URÉE
L'Urée, CVra, est un principe immrdiat en traitant par l'acide azotique l'urine contenu dans l'urine de l'homme et des réduite à consistance sirupeus'. Il se prémammifères. Elle a été découverte par cipite de l'azotate acide d'Urée, qu'on Rouelle, en 1773, mais impure. C'est décompose par le carbonate de plomb. Fourcroy et Vauquelin qui lui ont donné L'Urée mise à nu est alors dissoute dans son norn. MM. I3erze!ius et W. Prout de l'Alcool qu'on fait évaporer jusqu'à l'ont enfin obtenue pure et incolore. Elle formation de cristaux. Ceux-ci sont enest alors sous la forme de longs cristaux suite déco'orés par le charbon animal, et lamelleux, aiguillés ou prismatiques, in- conslitui'nt l'Urée que nous venons de colores, brillants, nacrés, inodores, d'une décrire.
saveur fraîche, piquante, ne rappelant M. Wœlher a le premier obtenu l'Urée
nullement celle de î'unne. Elle ne s'al- artificielle en traitant une dissolution de
tère pas à l'air, est très-soluble dans l'eau cyanate dépotasse par une solution de
et l'alcool; la vapeur qu'elle répand lors- sulfate d'ammoniaque, en évaporant seu-
qu'on la je!to sur des charbous ardents lement à siccité et reprenant par l'alcool
est fortement ammoniacale. On l'obtient qui dissout l'Urée.
Cette substance s'administre, d'après MM. Ségalas et Fouquier, en solution, dans de l'eau distillée et édulcorée, depuis la dose de 2 à 4 grammes par jour. Ses effets généraux sont nuls.
C'est du règne végétal que la Matière médicale tire ses plus nombreux diurétiques. A leur tête, nous devrions peut-être placer la digitale; mais ses propriétés contro-stimidantes ou sédatives très-marquées, et qui méritent d'être étudiées séparément de son action diurétique, nous ont déterminés à en renvoyer l'histoire aux médictiments sédatifs. Ceux qui comprendront bien les indications de la Médication diurétique, sauront avoir recours à cette plante et en chercher les préparations et les modes d'administration Kà oii nous les avons exposés. Nous traiterons d'abord avec quelques détails de l'azotate, du chlorate et de l'acétate de potasse, pour passer ensuite à l'étude des principaux végétaux diurétiques.
NITRATE D'URÉE (C^H*As^O%ArO^^HO).
Ce sel s'obtient en traitant l'urine liumaine concentrée par d;: l'acide azotique exempt de composés azoteux; il cristallise en prismes ou en feuillets blancs
anhydres; il rougit le tournesol, il est soluble dans l'eau et dans l'alcoo', on l'emploie ii la dose de 5 cenligrammes à 1 gramme par vingt-quatre heures.
URATE D'AMMONIAQUE (AsffHO, G"ffAs*0\HO).
L'Urate d'ammoniaque est un sel acide qui s'obtient en versant l'ammoniaque sur de Tac: de urique,- en chauffant, la masse se prend en une gelée que l'on fait dessécher. C'est un sel blanc amorphe ou cristallisant en petites ^aiguilles peu so-
luhles dans l'eau : on l'emploie sous forme de pommade à la dose de 1 gramme de sel pour 30 grammes d'axonge, à l'intérieur la dose est de 20 à 50 centigrammes.
AZOTATE DE POTASSE (A^o'KO).
Le Nitrate de potasse, sel de nitre, salpêtre purifié, Azotate de potasse, est blanc, cristallisé en prismes hexagones.
Sa saveur est fraîche. Il est inaltérable à l'air; insoluble dans l'alcool absolu; soluhle dans l'eau, 25 pour 100 plus soluble dans l'eau cliaude.
L'Azotate de potasse du commerce contient quelquefois du chlorure de sodium, sophisiication que l'on constate à l'aide du nitrate d'argent, qui forme, dans la solution de l'Azotate de potasse, un précipité de chlorure d'argent.
Le Nitrate de potasse s'administre en poudre, ou mieux dans une tisane, dans du vin b'anc, dans une émulsion.
Nombre de plantes qui croissent dans les conditions où l'Azotate de potasse prend naissance renferment une assez forte proportion de ce sel pour lui devoir des propriétés diurétiques; telles sont en général les borraginées, tels sont le grand tournesol, et surtout la pariétaire.
Le sel de Nitre existe assez abondamment dans les lieux où se décomposent les matièies anima'es; on le voit s'eltleurir à la surface du sol, et c'est des vieux plâtras qu'on le tirait habituellement chez nous. On employait la lixivialion: mais l'eau dissout en même temps des nitrates de chaux et de magnésie, on ajoutait alors un lait de chaux qui précipitait la magnésie; puis du sulfate de soude qui précipitait la chaux à l'élat de sulfate de chaux, et comme l'Azotate de potasse est mélangé à une certaine quantité d'Azotate de soudi' on ajoutait du chlorure de potassium, ce dernier faisait du chlorure de sodium et il ne restait plus que du Nitrate de potasse qui se précipitait par refroidissement. Aujourd'hui on traite à l'ébuUition le Nitrate de soude du Chili par le chlorure de potassium. Le Nitrate de potasse se dépose de la liqueur refroidie.
Bien que l'on puisse lire dans VApparatus medicaininum de Gmelin le résumé assez indigeste des travaux presque innombrables qui ont été faits sur le Sel de nitre, et que les journaux de médecine, publiés depuis le commencement de ce siècle, contiennent beaucoup de faits relatifs à l'action de ce sel, il s'en faut de beaucoup que son histoire physiologique et thérapeutique soit complète ; aussi nous bornerons-nous à l'énoncé
rapide des assertions nombreuses qui se trouvent consignées dans les divers auteurs, regrettant de n'avoir pas fait nous-mêmes assez d'expériences pour îippuyer ou pour infirmer ce qui a été dit sur ce médicament.
ACTION PHYSIOLOGIQUE
Les expériences de Jœrg ont démontré, d'une manière positive, que l'Azotate de potasse, pris par des hommes bien portants, d'abord à la dose de 4 centigrammes, deux fois par jour, et graduellement jusqu'à la dose de 1 à 8 grammes, augmente ordinairement la sécrétion urinaire, et modifie à peine la sécrétion cutanée ; qu'il exerce d'abord une action sédative générale bientôt suivie d'une réaction assez énergique.
Ces expériences concordent assez bien avec celles qui avaient été faites antérieurement et avec celles plus nombreuses et mieux entendues qui ont été instituées assez récemment.
A dose élevée, 15, 20, 30 et AO grammes par jour, et même davantage, le Nitrate de potasse détermine plus vivement encore l'action diurétique, mais quelquefois aussi de l'ardeur d'urine, de la dysurie, et même la suppression totale de la sécrétion rénale ; il donne lieu à quelques nausées, à du dévoiement, mais en même temps il semble exercer sur l'économie une stupéfaction considérable, caractérisée par un sentiment de défaillance, des lipothymies, un refroidissement général, des vertiges^ un affaiblissement du pouls, accidents qui peuvent être portés jusqu'à la prostration, et même jusqu'à la mort. Ce n'est pas que de si graves désordres se remarquent fréquemment; mais des expériences, rapportées en grand nombre dans le Traité de toxicologie d'Orfila, ne permettent pas de douter que, aux doses que nous venons d'indiquer, l'Azotate de potasse ne puisse, dans des cas fort rares il est vrai, devenir un poison mortel.
Si donc les toxicologistes ont exagéré les dangers du Nitrate de potasse, d'autre part quelques thérapeutistes, et M. Gendrin en particulier, ont eu peut-être le tort de contester d'une manière trop absolue le danger possible de très-hautes doses de Sel de nitre.
Cette action stupéfiante du Nitrate de potasse peut aller jusqu'à donner à l'économie une diathèse asthénique fort remarquable; ainsi les expériences de Pilger démontrent que, chez uu animal atteint de fièvre inflammatoire, on voit se développer rapidement des accidents typhoïdes, si l'on donne des doses trop élevées de Sel de nitre.
Fuut-il croire maintenant aux propriétés anaphrodisiaques de ce médicament, propriétés indiquées par Huinmel {Tractât, de Arth.), et que l'on eut de fréquentes occasions de constater, suivant cet auteur, lorsque l'usage du Sel de nitre étant devenu à la mode par suite de l'usage qu'en avait fait le chancelier Bacon, on en vint môme à prendre l'Azotate de potasse comme préservatif de l'inflammation?
Presque toutes les propriétés thérapeutiques de l'Azotate de potasse se préjugent par l'action physiologique de ce sel. C'est surtout comme diurétique, comme sédatif que ce médicament a été employé.
Le Sel de nitre est d'un usage populaire dans toutes les hydropisies, dans le but d'activer la sécrétion urinaire, la plus puissante des sécrétions éliminatoires. Mais si l'on doit reconnaître volontiers que, dans les épanchements séreux peu graves, l'Azotate de potasse rend de véritables services, il est a peu près inutile quand les épanchements ne sont pas presque exclusivement de nature séreuse, il est nuisible lorsque l'hydropisie dépend d'une affection chronique des reins, ce qui malheureusement est assez commun.
L'action sédative de l'Azotate de potasse a été particulièrement utilisée par Macbrige, par Broclesby, et plus récemment par M. Gendrin dans les fièvres inflammatoires, et notamment dans celle qui se lie au rhumatisme articulaire aigu. Les faits nombreux que M. Gendrin a publiés conjointement avec M. Aran dans le numéro de février 1841 du Journal des connaissances médico-chirurgicales, ne permettent pas de révoquer en doute l'action hyposthénisante du Nitrate de potasse, et son utilité dans le rhumatisme articulaire aigu et fébrile.
En serait-il de même dans les fièvres inflammatoires liées à la phlegmasie de la plèvre, du poumon, etc., etc. ? Nous ne nous permettrons pas de résoudre la question, mais nous inclinons à penser que le Sel de nitre opérerait utilement dans ces circonstances, nous fondant d'abord sur des faits divers épars dans les auteurs, et surtout sur cette curieuse observation de Beecher qui constate la diminution de la fibrine dans le sang de ceux qui, atteints d'une fièvre inflammatoire, prennent l'Azotate de potasse à hautes doses.
C'est encore en vertu de cette action sédative que le Sel de nitre a joui, dans le siècle dernier, d'une réputation antihémorrhagique que lui avait valu l'autorité de Shal et de Dickson, et que, de nos jours, Laennec a confirmée par sa propre expérience ; mais il convient de dire que, s'il est incontestablement utile dans les hémorrhagies actives, il nuit évidemment dans les hémorrhagies passives.
MODE d'administration ET DOSES.
Comme diurétique, dans les cas ordinaires, le Sel de nitre se donne, dans la boisson ordinaire des malades, à la dose de 1 à 10 grammes par jour chez les adultes; pour les enfants, il convient de ne pas dépasser 25 à 50 centigrammes.
Dans les hémorrhagies actives et dans la fièvre inflammatoire, notamment dans les fièvres rhumatismales, on le donne dissous dans un, deux
ou trois pots de tisane, à la dose de 15 à 60 grammes, mais il faut commencer par 15 grammes au plus, et n'augmenter que lorsque l'on aura constaté par l'expérience d'un jour la susceptibilité du malade
AZOTATE DE SOUDE (AZOTAS SODIGUS) AzO'^a.
L'Azolatc de soude, salpêtre du Chili, il est soluble dans 3 parties d'eau à nitre cubique, cristallise en rhomboèdres; 16 degrés, il est insoluble dans l'alcool.