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PHOSPHORE

limpide et ne donne jamais de dépôt. Le même auteur prépare un beurre de cacao iihosphoré, en dissolvant dans le neurre de cacao un centième de son poids de Phosphore.

Il faut toujours opérer comme pour l'huile en soumettant le beurre de cacao h la température de 150 degrés et plus, le meilleur mode d'administration do l'huile et de ce beurre est de les mettre sous forme de capsule.

Capsules phosphorées.

M. Dujardin-Beaumelz a fait préparer par M. Protière des capsules analogues aux perles de Clertan, qui contiennent 1 milligramme de Phosphore dissout dans l'huile ou le chloroforme.

Pommade phosphorée {Pomatum phosphoratum).

Phosphore 1

Axonge 100

Mettez l'axonge dans un flacon de verre h large ouverture, bouchant à l'émeri; ajoutez le Phosphore, et tenez le ilacon au bain-marie, en ayant soin d'interposer entre le goulot du flacon et le bouchon un morceau de papier qui laisse une issue à l'air intérieur. Lorsque le Phosphore sera complètement dissous, bouchez exactement le flacon, et agitez jusqu'à parfait refroidissement.

Phosphure de zinc.

Ce corps se prépare, d'après M. Vigier, en faisant arriver sur le zinc en ébullition de la vapeur de Phosphore. L'opération doit se faire dans un courant d'hydrogène sec.

11 se présente sous trois états, cristallisé, boursouflé et fondu. Ce corps est friable, la cassure est vitreuse et douée de l'éclat métallique ; il est facilement attaqué par les acides et même par l'acide lactique.

Le phosphure de zinc n'agit qu'au titre de la moitié du Phosphore qu'il renferme.

M. Vigier indique comme dose 8 milligrammes équivalant à 1 milligramme de Phosphore actif.

Pilules de phosphure de zinc à 1 milligramme de Phosphore actif.

Phosphure de zinc. . 0g'',80 Poudre de réglisse. . 1 ,30 Sirop de gomme. ... 0 ,90 Pour 100 pilules argentées.

Paquets de phosphure de zinc à l milligramme de Phosphore actif,

Phosphure de zinc en

poudre fine 0s'',40

Amidon pulvérisé. . . 3

En 50 paquets.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

A faible dose, le Phosphore agit à la manière des poisons les plus -violents, il brûle et désorganise tous les tissus. Cependant quelques praticiens, et notamment Mentz, Conradi de Northeim, Il andel,Wolf, Alphonse Leroy, Sédillot, etc., introduisirent le Phosphore dans la matière médicale ; on l'employa avec des résultats douteux dans le traitement des fièvres adynamiques et ataxiques, contre l'épilepsie, la leucorrhée, la goutte, le rhumatismeja paralysie, etc.; la propriété la moins contestée est celle qu'on lui attribue d'être aphrodisiaque.

Dans ces derniers temps, M. le docteur Delpech, médecin de l'hôpital Necker, qui nous a fait connaître d une manière si précise les accidents qui surviennent chez les ouvriers en caoutchouc vulcanisé, et chez toutes les personnes qui font usage du sulfure de carbone dont les propriétés anaphrodisiaques et l'action sur le système nerveux sont si remarquables, M. Delpech, disons-nous, connaissant d'ailleurs l'action dissolvante du sulfure de carbone par rapport au Phosphore, a pensé que l'on pourrait rattacher les accidents cérébraux constatés chez les ouvriers en caoutchouc aune diminution dansk quantité des matières grasses phosphorées delà masse cérébrale ; de Icà, l'indication du Phosphore pour combattre les désordres nerveux et l'anaphrodisie.

Le Phosphore en bâton, introduit sous la peau d'un certain nombre d'animaux (grenouilles, cochons d'Inde, lapins), n'a donné lieu à aucun phénomène d'irritation locale dans les expériences de MM. Ranvier, D. Bcaumetz et Adrian. M. Trasbot a observé une fois qu'un semblable bâton a déterminé un abcès, et quand on l'en a retiré, il n'avait rien perdu de son poids. Il n'y a pas eu d'accidents généraux.

11 n'en est plus de même lorsque le Phosphoie a été administré à l'état de grande division ou de solution ; il détermine bientôt les phénomènes propres à l'empoisonnement par le Phosphore : ictère, hémorrhagies, stéatose des organes.

Si l'on a soin de ne pas dépasser la dose de quelques milligrammes, on peut voir le Phosphore agir encore et celte fois avec moins de danger. On observe alors une activité plus grande des mouvements, l'organisme semble plus souple et plus dispos ; il présente de l'hyperesthésie, de l'ardeur et de la fréquence de la miction et des érections plus fréquentes.

Cependant, dans quelques cas, il y a de l'intolérance de la part de l'estomac. MM. Gubler et Moutard-Martin ont dû, dans plusieurs cas, suspendre l'emploi de ce moyen, parce que les malades vomissaient, et M. Delpech a obtenu chez ses malades des purgations abondantes avec 2 milligrammes seulement.

Pour se rendre compte de cette intolérance de l'estomac, M. Gubler a fait quelques expériences; il a vu que l'albumine décompose la solution de Phosphore de zinc, et que la pepsine amylacée, comme la pepsine normale, mêlées au phosphure de zinc, donnent lieu à un dégagement d'hydrogène phosphore.

Voici encore d'autres expériences de M. Gubler. Cet observateur met comparativement dans un tube de la pepsine, de la viande crue et du phosphure de zinc, et dans un autre tube rien que de la viande crue et de la pepsine, et il voit, au bout de peu de temps, la digestion artificielle commencer dans le second tube, tandis qu'aucun changement ne s'observe dans le tube qui contient du phosphure de zinc. Il en résulte, pour M, Gubler, que le Phosphore sera mieux administré au commencement des repas où la quantité de pepsine produite sera assez considérable pour n'être pas arrêtée dans son action par le Phosphore. {Société de thérapeutique, 1868.)

M. D. Beaumeizse loue d'avoir donné le Phosphore à quatre ataxiques. Il y a eu chez trois une amélioration momentanée, marche plus facile, incoordination moins accusée, et les malades ont pu alors monter et descendre les escaliers. M. Pidoux a vu, par ce procédé, les érections reparaître chez un ataxique.

Chez d'autres malades atteints de tremblements alcooliques et soignés

HYPOPHOSPHITE DE SOUDE. 701

par M. Guéneau de Mussy, le Phosphore a paru également bien faire, mais il n'y a pas encore de fait décisif.

Nous rappellerons seulement que le Phosphore est un médicament dangereux, en ce sens qu'il peut amener des altérations mortelles, sans rien en laisser prévoir, et bien que MM. Delpech et Ferrand aient donné du Phosphore pendant plusieurs mois sans produire d'accidents, il faudra ne dépasser jamais la dose de 10 milligrammes et suspendre de temps en temps le médicament.

Enfin ajoutons encore que es ouvriers qui fabriquent les allumettes chimiques sont très-sujets à des maladies parmi lesquelles nous devons signaler la nécrose des maxillaires, qui est chez eux si fréquente et souvent mortelle.

HYPOPHOSPHITE DE SOUDE.

NaO,2HO,PftO.

Nous avons déjà dit ailleurs que le phosphore se rencontrait dans l'économie en assez grande abondance; outre les os qui renferment 90 pour 100 de phosphate de chaux, on trouve encore le phosphore dans l'albumine, la caséine, et d'autres matières albaminoïdes, dans la matiève cérébrale, la laitance des poissons, etc., etc.

En 1857, M. le docteur Churchill, dans un mémoire lu à l'Académie de médecine, a cherché à démontrer qu'une condition essentielle de la diathèse tuberculeuse était la diminution dans l'économie du phosphore qui s'y trouve à l'état oxydable, de là l'application des Hypophosphites et notamment de ceux de soude et de chaux, dans le traitement de la phthisie pulmonaire.

Les Hypophosphites contiennent à poids égal une quantité de phosphore double de celle que l'on trouve dans les phosphites et les phosphates, tous sont avides d'oxygène et se dissolvent dans l'eau et dans l'alcool ; l'Hypophosphite de soude étant parmi ces sels le plus stable, c'est celui là que l'on a préféré.

Lorsqu'on fait bouillir de la chaux avec du Phosphore dans de l'eau, il se dégage de l'hydrogène phosphore, et on obtif^nt de l'Hypophosphite de chaux; si l'on a le soin de saturer l'excès de chaux par un courant d'acide carbonique, après ébullition et fîltration, on obtient l'Hypophosphite de chaux par évaporation ménagée de la liqueur.

Les Hypophosphites de potasse et de soude s'obtiennent par double décomposition, c'est-à-dire en traitant une dissolution d'Hypophosphite de chaux par une solution de carbonate de potasse ou de soude.

M. Churchill a proposé d'employer les Hypophosphites à la dose de 50 centigrammes à 3 grammes contre la diathèse tuberculeuse; et à dose moindre comme prophylactique : on l'administre sous forme de potions.

702 MEDICAMENTS EXCITAîMlS.

Mais malheureusement les faits publiés par MM. Dechambre, Vigla, Riéken, Flachner, sont loin de confirmer les assertions de M. Churchill, et malgré le fait favorable publié par M. Parigot, la cause des Hypophosphites nous paraît définitivement jugée dans le sens contraire à celui que M. Churchill nous a fait connaître.

OXYGÈNE (OXYGENIUM).

De c^û-r, acide, etTfEvvâcd, j'engendre, trique ou d'une flamme. Il est peu so-

Air déphlogistiqué, Priestley il774;; air lubie dans l'eau a la température et à la

éminemment respirahle, air vital et prin- pression ordinaire ; l'eau ne dissout qu'un

fipe oxygine, Lavoisier (1782;. vingt-septième de son volume. Ce gaz

Ce corps simple a été découvert par est associé au plus grand nombre de

Priestley en 1774; ce nom lui fut imposé principes organiques, et aux minéraux à

parce qu'on pensa d'abord qu'il entrait l'état d'oxydes et de sels.

dans la composition de tous les acides et II ne laut pas confondre les eaux oxy-

qu'il produisait seul l'acidité. génatées ou oxygénées par l'introduc-

C'est un gaz élaslique, permanent, tion du gaz oxygène dans l'eau sous

incolore, inodore, insipide, incombus- l'influence d'une pression plus ou moins

tible, mais qui entretient les corps en forte, avec l'eau oxygénée découverte par

combustion et rallume ceux qui sont en Thénard en 1818; cette dernière s'ob-

ignition. 11 fait explosion avec l'hydro- tient par la réaction de l'aride chlorhy-

gène sous l'influence de l'étincelle élcc- drique sur le bioxyde de barium.

HISTORIQUE

Dès que Priestley eut découvert l'Oxygène, il fonda sur cet agent les plus belles espérances au point de vue de la thérapeutique. Il pensa tout de suite que par son action oxydante il pourrait seconder puissamment les appareils d'excrétion. Yoici comment il s'exprimait : « L'augmentation de force et de vivacité qu'acquiert dans cet air la flamme d'une chandelle peut faire conjecturer qu'il serait particulièrement salubre dans certains cas de maladie où l'air commun ne suffirait pas à en évacuer assez promptement l'eflluve putride phlogistique. » Priestley avait été frappé de ce qu'une souris placée dans une cloche pleine d'oxygène pouvait y vivre deux fois plus longtemps que dans l'air commun, et cette observation l'avait conduit à l'idée d'en faire un objet de luxe, de l'employer à purifier l'air des appartements et surtout des salles où se trouvent réunies des foules. Quant à l'usage ordinaire de l'Oxygène, il en eut peur. « Mais peut-être pourrons-nous inférer de ces expériences que le pur air déphlogistiqué, quelque utile qu'il pût être comme remède, ne nous conviendrait pas dans l'état ordinaire de santé. Car tout de même qu'une chandelle se consume plus vite dans l'air déphlogistiqué que dans l'air commun, nous pourrions aussi vivre pour ainsi dire trop vile et les forces vitales pourraient être trop tôt épuisées dans cette pure espèce d'air. »

Ce qu'il y a de frappant, c'est que Priestley, comme les hommes de

OXYGENE. 703

génie, eut immédialemenl conscience des indications et des contre-indications de l'Oxygène, qu'on peut résumer ainsi :

1" L'Oxygène devra être utile pour achever des combustions incomplètes ;

2° Il pourra, dans un moment, suppléer à l'air commun et prévenir ou guérir l'asphyxie ;

3° A la longue, il rendrait les combustions exagérées et serait une cause de consomption.

Ces sages préceptes, qui sont ceux qu'on peut formuler aujourd'hui, auraient dû être mieux compris par ceux qui l'ont suivi. En effet, peu de temps après la découverte de l'Oxygène, on fut tellement enthousiasmé qu'on crut^ comme toujours, tenir un médicament universel, une nouvelle eau de Jouvence ; l'or potable était détrôné. L'exemple de ces illusions qui suivent les grandes découvertes est toujours bon à méditer.

Quand nous lisons que Fourcroy était convaincu d'avoir expliqué par l'action de l'Oxygène la coction des humeurs et la formation du pus, et que, fier de cette belle théorie, il s'écrie que c'est là ce qu'on gagne à chercher les vraies bases de la médecine dans la philosophie de la nature, nous sourions malgré nous, et pourtant nous voyons, à chaque découverte, se produire les mêmes illusions, jusqu'à ce que la valeur de la nouvelle acquisition soit définitivement déterminée. Je ne raconterai donc point toutes les folles tentatives faites à cette époque et tombées aujourd'hui dans l'oubli ; je me bornerai à dire qu'on fonda des instituts pneumatiques qui ne donnèrent pas les beaux résultats qu'on en attendait, si bien que de nos jours l'Oxygène ne faisait pour ainsi dire plus partie de la matière médicale, et que les traités de thérapeutique n'en faisaient plus mention.

S'il est de nouveau question d'utiliser l'Oxygène en thérapeutique, nous le devons à M. Demarquay, qui, après avoir longuement étudié l'action anesthésique de l'acide carbonique, a repris de nouveau l'étude de l'Oxygène, et nous a donné le résultat de ses recherches dans son Essai de pneumatologie médicale, ou recherches physiologiques, cliniques et thérapeutiques sur les gaz. Cet ouvrage, très-riche en documents au point de vue chimique, pour lesquels M. Demarquay a eu recours aux connaissances étendues de M. Lecomte, renferme en outre l'histoire très-complète de toutes les tentatives faites pour tirer parti de l'Oxygène au point de vue thérapeutique, et surtout des expériences toutes neuves et trèsoriginales. Depuis ce temps, un élève de M. Demarquay, le docteur Léon de Lavaysse, a rassemblé dernièrement, dans sa thèse inaugurale, tout ce qui a été fait depuis l'apparition du traité de pneumatologie, si bien que nous voilà à même de juger aujourd'hui dans quelle mesure l'Oxygène, mieux étudié, pourra nous secourir dans le traitement des maladies.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Quand on respire une certaine quantité d'Oxygène, ce que nous avons fait bien des fois, on est frappé de la justesse des observations de Priestley. « La sensation qu'éprouvèrent mes poumons, dit-il, ne fut pas différente de celle que cause l'air commun, mais il me sembla ensuite que ma poitrine se trouvait singulièrement dégagée et à l'aise pendant quelque temps. » Ingenhousz, de même, « s'est senti plus gai, plus robuste, plus d'appétit : son sommeil a été plus doux et plus rafraîchissant qu'à l'ordinaire. » (Jurine, Mémoire couronné par la Société royale de médecine, 1783).

Depuis ce temps, l'action physiologique de l'Oxygène introduit par les voies respiratoires n'a pas appris grand'chose de plus. En général, les inhalations de ce gaz ne déterminent aucune sensation nouvelle, si ce n'est une certaine chaleur dans les voies aériennes (Beddoès). La respiration n'éprouve aucune tendance à s'accélérer, peut-être diminueraitelle un peu. Le pouls se relève et s'accroît de 4 à 20 pulsations. L'appétit augmente un peu. Quant à la température, elle ne paraît aucunement modifiée.

Nous avons recherché bien des fois, alors que nous faisions des recherches sur la température, si l'inhalation d'Oxygène ferait varier le thermomètre, et après l'administration de 15 litres nous n'avons jamais pu constater aucune variation du thermomètre de Leyser.

M. Demarquay n'a trouvé aucune modification non plus dans les sécrétions; mais peut-être n'a-t-il pas poussé assez loin son analyse, carie docteur Kollmann, aide de pharmacie à Munich, a trouvé que les inspirations d'Oxygèfie faisaient diminuer la quantité d'acide urique excrété par l'urine, et, dans deux expériences faites sur lui-même, voici ce qu'il a obtenu :

Une première fois, M. Kollmann examina son urine du matin et trouva que pour 300 grammes, elle contenait 236 rniHigrammes d'acide urique ; le lendemain, la même qucintité d'urine du matin en contenait 2-43 milligrammes, et celle de l'après-midi 137 centigrammes. L'urine normale ainsi déterminée, il se soumit aux inhalations d'Oxygène, et le troisième jour, dans l'après-midi, il aspira 12 litres d'Oxygène. L'urine qu'il examina ensuite ne contenait plus ( pour 300 grammes d'urine ) que 122 milligrammes d'acide urique.

Dans une autre expérience, il détermina encore la quantité d'acide urique renfermée dans son urine normale et la trouva égale à 134 milligrammes pour 300 grammes ; puis il respira 12 litres d'Oxygène le matin et 12 autres litres le soir : le lendemain, la même quantité d'urine n'en contenait plus que 25 milligrammes, et le troisième jour presque plus rien.

Dans une autre expérience faite en commun avec le docteur Eckart, d'Anspach, il fit la même recherche sur un homme atteint d'albuminurie.

OXYGENE. 705

Le malade respirait deux fois par jour 28 litres d'Oxygène et rendait une urine de moins en moins chargée d'acide urique. Voici les chiffres fournis par ces observateurs :

1er jour. Urine normale, 300 grammes, acicly urique. . Oi^ji'à^^

2^ — Après l'inhalation . 0 ,014

Les trois jours suivants #. 0 ,000

En outre, dès le lendemain l'urine contenait moins d'albumine, et au bout de quatre jours n'en contenait plus. Nous reviendrons plus loin sur ce dernier point. {Schmidt'sJahr, 1865, t. I, p. 28.)

C'est là une première conflrmation des vues si précises de Priestley et nous verrons, chemin faisant, avec quelle justesse il avait apprécié la valeur de ce nouveau moyen thérapeutique.

M. Demarquay pense qu'on aurait pu déterminer à priori les effets des inhalations d'Oxygène, en connaissant les effets d'une atmosphère suroxygénée, par exemple ceux de l'air comprimé. Il y a, en effet, quelque analogie entre les effets de l'Oxygène administré en inhalations et les phénomènes éprouvés par les ouvriers qui travaillent sous la cloche à plongeur ou dans le scaphandre. Mais nous ne croyons pas qu'il y ait entre l'effet de ces deux agents une identité aussi grande que le croit M. Demarquay, ainsi que M. Foley. Pour s'en assurer, l'un de nous s'est fait enfermer pendant plus d'une demi-heure dans l'appareil du docteur Gent. Il a éprouvé immédiatement les bourdonnements d'oreille, la pesanteur de tête et les fourmillements des doigts décrits par tout le monde ; jamais nous n'avons éprouvé ces mômes phénomènes avec les inhalations d'Oxygène, ni nos malades non plus.

Dans les expériences très-originales et très-intéressantes de M. Demarquay, il s'agit encore d'inhalations et de leur influence;, non plus sur bs fonctions normales, mais sur les plaies. On voit alors, sous l'influence de l'Oxygène absorbé par le poumon, les plaies récentes faites par l'instrument tranchant prendre une couleur plus rouge, une injection plus vive, et fournir une plus grande quantité de sérosité et de lymphe plastique. Mais cette vascularisation exagérée va bientôt jusqu'à i'hémorrhagie, qui se caractérise d'abord par un piqueté, puis par de petites ecchymoses.

M. Demarquay a introduit l'Oxygène par d'autres voies. Il en a injecté dans le tissu cellulaire sous-cutané, et il a vu, comme Beddoès, que ce gaz ne détermine aucune action locale et qu'il est facilement absorbé. M. Demarquay a injecté ensuite directement de l'Oxygène dans le système veineux, et il a été frappé d'une chose à laquelle on ne s'attendait guère, c'est que le sang de la veine reste noir et qu'il ne devient rouge que lorsque les deux fluides, sang et gaz, ont été intimement mélangés par les mouvements du cœur droit. Il n'y a eu d'exception à cette règle que 8^ ÉD. — T. n. 43

708 MI'DICAMENTS EXCITANTS.

lorsque le sang a été inlroduit, non plus dans le système veineux général, mais dans la veine porte : la coloration rouge s'est produite dans la raie et cet organe a pris une couleur écarlale. C'est un argument de plus à faire valoir en faveur de l'hypothèse des propriétés hémopoiétiques de la rate.

ACTION THÉRAPEUTIQUE

Pour mettre un peu d^rdre dans les nomhreux essais de traitement qui ont été tentés avec l'Oxygène, nous suivrons les indications de Priestley, et nous traiterons d'abord des maladies qui atteignent les fonctions respiratoires, et ensuite de celles qui sont surtout constituées par un trouble des fonctions d'assimilation.

Asphyxie. Aussitôt que l'Oxygène fut découvert, on eut l'idée de l'employer à combattre l'asphyxie, mais on confondait alors, comme on le fait encore souvent aujourd'hui, la suffocation avec la strangulation, la pendaison et l'immersion soit dans l'eau, soit dans des gaz toxiques. Goodwin, d'Edimbourg, en 178G, en étudiant la mort par submersion, crut que, dans ce cas, on meurt par asphyxie, et il inventa une pompe aspirante et foulante destinée à retirer l'écume bronchique et à insuffler du gaz oxygène. Trois ans après, en 1789, Gorcy, de Neuf-Brisach, inventa également une pompe destinée au même usage; ce fut bientôt une manie et l'on vit créer une série d'instruments destinés au même but, appelés /jom^jes apodopniques. Van Marum, de Harlem, en fit une en 1783, Hens Courtois également ; mais cette confusion de la suffocation avec la strangulation, la submersion, etc., fît qu'on n'eut pas beaucoup de succès et que l'Oxygène ne ramenait pas toujours à la vie. Pour cette raison, et pour d'autres, on avait cessé d'employer l'Oxygène dans les asphyxies, et l'on n'y est pas encore revenu de nos jours.

M. Demarquay, probablement parce qu'il est chirurgien, a été appelé rarement à traiter des asphyxiés, aussi n'est-il guère question de cette indiceition dans le traité de pncumatologie, si ce n'est dans un cas où des ganglions volumineux comprimaient la trachée et menaçaient d'une suffocation imminente.

Si les imitateurs de M. Demarquay n'ont pas non plus fait usage de l'Oxygène dans la suffocation accidentelle^, cela tient peut-être à ce qu'on ignore le moyen de s'en procurer immédiatement. Nous avons pu l'employer avec succès dans un cas d'asphyxie par congestion pulmonaire et cérébrale.

Dans un autre cas, où l'asphyxie était compliquée d'un état apoplectique, l'Oxygène nous a rendu un service plus signalé encore. Il s'agit d'un empoisonnement par l'opium.

Une dame de soixante-quatorze ans, faible et atteinte d'une affection rhumatismale légère, prit par mégarde une cuillerée à bouche de laudanum de Sydenham, au lieu d'une cuillerée de potion; peu d'instants

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