ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE
Les traités de physique comprennent sous ce titre plusieurs sortes de courants :
l» Les courants voltaïques continus ;
2° Les courants interrompus, mais marchant dans le même sens et fournis soit directement par la pile, soit par des aimants ou des appareils d'induction;
3° Des courants interrompus et se succédant en sens opposé, courants qui sont toujours produits par l'induction.
Courants produits par la pile ou
COURANTS voltaïques, COURANTS CONTI- NUS. Les piles employées sont des piles à courant constant ; celles de Daniell, de Grove et de Bunsen sont les plus ordinairement utilisées. Mais Remak, qui a fait pendant dix ans un usage exclusif des courants constants, s'est lassé de ces appareils, qui demandent un entretien continuel, et les a remplacés par l'appareil suivant construit par MM. Siemens et Halske, de Berlin. Cet appareil consiste en un certain nombre d'éléments composés de la manière suivante : dans un flacon de verre se trouvent, au fond, du sulfate de cuivre en cristaux et en solution, puis une voûte d'argile recouverte de papier mâché, le tout surmonté par un cylindre de zinc. Cette pile a, selon Remak, le grand avantage de donner un courant constant et peu variable et de n'exiger un nettoyage que tous les dix mois au plus. (Remak, Leçons faites à Paris à l'hôpital de la Charité, 1853.)
Depuis on a construit des piles dont le maniement ordinaire est facile parce qu'elles n'ont qu'un seul liquide : ce sont la pile au bichromate de potasse de Bunsen et la pile au sulfate de mercure de M. Marié-Davy, mais ces piles sont surtout destinées aux appareils d'induction. Enfin, on pourrait, à la rigueur, obtenir des courants continus des appareils d'induction en employant l'extracourant.
Courants interrompus marchant DANS LE MÊME SENS. L'excitatiou produite par un courant se faisant surtout sentir h la fermeture ou à l'ouverture du circuit, on a commencé à interrompre le courant constamment en coupant continuellement le circuit, cela s'est fait surtout dans l'électropuncture. On n'avait pour cela qu'à choquer l'une des aiguilles avec le conducteur en observant une sorte de rhythme. Plus tard, M. Masson a inventé une roue dentée avec laquelle on peut interrompre et rétablir successivement le courant aussi régulièrement que possible. On peut encore se servir, dans le même but, de l'appareil de Pixii. Mais il faut ajouter
que ces courants interrompus de même sens peuvent encore être produits par l'induction au moyen des appareils magnéto-électriques.
Appareils magnéto-électriques.
Ces appareils fournissent des courants d'induction produits non plus par des piles, mais bien par des aimants.
Les instruments qui les alimentent sont connus de tous, parce qu'ils font partie du matériel des cabinets de physique :
ce sont les appareils de Pixii, de Clarke, la machine magnéto-électrique de Nollet, professeur de physique à Bruxelles et descendant de l'abbé Nollet.
La machine de Breton, qui est la machine de ce genre la plus employée, est une machine de Clarck. Ces appareils fournissent bien des courants d'induction, mais grâce à un instrument trèsingénieux, le commutateur, ils donnent des courants interrompus dirigés tous dans le même sens et se rapprochent, par conséquent, beaucoup plus de l'appareil de Masson que des appareils volta-électriques que nous allons faire connaître.
Courants d'induction, c'est-a-dire courants discontinus se succédant EN sens inverses. Le plus souvent, en France, on emploie les courants d'induction produits soit par des piles, soit par des aimants.
Appareils produisant des courants d'induction au moyen de piles ou appareils volta-électriques.
Appareil de M. Masson. Cet instrument, qui a été inventé il y a plus de trente ans, pour obtenir l'électrisation localisée, se compose de trois parties : 1° une pile; 2» une roue à interruption; 3° une bobine ou un électro-aimant à un seul fil; cet appareil est destiné à utiliser l'extracourant induit.
Appareil de M. Duchenne de Boulogne.
Cet appareil très-puissant se compose de trois parties :
1» Une petite pile de Bunsen enfermée dans un tiroir ;
2» Une bobine composant un système d'induction et formée de deux fils de cuivre rouge de diamètre inégal ;
3" Un graduateur consistant en un cylindre de cuivre rouge qui enveloppe la bobine et à la partie supérieure duquel existe une échelle de graduation;
4° Un modérateur composé d'un tube de verre à fond métallique : ce tube est rempli d'eau ;
5° Une boussole pour mesurer l'intensité du courant;
6° Et enfin d'un trembleur.
Cet appareil est très-puissant, mais compliqué et, par conséquent facile à déranger, de plus il est coûteux, enfin il est pesant, difficilement portatif; aussi est-il peu répandu, malgré les grands
services qu'il a rendus entre les mains La pile ne marche pas par des acides
de son inventeur. et par conséqnent ne produit ni la rouille
Appareil de Legendre et Morin. C'est des excitateurs ni des brûlures sur les
l'appareil le plus répandu en France, vêtemenj,s. On la met en activité soit
à cause de son prix modéré et de son avec du deuto-sulfate de mercure, soit
petit volume ; il se compose d'une petite avec du turbith minéral, soit enfin avec
pile de Bunsen, d'une bobine à deux du deuto-chlorure de mercure. Cette pile,
fils et d'un interrupteur. Il a toutefois d'après son auteur, produit des courants
l'inconvénient de faire transporter par aussi constants et aussi forts que les
le médecin une pile contenant des acides piles qui marchent avec des acides,
forts qui rouillent l'appareil et peuvent Appai'eil de Huhmkorff. Cet appareil
brûler les vêtements, est de tous le plus commode ; il marche
Appareil de Van Holsbeck. L'instru- sans acide, au moyen du deuto-sullate
ment imaginé par ce praticien de de mercure, selon le procédé indiqué par
Bruxelles a été construit spéciale- M. Marié-Davy. Cet appareil, qui est le
ment pour les médecins et modifié peu à plus petit de tous et n'est pas plus gros
peu, à mesure que la pratique de l'élec- qu'un livre in-S», permet d'employer
irisation dans la clientèle en faisait voir soit des courants induits soit l'extracou-
les inconvénients. rant. Le seul inconvénient qu'il offre
Il répond donc ?i toutes les objections est, dit-on, de se déranger facilement,
faites aux appareils précédents. 11 existe encore un grand nombre
Tout d'abord il est peu volumineux, d'appareils volta-électriques employés
quoiqu'il contienne non-seulement la par les médecins; nous ne pouvons les
pile et la bobine, mais encore une cer- mentionner tous, nous citerons seule-
taine provision de substances pour ali- ment, comme les plus connus après ceux
menter la pile et des excitateurs de tous qui précèdent, ceux de MM. Defienae et
genres. de M. Lorct.