POIVRE. KAVA-KAVA
Le poivre [Piper) est le fruit du poivre noir [Pifer nigrum), arbrisseau de la famille des Pipérinées.
Caractères du genre Piper. Fleurs nues, sans involucre, ovaire uniloculaire, monosperme ; trois étamines, accompagnées quelquefois d'écaillés irrégulières. Le fruit est une baie monosperme, coriace et prescjue sèche ; tige sous-frutesceute.
Caractères spécifiques. Piper nigrum.
Arbrisseau exotique, sarmenteux ; feuilles alternes, ovales, glabres. Fleurs en chatons, petites, verdàtres, sessiles hermaphrodites. Fruits globuleux, pisilormes, rougeâtres, contenant intérieurement une
seule graine. Le fruit entier, quand il est desséché, est noirâtre, ridé à sa surface et porte le nom de Poivre noir. Dépouillée de la partie externe et charnue do son péricarpe, la graine, qui ost jaunâtre, est désignée sous le nom de Poivre blanc. Cette graine se distingue par un double endosperme.
Le Poivre est très-aromatique et trèsàcre. Il contient, suivant l'analyse de M. Pelletier : pipérin , huile concrète acre, huile volatile, balsamique, matière gommeuse, matière extractive , acide malique, acide tarlrique, amidon bassorine.
Le pipérin paraît être le principe actif
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du Poivre; pour le préparer, on fait un Cataplasme rubd/iant (Trousseau),
extrait de Poivre à l'aleool, et on le re- , • ,' > t x .^. x
prend par une dissolution de potasse Orge ou avoine légèrement torréfiée et
caustique à 20 degrés; on étend d'eau et pulverisec 120 grammes.
on filtre. La matière restée sur le filtre Vinaigre iO ^
est lavée avec soin; on la reprend par olanc cl œuts n» 3.
l'alcool chaud pour avoir le pipérin cris- ^''^'^ ^I- ^•
talUse. Mêlez à froid, de manière à faire une
Poiidi'e de Poivre. espèce de pâte que l'on étend sur de la
toile, et que l'on saupoudre avec :
On pulvérise le Poivre sans résidu. p^-^.^.^ pulvérisé 30 grammes.
Pommade jioivrde. Teinture de Poivre.
Poivre noir en poudre fine. . 1 partie. Poivre noir 1 partie.
Axonge 4 — Alcool à 80 'degrés'. '. '. '.'.'. 4 ' —
Mêlez. Employé comme irritant topi- Faites macérer pendant quinze jours
que. et filtrez.
Il est déjà recommandé par Celse. Cet illustre écrivain, qui a excellé en hygiène et en thérapeutique, s'exprime ainsi dans son chapitre qui a pour titre : Curatio horroris in fehribus. Si nec balncum quidem profecit antè accessionem allium edat, aut bibat calidam aquam cîim pipere, siquidem ea quoqub asswnpta calorem movent qui horrorem non odmittunt. La lecture de ce chapitre prouve que Celse ne confondait pas les fièvres intermittentes avec les continues. Dioscoride a aussi parlé très-explicitement de l'emploi spécial du Poivre dans ces circonstances. Le Poim^e, dit -il, tant pris en breuvage qu'appliqué, guérit et ôte les frissons et tremblements qui précèdent les fièvres qui ne sont pas continuelles. Les faits rapportés par van Swieten et Murray pour infirmer cette vertu du Poivre et détourner de son usage par le souvenir des accidents fébriles, inflammatoires, cérébraux, thoraciques 'qu'on l'a vu déterminer chez des malades atteints de fièvre intermittente, ces faits n'ont pas empêché des praticiens de nos jours d'en rajeunir l'emploi.
C'est Louis Franck qui le premier y est revenu à l'imitation de ce qu'il avait vu pratiquer chez les Orientaux, et a traité par le Poivre en grains cent soixante-dix malades, qui tous ont guéri aussi rapidement qu'avec le quinquina, et ont offert moins de disposition aux rechutes. La dose employée par ce praticien était de 30 à 50 centigrammes, une, deux, trois et jusqu'à quatre fois par jour, sans considération pour l'époque présumée de l'invasion de l'accès. Il évacuait préalablement les premières voies lorsqu'elles étaient dans des conditions qu'on sait réclamer ce traitement préparatoire, et regardait le Poivre comme contre-indiqué dans les fièvres intermittentes vernales, à cause de la forme un peu sanguine qu'elles revêf,ent dans cette saison. Un grand nombre d'autres médecins étrangers ont suivi cette médication, et en ont rapporté de nombreux exemples de succès. L'un d'eux, le docteur Riedmiller, de Nuremberg, a traité ainsi fort heureusement plus de cinq cents malades.
Pris en grains, et c'est sous celte forme qu'il est employé dans les fièvres intermittentes, ainsi que dans quelques dyspepsies, il a une action moins énergique qu'en poudre, et cette première manière d'administrer le Poivre à titre d'excitant dans les maladies atoniques des voies digestives, est toujours préférable à la dernière. Il y a une infusion vineuse de Poivre qui se donne à la dose de 4 à 5 cuillerées par jour.
On a proposé de remplacer le Poivre par la Pipérine, principe immédiat découvert dans le Poivre noir par Oersted, de Copenhague.
Cette substance, qui paraît contenir tout ce qu'il y a d'actif dans le Poivre, a été essayée contre les fièvres intermittentes à Ravennes, par M= le docteur Méli. Les résultats ont été assez heureux pour que ce médecin, ainsi que plusieurs de ses confrères italiens, prônassent la Pipérine au désavantage du quinquina. En France, on n'a pas pris la peine de constater si cet engouement était ou non fondé sur une expérience éclairée. La Pipérine s'administre en pilules ou sous la forme naturelle et cristalloïde, à la dose de 2, 4, 6 et 8 grammes en vingt-quatre heures.
Le Kava-Kava ou Kawa est la racine du Pipei' mefhysficum, étudiée dans ces derniers temps par MM. Morson, O'Rorke, Gobley et Cuzent. On en a extrait un principe cristallisable que M. Cuzent nomme Kavaïne et M. Gobley Methysticin. Comme c'est un corps neutre, ce dernier nom nous paraît plus convenable.
Les Taïtiens et les habitants de la Polynésie préparent avec la racine du Piper methyslicum une boisson très-énivrante qu'ils nomment Kava, ou Kaiva, ou A va.
Les propriétés physiologiques de cette racine sont les mêmes que celles des autres poivriers.
Le Bétel ou Piper metel sert à préparer les masticatoires. Le poivre long ou Piper longum est souvent employé pour remplacer le Poivre noir.
ALISMA PLANTAGO.
Plante de la famille des Alimacées. Les rhizomes frais de l'Alisma Plantago ou plantain d'eau, exhalent une odeur de chlore des plus prononcées. On les administre en poudre à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes, et même J2 à 15 grammes par jour.