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OXYGÈNE. 7 H

Voit et de Pettenkofer constituent une contre-indication de ce traitement.

Que résulte-t-il, en effet, des recherches de ces deux o])serYateurs? C'est que les diabétiques absorbent moins d'Oxygène que les gens en santé et donnent plus d'urée. Ce n'est certainement pas une raison pour ne pas donner à un diabétique plus d'Oxygène que ne lui en fournit l'air extérieur.

Voici les chiffres de Voit et Pettenkofer :

En vingl-qualre heures. Homme sain. Diabétique.

Oxygène absorbé 708sr,9 STâs^jâ

Ac'.de carbonique exhalé 911 ,5 Ga9 ,3

Eau excrétée 828 ,0 Cil ,3

Urée — 37 ,2 /,9 ,8

Cachexies. On comprend qu'il n'y ait pas de cachexie qu'on n'ait tenté de guérir avec l'Oxygène; la plupart du temps on n'a pas eu à s'en féliciter, si ce n'est dans la chlorose; mais nous ne croyons pas que, dans ce cas, des ballons d'Oxygène vaudront jamais le séjour à la campagne et les bains de mer.

AiTpiications locales. L'Oxygène irrite les plaies, et, quand on enveloppe les membres du manchon de caoutchouc qui doit servir de récipient au gaz, il est facile de constater que les émanations de la plaie, réagissant sur le sulfure de carbone du caoutchouc, forment une atmosphère infecte^ et que les plaies s'enflamment. Cette propriété a été employée pour agir par substitution sur les ulcères atoniques, scrofuleux, syphilitiques, etc.

L'application locale la phis heureuse qui ait été tentée a été le traitement de la gangrène par ce gaz.

Gangrène localisée. Dans sa thèse, sur la gangrène symétrique des extrémités, M. Maurice Raynaud, après avoir discuté tous les processus qui ont pour dernier terme la gangrène, fait observer qu'une des conditions de cette lésion est l'absence d'Oxygène. Pourtant M. Raynaud n'a pas poussé la conclusion jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à l'application de l'Oxygène à la gangrène. Mais M. Laugier l'a fait, et il a constaté (Académie des sciences, avril 1862) que ce traitement fait cesser la douleur. La tuméfaction diminue, l'œdème s'efface, la gangrène se limite et les parties menacées perdent leur teinte livide pour prendre une couleur rosée. Depuis cette époque, le môme moyen a réussi entre les mains de M. Debouges {Bull, de thérap., 18G3), puis de M. Foucras {Bull, de thérap.^ 1866).

Contre-indication de l'Oxygène. Dans le mémoire que MM. Lecomte et Demarquay ont adressé à l'Académie de médecine (1864), ces messieurs donnaient comme contre-indications de l'Oxygène l'état fébrile, les foyers inflammatoires profonds et la disposition aux hémorrhagies. Mais, dans la Pneumatologie publiée deux ans plus tard, M. Demarquay n'en parle plus. Il faut en conclure que l'expérience n'a pas justifié les premières appréhensions des expérimentateurs, et M. Demarquay y cite

en particulier (p. 573) l'opinion de Poulie, de Montpellier, qui dit s'en être bien trouvé dans les fièvres bilieuses putrides et malignes, c'està-dire que^ d'après cet observateur, l'Oxygène n'aggraverait pas l'état adynamique.

En résumé, l'Oxygène n'offre pas de danger immédiat et il pourra toujours être essayé.

MODE d'administration.

M. Limousin a installé l'appareil à inhalations d'une manière trèscommode ; il se compose d'un ballon de caoutchouc posé sur un pied en cuivre et d'un flacon laveur installé comme le narguiléh.

On îïàl à l'embouchure du flacon laveur des aspirations lentes et profondes, de manière à faire pénétrer l'Oxygène jusque dans les voies aériennes les plus reculées, et l'on continue ainsi, avec du repos de temps en temps, jusqu'à ce qu'on ait respiré de 15 à 30 litres d'Oxygène, suivant la dose.

Si, au début, le gaz comprimé par les parois du ballon s'échappe avec un peu trop de violence, on en modérera la sortie en diminuant l'ouverture du robinet, et à la fin, quand le ballon, en partie vidé, ne chassera plus lui-même le gaz, il suffira de le comprimer légèrement avec la main pour rendre l'inhalation facile.

M. Limousin a construit en outre un petit appareil portatif qui permet de préparer en dix minutes 30 litres d'Oxygène.

Eau oxygénée. M. Limousin a préparé une eau rendue gazeuse par sursaturation d'Oxygène; elle s'administre à la dose d'un ou deux verres donnés aux repas, soit pure, soit mêlée au vin.

Elle a été conseillée comme stimulant de l'estomac dans la dyspepsie atonique.

Conclusions. iSous croyons qu'on peut résumer ainsi nos connaissances sur l'Oxygène :

1° L'Oxygène n'est pas un gaz toxique et l'on peut, sans danger, aspirer 30 litres de ce gaz pur pendant plusieurs jours, sans qu'il survienne d'accident; ce n'est qu'au bout de deux à trois semaines qu'il produit de la fièvre.

2° L'Oxygène est une ressource précieuse en cas d'asphyxie, surtout quand cette asphyxie est due à une suffocation accidentelle.

Il pourra être utile dans les cas de strangulation, pendaison et submersion, ainsi que dans les cas d'empoisonnement par des gaz ou des vapeurs toxiques.

3" L'Oxygène est un remède précieux à opposer aux attaques d'asthme nerveux.

Dans l'asthme humide, c'est-à-dire dans le catarrhe qui complique l'emphysème, il rendra encore de bons services, à la condition d'être employé avec persévérance.

4° Dans la phlliisie, l'Oxygène n'a pas donné autant de bons résultats qu'on l'espérait. 11 produit un soulagement immédiat, et ceci peut être très-précieux, mais de nouvelles exacerbations surviennent, plus intenses peut-être que les premières. Ce n'est donc qu'un palliatif dont il faudra se défier.

5° L'Oxygène peut devenir, dans l'albuminurie, un médicament précieux si, par de nouvelles expériences, on peut confirmer qu'il fait disparaître l'albumine de l'urine, comme cela a eu lieu dans le cas d'Eckari et dans le nôtre. En tous cas, nous sommes si désarmés en face de udclo terrible maladie, que nous ne doutons pas qu'on ne doive l'essayer.

6' Même observation pour le diabète.

7° Dans la gangrène localisée, s'il n'y a pas d'oblitération artérielle, l'Oxygène est un remède souverain.

Nous avons donc fait un pas sur le siècle dernier, puisqu'au lieu d'offrir un remède banal propre à tout, nous possédons aujourd'hui des notions précises sur certaines indications comme sur certaines contre-indications, et qu'un remède ne commence à être connu que quand on peut en fixer les avantages comme les dangers.

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