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PETITE CENTAURÉE

La petite Centaurée, Genlîana rentau- divisions ; anthères roulées en spirale ;

rîum , Chironia ceniaurium , Erythrœa ovaire surmonté d'un style bifurqué, por-

centaiirium, est une plante de la famille tant deux stigmates distincts; capsula

des Gentianées, genre Erythraea. allongée, uniloculaire, bivalve.

Caractères génériques. Calice à cinq di- Caractères spécifiques. Plante annuelle,

visions linéaires profondes; corolle à cinq tige un peu quadrangulairo de 30 centi-

8« ÉD. — T. ir. 35

54G MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTIIÉNIQUES.

mètres de hauteur; feuilles opposées, ses- Extrait de Centaurée

siles, ovales; Heurs roses, disposées en ^Exiractum Centaurium).

panicule ; 1 etamiiie dépassant a peine le ^ '

tube de la corolle ; ovaire allongé, li- Sommités sèches de Cenîaurée. . 1,000.

uéaire. Eau distillée bouillante 8,000.

Parties usitées. Les sommités fleuries.

La petite Centaurée a une saveur fran- Réduisez les sommités de Centaurée

chement amère. L'analyse y a démontré en poudre grossière ; faites les infuser

les principes suivants : pendantdouze heures dans G parties d'eau.

Matière extractive amère, acide libre. Passez avec expression à travers i ne

matière muqueuse, extractifs, sels. toile, laissez déposer, traitez le marc de

On ne prescrit que l'infusion, l'extrait, la même manière, avec le reste de l'eau,

la poudre, lesquels se préparent comme Concentrez au bain-marie la première

il est dit plus haut pour la gentiane. infusion; ajoutez la seconde, après l'avoir

La petite Centaurée fait partie des es- amenée à l'état sirupeux, et évaporez, pèces amères du Codex, lesquelles sont jusqu'en consistance d'extrait mou. les feuilles de gcrmandrée, ou petit M. M chu a retiré de l'Extrait aqueux chêne (Teucrium chaniœdrys) ; les som- de petite Centaurée une matière cristalmités d'absinthe {Absinlliium officinale) ; lisée l'Erythro-centaurine, qui doit ce les sommités de petite Centaurée, que nom à la propriété qu'elle a de rougir à l'on mêle à parties égales. l'exposition solaire.

Les sommités fleuries de petite Centaurée sont utiles dans les cas oii les amers sont indiqués. Quant à ses propriétés fébrifuges, nous ne les regardons pas comme mieux démontrées que celles de la Gentiane. L'infusion et la décoction de Centaurée donnée dans ces fièvres rémittentes vernales qui cèdent spontanément au bout de sept à huit jours, valent mieux que les tisanes féculentes ; c'est là, certes, le seul avantage bien réel qu'elles présentent. On conseille particulièrement la Centaurée dans les mêmes circonstances que le colombo, le quassia amara, le simarouba et la gentiane. (Voyez plus haut.)

CENTAURÉE. CHARDON BÉNIT. BLUET. CHICORÉE. HOUX, ARTICHAUT. LILAS. BENOITE, etc.

Le genre Gentaurea, de la famille des Garduacées, renferme trois espèces employées en médecine : le Chardon bénit, le Chausse-trape et le Bluet.

Le Chardon bénit, Cenfaurea benedicla, a joui jadis d'une grande réputation dans le traitement des empoisonnements par les venins animaux et dans celui de la peste. Autrefois, il n'était recherché qu'à cause de son amertume, et à ce titre on le regardait seulement comme stomachique. Nativelle en a retiré, en 1837, le en îs in, corps neutre cristal- Hsable en aiguilles satinées, fusible et non volatil, très-amer, quoique peu soluble dans l'eau. Il se dissout mieux dans l'eau bouillante ; soluble en toutes proportions dans l'alcool et l'esprit de bois.

Ce principe parait exister dans toutes les cynarocéphales amères. On

CENTAURÉE. CHARDON BÉNIT. 5i7

l'a essayé avec quelques succès dans les fièvres intermittentes, mais il a. l'inconvénient de produire des vomissements.

On donne les sommités fleuries de cette plante à la dose de 15 à 30 grammes en infusion.

La Chausse-trape ou Chardon étoile, Centaurea calcitrapa. Cette plante a été, vers la fin du dernier siècle, vantée comme un fébrifuge indigène aussi puissant que le quinquina. Clouet, en 1787, publia dans le Journal de médecine militaire, t. VI, le résultat de plus de deux mille expériences tentées sur les soldats de la garnison de Verdun, expériences qui prouvent l'efficacité de la Chausse-trape dans le traitement des fièvres intermittentes. L'exagération dans les chiffres de Clouet devait mal faire présumer de l'efficacité de son remède, et les expériences tentées par les médecins de nos jours ont été loin de sanctionner les résultats de notre compatriote, bien que Valentin, Lando et Buchner aient également regardé ce médicament comme capable de guérir la fièvre intermittente.

Aujourd'hui il est employé seulement comme stomachique, au même titre que les amers les moins héroïques.

On emploie toutes les parties de la plante, fleurs, tiges et racines. En poudre, le Chardon bénit se donne h. la dose de 8 à 15 grammes. Pour une infusion, on prescrit une quantité Ijeaucoup plus considérable, 60 à 100 grammes, par exemple.

Le Bluet, Casse-lunette, Centaurea cyanus, a encore des propriétés moins importantes que les deux dont nous venons de parler. On fait des collyres avec l'infusion de ses fleurs,

La Chicorée sauvage, Cichorium intybus, de la famille des Chicoracées, a des feuilles d'une amertume assez agréable. On les mange en salade, et à ce titre elles conviennent assez bien aux personnes dont le ventre est resserré, à cause de leurs propriétés un peu laxatives. En décocticr, elles servent à composer une tisane fort bonne dans le cours des fièvres intermittentes vernales et automnales, et qui rétablit assez bien les fonctions digestives. Elle entre dans la composition des sucs d'herbes dépuratifs.

C'est avec la racine de Chicorée torréfiée qu'on prépare le café, dit do. Chicorée, qui est un excellent tonique et le meilleur succédané du café administré en infusion.

Le Houx, Jiex aquifolium, Aquifolium officinale, est le type de la famille des Aquifoliacées.

Les feuilles de Houx, conseillées vaguement comme sudorifiques et comme antiarthritiques, sans doute à cause de leur amertume, n'ont acquis que vers la fin du siècle dernier une importance thérapeutique que nous croyons usurpée.

548 MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

Durande [Histoire de la Société royale de médecine, t. I. p. 342), ayant connu une personne étrangère à la médecine qui prétendait guérir la fièvre intermittente avec de la poudre de feuilles de Houx, voulut soumettre lui-même ce médicament à l'expérimentation. D'après les faits qu'il a recueillis, il déclare qu'en donnant avant l'accès 4 grammes de feuilles de Houx desséchées et pulvérisées, il supprimait plus sûrement les fièvres intermittentes qu'avec le quinquina.

Malgré ces grands résultats, le Houx était tombé dans l'oubli, quand M. Rousseau, médecin à Paris, essaya de lui rendre sa réputation perdue {Nouv. journ. deméd., t. XIV, 1822). Les expériences de M. Rousseau, répétées par M. Saint-Amand, deMeaux, et reprises en 1829 par M. Rousseau lui-même, mais sur une plus grande échelle, amenèren.t ces médecins à conclure que les feuilles de Houx étaient aussi efficaces que le quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. M. Chomel,. en 1830, eut le désir de savoir lui-môme à quoi s'en tenir sur ces vertus fébrifuges, et il choisit, comme sujet d'expérience, vingt-deux malades atteints de fièvre intermittente. Mais avant de donner la poudre de Houx, il voulut juger quelle serait l'influence de la simple expectation chez ces vingt-deux fébricitants. Dix-neuf guérirent spontanément à l'aide d'un régime émollient ou légèrement antiphlogistique. Les trois autres avaient, l'un une fièvre quarte, deux une fièvre quotidienne. Le Houx leur fut inutilement administré à la dose de 30 grammes, et même de 90 grammes; ils guérirent au contraire fort aisément avec la quinine. Si donc, imitant tous les expérimentateurs que nous avons tant de fois cités à propos des prétendus succédanés du quinquina, M. Ghomel eût donné d'emblée la poudre de Houx à ses vingt-deux malades, on aurait pu conclure à dix-neuf succès quand tout l'honneur revenait à la nature. Quoi qu'il en soit, quelques autres médecins ont voulu conserver au Houx la réputation usurpée que Durande et M. Rousseau lui avaient acquise ; mais jusqu'au jour où, procédant avec la prudence de M. Ghomel, ils auront obtenu des résultats heureux de l'emploi des feuilles de Houx dans le traitement des fièvres intermittentes, nous persisterons à regarder ce médicament comme une des nombreuses inutilités de la Matière médicale.

On a encore conseillé comme succédanées du quinquina les feuilles et les tii^es de V Artichaut, Cynarascolymus, famille des Gynarocéphales ; et les capsules du Lilas^ Syinnga vulgaris, famille des Jasminées. Dans certaines contrées du Berri, la poudre des feuilles d'Artichaut est employée par les paysans dans le traitement des fièvres intermittentes : nous avons vu des gens qui nous disaient s'être guéris et en avoir guéri d'autres par ce moyen ; mais nous voudrions, avant d'y croire, avoir constaté nous-mêmes ces résultats.

Dans le Journal des connaissances médico-chicurgicales, on lit deux mémoires qui préconisent l'emploi du suc d'Artichaut dans le traite-

ARTICHAUD. LILAS. BENOITE. TULIPIER. 5i\>

ment du rhumatisme chronique ou aigu. Les faits ne nous semblent nullement probants, et il est vraisemblable que l'Artichaut n'est guère plus utile dans le rhumatisme que dans la fièvre intermittente.

Toutefois il est assez probable que les éléments astringents contenus dans r Artichaut rendraient son extrait ou son infusion utile dans le traitement de quelques diarrhées apyrétiques, ou dans les maladies de l'estomac qui s'accompagnent d'une supersécrétion morbide.

Quant au Lilas, il n'était pas connu dans la Matière médicale, lorsque, en 1822, M. Cruveilhier, qui exerçait alors à Limoges, publia, dans un opuscule intitulé : Médecine éclairée par l'anatomie, une note sur l'emploi de l'extrait des capsules de Lilas dans le traitement des fièvres intermittentes. 11 donna cet extrait à six malades, qui guérirent tous, même une femme âgée de soixante et dix ans qui avait la fièvre quarte depuis vingt-trois ans. Bientôt quelques médecins de Bordeaux s'empressèrent de répéter ces essais, mais ils n'obtinrent pas les succès annoncés par M. Cruveilhier [Notice des travaux de la Société de méd. de Bordeaux, 1822, p. 9). Depuis cette époque, il n'a rien é'é publié sur ce médicament, qui, probablement, n'aurait jamais dû sortir de l'obscurité dans laquelle il était jusque-là resté.

La Benoîte, Geum urbanum, est une espèce du genre Geum, de la famille des Rosacées. Son nom pharmaceutique est caryophillata, caryophyllée. Quoique quelques-unes des propriétés de la Benoîte eussent été indiquées par Linné, par Ovelgun, par Haller, par Cranz, par Werlhoff (voyez Murray, App. med., t. III, p. 124), cependant elle a dû une célébrité assez grande à Buchlave, de Copenhague {Observât, circa radicis Gei urbani, seu caryophyllatœ virt., 1781 ; Acta regiœ Societatis medicœ ffafniensis, t. I, 1783), qui vante la racine de cette plante comme un puissant fébrifuge. 11 la regardait en outre comme antispasmodique et antiseptique. Il donnait la racine à faible dose, de 4 à 8 grammes, on poudre, en opiat, en décoction, en extrait. Weber et Koch, son élève, l'employèrent sur près de deux cents malades atteints de fièvres intermittentes avec engorgement du foie. Ils se louent beaucoup de ce médicament {De nonnulloram febrifugorum virtute, et speciatim Gei urbani radicis efficacia; Kiliœ, 1782). Ils guérirent de même des fièvres simples et des fièvres larvées. A côté de ces témoignages, nous devons rapporter ceux de Lund (Murray, j4/?^. mec?., t. III, p. 129), qui ne put, parce remède, guérir les malades atteints de fièvre intermittente. Enfin, les expériences de M. Bretonneau ont confirmé le témoignage de Lund, et mis la Benoîte à côté du Houx, du Lilas, etc., etc., la racine de Benoîte est amère et astringente; à ce titre, elle peut, comme le Colombo, être utile dans le traitement des affections chroniques du tube digestif. Nous renverrons donc à ce que nous avons dit du Colombo, du quassia amara et du simarouba.

Le Tulipier, Liriodendrum tulipifa^a, arbre dis jiouveau monde, ap-

mO MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

partenant à la famille des Magnoliacées, jouit, selon quelques auteurs, dans le traitement de la fièvre intermittente simple, d'une efficacité qui le céderait peu au bon quinquina. M. Bouchardat dit y avoir trouvé : huile essentielle, pipérin, résine molle acre, alcali végétal particulier, tannin, pectine, gomme, ligneux, sels.

PERSIL. APIOL.

Le Persil, Apium petroselinum, de la famille des Ombellifères, a été jusqu'ici peu employé par les médecins; mais il jouit d'une grande vogue dans la pratique populaire.

La racine de Persil, administrée en décoction, est diurétique, et elle est très-usitée dans les campagnes pour combattre les engorgements des viscères abdominaux, les obstructions, l'hydropisie, etc. Les graines, données en infusion, sont carminatives, et à ce titre on les emploie avec quelque avantage dans les gastralgies flatulentes. Les feuilles de Persil sont résolutives ; appliquées fraîches et contuses, elles peuvent être utiles dans certains engorgements extérieurs, notamment des mamelles, quand ces engorgements sont peu inflammatoires.

Mais il est une autre propriété du Persil sur laquelle nous devons insister d'une manière plus spéciale : nous voulons parler de sa propriété tonique et surtout fébrifugo.

Déjà Peyrille et Haller avaient cité V apium graveolens et V apium palustre comme antipyrétiques. Après eux, on avait vu quelques médecins recommander le Persil officinal comme moyen de couper la fièvre intermittente. Dans ces derniers temps surtout, le docteur Péraire, de Bordeaux, avait préconisé dans les fièvres d'accès un certain nombre de préparations de Persil; parmi ces préparations, il donnait assez généralement la préférence aux feuilles desséchées et surtout au suc exprimé de cette plante.

Toutefois l'usage du Persil, comme fébrifuge, était très-peu répandu dans la pratique médicale, lorsjue MM. Joret et Homolle vinrent attirer l'attention sur ce médicament, et signaler surtout le fruit de V apium petroselinum comme doué d'une vertu antipériodique bien supérieure à celle des autres parties de la plante.

Pour obtenir une action fébrifuge, ce fruit, sous forme de décoction, doit être administré à assez haute dose : ainsi de 100 à 123 grammes pour un litre d'eau. Il importe d'ailleurs que cette décoction soit préparée au moment de s'en servir, à cause de sa très-prompte altérabilité, surtout dans la saison chaude. L'odeur de cette décoction est nauséabonde et vireuse; sa saveur est tout à la fois amère et piquante et devient ensuite douceâtre.

MM. Joret et Homolle, après avoir employé exclusivement, pendant

PERSIL APIOL. 531

plusieurs années, la graine de Persil pour combattre les fièvres intermittentes, et lui avoir reconnu des propriétés manifestement utiles, se livrèrent à des recherches chimiques sur celte substance; et, grâce à ces recherches poursuivies avec persévérance, ils parvinrent à en extraire un principe immédiat particulier qui constitue la partie vraiment active du Persil, Ils donnèrent à ce principe immédiat le nom à'ApioL

Après avoir ainsi isolé ce principe, nos auteurs le soumirent à l'expérimentation clinique, et ils obtinrent des résultats tels qu'ils n'hésitèrent pas à le présenter comme un succédané du quinquina.

Nous allons d'ailleurs emprunter au mémoire publié par MM. Joret et Homolle les principaux caractères qu'ils ont reconnu à ce nouvel agent thérapeutique.

L'Apiol a l'aspect d'un liquide jaunâtre, oléagineux, tachant le papier à la manière des corps gras. Son odeur rappelle un peu celle du fruit pulvérisé, tout à fait sui generis. L'Apiol est soluble dans l'alcool, dans l'éther et dans le chloroforme.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

A la dose de SO centigrammes h 1 gramme, l'ApioI détermine une surexcitation cérébrale légère, rappelant celle que produit le café ; cette surexcitation s'accompagne d'un sentiment de force et de bien-être avec chaleur épigastrique légère. A plus haute dose, comme de 2 à 4 grammes, l'Apiol donne lieu aux symptômes qui caractérisent l'ivresse : étourdissements, vertiges, céphalalgie frontale gravative, titubation; en un mot, l'ivresse apiolique est tout à fait analogue à l'ivresse quinique ; et MM. Joret et Homolle ne manquent pas de signaler l'importance de ce rapprochement.

Ainsi donc le principe actif du Persil réunirait la plupart des caractères appartenant aux toniques, c'est-à-dire qu'il agirait comme stimulant spécial de l'innervation ganglionnaire et des fonctions vitales communes dont les toniques ont pour effet commun d'augmenter l'énergie.

Outre cette action tonique, MM. Joret et Homolle ont encore reconnu à l'Apiol une vertu emménagogue tellement manifeste, qu'ils n'hésitent pas à le placer, à cet égard, au-dessus de tous les médicaments de cette classe. Ainsi, à la dose de 20 à 30 centigrammes par jour, et continuée pendant la huitaine qui précède l'époque menstruelle, cette substance réussirait le plus souvent, soit à rappeler les règles lorsqu'elles sont supprimées depuis un temps plus ou moins long, soit à régulariser la fonction lorsqu'elle est ou irrégulière ou insuffisante et qu'elle s'accompagne de tranchées et de douleurs abdominales ou utérines.

Cette propriété emménagogue de l'Apiol a été reconnue par MM. Galligo et Poggeschi, de Florence [Bulletin de thérapeut., 1861, t. H, p. 279), et par M. Marotti [id., 1863, t. H, p. 293).

En raison de sa saveur désagréable, l'Apiol s'administre le plus ordi-

bS2 MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHENIQUES.

nairement dans des capsules gélatineuses. Chaque capsule renferme 25 centigrammes de cette substance. En général, quand il s'agit de combattre une fièvre intermittente, on donne une ou deux capsules, et même plus, dans l'intervalle des accès. Dans ce cas, d'ailleurs, MM. Joret et Homolle recommandent expressément de suivre, dans l'administration de ce remède, les mêmes règles que l'expérience a consacrées pour l'emploi du sulfate de quinine. Comme emménagogue, l'Apiol se donne à l'époque présumée des règles à la dose d'une capsule matin et soir.

Ici, nous devons le déclarer, comme notre expérience personnelle est tout à fait nulle, nous ne pouvons nous permettre de porter un jugement sur les propriétés attribuées à ce nouveau médicament; mais après avoir pris connaissance des observations assez nombreuses recueillies tant par MM. Joret et Homolle que par d'autres médecins, nous serions assez portés à reconnaître à l'Apiol une certaine valeur comme antipériodique. Ainsi, d'après les faits cités, ce nouveau fébrifuge paraît avoir une action efficace dans les fièvres intermittentes franches et sans complication, telles qu'on les observe le plus généralement dans nos contrées. Mais quand on aura affaire à des fièvres intermittentes graves, surtout pernicieuses, et généralement à celles qu'on observe dans les pays chauds, la prudence commandera toujours de recourir de préférence à la quinine, qui conservera longtemps une incontestable supériorité sur tous les fébrifuges d'invention moderne.

Ajoutons d'ailleurs, avant de terminer, que la propriété tonique et antipériodique de l'Apiol pourrait encore être utilisée dans certaines névralgies intermittentes; du moins quelques succès obtenus par MM. Joret et Homolle autorisent de nouveaux essais en ce sens. D'autre part, quelques faits sembleraient devoir faire espérer quelques bons résultats de ce médicament contre les sueurs nocturnes des phthisiques. Rappelons enfin que MM. Joret et Homolle attribuent à ce médicament une propriété emménagogue des plus efficaces. Mais sur ces divers points de thérapeutique très-délicats, nous laisserons à l'expérience ultérieure le soin de prononcer en dernier ressort.

CAIL-GÉDRA.

Uécorce du Cail- Cédra, ou Quinquina l'objet d'une analyse de la part de M. Ca-

du Sénégal, est produite par une espèce ventou fils, qui n'y a pas trouvé d'alca-

d acajou, le Swietenia ou Khaya Senega- loïde, mais un principe neutre amer qu'il

lensts. Cette écorce, employée comme fé- a nommé cail-cédrin. Cette écorce est

bril'ug-e par les noirs de la Gambie ainsi employée en décoction, que l'écorce des divers Swietenia, a été

LICHEN D'ISLANDE

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