PARIÉTAIRE
La Pariétaire, Parietaria officinalis, L. (herbe de Notre-Dame, perce-muraille, cassepifrre),est une plante vivace de la famille des Urticées. Elleesttrès-commune dans les fentes des vieux murs et le long des haies.
Caractères génériques. Calice court, évasé, à quatre divisions: quatre étamines à filaments tubulés, recourbés avant la fécondation, se redressant alors avec élasticité et devenant plus long que le calice; ovaire supère, ovoïde; style filiforme; stigmate en pinceau; une seule graine luisante, ovoïde, au fond d'un calice persistant.
La tige de la Pariétaire est rameuse, cassante ; les feuilles alternes, pétiolées, ovoï-
des , sont pubescentes et rudes au toucher ; les fleurs sont petites; verdâtres, agglomérées dans les aisselles des feuilles; dans chaque groupe, on observe plusieurs fleurs hermaphrodites et une seule fleur femelle.
On emploie tonte la plante, qui paraît devoir ses propriétés diurétiques à lagrande quantité d'azotate de potasse qu'elle contient.
On donne la Pariétaire en tisane (deux à quatre pincées par livre d'eau). On l'administre aussi assez souvent en lavement. Son eau distillée entre dans plusieurs potions diurétiques.
CAINÇA.
CAÏNÇA.
Le Caïnça (kainça, kaïnça, cainça) est la racine du Cioccoca anguifuga , Martius ; Ch. racemosa, L.; arbrisseau appartenant à la famille des Rubiacées, pentandrie monogynie de Linné, et qui croît au Brésil et aux Antilles.
La racine de Cainça est rameuse, composée de radicules cylindriques , longues d'un pied environ; son écorce estbrunâire; peu épaisse, offrant des fissures transversales; elle entoure le corps ligneux qui est blanchâtre, à cassure, criblé de trous lorsqu'on l'examine à la loupe ; il se sépare facilement de l écorce.
Ce qui caractérise surtout l'écorce de Cainça, ce sont des nervures très-apparentes qui parcourent longitudinalement ses gros rameaux. Rnspiré en masse, il a à peu près l'odeur du jalap; sa saveur est trèsâcre et très-amère, et fort désagréable, surtout celle de l'écorce, dans laquelle paraissent résider les propriétés de cette racine.
Analyse. D'après MM. Pelletier et Caventou, la racine de Cainça contient :
Matière grasse verte, d'odeur vireuse; acide caïncique, matière jaune extractive et amère, matière colorante visqueuse.
Cet acide caïncique a été considéré comme le principe actif; il est formé d'oxygène, d'hydrogène et de carbone.
Décoction de Caïnça.
Pr. : Écorce de racine de Caïnça, 8 gram. Eau froide, 250
On fait macérer pendant quarante-huit heures, puis on fait bouillir dix minutes et l'on passe. On administre cette dose en deux fois (docteur François).
Extrait de Caïnça.
Pr. : Racine de Caïnça, Alcool à 50° cent.,
i part, q. s.
On obtient le sixième du poids de la racine en extrait (Béral).
Tin de Caïnça.
Pr. i Caïnça,
Vin de Malaga,
1 part.
Faites macérer pendant huit jours et filtrez.
Sirop de Caïnça.
Pr. : Sirop de sucre, ' 500 gram.
Extrait alcoolique de Caïnça, 3 gram. 50 cent.
On dissout l'extrait dans un peu d'eau, on filtre ; on ajoute au sirop bouillant et on laisse évaporer. Ce sirop contient 20 centigrammes (4 grains) d extrait de Caïnça pour 32 grammes (l once). M. Béral a préparé aussi un sirop au vin, ainsi qu'un saccharolé de Caïnça, lequel contient 1 gramme et demi (24 grains) d'extrait par once, et correspond à 3 grammes (2 gros) de racine.
Parmi les diurétiques végétaux, nous citerons encore, en indiquant seulement : la Chimophylle à ombelle, la Viosmée crénelée ou Buchu, la Busserolle (déjà citéeà l'article des astringents), la racine du Pareira brava, la Bugrane ou arrête-bœuf, le Câprier, la Turquetle, le Ceterach, l'Alkekenge, etc.
Alkekenge ou Coqueret des vignes (Physalis Alkekengi). Cette plante, qui est employée depu is longtemps comme diurétique, et que M. le docteur Gendron vient de préconiser comme fébrifuge, est très-voisine de la Morelle : elle présente une corolle rutacée à cinq divisions, cinq étamines conniventes par les anthères, calice gamo-sépale. accreocent et entouré complètement; le fruit, qui est une baie rouge, lisse, succulente, de la grosseur d'une cerise, entre dans la composition du sirop de chicorée composé.
C'est le calice réduit en poudre que M. Gendron emploie comme fébrifuge.
Des ombellifères aromatiques que nous avons déjà étudiées, plusieurs sont également diurétiques, telles qaeYAche, le Persil, le Cer\euil, etc. On retrouvera dans les purgatifs le Colchique d'Automne, dont l'action se porte au si sur l'appareil urinaire pour en stimuler la sécrétion, et parmi les excitants balsamiques, les baies de Geniè^ vre, décrites plus loin, qui jouissent aussi de cette propriété.
Depuis peu de temps seulement ; la racine de Caïnça , déjà employée comme diurétique dans le Brésil, est usitée chez nous. MM. Caventou et
François l'ont introduite dans notre Matière médicale, et lui ont reconnu des propriétés toniques indépendamment d'une action diurétique fort prononcée. Ses effets s'étendent aussi au tube digestif, dont elles sollicitent les excrétions à la manière d'un minoratif.
Modes d'administration et doses.
On prescrit la racine de Caïnça en poudre à la dose de 1 gramme et demi à 2 grammes (1 scrupule à 1 demi-gros) par jour; 8 grammes (2 gros) pour 1 kilogramme (2 livres) d'eau font une infusion diurétique assez constante dans son action. Il y a un extrait de Caïnça qu'on administre à la même dose que la poudre. La teinture se donne à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros), et l'acide caïncique à celle de 1 gramme 25 centigrammes à 3 grammes 75 centigrammes (1 à 15 grains) sous forme pilulaire.
C'est principalement dans les hydropisies dites essentielles , celles qui ne sont pas entretenues par une cause organique locale, que l'usage de cette écorce présente les plus beaux résultats. Dans les hydropisies symptomatiques elles-mêmes , son intervention n'est pas inutile; car elle évacue presque toujours les collections séreuses; et quoique ces collections se reproduisent tant qu'on ne parvient pas à détruire les causes, l'usage de la racine de Caïnça n'en est pas moins utile contre les effets souvent dangereux et toujours pénibles de la pression mécanique ou de la distension des tissus occasionnées par ces collections.
Le Caïnça n'agit pas aussi efficacement dans le cas de catarrhe vésieal.
M. le professeur Fouquier a donné avec succès la racine de Caïnça dans plusieurs cas d'hydropisie ; il a employé la formule suivante:
Poudre de Caïnça, 4 grammes (1 gros).
Gomme en poudre, 1 gramme 4/2 (30 grains).
Sirop de miel , q. s. pour un électuaire.
Le malade consommait une ou deux fois par jour cette dose d'électuaire. Sous l'influence de cette médication, les hydropisies ont diminué, et la guérison a suivi.
Il y a contre-indication de l'emploi de cette racine : 4° dans les hydropisies aiguës qui succèdent quelquefois brusquement aux fièvres éruplives, notamment à la scarlatine; 2° lorsqu'il y a inflammation de l'estomac et des intestins; il importe, dans ces cas, avant d'administrer le Caïnça, de recourir aux délayants et aux antiphlogistiques.
On peut ordonner cette racine en décoction, à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros) par pinte de véhicule; ou bien en poudre depuis 2 grammes à 2 grammes et demi (40 à 50 grains) jusqu'à 8 grammes • (2 gros) ; elle s'administre également sous forme d'extrait aqueux de 60 centigrammes à 1 gramme 20 centigrammes (12 à 24 grains). (Bull, thérap. t. XIII, p. 9.)