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après, on s'en aperçut et l'on administra un vomitif. Une heure après l'accident, nous pûmes injecter sous la peau 5 milligrammes de sulfate d'atropine et nous ordonnâmes du café noir. L'empoisonnement sembla s'arrêter, mais peu à peu le narcotisme fît de tels progrès, que, dix heures après l'accident, la malade était dans le coma et qu'on la croyait perdue. Le pouls était très-fréquent et difficile à percevoir et la respiration, considérablement ralentie, ne s'exerçait que sept fois par minute. A ce moment, nous fîmes respirer 15 litres d'Oxygène, et presque aussitôt la connaissance revint et la malade put reconnaître ses proches. A partir de ce moment elle alla de mieux en mieux, et le lendemain matin elle était hors de danger.
Nous avons dit que M. Demarquay s'est bien trouvé de l'usage de l'Oxygène chez une femme atteinte de suffocation produite par un engorgement tuberculeux des ganglions cervicaux qui comprimaient la trachée. Sous l'influence des inspirations d'Oxygène répétées chaque jour, la malade a pu se reconstituer et sortir de la maison de santé avec une amélioration notable. [Loc. cit., p. 7i7.)
Ces observations sont, à notre avis, assez importantes pour que, maintenant qu'on peut se procurer de l'Oxygène en tout temps et en tous lieux, on ne se prive pas d'une pareille ressource dans les cas d'asphyxie par sulfocation.
Bien que l'empoisonnement par la vapeur du charbon soit, comme le montre M. Claude Bernard, bien moins une asphyxie qu'une intoxication par l'oxyde de carbone, et que le sang imprégné d'oxyde de carbone n'absorbe guère l'Oxygène, quand on se trouve en présence d'un malade empoisonné par la vapeur du charbon, on est tenté d'administrer néanmoins l'Oxygène; c'est ce que nous avons fait chez un malade, et nous avons eu à nous en louer.
MM. Demarquay, Duroy et Ozanam ont eu des succès analogues ; aussi regardent-ils l'Oxygène comme l'antidote de toutes les asphyxies.
Asphyxie des nouveau - nés. Chaussier comptait beaucoup sur l'Oxygène pour aider à respirer les nouveau-nés. Il imagina pour cela plusieurs appareils, mais il n'eut pas l'occasion de les appliquer.
Accidents survenant dans l'anestiiésie par le chloroforme et
l'éther. C'est le docteur Jackson, de Philadelphie, qui eut l'idée, en 1847, d'employer l'Oxygène dans l'asphyxie produite par l'éther. Il fut suivi dans cette voie par MM. Blanchet, Faivre, Gianetti et Martin Saint- Ange ; mais surtout par MM. Duroy et Ozanam. M. Daroy constata d'abord que l'Oxygène pur peut être respiré sans danger pendant des heures entières; ensuite il fît voir que l'Oxygène, administré en même temps que le chloroforme, retarde et affaiblit l'action anesthésique. EnfînM. Duroy ayant anesthésié complètement des chiens par le chloroforme, put les réveiller promptement par des inhalations d'Oxygène. Mais, de ce que
l'Oxygène peut faire cesser l'état d'anesthési».', il ne s'ensuit pas qu'il puisse conjurer les dangers auxquels expose le chloroforme. Le dangir des anesthésiques est ordinairement la syncope, et c'est cette syncope que l'Oxygène devrait faire cesser, et non l'anesthésie, pour conjurer les dangers auxquels expose le chloroforme. Il est donc à craindre que, dans les cas de mort subite qui se produisent pendant l'inhalation du chloroforme, l'Oxygène ne pujsse servir à gi-and'chose. Toutefois c'est une ressource qui ne devra pas être négligée.
Asthme. L'attaque d'asthme est une des affections qui devai": le plus inviter à l'emploi de l'Oxygène. Quoi de plus rationnel que d'offrir un air plus pur, plus vivifiant, au malheureux qui n'inspire qu'une si faible quantité d'Oxygène et s'asphyxie. Aussi, dès le début, Beddoès en fît l'essai avec le plus grand succès; puis successivement Marching, Poulie (de Montpellier) en 1782, Sioli en 1784, Chaptal, et enfin Thornton, collaborateur de Beddoès, qui en fît respirer à un grand nombre de malades et déclara que, dans l'immense majorité des cas, les asthmatiques ont été extrêmement soulagés.
M. Demarquay a donné l'Oxygène à trois asthmatiques. Dans un cas le succès fut réellement merveilleux, et le malade sentit la dyspnée disparaître à mesure que le ballon se désemplissait, si bien que l'accès fut fini quand le ballon fut vidé. Dans deux autres cas, oii il s'agit d'asthme humide, c'est-à-dire d'emphysémateux ayant contracté un catarrhe à forme suffocante, l'Oxygène amena seulement de l'amélioration.
L'Oxygène nous a également réussi à merveille dans un cas semblable. Il s'agit d'une jeune femme emphysémateuse, qui, tous les ans, au mihea de l'été, est prise d'attaques d'asthme. L'année dernière, cette dame était enceinte et redoutait fort de voir ses attaques revenir comme chaque année. Nous fûmes, en effet, appelé en toute hâte, la nuit, pour lui porter secours. Elle souffrait d'une attaque assez intense qui durait depuis une heure. Nous fîmes apporter immédiatement une provision d'Oxygène et nous en fîmes respirer peu à peu environ 30 litres dans l'espace d'une demi-heure. L'effet en fut des plus remarquables. La respiration, qui était à 40, tomba en très-peu de temps, et n'était plus qu'à 18 quand l'Oxygène fut entièrement épuisé; le pouls, qui battait 80 pulsations, ne varia pas ; mais, au lieu d'être petit et caché, il prit de la force et de l'ampleur. Une heure après ie commencement de l'administration du médicament, la malade dormait d'un profond sommeil.
Le lendemain et les jours suivants, il y eut encore un peu de dyspnce et d'oppression, et chaque fois l'Oxygène en vint à bout comme la première fois; la respiration diminuait de fréquence et le pouls reprenait de la force.
Le peu d'expérience que nous avons donc de l'Oxygène dans l'asthme est bien encourageant, et il est peu de médicaments qui puissent faire espérer un aussi prompt soulagement, si ce n'est le bain d'air comprimé.
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Dilatation bronchique. Nous rapprocherons de rempliys?;me pulmonaire la dilatation bronchigue, attendu que la dilatation bronchique n'est souvent, comme l'emphysème, qu'une paralysie pulmonaire avec atrophie, avec cette différence que celle-ci siège sur les gros troncs aériens, tandis que l'autre porte sur les acini pulmonaires. Il n'existe qu'une seule observation de dilatation bronchique traitée par les inhalations d'Oxygène; elle est due à M, Gosmao-Dumenez {Demarquay, loc. cit., p. 745). Cette observation n'est pas très-con::luînte au point de vue du diagnostic ; il ne s'agissait peut-être que d'une bronchite chronique avec catarrhe abondant. Quoi qu'il en soit, les inhalations ont ramené l'appétit et les forces. Les crachats, qui, dans le principe, étaient abondants et purulents, sont devenus rares et muqueux.
Phthisîe pulmonaire. Ce fut le rève de tous les premiers partisans de l'Oxygène. On avait l'air vital ; c'était presque l'eau de Jouvence; les phthisiques allaient renaître comme par enchantement. Un grand nombre de médecins, et surtout Gaillcns, crurent avoir trouvé un spécifique de la phthisie ; en efTet, Chaptal, quoique peu convaincu, reconnut que le premier effet de l'Oxygène est très-séduisant ; les malades l'aspirent avec plaisir et semblent se ranimer et se vivifier à mesure que le gaz est absorbé ; mais l'amélioratioli ne dure pas et une nouvelle recrudescence de la maladie ne tarde pas à se montrer ; pourtant il ne veut pas le proscrire. (( Chez un second malade, l'effet du remède n'a pas été heureux; mais il a inspiré la même gaieté, et sous ce point de vue, ce remède est excellent ; car, dans les cas désespérés, c'est un remède très-précieux que celui qui répand des fleurs sur le bord de notre tombe et nous masque l'horreur de ce passage effrayant. »
Fourcroy fait la même remarque : l'Oxygène administré à une vingtaine de phthisiques a amené un bien-être très-marqué, un amendemeni; des principaux symptômes, enfin un changem.ent assez manifeste pour faire espérer une guérison prochaine. Mais tous ces phénomènes n'ont été que passagers, et au bout de deux ou trois semaines de ce traitement les accidents inflammatoires violents sont survenus, la marche de l'affection a été plus rapide qu'auparavant et la terminaison fatale, par suite, précipitée. [Pneumatologie, p. 397.)
Dumas et Baumes (de Montpellier) ont fait les mêmes observations, et, la confiance se perdant, Kurt Sprengel et Dumas n'osèrent plus proposer l'Oxygène que pour la phthisie lente et atonique. Beddoès et Dumas ajoutaient que des chiens soumis pendant longtemps à l'action de l'Oxygène avaient eu des affections inflammatoires du poumon avec plaie et suppuration.
Nous ne sommes donc pas étonnés de voir que la phthisie, qui avait été l'espoir des partisans de l'Oxygène, les avait, au contraire, découragés et les avait conduits à abandonner les instituts pneumatiques qui avaient pourtant demandé d'assez grands frais pour leur installation.
L'Oxygène, repris de nos jours, n'a pas donné de résultats beaucoup plus satisfaisants. Un malade observé par M. Monod a eu un soulagement immédiat, puis la phthisie n'en a pas moins continué sa marche fatale; de même pour une malade de M. Cosmao-Dumenez.
Pourtant, il faut bien le dire, le mieux obtenu immédiatement par M. Cosmao-Dumenez et M. Hervé de Lavaur doit être pris en très-sérieuse considération, à la condition toutefois de ne pas oublier que, chez le malade de M. Cosmao-Dumenez, il s'agissait d'une phthisie scrofuleuse, c'est-à-dire d'une phthisie qui marche par attaques de pneumonies tuberculeuses, et dans laquelle on peut obtenir par d'autres moyens la résolution d'un certain nombre de ces pneumonies successives.
11 ne faut donc peut-être pas proscrire tout à fait un moyen qui peut donner uiiy amélioration immédiate à des malades désespérés; mais il ne faut pas perdre de vue les snges conseils de Priestlcy et de Chaptal, et prendre garde aux dangers ultérieurs.
Aibumimirie. Nous avons dit plus haut, en parlant de l'action de l'Oxygène sur les sécrétions, qu'Eckart avait vu l'albuminurie cesser sous l'influence de l'Oxygène. Nous possédons une observation semblable.
Nous devons dire tout d'abord qu'il ne s'agit pas de la maladie de Bright commune. Le sujet de l'observation est une dame de quarante-huit ans, qui avait été atteinte antérieurement du goitre exophthalmique, et chez laquelle le goitre et l'agitation cardiaque avaient disparn ; mais la malade n'était pas guérie pour cela ; il lui restait de l'exophthalmie et non plus de l'agitation cardiaque, niais une agitation cérébrale qui la rendait susceptible et irascible dans des proportions qu'elle ne connaissait pas; la santé générale n'avait pas gagné grand'chose avec la disparition des phénomènes cardiaques et thyroïdiens ; ceux-ci avaient été remplacés par une albuminerie inquiétante et par la quantité d'albumine rendue chaque jour et par la durée et la persistance de ce trouble morbide. L'Oxygène fit disparaître l'albuminurie dans l'espace d'un mois, ramena l'appétit et les forces pour quelque temps; plus tard, l'albuminurie reparut et finit par emporter la malade.
Ces deux observations, celle d'Eckart et la nôtre, sont donc de nature à nous engagera tenter l'emploi de ce moyen dans la maladie de Bright.
Diabète. M. Demarquay eut à se louer des inhalations chez un pauvre diabétique devenu phthisique; l'amélioration première fut si grande, que la famille crut le malade guéri. M. Bouchardat les a employées dans deux cas semblables avec le même succès (Léon deLavaysse, p. 91), et M. Limousin a vu également l'Oxygène diminuer la proportion de glucose et amener une amélioration notable.
Nous n'avons pas administré d'Oxygène à des diabétiques comme on l'a avancé par erreur, nous ne parlerons donc pas de notre expérience personnelle. Toutefois nous ne pouvons accepter que les expériences de