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BAOBAB

Boabab, Adansonia digitata (Malvacées) estleplus grandarbre que l'on connaisse : c'est Adanson, célèbre botaniste voyageur, qui le premier l'a fait connaître; il a vu de ces arbres auxquels on pouvait attribuer plus de six mille ans d'existence; il croît en Afrique depuis le Sénégal jusqu'en Abyssinie.

Cet énorme végétal renferme dans toutes ses parties un principe mucilagineux très-abondant; le fruit, qu'on appelle pain des singes, renferme une pulpe aigrelette et sucrée dont on prépare une boisson employée contre les fièvres; les feuilles pulvérisées constituent le Lalo, préconisé par Adanson contre la fièvre intermittente; mais le docteur Duchassaing, de

la Guadeloupe , a préconisé l'écorce de Boabab comme bien préférable aux feuilles pour combattre les fièvres ; des expériences ont été faites récemment, mais elles ne sont pas assez nombreuses pour qu'on puisse en tirer une conclusion.

M. Duchassaing emploie l'écorce de Boabab sous la forme suivante :

Ecorce de Boabab.

Eau

30 grammes. 1 litre.

Faire bouillir jusqu'à réduction d'un tiers. M. Duchassaing assure qu'il a vu réussir cette décoction dans les cas où les plus fortes doses do ^ilfate de quinine restaient sans effet.

FERROCYANURE DE POTASSE ET D'UREE.

M. Baud a préconisé ce sel contre les fièvres intermittentes ; le procédé de préparation est tenu secret ; tout ce que nous pouvons dire, c'est que ce corps, d'après les expériences de JNIM. Rabourdin et Huraud, serait un simple mélange de cyanure jaune de potassium et de fer et d'urée ; la quantité de celle-ci varie, d'a-

près M. Huraud, de 4 à 16 pour 100. On comprend combien une pareille substance doit varier dans son action thérapeutique : d'ailleurs son analyse n'a fait que prouver ce que les règles de la chimie avaient prévu. L'expérience n'a pas confirmé les résultats si pompeusement «annoncés par M. Baud.

LICHEN D'ISLANDE

Lichen d'Islande, Cetraria Islandica, Lichen Islandicus, Physcia Islandica, famille naturelle des Lichénées.

Ce Lichen est foliacé, sec, cartilagineux, composé de touffes serrées et entrelacées ; rouge à la base, gris blanchâtre à la partie supérieure ; sa hauteur est de 7 à 10 centimètres. Ses fructifications sont des espèces d'écussons d'une couleur pourpre foncé. Il croît sur la terre, les rochers, les montagnes, dans les Vosges, les Alpes, en Islande, dans l'Amérique septentrionale, etc.

Parties usitées. Toute la plante.

L'analyse de Berzélius y a démontré :

Amidon particulier, Célrarine; matière amère, Lichénine; sucre incristallisable; gomme ; cire verte ; matière colorante et extractive; matière amylacée insoluble, tartrate et lichénate de chaux.

Le Cêtrarin ou la Célrarine esi un corps neutre, incristallisable, très-peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, plus soluble encore dans une liqueur alcaline.

C'est la substance active du Lichen d'Islande. La matière amylacée se gonfle sans se dissoudre dans l'eau froide; elle se dissout dans l'eau bouillante, et, par le refroidissement, se prend en gelée. Cette substance amylacée contenue dans le Lichen donne à la plante des propriétés alibiles. Les habitants de l'Islande, à l'aide de lavag?s répétés , privent le Lichen d'une partie de son principe amer, le font sécher, le réduisent en farine et en forment des espèces de pâtes ou de bouillies, en le faisant cuire avec du lait. Ce Lichen peut être suppléé par le Scyphophorus pyxidalus , le Cenomyce rangiferina , le Sticta pulmanacea et les Lichens foliacés

MÉDICAMENTS TOXIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

ou rameux, ainsi que par la Variolaire, Variolaria discoidea (Pers.), laquelle possède une amertume extrême.

Tisane de Lichen.

On dépouille le Lichen d'une partie de son princijje amer par une première infusion, on fait bouillir ensuite pendant une heure 10 grammes de Lichen dans une quantité suffisante d'eau, de manière à faire un litre de tisane. Si l'on veut que le Lichen conserve toute son amertume, il faut l'indiquer dans la prescription.

Gelée de Lichen.

Saccharure de Lichen d'Islande. 75 gr.

Sucre blanc 75

Eau commune 150

Eau de fleurs d'oranger 10

Mêlez les trois premières substances, et faites bouillir pour réunir l'écume à la surface. Relirez du feu, et, lorsque l'écume aura fourni une couche assez résistante, enlevez-la, et coulez la gelée dans un pot où vous aurez pesé d'avance l'eau de fleurs d'oranger.

Les proportions indiquées ci -dessus doivent produire 250 grammes de gelée.

Quelquefois les médecins prescrivent la Gelée de Lichen améj'e. On la prépare en faisant bouillir 5 grammes de Lichen non lavé dans une quantité suffisante d'eau pendant cinq minutes, de manière à obtenir 150 grammes de décoction, qui sont substitués, dans la formule précédente, à 150 grammes d'eau commune.

Gelée de Lichen au quinquina.

Saccharure de Lichen d'Islande. 75 gr.

Sirop de quinquina , 110

Eau 115

Opérez comme il a été dit pour la gelée de Lichen. Les proportions indiquées cidessus doivent produire 250 grammes de gelée.

Pâle de Lichen [Massa de Lichene Islandico).

Lichen d'Islande 500

Gomme arabique 2,500

Sucre blanc 2,000

Extrait d opium 1,50

Eau filtrée q. s.

Mettez le Lichen dans l'eau, et chaufTez jusqu'à l'ébullition ; rejetez cette première eau, et lavez le Lichen à plusieurs reprises. Faites-le bouillir eusuite pendant une heure avec une quantité suffisante d'eau pour obtenir 3,000 grammes de décoction, dans laquelle vous ferez fondre à la chaleur du bain-marie la gomme arabique lavée et concassée. Passez avec expression à travers une toile serrée ; laissez en repos jusqu'à ce que la liqueur soit presque froide. Déca tez, ajoutez

le sucre d'abord, et, vers la fin de l'opération, l'extrait d'opium dissout dans une petite quantité d'eau. Faites évaporer, en agitant continuellement jusqu'en consistance de pâte très-ferme. Coulez celle-ci sur un marbre légèrement huilé; quand elle sera refroidie, essuyez-la avec soin pour enlever le peu d'huile qui y adhère.

Saccharure de Lichen

(Gelée de Lichen sèche).

(Snccharurelum de Lchene Islandico).

Lichen d'Islande.

Sucre blanc. . . , Eau

Mettez le Lichen dans l'eau, et chaufTez jusqu'à lébuUilion. Rejetez cette première eau, lavez le Lichen à plusieurs reprises dans l'eau froide,' faites le bouillir ensuite pendant une heure dans une quantité suffisante d'eau, et passez avec expre sion à travers une toile. Laissez reposer pendant quelque temps; décantez; ajoutez le sucre, et évaporez au bain-marie en agitant continuellement jusqu'à ce que la matèire s àt en consistance très-ferme. Distribuez-la alors dans des assiettes, et achevez sa dessiccation à l'étuve.

Réduisez le produit en une poudre fine que vous conserverez dans des flacons bien bouchés.

Sirop de Lichen {Syrupus de Lichene).

Lichen d'Islande mondé. ... 30 gr.

Eau q. s.

Sucre 1,000

Lavez le Lichen à l'eau froide ; faitesle bouillir dans l'eau pendant quelques minutes pour le priver de son amertume, et rejetez cette première décoction. Lavez de nouveau le Lichen à l'eau froide, et remettez-le sur le feu avec environ un litre d'eau, que vous maintiendrez à l'ébullition pendant une demi-heure. Passez sans expression; ajoutez le sucre, clarifiez avec la pâte de papier, et passez de nouveau lorsque le sirop marquera bouillant 1,27 au densimètre (31 degrés B.).

Tableltes de Lichen.

{Tabellœ cum Lichene Islandico).

Saccharure de Lichen 500 gr.

Sucre blanc 1,000

Gomme arabique pulvérisée. . 50

Eau 150

Faites un mucilage avec l'eau et la gomme mélangée préalablement d'un peu de sucre ; ajoutez le saccharure, puis le reste du sucre, et, lorsque la pâte sera homogène, vous la diviserez en tablettes du poids de i gramme.

LICHEN D'ISLANDE. ^25

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Nous avons dit plus haut que la gelée de Lichen était essentiellement alibile. La propriété nutritive de la poudre de Lichen est évaluée par certains auteurs à la moitié de celle de la farine de froment (Murray, App. med., t. V, p. 504). Cette propriété analeptique est précieuse; aussi le médecin doit la connaître, car, dans quelques circonstances, il ne doit pas hésiter à nourrir, s'il le faut, son malade avec cette substance.

Beaucoup d'auteurs, au nombre desquels il faut placer Borrichius, Bartholin, Haller, Linné (Voyez Murray, loc. cit.), regardent le Lichen comme un peu laxatif, surtout lorsqu'il n'est pas dépouillé de son principe amer. D'autres, au contraire, le croient capable de produire la constipation, ce qui d'ailleurs n'est pas incompatible avec la propriété que nous énoncions tout à l'heure.

D'innombrables travaux thérapeutiques ont été faits sur le Lichen d'Islande, et ce médicament, suivant des témoignages que nous n'acceptons pas sans examen, a été regardé comme d'une incontestable utilité dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Il jouit au Groenland, en Islande, dans le Danemark, d'une réputation en quelque sorte populaire contre l'hémoptysie et la consomption. L'immortel Linné, qui n'était pas toujours exempt d'un peu d'engouement, déclare qu'il a pu, avec de la gelée de Lichen, soutenir pendant longtemps des phthisiques, sans redouter l'action laxative du médicament. Après lui, un grand nombre d'auteurs, au nombre desquels il faut placer un des plus grands praticiens du siècle dernier, Stoll, ont contribué à donner au Lichen d'Islande une réputation curative de la phthisie que, de nos jours, il n'a malheureusement pas soutenue. En lisant ce que les plus graves de ces auteurs ont décrit, on reste convaincu que le catarrhe chronique et la toux fatigante qui accompagne certaines affections de l'estomac, ont été guéris pa l'usage longtemps continué du Lichen. Stoll surtout est explicite sur ce point, que ce médicament convient surtout à ceux dont la constitution est profondément débilitée, et qui sont atteints de catarrhe pituiteux; et Paulizky, le plus zélé partisan du Lichen dans le traitement de la phthisie pulmonaire, indique mieux encore ce qu'il pensait de l'efticacité de ce moyen dans la maladie tuberculeuse; en effet, il sépare formellement la phthisie tuberculeuse des phthisies pulmonaires qu'il pouvait guérir. Tubercula tenacia si pulmones obsident, nulla spes auxilii a Lichene cap: potest^ attamen non nocet (Paulizky, apud Murray, App. med., t. Y, p. 514).

Depuis l'admirable découverte de Laennec, on ne peut plus guère se tromper, comme nos devanciers, sur les symptômes de la phthisie pulmonaire, et bien des observations recueillies dans les temps passés man-

bo6 MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.

quent malheureusement du contrôle d'un diagnostic rigoureux; mais, pour ce qui concerne l'action thérapeutique du Lichen, en admettant, ce que nous faisons volontiers, que tous les cas signalés par les auteurs appartiennent à des affections catarrhales fort différentes de la phthisie, il ne s'ensuit pas moins que ce médicament doit, dans le traitement des affections chroniques du thorax, occuper un rang très-important.

Enfin la gelée de Lichen a encore été conseillée comme aliment dans les diarrhées chroniques chez les adultes qui relevaient d'une maladie grave, et chez les enfants qui supportaient mal, après le sevrage, la privation du lait maternel.

MODE d'administration ET DOSES.

Dans les maladies chroniques de la poitrine, on donne la tisane de Lich'^n préparée suivant le mode que nous avons indiqué plus haut, à la dose de 1 à 2 litres par jour.

La gelée de Lichen se donne, chez les enfants, à la dose de 8 à 15 grammes; chez les adultes, à la dose de 30 à CO grammes par jour. Comme aliment médicamenteux, la gelée se donne à des doses en quelque sorte illimitées.

La gelée de Lichen au quinquina n'est jamais conseillée que comme médicament, à la dose de 40 à 15 grammes par jour.

La pâte de Lichen se mange comme honhon, à la dose de 30 à 60 grammes en vingt-quatre heures.

BÉBEERINE. PIPERIN. ARNICINE. CETRARIN.

AGHILLÉINE.

On connaît depuis longtemps en Angleterre, sous le nom de Green heart (cœur vert) un hois dur, pesant, originaire de la Guyane anglaise, qui est très-employé par les tourneurs et les ébénistes.

Les indigènes de la Guyane désignent ce hois sous le nom de Bébéern. Aussi le docteur Rodie a-t-il nommé Bébéérme le principe actif qu'il en a extrait.

Sir Robert Schombury a placé le Bébéern dans la famille des Lauracées, et il l'a attribué au Nectandra Rodiei. Cet arbre est très-employé à la Guyane dans le traitement des fièvres intermittentes. Après Rodie, c'est le docteur Douglas Matlagan, d'Edimbourg, qui a fait en Europe la réputation médicale de la Bébéérine de M. Rodie, qui, d'après les recherches récentes, serait un mélange de deux bases, la Bébéérine et la Sépirine.

M. Becquerel, qui a expérimenté la Bébéérine à l'état de sulfate, l'a

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