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HISTORIQUE

L'iode et l'iodure de pof-assium ont pris dans la thérapeutique une place si importante, et leur valeur vénale s'est tellement élevée dans ces derniers temps, que les médecins ont dû songer à les remplacer, et tout naturellement leurs essais se sont portés sur le Brome et sur les bromures. M. Andral, en 1836, à l'hôpital de la Pitié, commença sur le Brome une série d'expériences qui furent recueillies avec soin et publiées en 1838 par un de ses élèves, M. le docteur Fournet. Ce dernier fit connaître surtout l'action du remède sur l'homme indépendamment de l'état de maladie, et les essais peu nombreux qui furent faits sur l'action thérapeutique du Brome ne durent pas beaucoup encourager les praticiens. Toutefois M. Fournet indique un eifet fort remarquable du médicament dans les arthrites chroniques ; il constate, comme nous le verrons plus tard, que le Brome faisait cesser parfaitement et avec rapidité les douleurs dans les articulations malades ; et ce résultat fort curieux sera plus facilement compris quand on connaîtra les propriétés anesthésiques du bromure, constatées par M. Pnche, et si bien indiquées dans les thèses inaugurales de MM. Muette et Rames, soutenues en 1850 devant la Faculté de médecine de Paris.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Les expériences sur les animaux faites par M. BarthcZ; et publiées en 1838 dans sa thèse inaugurale, à la même époque où M. Fi,::rnet faisait connaître au public le résultat de celles qui avaient été tentées par M. Andral sur l'homme sain et ma'ade ; ces expériences, disons-nous, avaient démontré que, pris à l'intérieur, le Brome agissait comme un toxique très-intense, participant des propriétés des poisons irritants et stupéfiants. Appliqué extérieurement, il ne produisait qu'une irritation topique ou superficielle. Les expériences sur l'homme ont donné les résultats suivants :

Le Brome, pris à l'intérieur à la dose de 2 gouttes seulement, détermina chez un premier malade, au moment même de l'ingestion, un sentiment particulier dans la bouche et l'arrière-bouche, comparé p<ar le malade à celui que produit en passant un petit verre de Rhum. Mais cette sensation, qu'il caractérisait seulement du nom de forte, n'avait rien de désagréable.

Chez un autre malade, une faible dose de Brome ne produisit aucun accident, aucune sensation particulière.

Enfin, un troisième malade, à une dose un peu plus forte, éprouva, un quart d'heure après l'ingestion, des fourmillements dans les doigts, et des soubresauts dans les pieds et dans le voisinfige des genoux. Ces symptômes se répétaient de loin en loin dans la nuit, et quelquefois se

montraient encore le lendemain matin. Un quart d'heure aprt'S ces premières sensations, il éprouvait des borborygmes et des coliques. A la dose de 10 gouttes du médicament, il ressentit au bout d'un quart d'heure un poids énorme sur Testomac, avec envies de vomir, éructations, coliques, gargouillements. Une heure après il éprouvait, depuis le poignet jusqu'au-dessous du coude, de chaque côté, une sensation de serrement, comme si ces parties eussent été prises dans un étau; puis des douleurs lancinantes se propageaient dans les doigts, et s'irradiaient dans le pourtour de la tète ; plus tard ces symptômes se dissipaient, et le malade se trouvait dans un état de calme remarquable. Chaque jour, à chaque nouvelle administration du médicament, les symptômes précédents se reproduisaient.

Lorsqu'on fut arrivé à la dose de 43 gouttes de Brome, le sentiment de brûlure, d'âcreté, devenait tellement violent, que le malade offrait pendant quelques instants un état convulsif de la face et des membres. Puis il éprouvait des envies de vomir, de violents efforts de vomissements, mais jamais il ne vomissait. Puis enfin ces symptômes se dissipaient <issez rapidement, au bout de cinq minutes ordinairement, et le malade rentrait (îans son ^ï ordlnarre. Passé rette crfse de chaque Jour, il n'éprouvait jamais aucun sentiment ni de pesanteur, ni de malaise, ni de chaleur à l'estomac. Chaque jour il mangeait d'un grand appétit et digérait parfaitement. Jamais, ni chez ce dernier malade ni chez les autres, M. Fournet n'a observé aucun autre phénomène. Jamais, à aucune époque de traitement, les fonctions digestives n'ont été troublées le moins du monde ; l'amélioration de la santé générale et de l'embonpoint du malade, l'augmentation de l'appétit, la rapidité des digestions, se sont au contraire de plus en plus prononcées depuis l'administration du Crome.

ACTION THÉRAPEUTIQUE DU BROME

Les effets thérapeutiques observés par MM. Andral et Fournet dans les arthrites chroniques sont assez curieux. La principale action du Brome porte sur les phénomènes de sensibilité des articulations malades; elle peut aussi porter efficacement sur les phénomènts physiques, c'est-àdire sur le gonflement, l'immobilité et la déformation.

Un résultat bien remarquable et bien constaté par ces observateurs, c'est que le Brome fait cesser parfaitement et avec rapidité la douleur dans les articulations malades.

Le mode d'administration suivi par eux a été le suivant :

Le Brome fut donné toujours pur, à l'intérieur sous forme de potion, uni à une simple dissolution de gomme. A l'extérieur, sous forme de mixture alcoolique, employée en frictions sur les articulations malades. {Bull, dethérap., t. XIV, fév. 1838.)

M. Pourché, de Montpellier, a expérimenté le Brome dans le traite-

BUOME. 989

ment des scrorule?. Un malade atteint depuis dix-sept ans de symptômes scrofuleux, fut guéri dans l'espace de trois mois. Le Brome fut administré de la manière suivante : Brome, 6 gouttes; eau distillée, 100 grammes, h prendre trois fois dans les vingt-quatre heures. La dose fut portée à 24 gouttes dans le cours de lajournée.

Les combinaisons de Brome ont été l'objet d'expériences thérapeutiques. Parmi celles dont on s'est servi, nous citerons particulièrement le bromure de potassium, le bromure de fer, le proto et le deutobromure de mercure.

Jusqu'ici le bromure de fer et le deutobromure de mercure ne méritent réellement aucune mention spéciale. Que le bromure de fer ait été trouvé utile dans certaines cachexies au même titre que toutes les autres préparations martiales, il n'y a rien là dont nous devions être surpris, et nous ne voyons guère l'utilité de surcharger la matière médicale, déjà si riche en composés ferrugineux.

Les expériences de M. Werneck, en Autriche, ont montré que le deutobromure de mercure avait, dans les affections syphilitiques, une incontestable utilité. Ce médicament, dissous dans l'eau distillée, était administré exactement comme la liqueur de van Swieten, dont il partage d'ailleurs les propriétés antivénériennes sans en avoir de spéciales.

Bromures, alcalins. Ce n'est que depuis peu d'années que les bromures de potassium, de sodium, de calcium, d'ammonium et de magnésium ont commencé à prendre dans la thérapeutique un rang important; et c'est à l'efflcacité de certaines eaux minérales où ces sels sont contenus qu'ils ont dû leur réputation. En effet, les eaux minérales de Bourbonneles-Bains conliennent, comme on le sait, une certaine proportion da bromure de sodium; les sources de Salins une quantité assez notable de bromure de potassium; et celles de Hombourg, en Hesse, de Soden, en Nassau, et surtout de Nauheim et de Greuznack, conliennent dans diverses proportions du bromure de calcium, de sodium et de magnésium. Toutefois la dose de ces bromures qu'on pourrait absorber en buvant de l'eau des sources, ou en prenant des bains provenant uniquement de ces mômes sources, serait insuffisante, et n'exercerait généralement que très-peu d'influence ; aussi n'est-ce pas l'eau de ces sources ellemême que l'on administre, soit à Salins, soit dans les divers établissements d'Allemagne. Auprès de Greuznack, à Nauheim même, l'eau des sources, qui contient une proportion considérable de sel marin, et qui est exploitée pour l'extraction de ce sel, est portée par le moyen de machines hydrauliques dans des appareils de graduation où elle se vaporise en partie au contact et à la température de l'air atmosphérique. Quand la vaporisation est suffisante, on met l'eau dans de vastes chaudières, où on la soumet plusieurs jours à l'ébuUition. Le sel marin, le moins soluble des sels dissous, se précipite dès que la solution est arrivée à un certain degré de condensation, et lorsqu'on a obtenu la précipitation de presque tout le chlorure de sodium, et que les autres sels sont sur le

point de se précipiter eux-mêmes, on termine l'opération. L'eau formant îe résidu contient, outre une faible quantité de sel marin, une grande quantité de chlorure de calcium, une proportion vraiment énorme de bromure de calcium et une assez notable quantité d'iodure du sodium. (]ette eau, connue sous le nom d'eau mère, sert à composer des bains médicamenteux très-actifs : dans un bain d'eau minérale naturelle qui ne différerait pas sensiblement d'un bain de mer chaud, on verse 4, 10 et jusqu'à 20 litres d'eaux mères, et l'on a ainsi des bains qui, riches en bromures et en iodures, peuvent avoir et ont en effet une influence thérapeutique considérable. L'analyse d'Ozann a donné pour les eaux mères de Kreuznach, sur 100 parties :

Bromure de calcium 2'i,]2

Chlorure de calcium 9,29

Bromure de magnésium 0,48

lodure de sodium „ . . 0,10

Chlorure de sodium , , , 0,80

Chlorure de potassium 1,20

Eau 03,85

Les eaux mères des salines de Naubeim ont à peu près la même composition. Il est très-regrettable qu'en France, dans les lieux où l'on fabrique le sel mariU;, on n'utilise pas ces eaux mères pour les usages thérapeutiques. Leur composition est la môme que celle des salines de Kreuznach et de Nauheim, et l'eau qui sert à la fabrication du sel ne diffère en rien de celle des sources qui vont se rendre aux bâtiments de graduation de ces deux localités. Les Allemands ont bien mieux compris l'utilité de ce moyen, et ils en ont tiré bien meilleur parti. Hombourg, voisin de Nauheim, y envoie chercher des eaux mères, et y compose des bains identiques à ceux de Nauheim. Wiesbaden fait à Kreuznach un emprunt du même genre; et il ajoute ainsi à la grande efficacité de ses sources. Il serait à souhaiter que chez nous, à Bourbonne-les-Bains, dont les sources sont si riches en bromures, le gouvernement exploitât les eaux pour l'extraction du sel marin, et mît les eaux mères à la disposition des médecins, qui en tirernient un si grand parti et qui ;iffranchiraient la France d'un tribut qu'elle va payer aux eaux minérales de Hombourg, de Wiesbaden, de Kreuznach et de Nauheim.

Les eaux bromurées et iodurées par l'addition des eaux mères s'emploient surtout en bains dans les syphilis constitutionnelles avec accidents secondaires du côté de la peau, avec accidents tertiaires du côté des os et des cartilages, dans les maladies chroniques de la peau, la lèpre vulgaire, le psoriaris, le lichen, le prurigo, dans les ulcères atoniques avec induration de la peau et du tissu cellulaire.

Les eaux mères iodo-chloro-bromurces de Salins (Jura), celles des salines de la Méditerranée, et surtout les eaux mères chloro-iodobromu-

l'ées de Salies (Basscs-Pyrénécs) sont aujourd'hui assez généralement employées. A l'hospice des Enfants-Malades, à Paris, on en a ohtenu de bons résultais dans le traitement des scrofules, du rachitisme, etc. On trouve aujourd'hui dans le commerce des sels d'eaux mères de Salins faciles à transporter et à bas prix. La dose pour un bain d'adulte est de 4 à 4 kilogrammes, et pour enfant la moitié de ces doses suffît grandement.

Les analyses de M. Réveil ont démontré que les sels d'eaux mères de Salins se rapprochaient par leur composition de celle des sels de Nauheim et de Kreuznach.

Ces bains minéraux se recommandent encore dans le traitement des ulcérations scrofuleuses de la peau, dans celui des engorgements osseux, des indurations glandulaires, même lorsqu'il y a diathèse strumeuse, pourvu toutefois que le tissu de la glande ne soit pas encore converti en une masse de tissus tuberculeux. Ils conviennent enfin dans certaines phthisies tuberculeuses lentes et apyrétiques. (Engclmann, Prieger, Bode.)

Ils exercent encore sur la menstruation une influence remarquable. Bode constate que les bains, à Nauheim, accélèrent de huit à quatorze jours l'apparition du flux menstruel chez presque toutes les femmes : d'où la nécessité de les défondre chez celles qui sont enceintes, «ou qui, à l'époque critique ou à toute autre période de la vie, sont sujettes aux hémorrhagies utérines.

Il n'est pas jusqu'au cancer que l'on ne dise avoir été modifié par les eaux iodo-bromurées. Prieger et Engelmann constatent que les bains ou les douches appliquées localement détergent les ulcères cancéreux du plus mauvais caractère, et que leur usage longtemps continué opère la résolution de tumeurs fort suspectes.

Nous avons pu par nous-mêmes, dans un voyage que nous avons fait en Allemagne pour étudier les eaux minérales des bords du Rhin, constater la plupart des faits allégués par les médecins de Nauheim, de Kreuznach, de Hombourg, de Soden relativement à l'heureuse influence des bains auxquels on avait ajouté les eaux mères, et nous ne saurions trop engager nos confrères à ne pas négliger des agents thérapeutiques aussi puissants.

Restait à savoir maintenant lequel des sels contenus dans les eau« mères des salines pouvait, à bon droit, revendiquer l'honneur de certaines cures. Dans les médicaments composés il arrive souvent que plusieurs agents dont les propriétés sont fort différentes les unes des autres aient chacun leur part d'influence; dans d'autres cas, au contraire, un seul conserve une importance exclusive ; c'est ainsi que dans le fameux bolus ad çuartanam, jadis si célèbre, où le tartre émétique entre à haute dose, ce sel est entièrement décomposé et ne peut exercer aucune action, et toute l'influence thérapeutique appartient à la poudre de quinquina.

Les belles expériences de M. le docteur Puche, qui ont été consignées dans les thèses de MM. Rames et Huette, nous permettent aujourd'hui de juger la question avec plus de netteté, et nous pouvons affirmer que, dans l'action des eaux mères des salines, les bromures, quoique en proportion énorme, jouent, surtout dans le traitement de la syphilis, un rôle secondaire, tandis que les iodures, qui sont, il est vrai, en bien moindre proportion, doivent à bon droit revendiquer la principale part d'inlluence.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Le Bromure de Potassium possède une saveur salée et une saveur amère désagréable déjà sensible dans une potion qui en contient plus d'un gramme pour 100. Sans action immédiate sur la peau recouverte de son épidémie, il est franchement irritant sur la peau dénudée, sur les plaies et sur les muqueuses, avec une intensité qui varie naturellement avec le degré de concentration des solutions. Aussi, quand la dose est assez forte, ressent-on dans l'estomac une sorte de démangeaison qui suit de près l'ingestion du médicament.

Une fois absorbé, le Bromure de Potasi'ium agit sur les nerfs de la sensibilité, il produit l'anesthésie de certaines muqueuses, du pharynx, ainsi que l'on démontré les observations de MM. Puche, Rames et Huette, anesthésie qui a été utilisée par M. Gosselin pour pratiquer l'opération de la stophyloraphie et par quelques médecins pour faciliter l'examen laryngoscopique. M. Debout en a tiré un autre profit : il s'est servi de cette anesthésie pour faire prendre l'empreinte de pièces artilicielles sans déterminer la douleur occasionnée d'habitude par la pression.

Cette anesthésie ne se borne pas toujours à la gorge, elle s'étend quelquefois à la muqueuse nasale et à la conjonctive. Le docteur Riemslagh l'a fait servir dans un cas de plaie de la face par arme à feu à rendre les pansements faciles et non douloureux.

Le Bromure de Potassium s'élimine par l'urine et provoque, en outre, l'anesthésie de la muqueuse de la vessie et de l'urètre, fait dont M. Debout s'est servi pour pratiquer plus hardiment la dilatation forcée du canal de l'urètre dans un cas de rétrécissement urétral, qui a pu être guéri par ce moyen dans l'espace de quinze jours.

D'autre part, le Bromure de Potassium est un sédatif de la circulation et de la calorification, il ralentit la circulation et produit un resserrement général des vaisseaux, et par suite des sensations de défaillance soit locales, soit générales, qui sont pour ainsi dire des demi-syncopes locales.

L'abaissement de la temoératuro, la lassitude, le manque d'énergie et l'anapbrodisie qu'on observe sont sans aucun doute les résullats de cet état particulier de la circulation. On en peut dire autant de la diminution qui se montre dans toutes les sécrétions cutanées et muqueuses, excepté bien entendu dans la sécrétion urinaire.

Quand la dose de Bromure est très-élevée, et l'on sait que M. Pucbe, par exemple, en a poussé l'administration jusqu'à 50 grammes par jour, on observe alors du vertige, de la titubation, de la somnolence et de l'incapacité cérébrale; l'attention, la mémoire et l'intelligence sont manifestement atteintes et constituent une sorte de langueur spéciale qu'on a appelée ivresse bromique.

Comment interpréter ces phénomènes, et dans cette sédation générale quel est l'élément anatomique atteint le premier et dont le trouble fonctionnel entraîne la série des phénomènes observés?

Le Bromure de Potassium agit-il directement sur les vaisseaux, ou bien sur les nerfs vaso-moteurs, ou bien sur les centres nerveux, ou bien sur les nerfs centripètes, ou enfin sur les organes eux-mêmes ? C'est une des questions les plus difficiles à résoudre. Nous croyons toutefois que l'opinion qui offre le plus de vraisemblance est celle qui fait porter sur les nerfs centripètes l'action du Bromure, et nous somn^.es d'accord en cela avec MM. Voisin, Martin-Damourette et Pelvet, Ferrand, etc.

MM. Martin Damourette et Pelvet, qui ont fait sur ce sujet des expériences très-nombreuses et très-bien conduites, affirment, en effet, que sous l'influence du Bromure de potassium les « nerfs sensitifs perdent leurs propriétés avant les nerfs moteurs, ceux-ci avant la moelle et la moelle avant les muscles. » [Bulletin de la société de thérapeutique, 1" série, p. 50, 1868.)

maladies catarrhales îuflaniinatoires et douloureuses. Il semblait au premier abord que les angines, qui sont surtout caractérisées par une affection douloureuse de la gorge et de la fièvre, dussent d'apriîs ce que nous avons dit cà propos de l'action physiologique, être merveilleusement guéries par le Bromure de Potassium. L'expérience clinique qui juge en dernier ressort, n'a pas justifié ces prévisions et le Bromure de Potassium semble agir bien plus sur les spasmes produits par les irritations des muqueuses.

M. Gubler, qui a beaucoup expérimenté le Bromure de Potassium et nous semble avoir parfaitement caractérisé l'action du Bromure dans ces cas, Vindique surtout comme très -utile dans la dysphagie douloureuse, la toux spasmodique et quinleuse, et dans l'angine des phthisiques. {Bull, dethérap., t. LXVII, p. 5 et 49.)

Coqueluche. M.Gubler a trouvé le même médicament très-utile dans micas de coqueluche et le docteur Antonin de Beaufort, qui a traité

99i SEDATIFS ET CONTRO-STIMULANTS.

ainsi une vingtaine d'enfants atteints de cette terrible affection, déclare qu'au bout de cinq jours les quintes caractéristiques disparaissaient et que la guérison a été complète en général en douze jours. Il donnait à SCS petits malades de trois à huit cuillerées à café de la potion suivante :

Bromure de Potassium 0,30

Alcoolature d'aconit 0/23

Sirop de Tolu iO

{biill. de thérap., 18G7, t. I, p. 4C0).

Spasmes. M. Gubleraguéri par le Bromure de Potassium un cas d'œsophagisme. M. Feri^anda fait cesser trois cas de spasme du rectum par des applications locales de Bromure en solution à 20 pour 100. {Bull, de thérap., 1808, t. I, p. 228.) M. Lafont-Gouzi a guéri de la même manière un cas de priapisme déterminé par une fissure à l'anus, ainsi qu'un cas de spermatorrhée. {Dull. de thérap., 1861, t. II, p. 283.)

Chorée. M. Gubler a essayé deux fois de traiter des choréiques par le Bromure de Potassium. La première était une fille de seize ans, qui avait été guérie une première fois par le sulfate de strychnine, mais qui était retombée malade. Elle fut débarrassée en trois jours. La seconde, était une femme enceinte de cinq mois, elle fut guérie en huit jours.

Syphilis. Sur douze cas de syphilis constitutionnelle avec accidents soit secondaires, soit tertiaires, jamais le Bromure de Potassium n'exerça la moindre inlluence curative. Les roséoles, les papules muqueuses, les engorgement ganglionnaires ne furent en rien modifiés. II en fut de même pour les affections dites tertiaires. Les principaux symptômes observés chez les vénériens qui furent soumis à ce traitement consistaient en exostoses, douleurs ostéocopes nocturnes, caries, tumeurs gommeuses, ulcérations de la gorge à différents degrés. Or chez aucun malade, on ne put constater la moindre amélioration, bien que le Bromure eût été continué de trois semaines à deux mois.

Depuis la publication des thèses de MM. Hiiette et Rames, M. le docteur Pucbe a continué ses essais, et il n'a pas été plus heureux qu'auparavant. M. le docteur Ricord, dont l'autorité a tant de valeur dans les questions qui se rattachent à la syphilis, partage complètement les idées de M. Pucbe à cet égard.

Mais, s'il faut refuser aux Bromures toute influence sur les accidents syphilitiques, faut-il nier qu'ils puissent être utiles dans les engorgejnents chroniques ?

Ici, nous l'avouerons, si nous n'avionspour juger la question que les résultats thérapeutiques observés aux sources iodo-bromurées de Nauheim, de Kreuznach, de Hombourg, de Bourbonne, etc., nous ne pourrions sortir d'incertitude, attendu que l'iode contenu dans ces eaux pourrait être considéré comme jouant le principal rôle. Il fallait donc faire, pour

les engorgements étrangers à la vérole, ce que M. Puche avait fait pour la syphilis constitutionnelle, c'est-à-dire soumettre les malades à l'usage exclusif des Bromures ; c'est ce qui a été fait par M. Pourchc, de Montpellier, d'abord, et plus tard par M. Puche. M. Pourché a cité des cas de guérison fort intéressants, et de son côté M. Rames, dans sa thèse inaugurale, a rapporté des faits recueillis dans le service de M. Puche, desquels il résulte que des engorgements ganglionnaires du cou, de nature assez grave, des inflammations chroniques de l'épididyme et du testicule ont cédé à l'usage longtemps continué du Bromure de Potassium.

On ne peut nier les effets vraiment merveilleux, quoique lents, obtenus dans les pays où des sources salines muriatiques sont renforcées par l'addition des eaux mères des salines ; ces effets dépassent de beaucoup ceux que l'on observe lorsque l'on administre seulement Tiodure de potassium. Il est donc raisonnable de penser, il est peut-être même permis d'affirmer que les Bromures jouent dans ce cas le rôle principal.

Si donc, comme les expériences de MM. Puche, Huette et Rame ne permettent pas d'en douter, le Bromure de Potassium, et certainement aussi le bromure de sodium, possèdent des propriétés anesthésiques, ne doit- on pas donner à ces propriétés une large part dans la guérison de certains engorgements, et dans l'amendement de certaines maladies d'ailleurs incurables ? Ainsi peut-être s'expliquent les résultats incontestablement utiles des eaux mères des salines, si heureusement et si habilement administrées à Nauheim, à Kreuznach, à Hombourg, etc. Pour être juste, nous devons ajouter qu'aujourd'hui, sous ce rapport, Salins (Jura), ainsi que Salies (Basses-Pyrénées) ont accompli un progrès qui les place au niveau des établissements les plus florissants d'Allemagne.

Insomnie. Debout, ayant administré le Bromure de Potassium pour obtenir l'anesthésie de l'urètre, observa que son malade fut délivré en môme temps d'une insomnie qui durait depuis un mois, et cela dès le premier jour. Depuis ce temps, le môme praticien eut plusieurs fois l'occasion de constater le môme effet. De son côté, un Anglais, Behrend, donna, à l'instigation de Brown-Séquard, le Bromure à trois malades atteints d'insomnie, et eut à s'en louer.

M. le docteur Bucquoy l'a également trouvé efficace dans un cas de delirium tremens. [Bull, de thérap.^ d866, t. I, p. 371.)

Mévroses. Epiiepsic. Le Bromure de Potassium a rendu dans ces terribles maladies des services inattendus, non-seulement dans les spasmes et vapeurs (Vigouroux, Acad. des sciences, 22 août 1864), mais dans l'épilepsie qu'on peut appeler essentielle.

Nous empruntons K M. le docteur Legrand du Saule le résumé qui suit des cas d'épilepsie traités par le Bromure de Potassium, et dans le-

quel l'auteur a fait preuve d'un sens clinique rare et d'une compétence parfaite :

« Ce fut en Angleterre, en 1831, que l'on constata pour la première fois l'utilité du Bromure de Potassium dans l'épilepsie. Sur quinze cas sir Gh Locock obtint quatorze succès. RadclifTe et Brown-Séquard imitèrent à l'envi leur devancier, et publièrent un peu plus tard des observations extrêmement significatives. A l'asile de Northampton, le docteur Williams soumit trente-sept épileptiques à la médication bromurée, et trente malades virent leurs attaques s'éloigner considérablement. Robert Pd'Donnel fit connaître ensuite les résultats très-encourageants de sa pratique, et il fit observer avec justesse que les médecins n'osaient pas prescrire le Bromure de Potassium ou en prescrivaient des doses beaucoup trop faibles (1).

« En France, en 1864, M. Blache guérit, à l'hôpital des Enfants- Malades (2 ), un jeune garçon de dix ans qui avait toutes les nuits des accès d'épilepsie. Le sel de brome fut employé à la dose de 1, 2 et 3 grammes. Presque à ce même moment, MM. Bazin et J. Besnier publièrent trois observations suivies de guérison (3). L'opinion publique commença alors à s'émouvoir. Le Bromure de Potassium entra dans la pratique courante, mais les expérimentateurs firent généralement preuve de timidité, et ils n'administrèrent le médicament qu'à des doses inertes. Aussi ne réussirent-ils point. J'en prends plutôt à témoin M, Peulevé, interne à la Salpêtrièrc, qui a rapporté (4) que son maître, M. Moreau (de Tours), avait fait suivre à des malades de son service un traitement par le Bromure de Potassium, pendant trois mois, et qu'il avait commencé par la dose de 50 centigrammes pour finir par celle de 3 grammes. Malgré toute son habileté, M. Moreau devait fatalement échouer. On n'obtient rien, en effet, chez les adultes, en aussi peu de temps et avec des doses aussi minimes.

«M. A. Voisin s'est chargé de démontrer toute la justesse de cette proposition dans l'intéressante relation clinique qu'il a publiée en 1866 (5), et qui renferme les observations très-concluantes qu'il a recueillies à l'hospice de Bicêtre et en ville. Ce recommandable praticien a eu l'heureux courage de prescrire le Bromure de Potassium à haute dose (de 4 à 15 grammes par jour). Tout naturellement ce médicament ne lui a paru être d'aucune utilité dans l'épilepsie liée à des lésions cérébrales, congéniales ou accidentelles, tandis qu'il lui a rendu des services signalés dans l'épilepsie qui est due à une grande impressionnabilité, à l'exaltation de la sensibilité, au « tempérament nerveux, » aux émotions vives, à la peur, aux excitations génitales et aux influences héréditaires.

(1) Hecherches sur le Bromure de Potassium. Paris, 1830.

(2) Dub in. Quarlerly Journal of médical science. 18G4.

(3) Gazette des hôpitaux, 1865.

(4) Union médicale, 18G5.

(5) Bulletin général de thérapeutique.

« Sur 24 malades, dit M. A. Voisin, qui ont été traités par le Bromure « de Potassium, 4 ont cessé d'avoir des accès, 6 ont été très-améliorés, (( 10 ont été un peu améliorés, 4 n'ont ressenti aucun bon effet du mé- « dicnment. »

« Que sont devenus ces malades depuis que M. A. Voisin a quitté Bicètre, et comment le Bromure de Potassium réussit-il aujourd'hui dans son ancien service? C'est à M. J. Falret à nous l'apprendre. Voici, à cette occasion, la note que m'a remise mon savant collègue :

« Le 1" avril 4867, j'ai pris le service de la troisième section. A ce « moment-là, une vingtaine de malades au moins étaient en traitement « par le Bromure de Potassium. Sur 15 épileptiques déjà traités avec « succès par M. A. Voisin, et chez lesquels on a continué l'usnge du « Bromure jusqu'à leur sortie ou jusqu'à ce jour (20 octobre 1868), <( 10 malades ont éprouvé une amélioration tellement notable qu'elle « équivaut presque à une guérison pour plusieurs d'entre eux, dont les « attaques sont devenues extrêmement rares. Chez ces 15 malades, la « dose du Bromure a été — par jour — de 7 à H^'', 50, mais cette der- <( nière dose n'a été prescrite qu'à un seul malade.

« Cette amélioration se maintient au même degré depuis le 1" avril « 1867, et elle existait déjà auparavant. Sur ces 15 malades, 7 sont en- « core dans le service (B., F., 0., P., P., R. et G.), et, sur ce nombre, « 4 continuent à être très-notablement améliorés, tandis que les 3 autres (( ne paraissent pas éprouver d'influence favorable, par le fait de la con- « tinuation du médicament.

(( En ce moment, 21 épileptiques sont encore en traitement par le « Bromure. Sur ce nombre se trouvent : 1° les 7 malades ci-dessus « mentionnés, déjà traités par M. A. Voisin, et sur lesquels il y a 4 amé- <( liorations très-considérables et 3 insuccès ; 2° 8 malades ayant pris <( du Bromure depuis plus d'un an, et sur lesquels 4 ont éprouvé une (( amélioration très-notable dans leur état, tandis que 4 n'en ont res- « senti qu'une influence douteuse; 3° 6 malades qui prennent du Bro- « mure depuis trop peu de temps (un ou deux mois) pour que l'on puisse « noter déjà des effets quelconques. »

« J'ai fait, ajoute M. J. Falret, sijr l'emploi du Bromure les observa- (( tions générales suivantes : 1° l'action favorable du médicament ne (( commence à être sensible qu'à partir de la dose de 4 grammes; 2° la '( dose a pu être portée progressivement jusqu'à 1 1^%50 (dose maxi- « mum), sans déterminer jamais aucun accident ; 3° la dose la plus ha- « bituelle à laquelle je m'arrête est de 7 à 9 grammes par jour; 4° on (( ne commence, d'ordinaire, à constater des résultats favorables que « lorsque l'éruption de boutons se montre à la peau, et surtout au front « et à la face, et, en général, les malades qui n'ont pas d'éruption à la « peau n'éprouvent pas de bons effets par suite de l'action du Bromure; (( 5° très-peu de malades se plaignent de l'usage de ce médicament et en n demandent la cessation ; la plupart d'entre eux, au contraire, consta-

« tent leur amélioration progressive et demandent à continuer l'usage « du Bromure, même lorsqu'ils sortent de l'hôpital; 6» je n'ai pas vu, « à Bicêtre, d'accident ou même d'inconvénient fâcheux, par suite de « l'emploi du Bromure de Potassium. »

« Je dois maintenant faire intervenir les faits de ma pratique personnelle. Et d'abord, comme j'ai jusqu'à présent passé, à propos du traitement de l'épilepsie, par trois alternatives très-distinctes, je me crois obligé de déposer un bilan complet et d'exposer les résultats si différenis auxquels je suis arrivé.

« 1° Epoque antéi^ieure au Bromure. De J8oG à 1864, j'ai traité en ville J7 épileptiques. J'ai obtenu 1 guérison chez un jeune homme de vingt ans à l'aide de la teinture de cantharides, 4 améliorations trèsappréciables (belladone, lactate de zinc, valérianate de quinine, etc.), ek j'ai compté 12 insuccès.

«2° U m ge infructueux du Bromure. De 1864 à 1867, j'ai donné des soins, en ville, à 9 épileptiques. Par l'atropine, le nitrate d'argent, l'hydrothérapie et le jardinage, j'ai amélioré notablement 3 malades, et j'ai échoué chez les 6 autres. C'est alors qu'en désespoir de cause je prescrivis du Bromure de Potassium à ces derniers. Je venais de lire, en effet, des extraits de la clinique spéciale de Brown-Séquard, à Londres, et j'avais été étonné des résultats heureux de cet éminent praticien. Je commençai par administrer le médicament à la dose de S centigrammes par jour, à prendre en trois fois, et après beaucoup de tâtonnements et d'hésitations, je l'élevai à Isi'^lO. Dans ces six cas, le Bromure de Potassium n'amena aucun résultat appréciable.

«3" Succès par le Bromure (1867 et 1868). En réunissant, comme l'a fait M. A. Voisin, les faits que j'ai observés à Bicêtre et ceux que j'ai recueillis en ville, j'arrive à un total de 41 épileptiques qui ont été soumis par moi à la médication bromurée. Je commence par défalquer de ce chiffre 1 malade à épilepsie saturnine et 2 alcoolisés, dont les accidents convulsifs avaient été parfaitement bien observés et notés. Ils ont guéri tous trois, mais le Bromure de Potassium y a-t-il été pour quelque chose ? N'auraient-ils pas pu sortir également guéris sans l'action du médicament? Je le crois.

« Reste donc à 38. Le dépouillement de mes notes et observations me fournit les chiffres suivants : guérison très-probable (pas d'accès depuis onze mois), 1 ; suspensions très-prolongées de tout accident épileptique (de trois à sept mois), 5; améliorations sérieuses (rémissions de 23 à 72 jours), 6; insuccès, 9; total, 21. 17 autres malades, dont 10 à Bicêtre (D., B., W., P., D., G., P.. M., V. et L.) et 7 en ville ou dans les départements, sont en traitement depuis un temps variable. Je réserve pour plus tard le relevé des documents cliniques qui les concernent, mais je peux déjà certifier que quelques cas s'annoncent bien. Je tiens toutefois à déclarer que — pour ce qui me concerne, du moins — la proportion des succès est plus forte dans ma clientèle privée qu'à

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Bicctre, ce qui s'explique tout naturellement par les complications cérébrales que présentent, à leur entrée dans nos salles, la plupart des épileptiques. L'intelligence des malades de la ville étant presque toujours saine, les conditions d'expérimentation sont nécessairement plus favorables.

« Je dois placer ici un fait d'observation pratique qui dépose éloquemment en faveur du Bromure de Potassium. Ainsi, avec les préparations de belladone, de quinine, de digitale, de valériane ou de zinc ; avec le nitrate d'argent, le sulfate de cuivre ammoniacal ou la teinture de cantharides, on arrive à déterminer les rémissions parfois les plus inespérées, mais il n'est pas très-rare de voir ces amendements aboutir à des recrudescences graves. Il semble même que l'intensité delà rechute soit en raison directe de la durée de l'armistice. Grâce à une propriété vraiment exceptionnelle, le Bromure de Potassium éloigne les accès et n'influence pas en mal le caractère des manifestations convulsives ultérieures. L'attaque qui va venir sera identique à l'attaque qui a précédé,, ou alors elle sera plus faible. Que l'on médite plutôt ce rapide résumé d'une très- curieuse observation clinique que MM. A. Dufour et Baudouin, médecins du bureau de bienfaisance du IX'= arrondissement, veulent bien me communiquer.

« Il s'agit d'un sieur B..., âgé de trente-huit ans, dont la mère est morte d'une hémorrhagie cérébrale, et qui, sur onze frères et sœurs, en a perdu dix. De ces dix, un seul était parvenu à l'âge de sept ans, lorsqu'il a succombé à la suite de convulsions. B... habitait une localité très-marécageuse, et il avait la rate très-développée. 11 y a cinq ans, après des contrariétés très-vives et des privations sans nombre, il fut pris pour la première fois d'une perte subite de connaissance et de convulsions épileptiques, puis il resta assez bien portant pendant un an. Au bout de ce temps, il commença à tomber tous les quinze ou vingt jours, puis il en arriva à avoir chaque fois une série de trois ou quatre attaques très-violentes, avec des morsures profondes de la langue, écume à la bouche, trismus, etc., etc. Le grincement des dents était tel que presque toutes ses dents furent brisées. Au sortir de ces crises, B... était irritable, querelleur, emporté, « et il restait presque idiot pendant troi& « ou quatre jours. »

« MM. A. Dufour et Baudouin lui prescrirent, en 1866, 6 grammes de Bromure de Potassium par jour, et une seule attaque d'épilepsie survint après vingt-neuf jours d'intervalle. « En ce moment (23 octo- « bre 1868), l'avant-dernière attaque remonte au 7 février 1 868 et la « dernière au 16 septembre 1868. » La dose de 6 grammes a été continuée pendant la première année, et le malade ne prend plus aujourd'hui que 6 grammes tous les trois jours, mais en une seule journée. Le sommeil, de très-agité qu'il était, est devenu extrêmement paisible ; l'irritabilité acariâtre a disparu et la physionomie a repris une expression « beaucoup moins abrutie et slupide. »

« Si, en pareille occasion, j'osais me permettre un conseil, je dirais à MM. A, Dufonr et Baudouin ; « Vous tenez la maladie, donnez le Bro- « mure, élevez-en la dose à 7, 8 ou 9 grammes, et il est bien probable « que B... ne tombera plus du tout d'ici à huit ou dix mois. »

« En 1860 également, MM. Marlin-Damourette et Pelvet ont eu l'occasion de traiter un jeune homme de vingt-quatre ans, épileptique depuis neuf ans, qui avait cinq ou six grandes attaques par mois. Ils lui prescrivirent « le Bromure de Potassium à la dose de2 grammes par jour <« pendant la première semaine, avfc recommandi?tion d'augmenter de « 2 grammes par semaine jusqu'à production d'amélioration dans lesatta- « ques ou de signes d'ivresse bromique. L'amélioration n'eut lieu qu'au «bout d'un mois (avec doses de 8 grammes), et elle se manifesta immé- « diatement par la cessation des grandes attaques, n MM. Martin-Damourette et Pelvet ont entrepris tout un système de recherches expérimentales dont la relation scientifique est extrêmement curieuse (1), et ils ont formulé entre autres l'opinion fort nette que voici : « C'est parce que le « Bromure de Potassium possède la double action hyposthénisante ner- « veuse et vasculaire, qu'il se montre si remarquablement utile contre (( les grandes névroses à processus congestif des centres nerveux, telles a que l'épilepsie et l'éclampsie, l'hystérie et le nervosisme, etc., etc. » Tel serait, d'après ces observateurs distingués, « le mécanisme curatif « du Bromure de Potassium dans l'épilepsie, » et, il faut bien le dire, cette manière de voir est aujourd'hui partagée par la très-grande majorité des médecins.

« M. Thomas, de Sedan, a communiqué, le S novembre 18G7, à la Société médicale de Reims, vingt-quatre observations cliniques à l'appui d'un mémoire sur l'action thérapeutique du Bromure de Potassium dans l'épilepsie. Les résultats obtenus par lui ont été les suivants : succès, 8; améliorations, 8; insuccès, 8. «Le Bromure de Potassium, « a-t-il dit, a une action incontestable et puissante contre l'épilepsie. (( Pour que cette action s'exerce, il faut que les doses soient élevées au minimum à 6 grammes (2). » A mon avis, M. Thomas est complètement dans le vrai. Je ferai seulement remarquer que, selon toute apparence, cet honorable confrère n'est arrivé à des chiffres aussi heureux que parce qu'il a expérimenté sur des malades de la ville et non point sur des épileptiques d'un établissement d'aliénés.

« J'ai commencé par assigner aux médecins anglais la part si importante qui leur revient dans une initiative thérapeutique si pleine d'avenir et dans la détermination des effets précis du Bromure de Potassium dans les épib^psies ; eh bien, c'est encore par le résumé clinique d'un praticien très-distingué de la Grande-Bretagne que je dois clore ce long exposé de faits. Ainsi M. Glouston, médecin en chef de l'asile de Cum-

(1) Étude expérimentale sur Vaclion physiologique du Bromure de Potassium. — Paris, 18r.7.

(2) Bulletin a» 5 de la Société médicale de Reims. 18G7-18G8.

BROMURE DE POTASSIUM. ÎOOl

berland et de Westmoreland, vient de publier un mémoire dans lequel il expose très-nettement les résultats de sa pratique. Voici comment il a procédé : il a réuni vingt-neuf épileptiqucs « de date ancienne » ; il a noté la situation respective de ces malades et s'est surtout occupé du nombre des attaques, du poids et de la température du corps, des conditions physiques et de l'état mental, puis il les a tous soumis au même régime, leur a administré des doses progressivement croissantes de Bromure de Potassium, a continué le traitement « pendant trente-huit semaines » et a pris la précaution de signaler tous les huit jours, sur un bulletin individuel, les particularités morbides de chacun.

« Le nombre total des attaques de ces malades, dit M. Glouston, « tomba graduellement au sixième de ce qu'il était auparavant. Les (( attaques de jour furent réduites approximativement à un douzième et (( les attaques de nuit à un tiers environ. La réduction du nombre des (( attaques ne fut pas uniforme dans tous les cas. Dans un cas, elle s'é- « leva à 24 pour 100 ; dans la moitié des cas, elle fut de 100 pour 100, <( et dans cinq cas il n'y eut pas du tout de diminution, quoique les « crises fussent beaucoup moins fortes.

« Dans un quart des cas, l'état mental des malades fut grandement (( amélioré. L'irritabilité du caractère et la tendance aux violences suit bites furent remarquablement diminuées dans ces cas, et j'avais ce- <( pendant choisi les malades les plus difficiles et les plus emportés.

« Les épileptiques qui ont retiré les meilleurs effets du Bromure de « Potassium élaient dans des conditions très-différentes les uns des « autres (causes, âge, nombre et nature des attaques), mais, en thèse « générale, ceux qui tombaient le plus souvent ont été améliorés (1). »

« M. Glouston, on le voit, s'est placé dans les conditions les moins favorables, et cependant, grâce à la sévérité scrupuleuse de son mode d'observation et grâce aussi à son zèle persévérant, il a pu produire des effets sensibles et vraiment enviables. Quelle leçon pour ceux qui ne croient pas à l'amélioration possible du sort des épileptiques !

« Et maintenant, après l'énumération de tous ces faits, n'est-il pas permis de dire que l'insuffisance et l'omission du traitement de l'épilepsie constitueraient à l'avenir plus qu'une lourde faute ? M. Dumesnil, médecin en chef de l'asile de Quatre-Mares, me faisait part naguère des succès thérapeutiques qu'il obtient dans son quartier d'épileptiques à l'aide de la teinture de digitale, et il s'étonnait avec moi que toute une catégorie de malades fût en quelque sorte mise au ban de la société. Cette iniquité doit cesser et l'épilepsie, tout en conduisant encore souvent à des résultats décevants, ne doit plus passer comme étant « opprobrium (( artis. »

a La lutte exige une longue et patiente expérimentation, — car tout essai temporaire ne conduit à rien. — Mais qu'est-ce que l'obligation

(1) Experiments to détermine the précise effecl of Bromide of Potassium in spilepsy. — (The Journal of mental science). October 18G8.

d'an traitement d'un an de durée, en face des calamiteuses péripéties que le mal comitial fait traverser aux malades? 11 faut encore tâtonner beaucoup, car si l'on ne doit pas se décourager trop tôt, il va sans dire que la persistance dans une médication opiniâtrement stérile constituerait un non-sens. Or, après un premier échec bien constaté par le Bromure de Potassium, je me surprends tous les jours prescrivant du valérianale de quinine, du sulfate neutre d'atropine, du lactate de zinc, de la teintute de cantharides, du nitrate d'argent, de la limaille de cuivre, des perles de chloroforme, de la teinture de digitale ou de l'hydrotérapie. Si je viens encore à échouer, ne me reste-t-il pas la gymnastique, l'escrime, le jardinage, la menuiserie, la vie au grand air, le régime diététique, etc., etc. ? Ne m'arrive-t-il pas enfin de recommencer quelquefois un nouveau traitement bromure, en ayant soin de modifier les conditions premières d'expérimentation, d'aller faire essayer devant moi le sel bromique chez tel ou tel pharmacien et d'en surveiller minutieusement l'emploi ? L'un de mes cinq cas d'amélioration n'a pas été obtenu autrement.

« En fait d'épilepsie pour gagner un peu de terrain il n'y a qu'à le vouloir bien. Pour n'avoir rien obtenu, il faut n'avoir jamais cherché. La ténacité est une arme de la thérapeutique.

(( Beaucoup de médecins ont déjà administré le Bromure de Potassium contre l'épilepsie, et je sais par eux qu'ils ont échoué. Leurs tentatives devaient être fatalement frappées de stérilité. En effet, suivant les indications de M. Bouchardat (1), ils ont prescrit le médicament à la dose de 1 à2 décigrammes par jour ! S'en sont-ils rapportés à M. Cfizenave (2), la dose a pu varier de 1 décigrammeà 1 gramme. Ont-ils suivi les conseils de M. Bossu (3), la dose a pu osciller entre 5 décigrammes et 2 grammes. Si, au contraire, dans le but de prévenir toute erreur, ils ont consulté la plus récente et la plus autorisée de toutes les publications (4), ils auront vu que M. Buignet recommande une excessive réserve et qu'il reproduit une formule d'après laquelle les malades ingéraient environ 17 centigrammes de Bromure ! Or, ces doses sont absolument inertes , et l'on ne commence à obtenir quelques effets qu'à partir de 4, 5 et 6 grammes. Quant à la dose maximum, elle serait pour moi de 8, 9 ou 10 grammes, selon les cas, et sans que cette dose maximum doive toujours être atteinte. Je traite, par exemple, depuis le 15 décembre 1867, le fils d'un de mes confrères : il avait alors une attaque par semaine, et il n'en a eu que deux depuis quatre mois ; eh bien, je n'ai jamais cru dépasser chez lui la dose de 7 grammes.

(( Je manie le Bromure de Potassium sans témérité aucune, et je n'c-

(1) Nouveau Formulaire magistral, 9" édition.

(2) Agenda médical pour 1868 (Asselin, c-ditcur).

(3) Agenda- formulaire des médecins praticiens.

(4) Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (J.-B. Baillière, éditeur).

lève progressivement les doses du médicament qu'après avoir contrôlé les effets déjà obtenus. Le système des doses progressives se justifie pleinement. L'habitude émousse tout! Il y a toutefois une limite rationnelle de saturation que je ne franchis pas. Dans des cas exceptionnels, lorsque les organes se fatiguent, que les fonctions languissent et que les traits s'altèrent un peu, je ne pense pas qu'il faille descendre l'échelle et diminuer méthodiquement la médication. Je me suis beaucoup mieux trouvé de suspendre le traitement, de laisser reposer le malade un certain temps et de reprendre le Bromure à doses progressives. C'est une minutie que j'indique là, mais je tiens à justifier l'épigraphe de ce travail et à rendre hommage à la parole d'un maître illustre : «Le remède « n'est rien, la médication est tout ; et le mode d'administration princi- « paiement a quelque chose de sacramentel (o). »

«Toutes les conditions sont réunies pour que le Bromure de Potassium soit facilement administré par les médecins. C'est un médicament qui n'a aucune saveur désagréable et qui n'a pas d'elfets physiologiques aussi fâcheux qu'on l'a dit et qu'on le croit généralement : sous ce rapport, il vaut mieux que sa réputation. Je sais que les auteurs ont noté la céphalalgie frontale, l'enchifrènement, le larmoiement, l'excitation gastrique, l'abattement des forces, l'engourdissement des mouvements, l'acné, l'abolition partielle de la sensibilité générale, l'amortissement du sens général, l'indifférence, l'apathie, la somnolence, l'obtusion intellectuelle, la stupeur, l'augmentation très-sensible de l'appétit, la constipation et surtout l'amaigrissement ! Si tout cela était vrai, dans quel état seraient les bromures de Bicêtre, ceux de M. J. Falret et les miens! Dans quel état se seraient trouvés aussi les malades de M. Clouston ! Et Cependant, ce dernier auteur a dit : « En général, le poids des épilepti- « ques était plus grand à la fin de trente-huit semaines qu'auparavant du « traitement. »

«La cause de l'erreur est certainement celle-ci : on s'est servi de Bromure ioduré et l'on a eu de l'iodisme. La plupart des effets que je viens de relater ne sont-ils pas ceux de l'iodisme ? L'acné lui-même — auquel je suis très-loin d'attacher une aussi grande importance que M. J. Falret, comme indice pronostique, — est souvent plutôt iodique que bromique.

« Avec un Bromure exempt d'iodure, la virilité est temporairement glacée, cela est vrai, mais les épileptiques sont si affligés et si honteux de leur état, qu'ils n'hésitent jamais à renoncer pendant quelque temps à leur puissance génitale. L'augmentation de l'appétit, la suractivité de la fonction rénale, la diminution de la sécrétion sudoripare, un léger ralentissement de la circulation, la fétidité de l'haleine, l'insensibilité du voile du palais, de la base de la langue et de l'épiglotte, des démangeaisons au cuir chevelu et de la constipation, tels sont en général les seuls

(1) De l'Épilepsie. Gazette des hôpitaux, 1855.

lOOi SÉDATIFS ET CONTRO-STIMULANTS.

effets physiologiques que l'on observe avec 6, 7 et 8 grammes de I3romure. J'ai noté une seule fois un peu d'ivresse bromique chez un malade de trente-sept ans auquel j'étais rapidement arrivé à prescrire O^^SO; mais autrement, je n'ai jamais constaté le plus petit inconvénient.

« Plus -le Bromure employé est pur et moins les malades s'aperçoivent des effets du médicament, à l'exception, toutefois, de l'anaphrosie qui survient dans tous les cas. Le médecin doit donc toujours prescrire Bromure exempt d'iodure, et il doit, en outre, essayer le médicament qui a été livré à son malade. Rien n'est plus facile : le papier amidonné ne trahit-il pas la présence de l'iodure de potassium par une coloration bleue ? Ne reconnaît-on pas encore qu'il existe de l'iodure en traitant la solution suspecte par le bichlorure de mercure, qui ne donne rien avec le Bromure pur, et qui forme avec l'iodure de potassium un très-beau précipité rouge de biodure de mercure ?

« Je n'ai jamais retiré de bons effets du Bromure de Potassium ferrugineux. En y réfléchissant un peu, l'association de deux agents, dont l'un calme et dont, l'autre excite, ne doit-elle pas aboutir à la nullité d'action? J'ai prescrit cette préparation à une chlorotique atteinte d'hystéro-épilepsie, à un épileptique anémié et à un jeune choréique, mais absolument en pure perte. Du reste, le Bromure de Potassium ferrugineux est actuellement livré aux malades sous la forme pilulaire, et chaque pilule renfermant 15 centigrammes de sel bromique et 5 centigrammes de sel ferrique, il s'ensuit que pour administrer 6 grammes de Bromure de Potassium à un malade on serait obligé de lui faire prendre quarante pilules par jour ! En admettant encore que cela puisse se faire, comment l'économie se trouverait-elle des 2 grammes de fer? Gela n'est pas sérieux. Passons.

« Ainsi que vient de le rappeler M. A. Saison (1), il n'est pas de question thérapeutique qui soit plus à l'ordre du jour en ce moment que oelle du Bromure de Potassium. J'ajouterai qu'il n'est pas de question clinique plus émouvante et plus digne de l'intérêt et de l'attention de tous que celle de l'application de ce médicament à l'atténuation et à la curabilité de la plus redoutable de toutes les névroses. La Société impériale de médecine de Lyon semble partager cette manière de voir, car M. Teissier, professeur de clinique médicale, a cité, dans la dernière séance qu'a tenue cette savante compagnie, des exemples d'hystérie et d'épilepsie notablement améliorés par le Bromure de Potassium. « J'ai « donné des soins, a-t-il dit, à un jeune homme de Moiilbrison qui, de- (( puis plusieurs, était atteint deux fois par mois de crises d'épilepsie. (t Depuis qu'il a été soumis à cette médication, il n'a plus eu que trois « crises en cinq ans et la dernière date déjà de neuf mois. Si les crises « n'ont pas été complètement supprimées, elles ont été d»^ moins nota- « blement retardées. »

(1) Dit Bromure de Potassium. — Paris. 1808.

BROMURE DE POTASSIUM- -lOOa

« Je peux citer aussi, a ajouté M. le professeur Teissier, le cas d'une (( demoiselle des environs de Tarare qui, deux fois par semaine, avait « des crises d'épilepsie. Depuis un an environ qu'elle prend du Bro- « mure de Potassium, elle ne souffre plus que toutes les six semaines, (c Je me souviens enfin de deux dames mélancoliques et névropathiques a qui ont dû un grand soulagement à la médication par le Bromure de (( Potassium. Je ne crains donc pas de déclarer que ce médicament peut (( être employé avec avantage dans les douleurs nerveuses, l'ataxie loco- « motrice et dans toutes les maladies des centres nerveux (1). »

« Si j'avais été seul à obtenir des succès relatifs dans le traitement de l'épilepsio, je douterais encore de moi, et dans la crainte d'avoir été la dupe d'une illusion je garderais le silence. Mais il est évident que dans l'espèce je ne suis pas un courtisan du malheur. D'autres ont vu et voient tous les jours. Fort de leur expérience, je n'ai que plus de foi dans la mienne.

« Le moment est donc venu d'en appeler hautement à l'observation de tous. En face des fructueuses tentatives qui se font jour de tous côtés, chacun doit se faire un cas de conscience de traiter désormais les épileptiques et d'apporter ainsi plus tard sa part contributive au but si éminemment secourable que la science s'efforce d'atteindre. Chacun est compétent, chacun peut réussir. Que la pureté du médicament, que la surveillance fréquente de la médication et que la ténacité du médecin soient seulement les conditions fondamentales de l'expérimentation. Le succès est à ce prix. A l'œuvre donc.

« De toutes les considérations qui précèdent, je crois pouvoir faire ressortir principalement les propositions suivantes :

« 1° L'épilepsie se traduit très-souvent à son début par des malaises insidieux (^tourdissements, vertiges, absences, crampes, spasmes, incontinence d'urine) dont la signification pathologique véritable est méconnue. On n'oppose, par conséquent, à ces malaises aucun traitement rationnel .

« 2° Ces phénomènes initiaux se manifestent toujours d'une manière identique. Ils constituent à eux seuls l'accès incomplet, ou petit mal, et ils reproduisent en raccourci l'image exacte du commencement de l'attaque, ou grand mal.

« 3° Une fois que l'habitude convulsive est contractée, les crises se renouvellent sans cause appréaciable et en vertu d'une sorte de routine. Dans les casoii la rétrocession morbide s'opère, les attaqu(!S disparaissent d'abord, tandis que les accès incomplets ne sont influencés qu'en dernier lieu. L'épilepsie, on le voit, finit comme elle a commencé.

« 4" Non-seulement l'épilepsie idiopathique est une affection plus souvent curable qu'on ne l'a cru jusqu'ici, mais encore, il est possible dans beaucoup de cas d'obtenir des suspensions très-prolongées de tous lesacci-

(1) Gazette médicale de Lyon, 13 novembre 18C8.

lÛOG SÉDATIFS ET CONTRO-STIMULANTS.

dénis épileptiques. Ces rémissions équivalent presque à des guérisons.

« 5° De tous les médicaments préconisés contre l'épilepsie, le Bromure de Potassium exempt d'iodure est certainement le plus efflcaco. Lorsqu'il n'atténue pas considérablement la maladie, il abat du moins les secousses, les soubresauts, l'état nerveux, l'irritabilité et les impulsions des épileptiques. Il calme sans jamais exciter.

(( 6° Le Bromure de Potassium ne commence à produire des résultats appréciables chez l'adulte qu'à partir de 4, 5, et 6 grammes, et il peut être élevé progressivement, selon les indications, jusqu'à 9 ou 10 grammes par jour.

« 7° Les effets physiologiques du médicament ne produisent aucun trouble sérieux dans la santé. L'anaphrodisie temporaire doit seule être préalablement annoncée aux malades.

« 8° Tout médeciu peut obtenir des succès en matière d'épilepsie^ mais aux conditions suivantes : faire preuve d'une persévérance exceptionnelle ; administrer un sel bromique d'une irréprochable pureté ; en surveiller les effets tous les huit jours; prolonger la médication pendant un an, et, dans le cours de la seconde année, la reprendre tous les trois mois pendant trente jours consécutifs. » {Gazette des hôpitaux, 24 et 2o novembre 18G8.)

Ecinmpsie puerpérale. Les heureux résultats obtenus dans le traitement de l'épilepsie devaient naturellement conduire à employer la même médication dans l'éclampsie puerpérale. C'est ce qu'a fait le docteur Shoyer, qui a guéri une primipare éclamptique en lui faisant prendre chaque jour 10 grammes de Bromure de Potassium.

maladies organiques du cœur, Congestions cérébrales. M. Gubler a trouvé dans le Bromure, qui diminue si notablement l'énergie circulatoire, un médicament très-précieux contre l'hypertrophie cardiaque et la congestion cérébrale.

Diabète. M. Begbie, d'Edimbourg, assure qu'il a amélioré nombre de diabétiques par le Bromure de Potassium. Il cite, entre autres, le cas d'un homme de soixante ans qui avait employé sans succès le traitement ordinaire et qui guérit très-bien en deux mois par ce moyen.

MODE d'administration ET DOSES.

Le Bromure de Potassium a été administré presque par tous les médecins en solution. La dose pour donner à l'intérieur est en général de 2 grammes par jour contre les phlegmasies des muqueuses, et de 4 à 10 grammes par jour contre l'épilepsie.

A l'extérieur, une solution à 20 pour 100 employée en compresses, lavement ou injection, a pu amener une anesthésie des muqueuses suffisante pour faire disparaître les phénomènes réflexes.

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