‹ Traité de thérapeutique et de matière médicaleChapitre 24 sur 312 · ACTION TOXIQUE · texte numérisé non relu

ACTION TOXIQUE

J" Thébaïne; 2"^ Codéine ; .'}" Papavérine; A° Narcéine; .o" Morphine:

6° Narcotine.

OPIUM. Ul

Dès que M. Claude Bernard eut fait connaître ses expériences, la narcéine, qui était restéesans emploi depuis 1832, époque où elle avait été découverte par Pelletier, fut aussitôt mise à l'épreuve par plusieurs médecins. MM. Béliier, Debout, Laborde, Liné et d'autres en firent prendre à leurs malades, et retrouvèrent sur l'homme toutes les propriétés que M. Claude Bernard avait annoncées d'après ses expériences sur les animaux. M. Lecomte, en 1852, avait en outre attiré l'attention sur une propriété nouvelle, c'est que la narcéine diminue notablement l'excrétion urinaire : observation confirmée par ceux qui l'ont administrée après lui.

Ainsi donc la narcéine jouit en réalité d'un pouvoir soporifique supérieur à celui de la morphine, et le sommeil qu'elle procure est léger, laissant le réveil facile, exempt de malaise et de tendance à la syncope.

Comme la morphine, elle produit la soif et des troubles digestifs, m.iis à un moindre degré; elle pousse à la transpiration un peu moins que la morphine , et cause une diminution de l'excrétion urinaire qui p"!it aller jusqu'à l'anurie. Une lacune qui reste pourtant dans ces derniiios expériences, consiste à rechercher si la narcéine agit sur la pupille comme la morphine.

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE l'OPIUM.

Maladies des centres et des conducteurs nerveux ; iusoiiinic.

Les propriétés hypnotiques de l'Opium l'ont fait conseiller dans l'insomnie; ce médicament est en effet un des plus sûrs moyens de procurer du sommeil; mais ce sommeil est ordinairement lourd, agité par «les rêves pénibles, troublé par des réveils en sursaut ; et d'ailleurs l'usage de l'Opium devient bientôt une cause nouvelle d'insomnie, l'organisme ne pouvant se passer de l'action de celte substance. On se voit alors obligé de recourir à des doses successivement plus considérables ; de là des troubles graves dans les fonctions de la vie animale et de la vie organique, troubles que font aisément pressentir les effets physiologiques de l'Opium.

Pour l'insomnie qui ne parait dépendre d'aucune maladie douloureuse ou fébrile, l'Opium nous semble être un médicament dangereux, et nous lui préférons de beaucoup les antispasmodiques et les tempérants. On administrera maintenant de préférence la narcéine.

Douleur. La douleur est ordinairement soulagée par l'Opium, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, non que le mal lui-même soit toujours calmé, mais bien parce que le cerveau devient moins apte à percevoir la sensation douloureuse : et pourtant l'action de l'Opium est mixte : appliqué localement, il engourdit la sensibilité des nerfs de la j)artie sans influencer le cerveau ; ici l'action est toute locale ; porté dans le torrent de la circulation, il agit d'une part sur le cerveau dont il engourdit la

sonsibilitc, d'autre part sur les parties douloureuses dans lesquelles il est porté avec le sang.

La douleur et même l'appréhension de la douleur peuvent, chez quelques personnes irritahles, donner lieu à des trouhles nerveux, et notamment à un tremhlement qui a quelque analogie avec celui des ivrognes. Ainsi, des opérations hien simples et hien légères peuvent donner lieu des accidents de ce genre : le cathétérisme est dans ce cas. Dans de telles conjonctures, l'efficacité de l'Opium estincontestahle ; on doit prescrire ce médicament quelques heures avant l'opération et à des doses modérées, telles pourtant qu'il y ait un peu de tendance au sommeil. L'Opium qui, dans ces circonstances, prévient si heureusement le simple mouvement nerveux dont nous parlons, ne préviendrait-il pas de même l'accès fébrile qui accompagne si fréquemment la présence un peu prolongée desalgalies dans la vessie ?

Dclii-e des blessés. A la suite des hlessures graves et profondes, à la suite des grandes opérations de la chirurgie, on voit trop souvent les malades être pris presque immédiatement de tremhlement et de délire. Ces accidents terribles cèdent quelquefois encore à rO[iium; mais le n\gdicament doit alors être donné à des doses proportionnées à la gravité de l'accident et à la susceptibilité du patient. Dès le début, il faut administrer 5 à 10 centigrammes d'Opium, ou bien de 1 à 2 centigrammes de narcéine, et répéter cette dose, en l'augmentant b^'aucoup, s'il le faut, toutes les demi-heures, jusqu'à ce que le sommeil survienne.

Cancers. Le topique de M. Tanchou contre des tumeurs de la mamelle ulcérées ou non ulcérées est le suivant :

Faire digérer pendant vingt-quatre heures et à une température modérée, 24 ou 25 degrés, une certaine dose d'Opium brut en poudre ou en morceaux dans une quantité sufdsante d'eau pour en faire une bouillie épaisse.

Couvrir la surface ulcérée de 2 ou 3 millimètres de cette préparation une ou deux fois le jour, selon l'opiniâtreté de la douleur, et placer pardessus un morceau de papier fin el collé ou de taiïetas gommé pour empêcher l'évaporation. On lui préfère aujourd'hui les injections sous-cutanées.

La plupart des névroses ont été traitées par l'Opium : l'hystérie, la chorée, le ddirium tremens, le tétanos, l'hydropholùe, l'épilepsie, les convulsions.

Hystérie. Uni aux antispasmodiques, l'Opium est évidemment utile dans l'hystérie : une mixture dans laquelle entrent l'Opium, l'asa fœtida et l'éther, nous a paru convenir à la plupart des phénomènes hystériques. Mais lorsqu'il existe des douleurs aiguës, telles que le clou hystérique, les

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