ANGÉLIQUE
V Angélique, Angelica Archangelica esi braneux sur les bords, marqué de stries
une plante vivace de la famille des Om- saillantes et longitudinales, surmonté par
bellifères. les deux styles qui sont divergents.
Caractères génériques. Involucre nul Caractères spécifiques. Racine vivace,
ou de quelques folioles seulement; invo- grosse, allongée, charnue, très-rameuse,
lucelles polyphylles, pétales un peu re- noirâtre à l'extérieur, blanche à l'inté-
courbés en dessus; fruit ovoïde, mem- rieur. Tige cylindrique, grosse, dressée,
ramcusp, creusée intérieurement, striée, fait dos conserves, des liqueurs de table. glabre et couverte d'une poussière glau- Les confiseurs préparent avec ces tiges que, liante de 100 à 130 centimètres, un bonbon délicieux, et qui, mangé lors- Fleurs très-grandes, pétiolées, bi ou tri- qu'il est récent, peut rem|)lacer tous les pinnées; ombelles très-grandes et très- modes d'adminisiration de l'Angélique, nombreuses. Fruit ovoïde, allongé, relevé Les peuples du nord de l'Europe, les de côtes saillantes. Il renferme une liuile l^apons surtout, eu font une incroyable volatile, une résine acre et une substance consommation ?i titre d'aliment, de conamère. diment et de remède. C'est comme L'odeur aromatique suave qu'elle ré- puissant sudorifique et béchique quils pand lui a mérité son nom. On se sert' l'emploient le plus souvent Dès qu'ils resdes liges de l'Angélique avant le déve- sentent la moindre colique, ils se metloppement complet de la plante, ou bien tent .à màcber de l'Angélique comme on des racines de première année, qui ont l'ait du tabac. L'Angélique entre dans la pourtant des qualités médicinales moins préparation de l'eau de mélisse compoprononcées que les jeunes tiges. On en sée, du baume du commandeur, etc.
Après ce que nous avons dit de l'anis, il y a peu choses à ajouter sur l'Angélique, si ce n'est qu'elle a plus que lui des propriétés toniques assez marquées qui la rendent plus recommandable dans les affections muqueuses, les fièvres catarrhales qui laissent après elles une si profonde langueur de l'estomac, et une tendance interminable à cette sécrétion blanchâtre et pultacée qui tapisse alors la muqueuse buccale, et dont la présence est tout à la fois cause et effet de cette inertie désespérante des forces digestives, qui entraîne des convalescences interminables, et peut être la source d'une foule de maux ultérieurs. L'infusion de jeunes tiges de l'Angélique rendra alors des services évidents. Le dégoût insurmontable des malades est souvent vaincu par l'excellente saveur de cette plante prise en infusion ou mâchée, telle que la préparent les confiseurs. Ce premier pas fait, l'Angélique développe sa vertu ; l'estomac, la muqueuse buccale, peuvent assimiler les saburres qui émoussaient leur sensibilité : celle-ci reprenant peu à peu sa vigueur et son type, sa sécrétion recouvre ses caractères ordinaires, l'appétit renaît, et c'était là ce qu'il fallait obtenir ; car, du moment oii il est possible de le satisfaire, les accidents nerveux se dissipent, la fréquence du pouls, les sueurs partielles et affaiblissantes n'ont plus lieu, et les forces se rétablissent. Ce genre de propriété bien apprécié, on sent facilement les cas dans lesquels l'Angélique pourra remplir les indications où l'anis et d'autres ombellifères auraient été inefficaces. Le mélange que quelques nations font de cette plante avec les aliments les plus ordinaires prouve mieux que tout ce qu'on pourrait en dire ses vertus stomachiques et anticoliques. Ce n'est sans doute qu'cà cause de son action sudorifique qu'on lui a attribué des propriétés alexitères, bien que, d'après des expériences de Pringle, elle dût jouir essentiellement de ces propriétés.
Comme analogues et succédanés de l'anis et de l'Angélique, que nous avons adoptés pour types de l'action thérapeutique de cette famille de végétaux, il faut que nous mentionnions le Persil, Apium petroselinum, que nous aurions dû peut-être ranger parmi les excitants spéciaux qui