux périodique. Musgrave, Robert Brie, en parlent dans ce sens, ainsi que Pringle, Percival. L'auteur d'un bon traité sur l'asthme, Floyer, qui lui-même avait souffert pendant cinquante ans de cette affection, s'en soulageait heureusement par ce moyen. Laennec le conseillait aussi, et les vieillards asthmatiques savent bien y chercher du calme à leurs angoisses. 11 faut, dans ces cas, le prendre à fortes doses et trèsconcentré.
M. le docteur Jules Guyot a beaucoup vanté le Café contre la coqueluche. Il le donne après chaque repas à la dose d'une cuillerée à café jusqu'à deux ans, d'une cuillerée à dessert jusqu'à quatre ans, d'une cuillerée à bouche au delà de cet âge. La coqueluche la plus caractérisée et la plus opiniâtre, cède, dit-il, à ce moyen dans l'espace de deux à quatre jours au plus. Nous n'avons pas été aussi heureux que M. Guyot, et le Café nous
a été d'un faible secours dans la coqueluche. Nous ne le croyons pourtant pas dénué de toute efficacité.
Les propriétés anticalculeuses attribuées au Café, et dont nous avons dit un mot, peuvent être accréditées par cette remarque, que la gravelle est presque inconnue en Orient et aux Antilles, où l'on fait une si énorme consommation de la fève de l'Yémen. La même observation est applicable à la goutte.
Les contre-indications du Café sont faciles à comprendre d'après ce que nous avons dit de son action physiologique et des cas où son emploi thérapeuthique nous a paru légitime. Les femmes vaporeuses, les hypochondriaques, devront surtout vivre dans une grande abstinence de cette boisson. Pomme et Tissot se sont fortement élevés contre son usage chez ces sortes de malades. Le célèbre Juncker, dans son Conspectus therapix generalis, insiste sur cette recommandation : Hypochondriacos et fœminas otiosas, dit-il, in angores quosdam internos, palpitationern cordis veltremo* rem artuum conjicit .
Le Café jouit comme le thé, dont nous parlerons tout à l'heure, de la propriété de soutenir et de produire pour un temps l'effet de l'alimentation. Il est certaines professions, celle du mineur, par exemple, où, sous ce rapport, le Café joue un rôle important. Le mineur qui supporte des travaux si pénibles se soutient en grande partie par l'usage du Café. Il semble que cette boisson fixe l'état de la nutrition et ralentisse le mouvement de décomposition, car elle ne nourrit pas directement. Cette propriété se rapporte à celle que nous lui avons reconnue sur le système nerveux viscéral.
Les doses et modes d'administration du Café nous semblent inutiles à indiquer. Chacun peut les fixer. Nous finissons en faisant des vœux pour que la thérapeutique ait plus souvent recours à ce moyen actif, et que les médecins l'utilisent surtout chez les malades qui n'y étaient pas habitués pendant leur état de santé ; mais bientôt ces personnes seront rares.
Hahnemann n'a peut-être que le tort de l'exagération lorsqu'il accuse le Café d'avoir concouru à la production des maladies vaporeuses, plus communes depuis un ou deux siècles qu'avant cette époque. Tissot et bien d'autres avaient déjà soupçonné ce rapport.
Nous avons dit ailleurs que l'infusion de Café jouissait de la propriété très-curieuse de neutraliser la saveur désagréable de certaines substances, telles que le sulfate de magnésie, les sels de quinine, etc. ; aussi depuis quelque temps a-t-on mis ce procédé en usage ; mais d'après l'observation de M. Quévenne, pour opérer avec succès, il est important de porter l'infusion de Café à l'ébullition au contact de la substance dont on veut détruire la saveur.